The Punisher : One Last Kill
En 2022, Disney tentait de varier un peu des formats avec deux « téléfilms spéciaux » : Werewolf by Night, projet atypique en noir et blanc qui se prêtait bien à l'exercice malgré sa mollesse, et un film de Noël des Gardiens de la galaxie, beaucoup plus oubliable. Il faudra attendre 2026 pour que Marvel retente le coup avec The Punisher : One Last Kill, moyen métrage de 45 minutes conçu pour faire la jonction entre la série Daredevil : Born Again et le futur film cinéma Spider‑Man : Brand New Day.
John Pouik
La dernière fois que l'on avait vu Franck Castle dans le MCU, c'était à la fin de la première saison du show dédié à Matt Murdock, alors qu'il s'échappait de la prison du maire Wilson Fisk. Totalement absent de la saison 2, qui aurait pourtant pu profiter de sa présence pour étoffer ses enjeux et sa personnalité, le Punisher sera visiblement central dans le prochain film avec Peter Parker. The Punisher : One Last Kill cherche donc à combler cette absence et à expliquer pourquoi l'antihéros désabusé va finalement remettre au cinéma son costume au crâne.
Franck Castle est au bout du rouleau. Rendu quasi fou par les derniers événements de Daredevil : Born Again, souffrant de visions et à deux doigts d'en finir avec la vie, le personnage incarné par le toujours habité Jon Bernthal va finalement retrouver son instinct de tueur ultra‑violent alors que d'anciennes victimes tentent de se venger de ses meurtres passés. Ce n'est donc pas une histoire de vengeance personnelle, mais de simple autodéfense, tandis que Disney essaie de vendre cela comme une pseudo rédemption qui va le ramener dans son droit chemin.
Malheureusement, le scénario est aussi épais qu'une feuille de papier à cigarette et la seule raison d'être de ce spécial est de pouvoir y aller à fond sur la violence graphique. Un retour aux sources plaisant mais qui sera très difficile à montrer au cinéma (ça promet pour Spider‑Man…). Aucun lien n'est fait avec la saison 2 de Daredevil : Born Again et seul le caméo d'un personnage permet de situer l'action à New York. Certes, Bernthal est toujours aussi monstrueux (dans tous les sens du terme) dans ce rôle qui lui colle à la peau, mais un vrai sentiment de « à quoi bon ? » domine tout le projet.
Liens à foutre
Seuls les fans absolus du personnage torturé (deuil, PTSD…), que l'on a déjà exploré en profondeur dans sa propre série, ainsi que de combats ultra‑violents (efficaces, au moins, minus un effet visuel honteux lors d'une chute), y trouveront peut‑être leur compte. Un véritable film ou une apparition dans la saison 2 de Daredevil : Born Again auraient été bien plus intéressants, mais il faut croire que Disney a préféré choisir une autre voie pour continuer de remplir son catalogue de vide. Dommage, car une fois devant le générique, la seule chose qui vient à l'esprit est : « tout ça pour ça ? ».