Supergirl
En 2025, avec Superman, James Gunn lançait son tout nouveau tout beau univers DC sur les écrans (le DCU). Grâce à un nouveau départ plutôt réussi supporté par un Kal‑El lumineux et optimiste, le créateur tentait de mettre fin à des années de DCEU sombre et pas toujours très heureux. Nous voici en 2026 et le deuxième film du DCU est là, dédié à Supergirl. Déjà aperçue rapidement dans Superman, la cousine de l'Homme d'acier n'est pas très loin, avec ce long métrage, de déjà faire trébucher tout le projet.
Âgée d'une vingtaine d'années, Kara Zor‑El n'a au départ pour vocation que de faire la tournée des bars, de dormir et de s'occuper vaguement de son chien Krypto. Tantôt déprimée, tantôt badass, punk (d'après la promotion, mais « émo » correspondrait mieux) et purement égoïste, Supergirl est l'opposée exacte de Superman. Mais quand quelqu'un s'en prend à Krypto et qu'une jeune fille lui demande son aide pour venger l'assassinat de sa famille, sa fibre de kryptonienne généreuse va sans surprise finir par ressortir bon gré mal gré.
Kryptonique
Que cela soit dit : le personnage de Supergirl, et son interprétation par la très convaincante Milly Alcock, sont formidables. C'est la principale réussite du film qui le sauve du naufrage, et seul élément qui le rend « utile » pour la suite. En creusant son passé avec des flashbacks et des dialogues plutôt bons, Supergirl construit et explique le tempérament compliqué de notre héroïne. Profondément seule en dehors de Krypto, perdue dans un univers trop grand et soumise à la pression involontaire de son envahissant cousin, Kara cache elle aussi un cœur solaire sous des couches de traumas et de dépression. Son attitude m'en foutiste et violente, qui se retrouve même dans sa manière de se battre, est surtout là pour lui éviter de demander l'aide dont elle a besoin pour vraiment décoller.

Cette réussite du personnage de Supergirl rend d'autant plus flagrant l'échec de presque tout le reste. Entre une énième adaptation de John Wick avec des points d'étape pour obtenir des informations sur cette route de vengeance, un méchant ultra‑lambda (le Lobo de Jason Momoa ne sert d'ailleurs à rien et aurait pu être coupé au montage) ou encore des décors tous plus marrons et déprimants les uns que les autres, toute l'histoire autour de Kara est au mieux déjà vue, au pire ennuyeuse. Même la réalisation de Craig Gillespie (Moi, Tonya) n'est que trop rarement inspirée et régulièrement brouillonne durant les combats, pourtant jouissifs sur le papier grâce à ces femmes qui mettent ce qu'ils méritent à des hommes toxiques.
A Star is Korn
Avec son aventure spatiale où se trouvent de très nombreuses races aliens, Supergirl fait également penser aux Gardiens de la galaxie. Sans jamais en toucher la réussite du bout du doigt cependant. Les quelques tentatives d'humour ont fait rire très poliment la salle à de rares reprises. En faisant toutefois parfois des choix assez drastiques et violents, il semble clair que l'humour n'est pas l'objectif premier visé. Mais quel que soit ce dernier, la sauce ne prend jamais vraiment, et on s'intéresse vaguement à ce qu'il se passe, même durant les rares passages musicaux censés élever l'ensemble.
Supergirl n'est néanmoins pas au niveau des pires purges du DCEU ou de Marvel et ne mérite pas le bashing dont il est victime. En introduisant de manière réussie et étoffée Supergirl au DCU, difficile de ne pas avoir hâte du prochain Superman : Man of Tomorrow pour voir comment l'héroïne va trouver sa place aux côtés de son cousin et la dynamique qui va se créer. Dommage que sur 1h40, 1h soit clairement en trop. Kara méritait mieux que ce film de super‑héros parfaitement moyen. Espérons que la série Lanterns introduira elle aussi ses héros avec la manière sans pour autant sacrifier l'histoire.