par Carina Ramon
06 mars 2023 - 16h00

Novembre

année
2022
Réalisateur
InterprètesJean Dujardin, Sandrine Kiberlain, Anaïs Demoustier
éditeur
genre
notes
critique
5
10
A

Novembre, le dernier film de Cédric Jimenez, s’attaque à un sujet grave : la traque des terroristes dans les heures et les jours qui ont suivi les attentats du 13 Novembre à Paris. Pour ce faire, il bénéficie d’une base solide, autrement dit un scénario ultra‑documenté d’Olivier Demangel et un casting hautement attractif avec entre autres Jean Dujardin, Sandrine Kiberlain et Anaïs Demoustier.

 

En quelques minutes, nous voilà propulsés sans ménagement dans les coulisses d’une enquête policière hors normes que le réalisateur de Bac Nord filme avec beaucoup de savoir‑faire. Entre cadrages nerveux et travellings impulsifs sur le périphérique, scènes de filature sous tension (en cité notamment, meilleure séquence du film) et un assaut filmé de manière stroboscopique, Novembre réserve quelques moments de tension immersives du plus bel effet. Le souci, c’est qu’il est aussi entrecoupé de longues enfilades de baies vitrées, de bureaux et d’écrans de contrôle dans des salles de réunions sans vie où des fonctionnaires qui font leur boulot peinent à devenir autre chose que des personnages sans relief ni aspérité.

 

Peu d'émotion

Il y a bien un petit dérapage dans une salle d’interrogatoire, un petit coup de fil à la famille, le manque de sommeil et une remontrance dans un bureau pour tenter de faire rentrer un peu d’humanité dans tout cela, mais on reste toujours en surface. L’émotion ne prend jamais le pas sur la reconstitution des faits. Faits que, pour la plupart, on connaissait déjà par voie de presse et que le scénario ne malmène jamais. Pas de parti pris osé ou subversif, ni de remise en question ou d’interrogation à la Oliver Stone dans JFK ou Costa Gavras dans Z. Pas de personnage faillible à la Maya (Jessica Chastain) dans Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow (dont Novembre est très proche dans la construction).

 

Pas de prise de risque
Cédric Jimenez ne prend aucun risque avec son sujet, reste sur l'exposition des faits comme le ferait un journaliste appliqué de BFM. Novembre est au final un docu‑fiction nerveux et bien fichu qui, en dehors de ce qu'on savait déjà, ne raconte rien. C’est d’autant plus dommage qu’on y était presque. On sent bien que Jean Dujardin en a encore sous la pédale et que le personnage d’Anaïs Demoustier, s’il avait été plus ‑et mieux‑ développé aurait pu donner au film ce petit supplément d’âme ‑de fiction‑ qui aurait fait de Novembre un grand film. Dommage.

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4k
cover
Tous publics
Prix : 19,99 €
disponibilité
08/02/2023
image
2.35
HD 2 160p (HEVC)
HDR Dolby Vision
HDR10
16/9
bande-son
Français DTS-HD Master Audio 5.1
Français Audiodescription
sous-titres
Français
8
10
image

Image 4K HDR Dolby Vision dure, noire mais sacrément efficace dans le genre. Pas de doute, Jimenez maîtrise son sujet et filme chaque situation avec puissance et impact. Bien qu'un peu douce, la texture apporte un rendu cinéma réaliste et une obscurité qui prend tout son sens tant les équipes d'enquêteurs naviguent à vue malgré tous leurs efforts. 

 

Sujet oblige, on n'assiste pas à une explosion de couleurs vives, loin de là même. Le HDR Dolby Vision joue davantage sur la lisibilité, la clarté, la stabilité dans les nombreuses scènes en mouvement (certaines tournées à l'aide de rollers ou de tricycle pour des sensations d'accélération, cf. making of) et l'impact des éclairages divers et variés. Entre film d'action tendance taiseux.

8
10
son

Toujours dans sa veine réaliste et énergique, Cédric Jimenez joue la carte de l'impact et de l'immersion. On sent malgré tout que le Dolby Atmos n'est pas là mais le 5.1 permet déjà à tous les éléments sonores d'arriver fort sur les enceintes, de manière très dynamique, avec quelques belles percées comme lors de l'assaut de la planque par exemple, gavée de graves. Tout le décorum attendu des bureaux de l'administration participe pleinement à l'ambiance où règne finalement une sorte de chaos maîtrisé.

3
10
bonus
- Making of (24')

Le réalisateur explique ici ne pas avoir souhaité mettre en balance dans son film la dureté du travail de ces enquêteurs et le triste sort des victimes. Il revient également sur le fait que le film est construit sur des faits connus et déjà archi documentés. Un choix du réel plutôt que de la fiction assumée. Anaïs Demoustier revient quant à elle sur ce tournage qui lui a demandé énormément de travail en amont.

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