Cloud Atlas

Année : 2012
Réalisateurs : Tom Tykwer, Andy Wachowski, Lana Wachowski
Interprètes : Tom Hanks, Halle Berry, Jim Sturgess, Doona Bae, Jim Broadbent, Hugo Weaving, Ben Whishaw, Susan Sarandon, Hugh Grant, James d'Arcy
Éditeur : Warner
BD : 1 BD-50 + 1 DVD-9, 176', zone B
Genre : science-fiction, couleurs
Interdiction : tous publics
Sortie : 13/07/13
Prix ind. : 24,99 €
Mustav
Critique

Test technique
Image :
Son :
Bonus :
Format image
2.40
HD 1 080p (AVC)
16/9 natif
Bande-son
Français Dolby Digital 5.1
Anglais DTS-HD Master Audio 5.1
Anglais Audiodescription
Espagnol Dolby Digital 5.1
Sous-titres
Français, anglais pour malentendants, espagnol
Amazon
22,99 €
Si vous voulez voir, en même temps et en moins de trois heures, un mélodrame à la James Ivory, une fable post‑apocalyptique, un film d’anticipation façon Seventies (THX 1138, L’âge de cristal), une comédie british désopilante, un thriller paranoïaque dans la veine de Sydney Pollak, un film d’heroic fantasy et une variation de Blade Runner/Soleil vert dans un post‑Seoul numérique, Cloud Atlas a été pensé pour vous.

Dans le genre blockbuster expérimental (100 millions de dollars), les frères Washowski (devenus récemment frère et sœur) n’en sont pas à leur coup d’essai, mais depuis la trilogie Matrix, aucune de leur nouvelle tentative n’a retrouvé le chemin du succès, du fascinant Speed Racer à V pour Vendetta (alors scénaristes et producteurs). Et aux États‑Unis, Cloud Atlas a subi le même sort.

Cloud Atlas entremêle donc six histoires éclatées en de multiples fragments ‑ce qui suppose, pour le spectateur, une bonne dose de concentration, semblable à celle requise par un Rubik’s Cube qu’un petit malin aurait mis en vrac‑. 1849, un avocat américain découvre les réalités de l’esclavage en voyant un Noir se faire fouetter. 1936, un jeune compositeur déshérité par sa famille entre au service d’un vieux musicien, afin d'écrire sa grande œuvre, le Sextuor Cloud Atlas. 1973, Rufus Sixmith, ancien amant du compositeur précédent et physicien, confie à une journaliste de San Francisco un dossier explosif sur une entreprise énergétique planifiant, en douce, une catastrophe naturelle immense. 2012, un éditeur tente d’échapper à un auteur mafieux dont il a édité le roman, et se retrouve enfermé dans une maison de retraite. 2144, Sonmi, une jeune clone coréenne s’affranchit de la société oppressive qui a programmé sa mort et découvre les joies du libre arbitre. 2321, un paysan vit dans le culte d’une divinité (Sonmi) et, au contact d’une race supérieure, va devoir lutter contre ses croyances ancestrales afin d’assurer la survie de l’humanité.

« Toutes les limites sont des conventions qui attendent d’être transcendées », avoue l’un des personnages au milieu du film, manière manifeste pour les Wachowski et Tom Tykwer (réalisateur allemand en charge des trois segments centraux) de continuer à creuser, avec ce film monstre, les deux mêmes sillons (d’intérêt fort différent) : d’un côté, un sillon New Age, vaguement amphigourique, où se mêlent effet papillon, réincarnation des individus par‑delà les époques et les lieux (bouddhisme) ; de l’autre, un sillon, sinon révolutionnaire, en tout cas résistant, obsédé par le type d’action qu’un individu peut opposer à une société qui vise à le formater : de ce point de vue, Cloud Atlas poursuit la quête de l’Élu de Matrix ou des révoltés du Londres dystopique de Vendetta, et suit comment une micro‑action dissidente (en 1849) peut, à la manière d’une onde de choc, grossir au fil des époques jusqu’à atteindre des proportions planétaires dans le dernier fragment.

Comment trancher ? Ici, on oscille constamment entre l’admiration devant ce travail d’orfèvre, d’une ambition folle et virtuose qui, dans le cinéma contemporain, n’a guère d’équivalent, et le sentiment d’une montagne narrativement complexe qui accouche d’une souris un peu rachitique porteuse d’un discours simpliste : le monde se divise toujours en deux camps (le Bien et le Mal, les victimes et les bourreaux, l’oppresseur et l’oppressé, etc.) mais semble dépourvu de milieu. À vous de choisir entre l’hypothèse d’un Lelouch obèse et celle d’un Resnais pop, à moins qu’il s’agisse un peu des deux.
Jean-Baptiste Thoret - Publié le 15/07/13
Liste des bonus
- Un film unique (7')
- Histoires liées (8')
- Une adaptation impossible (9')
- L'essence de l'acteur (7')
- Les mystères de Cloud Atlas dévoilés (8')
- La science-fiction de Cloud Atlas (7')
- Amour et désir perpétuels (7')
- DVD du film
- Copie digitale


Commentaire
Mix d'interviews des comédiens et d'entretiens avec les trois réalisateurs, ces courts modules sont issus du même sujet, ici saucissonné pour un visionnage rapide à la volée. C'est plutôt agréable à regarder mais pas hautement nécessaire non plus (on reste dans la promo pure), même si Tom Tykwer, Andy et Lana Wachowski en disent un peu plus sur leurs intentions et lèvent le voile sur quelques détails qui nous ont échappés.

C'est d'ailleurs grâce à Natalie Portman que les Wachowski ont eu l'idée d'adapter le roman original du Britannique David Mitchell, dans lequel la comédienne était perpétuellement plongée sur le tournage de V pour Vendetta.
Note bonus : 3/6
Image
Ambitieux et virtuose, Cloud Atlas réussit la prouesse technique et artistique d'agréger six films en un avec une fluidité impériale. Les différents styles, genres, lieux, tonalités, époques, reconstitutions historiques et ambiances s'enchaînent avec maestria sans fausse note.

Non seulement le film est à nos yeux dénué de défauts, mais il fait preuve d'une telle modernité qu'il restera ‑et pour longtemps‑ un modèle de ce transgenre cinématographique. Évidemment, la HD lui sied comme un gant.
Top image : aucun
Note image : 6/6
Son
Même transition et fluidité côté son avec tout ce qu'il faut pour s'immerger à chaque fois dans cette histoire complexe entremêlant les phases les plus douces, les plus étranges et les plus violentes. Un millefeuille sonore dont on ne peut pas dire qu'il restera en mémoire, mais qui est, contre toute attente, au cœur de ce film, puisque ce dernier tire son titre du Sextuor composé par l'un des personnages du film, et dont on perçoit les notes à travers toutes les sections du film.

Là encore, les réalisateurs innovent, interpellent et livrent une partition d'une classe folle. La VF Dolby Digital 5.1 fera l'affaire pour les inconditionnels, avec un volume sonore étonnement plus élevé qu'en VO. Malgré cela, la spatialisation est toute autre en VO DTS-HD Master Audio 5.1, avec une présence et une dynamique incomparables. La platitude de la VF s'envole en VO pour laisser place à l'imagination. C'est tout l'enjeu du film. Sans compter que les voix originales sont littéralement primordiales (voir l'utilisation des dialectes et nombreuses nationalités du film).
Top son : aucun
Note son : 6/6


PLANNING
BONNES AFFAIRES
Voir l'offre
INTERVIEWS
Victor Matsuda - Vice-président Blu-Ray Group Sony et de la BDA (Blu-Ray Disc Association)
https://www.avcesar.com/source/interview/168/photo_0147193231.jpg
https://www.avcesar.com/source/interview/153/photo_1156104630.jpg
https://www.avcesar.com/source/interview/152/photo_0641125609.jpg
https://www.avcesar.com/source/interview/154/photo_1145170618.jpg
victor-matsuda
tara-reid
nic-pizzolatto
gillian-anderson
DOSSIERS
»
2013, la barre (de son) tabasse
»
Ultra HD : le TV de demain s'invite dans nos foyers
»
Best of Blu-Ray 2011