le 31 août 2026 - 17h21 (mis à jour le 31 août 2026 - 17h27)

Nick Cave à Rock en Seine 2026 : Fucking Paris !

Chaque année, fin août, le festival Rock en Seine sonne quatre jours durant la fin de la récré des grandes vacances à coups de décibels et de bonnes vibes. Cette année, deux dates étaient particulièrement attendues : celle du dimanche avec la venue de Robert Smith et de son groupe The Cure, et celle du vendredi à la programmation particulièrement alléchante. En point d’orgue, le concert du soir : le retour de Nick Cave au festival et dans la capitale, pour clore sa tournée. Promesse d’une soirée mémorable… Et ce le fut !

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Nick Cave à Rock en Seine 2026 : Fucking Paris !
Nick Cave & The Bad Seeds en concert live à la Waldbühne, Berlin, le 30 juin 2026 © Imago
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Le problème d’un festival comme Rock en Seine réside assurément dans la conjugaison d’une programmation dantesque et de l’immensité du site. Impossible d'enchaîner tous les concerts sans courir un marathon après chaque show, ou se résoudre à arriver tout juste pour le début des prestations au risque de finir relégué tout au fond. Sans compter les choix cornéliens entre deux groupes et les quatre scènes ! L’auteur de ces lignes a donc préféré Sparks à Kurt Vile, Wilco à Franz Ferdinand et La Flemme aux Black Keys, ce dernier choix s'avérant bien involontaire, en grande partie imputable à la lenteur d'un foodtruck au placement stratégique.

 

Autant l’avouer d'emblée, enchaîner Wet Leg, Sparks, La Flemme et Wilco constituait déjà un combo parfait, tant les quatre prestations furent à la hauteur des attentes, quoique bien trop courtes. C’est le jeu des festivals ! Remercions d’ailleurs au passage l’organisation quasi militaire : chaque concert démarre pile à l’heure. À ce propos, le prédicateur australien à la voix de baryton qui allait clore la soirée est même arrivé avec deux minutes d’avance. Heureusement, nous avions eu juste le temps de nous placer.

 

Un lion en Cave

22h13 : les Bad Seeds investissent donc l’arène, suivis par Nick Cave qui balance des coups de pied dans le vide et harangue la foule d’un « Fucking Paris ! » tonitruant. Ce mantra, répété à l'envie au fil de la soirée, embrase une assemblée déjà bouillante à la vue de la dizaine de musiciens arrivés quelques secondes plus tôt. Direct, direction le front de scène ! Il ne le quittera pratiquement plus de tout le show, si ce n'est pour aller déchaîner les touches de son piano ou les caresser pour quelques notes au fil des morceaux.

 

Get Ready for Love (le titre d’ouverture) s’affiche en géant et assurément, de l’amour, il y en a eu. Voir Nick Cave sur scène est une expérience à vivre absolument dans les premiers rangs. L’homme, tout de noir vêtu, est un véritable lion en cage qui se déchaîne dès que les Bad Seeds balancent les premières notes à grand renfort de décibels. L’artiste se montre plus que généreux : il aime être là et adore son public, qui le lui rend au centuple. Ce soir, le son était parfait (on ne pourra pas en dire autant des écrans géants) et la voix si particulière de Nick Cave a enveloppé le parc de Saint‑Cloud et chaque spectateur présent.

 

L’homme est un poseur, messianique jusqu’au bout des ongles, et on l’adore pour ça. Il sait dompter les foules qui n’en demandent pas moins. Nick Cave passera une grande partie du show juché sur les spectateurs qui le portent à bout de bras, la véritable marque de fabrique du chanteur depuis quelque temps. En début de concert, il s’adresse même directement à l’un des fans du premier rang : « Éric, je te vois toujours au premier rang ! ». Chacun a l’impression d’assister à un concert intimiste tant Nick Cave se donne au maximum pour créer du lien. Malgré la foule réunie (la jauge de 40 000 personnes affiche complet), il y parvient à chaque morceau.

 

Beaucoup de fans sont d’ailleurs venus avec des mots personnels à lui tendre, qu'il ne parvient malheureusement pas à glisser dans sa poche de veste. « Le costume est neuf, les poches sont encore cousues ! », s’excuse‑t‑il dans un sourire. L’énergie qu’il déploie sur scène et communique physiquement aux spectateurs est incroyable. À 68 ans passés, l’homme est bien plus qu’une simple bête de scène : il fait corps avec la foule.

 

Nick Cave annonce une dernière à Saint‑Cloud

Les morceaux s’enchaînent, repris en chœur par un parterre chauffé à blanc. Il n’y a pas vraiment de mise en scène, le spectacle étant assuré par le chanteur qui envoie souvent valser son micro, et par Warren Ellis, déchaîné avec son violon et un archet qu’il projettera plus d'une fois, lui aussi, dans les airs. Pas le moindre temps fort qui retombe.
La setlist s’avère malheureusement assez classique et reprend en partie (et en version raccourcie, festival oblige) celle de la tournée Wild God. Pour la dernière date de son périple, le chanteur ne nous a pas réservé de surprise particulière. Les classiques alternent avec des morceaux plus introspectifs. Étrangement, avant de se lancer dans une sublime version de Train Long Suffering, le chanteur avoue une pointe de nostalgie : c’est la dernière fois, promet‑il, qu’il chantera ce titre.


Ironie du sort, c’est sur les paroles de son morceau le plus célèbre (Red Right Hand, tiré de la BO de Peaky Blinders) qu’il se plante et devra se reprendre. Le public exulte et gagne un rab de gong ! Au bout de presque deux heures, les Bad Seeds quittent le plateau, présentés un par un par le frontman. S'ils ont assuré la partie musicale avec brio, ils seront restés un peu en retrait durant tout le show. Seuls les choristes, à la faveur d’un problème de retour son, se sont rassemblés autour de lui pour une chanson.


Pour clore le concert et sa tournée, Nick Cave s’assied seul au piano et entame Into my Arms, dont le refrain sera repris en chœur par le public bien après la fin du spectacle, sur le chemin du retour… « Merci, c’était un très bel endroit pour finir une tournée ! ».

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