Rappel de la situation : les géants de l’IA achètent tous les processeurs de mémoire DRam et NAND, composants indispensables pour leurs centres de données, au détriment de la tech grand public, provoquant des hausses de prix et des retards de sortie pour les appareils électroniques.
Quand l’IA assèche la tech grand public…
Ce « RAMmageddon » devrait néanmoins durer jusqu’à la fin de la décennie selon les estimations de SK Hynix, l’une des trois seules compagnies au monde capables de fabriquer ce type de puces, avec Micron et Samsung Electronics. Chey Tae‑won, PDG de SK Hynix a déclaré auprès de Bloomberg qu’il étendait sa capacité de production, mais qu’il ne pourra enfin répondre à la totalité de la demande mondiale qu’autour de 2030.
2030 : la date (très) lointaine d’un marché stabilisé
Les estimations sont un peu plus optimistee chez Samsung qui, selon le média coréen Chosun, espère que le marché reviendra à la normale en 2028. À noter au passage que ces trois compagnies peuvent théoriquement produire davantage pour compenser le désastre, mais qu’elles se retiennent, de crainte que la bulle IA n’explose et que trop de processeurs se retrouvent fabriqués inutilement. C’est ballot…
Guerre au Moyen‑Orient : sans hélium pas de puces, un risque majeur sous‑estimé
Par‑dessus le marché, la situation au Moyen‑Orient est une nouvelle contrainte supplémentaire pas encore intégrée dans les différents scenari des analystes et spécialistes du secteur présentés ci‑dessus. La guerre pourrait rapidement peser sur la production des puces, dépendantes de l'approvisionnement en Hélium, gaz indispensable et irremplaçable pour leur fabrication dont les stocks se comptent seulement en quelques semaines. Or, le Qatar qui assure environ un tiers de la production mondiale du gaz Helium ne peut plus aujourd'hui en exporter une seule goutte. Bref, la situation, déjà critique, pourrait partir véritablement en cacahuète…