le 15 juillet 2026 - 16h25

George Lucas dit oui à l’IA, mais non au diktat des fans !

Dans un long et rare entretien accordé à la revue A Rabbit’s Foot, George Lucas s’est exprimé sur de nombreux sujets, notamment sur l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la production cinématographique. Le créateur de Star Wars, aujourd’hui âgé de 82 ans et considéré comme l’un des pionniers du cinéma moderne, a livré une vision particulièrement tranchée de l’avenir du septième art. Des déclarations qui ne manqueront pas de susciter la  controverse.

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George Lucas dit oui à l’IA, mais non au diktat des fans !
George Lucas en figurine Stormtrooper Hasbro, Star Wars Black Series © Hasbro
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Alors qu’une grande partie de l’industrie tente encore de résister à cette technologie, Lucas, lui, l’accueille à bras ouverts : « L’intelligence artificielle signifie qu’il est désormais beaucoup plus facile pour nous de faire des films. C’est un peu comme si l’on disait que rien ne vaut le cheval et la calèche. Ces voitures tombent en panne, elles ont besoin d’essence, elles posent toutes sortes de problèmes et, bientôt, on les transformera en tanks qui serviront à tuer des gens. C’est terrible. Mais on ne peut rien y faire. C’est le progrès, c’est l’avenir ».

Pour George Lucas, les fans ne devraient pas faire les films…

Mais Lucas ne s’est pas arrêté là. Il s’en est également pris aux studios pour leur dépendance excessive aux réactions des fans et aux projections tests, estimant qu’elles nuisent au processus de création cinématographique. Il accorde en revanche davantage de crédit à l’opinion de ses amis réalisateurs, dont il connaît parfaitement les goûts, les sensibilités et les partis pris : « J’avais un groupe d’amis avec lesquels j’ai étudié : Martin Scorsese, Francis Ford Coppola, Steven Spielberg. Nous étions tous étudiants à la même époque et nous nous connaissons très bien. Je sais quels sont leurs préjugés et leurs préférences. Lorsque je leur montre un film et qu’ils font des commentaires, je sais d’où vient leur réaction (…) Je n’aime pas les groupes tests. Le public ne sait pas ce qu’il veut voir. S’il n’aime pas un personnage, c’est intéressant et, en tant que cinéaste, je veux comprendre pourquoi. Mais lorsque les studios entendent cela, ils en tirent la mauvaise conclusion. Ils laissent le public faire le film à leur place. Évidemment, aujourd’hui, ils sont devenus complètement fous avec ça. Tout tourne désormais autour de ce que pensent les fans. Ce n’est pas comme cela que l’on fait un film. On fait un film en trouvant quelqu’un qui sait faire du cinéma, qui a une histoire à raconter et qui est passionné par cette histoire ».

 

Lucas a lui même subi des réactions particulièrement violentes lors de la sortie de la prélogie Star Wars, même si le regard porté sur ces films s’est considérablement adouci avec le temps. Il se rappelle qu'au début, beaucoup de gens faisaient pression sur lui pour qu'il se débarrasse de C‑3PO. Puis, rebelote avec le troisième film et les Ewoks : «[s]Débarrassez‑vous de ces ours en peluche, nous voulons voir un film pour adultes ! », entendait‑il à l'époque. Il confirme : c’est un film pour enfants : « Cela a toujours été un film pour enfants ».

 

… Et les studios les écouter

Comme souvent avec les déclarations aussi catégoriques, l’excès peut néanmoins en affaiblir la portée. George Lucas se concentre ici sur le rejet de Jar Jar Binks et des Ewoks, tout comme il reste de marbre lorsqu’il s’agit d’évoquer les reproches formulés par ces mêmes fans contre les modifications successives apportées à la trilogie originale. On rappelle que pendant plusieurs décennies, le cinéaste a retouché les films qui avaient bâti son empire, allant même jusqu’à empêcher la ressortie de leurs versions d’origine.

 

Alors oui, il est évident que les studios accordent une place excessive aux projections test. Mais on a aussi le sentiment qu'il refuse d’entendre ‑ce qui est son droit‑ les spectateurs qui ont accompagné, aimé et parfois fait vivre une œuvre pendant plusieurs générations.

 

La participation la plus récente de George Lucas à un projet destiné au cinéma remonte à 2023, lorsqu’il était producteur exécutif d’Indiana Jones et le cadran de la destinée. Son dernier film en tant que réalisateur reste Star Wars, épisode III : la revanche des Sith, sorti en 2005.

 

Ces déclarations interviennent alors que le dernier film de la saga, The Mandalorian and Grogu, vient de fixer sa date de sortie numérique. Il sera proposé à partir du 21 juillet sur les plateformes de vidéo à la demande premium, avant une sortie en 4K UHD le 25 août.

SOURCE : comingsoon.net
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