01 juillet 2026 - 16h48

On l’appelait Robin des Bois

année
2026
Réalisateur
InterprètesHugh Jackman, Jodie Comer, Bill Skarsgård
éditeur
genre
sortie salle
01/07/2026
notes
critique
5.5
10
A
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Entre la légende et la réalité, il y a un gouffre, et Robin des Bois, le célèbre bandit de grand chemin, le sait bien. Après avoir une fois de plus échappé à la mort, il trouve refuge incognito sur une île isolée. Là, une religieuse va le soigner et l’aider peu à peu à apaiser sa conscience…

 

La mort vous va si bien

Une fois n’est pas coutume : la bande‑annonce de On l’appelait Robin des Bois était assez trompeuse. Il faut bien intégrer le titre original pour comprendre ce que l’on est venu voir, car le film de Michael Sarnoski s’intitule en effet, dans la langue de Shakespeare, The Death of Robin Hood, soit « La mort de Robin des Bois ». On va donc assister aux derniers jours d’un mythe, non pas comme dans Logan (avec le même Hugh Jackman) à de sublimes funérailles, mais plutôt à la lente agonie d’un faux héros. Un véritable salaud sanguinaire, un pillard de la pire espèce, qui va s’éteindre dans une ultime repentance… (et dans le péché, si l’on veut être pointilleux).


L’image du film est sublime, la photographie léchée. On l’appelait Robin des Bois a en effet été tourné presque exclusivement en décors naturels, dans les paysages sauvages époustouflants d’Irlande du Nord. Le film n’est pas une œuvre carte postale, mais donne tout de même bien envie de découvrir les lieux.

 

 

Les héros sont fatigués

Hugh Jackman, lui, est encore plus charismatique que jamais en (faux) héros vieillissant, arborant une tignasse grise rappelant celle de Sean Connery dans Highlander, une référence en la matière. Lui aussi avait d’ailleurs interprété un Robin vieillissant dans le très beau La Rose et la Flèche, que nous vous conseillons vivement.


Malheureusement, ce Robin‑là met des plombes à mourir. Or, on comprend vite que le film va s’échiner à déconstruire la figure du héros de notre enfance en nous rappelant comment les légendes se construisent sur des mensonges, et qu’il ira jusqu’à l’achever. Cela tombe bien : il n’aspire plus qu’à une chose, cesser de fuir ses ennemis et mourir en paix. On pense forcément au Impitoyable de Clint Eastwood, sauf qu’ici, Robin des Bois met plus de deux heures pour se vider littéralement de son sang, et c’est bien long pour trouver la paix intérieure.


Bien sûr, il fallait sans doute du temps pour passer de la rage du personnage que le film montre magnifiquement dans son premier quart, à l’apaisement de son dernier souffle. Mais on aurait aimé un film plus équilibré.

 

 

Beau et austère

Cette évolution de Robin est montrée à travers son rapport aux autres, et c’est la grande force du film : le personnage est toujours à envisager par rapport aux autres, ennemis ou amis, et le personnage part de loin. Le film commence tout de même par Robin des Bois exécutant sans sourciller une jeune enfant (il fera d’autres victimes encore plus jeunes) !


Que ce soit avec la religieuse (Jodie Comer), Petit Jean (Bill Skarsgård) ou bien sûr sa fille, Margaret (Faith Delane), Robin passe peu à peu de la transmission du mensonge à la transmission tout court, puis à la vérité. En se rachetant une conscience, le film nous présente la fragilité d’un homme face à sa fin inéluctable.


Peu à peu, On l’appelait Robin des Bois dévoile une poésie que l’on n’attendait pas vraiment de la part du réalisateur de Sans un bruit, jour 1, mais une poésie trop brute pour apporter au film le charme espéré. Une poésie sans doute à l’image de son personnage principal et de l’environnement qu’il tentait de fuir.


On l’appelait Robin des Bois est un beau film, mais certainement trop austère pour rester dans les mémoires et pour réussir à casser le mythe de Robin des Bois.

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