le 13 mai 2026 - 17h27

James L. Brooks revient enfin au cinéma

Quinze ans que le réalisateur multi-oscarisé pour Tendres passions (son premier long métrage), James L. Brooks n’avait pas réalisé de film. Producteur des Simpson depuis les débuts, il était donc occupé ailleurs. Il revient aujourd’hui avec Ella McCay, une comédie à l’ancienne portée par l’énergie et le charme de l’actrice Emma Mackey. Une comédie féministe et féminine au charme suranné, certes, mais très drôle.

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© Nicolas Bellet

Quinze ans depuis votre dernier film. Qu'est‑ce qui vous a poussé à sortir de votre « caverne cinématographique » ?
On me pose souvent cette question. Et la réponse honnête, c'est que je n'en sais rien. J'ai un travail que j'adore, je m'occupe des Simpson, je travaille tout le temps. Mais je sais que le prochain sera beaucoup plus rapide !

 

Diriez‑vous que votre film est une comédie ?

Une comédie, absolument ! Mais j'espère qu'elle parle de la vraie vie, et cela implique aussi de la souffrance.

 

Peut‑on dire que votre film est une sorte d'hommage à la Screwball Comedy ? Un hommage à Frank Capra ?

Peut‑être. Je suis fan de ce genre de film, effectivement. Ce film en particulier est un hommage aux films que j'ai aimés et à des héroïnes comme Katharine Hepburn et Audrey Hepburn, qui étaient pour moi les déesses de la comédie. C'étaient deux actrices remarquables qui savaient tout faire. Cet aspect « hommage » n'a jamais été aussi présent dans mon esprit que pour ce projet.

 

Ce n’est pas un hasard si le film ne se passe pas vraiment de nos jours, mais pas si loin…

Dans les premiers instants du film, il y a effectivement cette réplique, la plus importante selon moi, qui dit : « Pour mon pays, c'était une époque plus innocente, même si les temps étaient durs. C'était la Dépression, la récession. Mais on s'appréciait encore les uns les autres. Nous n'étions pas divisés ». Pour faire un film sur la politique, je devais le situer à une autre époque. Une période récente mais tellement plus innocente. Avant Trump…

 

Ce n’est pas vraiment dit dans le film, mais on le ressent…

C'est dit, pas directement, mais c’est dit : « On s'appréciait encore ». C'était très important pour moi.

 

Votre film parle d'espoir. Une scène se déroule carrément sur une rue qui s'appelle « Hope » (espoir). C'était voulu ?

C'était une coïncidence, mais j'en étais très conscient. Dès que je l'ai vu, je me suis dit qu'on n'allait surtout pas changer ça ! J'ai mis longtemps à trouver ce mot. À la fin, j'avais d'autres termes en tête, et finalement : « Oh, oui, l'espoir ».

 

Vous avez pris des décisions étranges au montage. Plusieurs fois, les personnages disent « Attendez une minute » et vous brisez le rythme du film. Est‑ce volontaire ?

C’est la première fois que j’en prends conscience, en vous écoutant. Je vous jure que je n'y avais jamais pensé auparavant. Mais j'avais en tête le rythme des comédies de l'époque des Hepburn, où les gens parlaient très vite. Toute la force des dialogues rapides, c'est justement quand ils ralentissent ou s'arrêtent un instant : cela devient soudainement dramatique.

 

Comment se fait-il que vous écriviez si bien pour les femmes ?

J'ai été élevé par un père « terrible » et deux femmes formidables : ma mère et ma sœur aînée. Ma mère avait aussi deux sœurs. Enfant, les discussions lointaines de ces femmes dans d'autres pièces sont des sons qui m'ont accompagné toute ma jeunesse. C'est un hommage à la force des femmes. Souvent, les hommes vont et viennent, mais les femmes restent solidaires entre elles. En fait, c'est un film sur la sororité.

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