Way of the Gun
Deux petits truands décident d’enlever une mère porteuse ayant passé un contrat d’1 million de dollars avec un riche homme d’affaires, afin de lui donner un héritier. Leur but : empocher l’argent.
Coup d’essai pas vraiment concluant
Difficile de croire en voyant Way of the Gun, également écrit par lui, que Christopher McQuarrie est l’auteur de Usual Suspects (Oscar du Meilleur scénario à la clé) et qu’il réalisera par la suite plusieurs opus de la saga Mission impossible.
Non pas que Way of the Gun, sa première réalisation, et troisième scénario après Ennemi public et Usual Suspects (tous deux pour Bryan Singer) soit irregardable, mais force est de constater que l’on n’est ni en présence d’un chef‑d’œuvre, ni d’un film très efficace. Pire, le film lorgne fortement du côté des frères Coen et tente d’imiter maladroitement un style de Tarantino, à coups de dialogues abscons, vaguement drôles.
Bien sûr, on retrouve dans son scénario les prémices de sa patte : le goût des faux‑semblants et des personnages qui ne sont pas ceux que l’on croit, mais cela ne va pas très loin et le résultat se révèle malheureusement assez impersonnel.

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Ryan Phillippe et Benicio del Toro, pas franchement convaincants
Heureusement, son cynisme et son détachement lui confèrent un certain charme, mais c’est à peu près tout. Car cette rocambolesque histoire d’enlèvement tombe vite à plat, même si l’on tente de la prendre comme une comédie noire à voir au second degré. Le mélange entre thriller et western se révèle assez indigeste, d’autant que les références à Leone ou Peckinpah pullulent et renforcent ce sentiment d’un film sans véritable identité.
À trop vouloir dynamiter les codes, le réalisateur ne livre qu'une copie souvent brouillonne. Ni les quelques scènes d’action, sans véritable envergure, ni l’interprétation des jeunes Ryan Phillippe et Benicio del Toro, assez approximative, ne parviennent à relever l’ensemble.
Un film (d'art) et d'essai (surtout)
Pire, le final, ouvertement inspiré de Butch Cassidy et le Kid avec Paul Newman et Robert Redford, dont sont tirés les noms des héros de Way of the Gun, s’étire inutilement. D’autant qu’il est parasité par un accouchement sanguinolent de Juliette Lewis, assez risible.
Bref, le film ne brille ni par sa subtilité de mise en scène, ni par son écriture. Jack Reacher, le second film de Christopher McQuarrie, se révélera bien plus malin. Mais il bénéficiait, lui, de la présence de Tom Cruise pour tenir la barre, comme dans les quatre Mission impossible qui suivront.