Vrais voisins, faux amis saison 2
En 2025, Vrais voisins, faux amis était une énième bonne pioche du côté d'Apple TV. Certes pas aussi mémorable que la série Banshee de son créateur Jonathan Tropper, le show mettait en scène une tripotée de personnages sympathiques dans un cadre qui pue la richesse et les mauvaises idées. Réjouissante à défaut d'être exceptionnelle, la première saison mettait un peu de temps à pleinement démarrer, et cette saison 2, arrivée à peine un an plus tard, en fait de même.
Another theft in Paradise
Nous sommes toujours dans une banlieue ultra‑chic où des personnes aisées vivent leur vie et tentent de gérer leurs problèmes, parfois légitimes, parfois beaucoup moins. Notre héros, Coop, vole toujours ses voisins afin de subvenir aux besoins de sa famille toujours plus éclatée, mais un énième élément perturbateur s'apprête à dynamiter une nouvelle fois son quotidien : un nouveau personnage incarné par le sympathique et charismatique James Marsden (Paradise), ici dans la peau d'un riche homme d'affaires au tempérament de feu et aux activités louches.

Si ce personnage est central dans plusieurs intrigues de cette saison 2, et qu'il est toujours question des larcins de Coop et Elena (malheureusement en retrait), l'essentiel est ailleurs. Durant la plupart des épisodes, il est surtout question de creuser les états d'âme de nombreux personnages, principaux ou secondaires, et d'aborder des thématiques universelles, même quand on est riche : solitude, temps qui passe, relations familiales, empilement de mensonges ou encore santé mentale. Malgré son postulat de départ original, Vrais voisins, faux amis ressemble la plupart du temps à n'importe quel drame qui s'intéresse à ses personnages et à leurs soucis.
Si la saison ne brille vraiment pas par son originalité de départ malgré quelques phases de vols, d'arnaques, de gros sous et de révélations savoureuses, elle s'avère heureusement solide sur ses appuis. Suivre les difficultés de Coop (excellent Jon Hamm), de sa famille et de ses proches, est un moteur suffisant pour enchaîner les épisodes. L'empilement des problèmes et de quelques mystères (parfois vite résolus) aide certainement.

Shooting for the Munn
Cette saison 2 brille d'ailleurs spécialement dans quelques très bons épisodes qui sortent de la routine banlieusarde de la série. Certains moments font vraiment mouche, grâce à quelques dialogues savoureux ou surprises scénaristiques bienvenues. Mais comme en saison 1, la saison 2 manque d'un petit quelque chose pour élever la série au‑delà du solide divertissement. Tout le monde joue bien et on aime adorer ou détester ses personnages, mais en l'état, le show ne laissera probablement pas une trace indélébile.
Dans notre critique de la première saison, nous appelions de nos vœux que la saison 2 passe la seconde sans attendre ses ultimes épisodes comme la première. Difficile de ne pas avoir le sentiment qu'elle est toujours en première pendant une majorité d'épisodes, et que même la toute fin baisse un peu trop en régime pour pleinement enthousiasmer. Mais comme il s'agit d'une belle bagnole et que les passagers sont agréables, on appréciera malgré tout le voyage confortable et luxueux.