26 janvier 2026 - 09h00

Nuremberg

année
2025
Réalisateur
InterprètesRami Malek, Russell Crowe, Michael Shannon
éditeur
genre
sortie salle
28/01/2026
notes
critique
7
10
A
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© Scott Garfield. Propriété de Sony Pictures Classics
© Scott Garfield. Propriété de Sony Pictures Classics
© Scott Garfield. Propriété de Sony Pictures Classics
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© Kata Vermes. Propriété de Sony Pictures Classics
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© Scott Garfield. Propriété de Sony Pictures Classics
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1945. Hermann Göring, l’ex‑bras droit d’Hitler, se rend aux Alliés, plongeant ces derniers dans l’embarras. Mandaté par l’armée américaine, le psychiatre Douglas Kelley (Rami Malek) a pour mission d’évaluer l’état mental des dignitaires nazis, dont Göring (Russell Crowe), pour déterminer s’ils peuvent être jugés.

 

Le mal effet

Adapté de l’ouvrage The Nazi and the Psychiatrist de Jack El‑Hai, le film de James Vanderbilt est une surprise de taille. Certes très (trop ?) hollywoodien (ah, cette musique sirupeuse qui souligne chaque émotion), Nuremberg s’impose avant tout par son fond. Les thèmes qu’il aborde et les questions abyssales qu’il soulève en font une réussite, portée par un casting à la hauteur de son ambition (Rami Malek, Russell Crowe, Michael Shannon, John Slattery, Richard E. Grant).


Dès les premières minutes, on comprend que le réalisateur ne nous offrira pas une simple leçon d’Histoire sur le procès de Nuremberg (20 novembre 1945 ‑ 1er octobre 1946). Ce n’est pas la psyché nazie qu’il cherche à expliquer (le peut‑on vraiment ?), mais plutôt l’attitude à adopter face au mal pur. Face à ce mal incompréhensible et encore mal connu des protagonistes du film à l’époque des faits.


Le moment où le tribunal découvre les images des camps marque un tournant à la fois génial et glaçant. Pendant la première heure et demie, Hermann Göring nous avait presque paru sympathique, drôle, voire touchant. À l’instar du psychiatre censé l’évaluer, nous étions tombés sous son charme, subjugués par son intelligence. Russell Crowe livre une interprétation magistrale. Face à lui, dans ce jeu du chat et de la souris, Rami Malek est impeccable. Il incarne la porte d’entrée du spectateur dans cette histoire à la fois folle et vraie. Comme lui, on est fasciné par le Reichsmarschall. Comme lui, on se pose des questions, toutes plus légitimes les unes que les autres. 

 

Nuremberg se concentre sur leur relation, faussement empathique et clairement toxique, biaisée par le désir de Douglas Kelley de tirer de cette rencontre un livre de référence sur la nature du mal.

 

© Scott Garfield. Propriété de Sony Pictures Classics

© Scott Garfield. Propriété de Sony Pictures Classics

 

Procès d’intentions

L’intelligence du film (malgré ses aspects didactiques et scolaires indéniables) réside dans sa capacité à poser les faits. Il brosse un tableau large de ce moment historique qui a façonné un nouvel ordre juridique international, tout en nous replaçant dans le contexte de l’époque. Un contexte que notre regard actuel a parfois tendance à oublier. Un exercice fascinant, mené avec brio.


Première question : pourquoi ne pas exécuter les dignitaires nazis ? Ou, à défaut, les considérer comme prisonniers de guerre (et donc les libérer à la fin du conflit) ? La réponse est abyssale. Tout comme celle qui sous‑tend le procès lui‑même, au cœur du film.


Pourquoi un procès ? Comment choisir les juges ? Quelle juridiction ? Où l’installer ? Quelles charges retenir contre les accusés (la notion de crime contre l’humanité n’existait pas encore) ? Comment éviter que ce procès ne devienne une tribune pour les accusés, une plateforme pour propager leur message ? Et surtout : que faire si les accusés gagnaient, in fine, leur procès ? Car un procès se doit d’être juste, sans quoi il n’est qu’une mascarade, du genre de celles ourdies par les accusés pour accéder au pouvoir.


Nuremberg, un blockbuster intello ?

Toutes ces questions, le film les aborde plus ou moins finement. C’est d’ailleurs l’un de ses défauts : il ne fait pas toujours dans la finesse. Ses détracteurs seront sans doute agacés par son côté « blockbuster intello ».


Il est vrai que le côté « Indiana Jones » de Rami Malek peut prêter à sourire. L’esthétisme suranné de Nuremberg en ruines, ou les excès de jeu de Crowe, peuvent aussi devenir insupportables. Sans parler du traitement caricatural des femmes ou du passage anti‑Trump, peu subtil et superflu.


Au final, le film laisse un goût amer (d’autant qu’il démontre que le procès ne fut pas si juste que cela). Mais c’est aussi une belle réflexion sur le manichéisme, un message de plus en plus rare, aujourd’hui.

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