17 juin 2026 - 15h16

Widow's Bay

année
2026
Créateur
InterprètesMatthew Rhys, Kate O'Flynn, Kevin Carroll, Dale Dickey, Stephen Root
plateforme
genre
disponibilité
29/04/2026
notes
critique
8
10
label
A
soutenir

Que les choses soient dites immédiatement : votre serviteur goûte très peu à l'horreur. Mais face à la hype ambiante et à la présence du formidable Matthew Rhys à l'affiche (The Americans et The Beast in Me), difficile de ne pas tenter l'aventure Widow's Bay. D'autant qu'il s'agit d'une série Apple TV, plateforme qui se plante assez rarement, et que le format de 10 épisodes de 30/40 minutes n'est pas trop chronophage. Grand bien lui en a pris.


Mal de maire

Dans Widow's Bay, direction une île fictive dans le nord‑est des États‑Unis, où le maire tente d'attirer coûte que coûte les touristes pour en revitaliser l'activité plus que morose. Sauf qu'une mystérieuse malédiction affecterait l'île et ses habitants, générant des événements maléfiques et empêchant les natifs d'en partir. Voilà pour la partie horreur, somme toute classique, mais qui joue intelligemment avec le spectateur. Ce dernier, à l'instar du maire qui tente de garder la face à tout prix, se demande pendant de nombreux épisodes si cette malédiction est bien réelle ou s'il s'agit d'une simple superstition locale.

 


Le show n'hésite également pas à jouer avec sa structure. La première moitié enchaîne les intrigues quasi anthologiques avec des épisodes façon « freak of the week », insistant fortement sur cette volonté d'induire le doute. La seconde embrasse quelque chose de plus prévisible et de moins nébuleux, avec un fil rouge plus concret.

 

Si les débuts sont peut‑être un peu plus captivants et intrigants que la suite, l'ensemble reste très agréable à regarder, à décortiquer et à déguster. D'autant que la seconde moitié incite les personnages, brillamment incarnés, à s'interroger sur leur rapport à leur souffrance et à leur réalité. La majorité de leurs réactions sont également très plausibles et naturelles, aidant à s'identifier.


Le tout est soutenu par une solide réalisation à l'ambiance lourde et angoissante qui ne verse pas dans la flippe gratuite ‑c'est un gigantesque peureux qui vous l'assure‑. On soulignera d'ailleurs la présence à la moitié des épisodes de Hiro Murai (Atlanta) derrière la caméra. La suggestion de l'horreur, ou son apparition, est parfaitement maîtrisée, tandis que l'hommage volontairement cliché à différents sous‑genres est évident et appréciable. Sans compter les clins d'œil multiples à un certain Stephen King.

 


Evil Bed and Breakfast

Il faut dire que l'autre bonne idée de Widow's Bay pour varier les plaisirs, et désamorcer partiellement l'horreur, est d'injecter une bonne touche d'humour naturel à la recette. Entre quelques dialogues et personnages savoureux, les mimiques et les cris du maire (on s'identifie très fort), et de nombreuses situations absurdes savamment dosées, le show de Katie Dippold trouve un excellent équilibre des genres. La recette aurait aisément pu se planter. Il n'en est absolument rien.

 

Nous sommes là devant l'une des meilleures surprises sérielles de ce début d'année 2026, et nous avons hâte d'en apprendre plus sur l'île dans la saison 2 déjà commandée.

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