22 mai 2026 - 16h12

Spider-Noir

année
2026
Créateur
InterprètesNicolas Cage, Lamorne Morris, Abraham Popoola, Andrew Lewis Caldwell, Brendan Gleeson, Jack Huston, Li Jun Li
plateforme
genre
disponibilité
27/05/2026
notes
critique
7.5
10
A
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On pourrait facilement penser que la série Spider‑Noir est dérivée des récents ‑et absolument grandioses‑ films d'animation Spider‑Man, car on y retrouve Nicolas Cage à l'interprétation du personnage principal, mais il n'en est rien. En effet, Spider‑Noir est la toute première série à s'inscrire dans le maudit univers Spider‑Man de Sony (SSU) et ses films tous plus catastrophiques les uns que les autres : les Venom, Morbius, Madame Web et autres Kraven the Hunter. Heureusement pour elle, Spider‑Noir s'inscrit dans un univers alternatif et ne risque donc pas d'avoir de liens avec eux.


L'autre bonne idée de Spider‑Noir pour se démarquer immédiatement, c'est d'être proposée en deux versions : couleurs et N&B. À vous de choisir laquelle aura votre préférence, tandis que nous avons véritablement aimé les deux propositions, radicalement opposées. Le N&B change de nos habitudes et permet de renforcer l'ambiance film noir assumée qui se dégage de tout le projet. La couleur, à l'inverse, ne lésine pas sur les coloris punchy et propose de très jolis plans grâce à quelques costumes et décors qui flattent la rétine pour donner de l'identité au show.

 


Se faire une toile à l'ancienne

Dans Spider‑Noir, il est question de suivre Ben Reilley (le toujours sympathique Nicolas Cage), un détective privé vieillissant et désabusé qui, en 1930 à New York, a décidé de ranger son costume de super‑héros et de laisser la ville se débrouiller. Mais une enquête va sans surprise l'inciter à oublier ses vieux démons et à redevenir l'Araignée. Avec des gens passionnés et qui savent visiblement ce qu'ils font aux manettes (dont Steve Lightfoot de The Punisher et le duo Miller/Lord), le show trouve un bon équilibre entre série super‑héroïque et série policière noire.


Certes, la partie détective/politique/mafia n'est pas nécessairement épaisse ou toujours passionnante. La faute notamment à une seconde moitié qui oublie l'enquête pour se concentrer sur autre chose, et le pauvre Brendan Gleeson en antagoniste principal n'a pas de moments aussi épiques que Wilson Fisk dans Daredevil. Mais la série utilise juste ce qu'il faut de personnages avec des pouvoirs loin des poncifs modernes pour pimenter un peu son intrigue. La plus grande réussite narrative du show est sans aucun doute son personnage principal. Très loin d'être une énième déclinaison héroïque et surpuissante de Peter Parker, Ben Reilley est à la limite d'être un anti‑héros aux capacités physiques liées à son âge.


Cynique, alcoolique et n'hésitant pas à user de méthodes atypiques douteuses, il fuit régulièrement quand il devrait se battre et cherche la bagarre aux pires moments. Bourré de tics à la Jim Carrey et attachant malgré ses gros défauts, il est également la principale source d'humour de Spider‑Noir, qui reste avant tout un drame. La lourdeur humoristique caractéristique de Marvel (dont on ne voit même pas le logo au générique) est évitée et, là encore, l'équilibre entre comédie et drame est parfaitement calibré. Quelques personnages secondaires valent également le coup, notamment celui incarné par Andrew Lewis Caldwell.

 


Une série appelée à régner

Et quel travail sur l'ambiance. Plus d'une fois, surtout en N&B, la New York de Spider‑Noir gangrenée par la prohibition, la ségrégation et la mafia (des sujets malheureusement trop survolés, dommage) rappelle une version de 1930 du Gotham City de Batman. Impossible d'ailleurs devant le générique de ne pas penser à la série animée de 1992. Avec sa réalisation travaillée qui n'hésite pas à embrasser volontairement les clichés sans trop en faire ou les plans visuellement inclinés, la série a « de la gueule » et on ne regrettera que quelques effets visuels qui piquent un peu.


Spider‑Noir est véritablement un projet Marvel qui change et qui fait du bien dans un océan de shows ultra‑calibrés. Probablement peu mémorable pour son intrigue qui aurait mérité d'aller un peu plus loin dans la plupart de ses sujets, tout en utilisant davantage son contexte historique, la série à la forte personnalité va au contraire à fond dans son hommage au cinéma à l'ancienne. Son excellente utilisation d'une déclinaison rafraîchissante de Spider‑Man fait également plaisir, et on serait capable de demander du rab', avec un peu plus de chair. Sinon, on se contentera de son retour dans Spider‑Man : Beyond the Spider‑Verse.

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