Tu ne tueras point

Hacksaw Ridge
Année : 2016
Réalisateur : Mel Gibson
Interprètes : Andrew Garfield, Sam Worthington, Vince Vaughn, Teresa Palmer, Hugo Weaving, Rachel Griffiths
Éditeur : Metropolitan Film & Vidéo
BD : BD-50, 139', zone B
Genre : guerre, couleurs
Interdiction : - de 12 ans
Sortie : 16/03/17
Prix ind. : 24,99 €
sans Must AV
Critique

Test technique
Image :
Son :
Bonus :
Format image
2.35
HD 1 080p (AVC)
16/9
Bande-son
Français DTS‑HD Master Audio 7.1
Anglais DTS‑HD Master Audio 7.1
Sous-titres
Français, Audiodescription pour sourds et malentendants
Amazon
24,99 €
Rakuten
18,90 €
Fnac
19,99 €

Desmond Doss, fils d’un vétéran de la Première Guerre mondiale devenu alcoolique, s’engage dans le conflit suivant. Mais fidèle à ses croyances religieuses, il refuse de porter les armes au risque de passer en cour martiale. Devenu finalement infirmier, Doss va participer à l’abominable bataille d’Okinawa et accomplir seul le plus incroyable des exploits.

 

L’authentique histoire de Desmond Doss méritait d’être filmée. Ce vétéran de la Seconde Guerre mondiale, couvert des plus prestigieuses récompenses militaires américaines (Médaille d’honneur, Purple Heart…), n’a pourtant pas tiré un seul coup de feu. Il a passé sa guerre… à sauver des vies.


Face à un tel magnifique sujet, Mel Gibson tente un grand film humaniste, essayant de décrire au mieux une trajectoire hors norme. Il ne réussit qu’en partie son coup. Mel Gibson ne parvient pas vraiment à révéler le mystère Doss. Certes, le jeune adventiste a une foi chevillée au corps ‑des convictions religieuses qui lui interdisent les armes et le combat‑ mais les racines de sa volonté d’acier et son ahurissant courage restent peu explorés. Gibson, lui‑même très pieux, se contente de déclarations de foi maintes fois répétées comme un interminable mantra et d’un trauma d’enfance (la violence paternelle) pour nourrir l’élan du personnage.


Le film, bien qu’élégamment mis en scène, pêche à plusieurs niveaux. Une structure convenue  (enfance, entraînement, combat) désormais beaucoup trop vue et une vision complètement fantasmée de l’Amérique d’avant‑guerre notamment. De menues erreurs de castings aussi : si Andrew Garfield (Doss), Dorothy Schutte (son amoureuse) ou Hugo Weaving (le père de Doss) excellent à leur art, Vince Vaughn manque totalement de crédibilité pour incarner un sergent instructeur. La phase entraînement s'en retrouve sapée. 

 

Mel Gibson sait en revanche filmer la violence, il l’a prouvé tant dans Braveheart qu'Apocalypto et ne décevra pas ici les amateurs de massacres avec la bataille d’Okinawa. Si les séquences sont percutantes et souvent même pénibles à encaisser, le réalisateur laisse passer différentes scories qui peuvent agacer : renforts numériques sanglants ou explosifs peu convaincants, multiplication non‑sensique des tirs pleine tête (parce que plus graphiques ?) et allégories lourdes (un Japonais et un Américain se hurlent dessus comme des possédés avant d’être tués ensemble par la même grenade).


C’est juste après que Mel Gibson saisit enfin son film. Car cet hallucinant déluge de bruits, de sang et d’horreurs n’est finalement que la mise en place du décor de l’extraordinaire exploit de Doss. Un acte tout autant de bravoure que d’humanité, maintes fois répété, que Mel Gibson filme sans chichi, à fleur de peau et qui confère enfin cœur, nerfs et vraie singularité au récit.


Dans les dernières minutes du film, la fiction cède la place au réel. On écoute et voit le vrai Desmond Doss ainsi que quelques‑uns des camarades qu’il a sauvés à Okinawa. Simple, sans emphase ni prétention, avec juste une pointe d’humour pour évoquer l’horreur, le vrai Desmond Doss, devenu un très vieux Monsieur, montre en quelques secondes ce qu’est un véritable héros. 

Paco Altura - Publié le 03/04/17
Liste des bonus
- Coulisses du tournage (69')
- Six scènes coupées (4')
- Un message de Mel Gibson (1')


Commentaire

Les roboratives coulisses du tournage fournissent beaucoup d'informations. Si les stars du film adressent de longues louanges à leur réalisateur, on devine surtout un Mel Gibson littéralement possédé sur son tournage. Le réalisateur, passionnant et très humble, décrit aussi avec beaucoup de minutie le travail de tous ses collaborateurs.

 

À noter, l'incroyable séquence concernant le champ de bataille d'Okinawa : le spectateur se rend compte que le décor filmé... n'était en fait qu'un champ de dimension modeste en Galles du Sud ! Le travail sur l'illusion du carnage n'en ressort que grandi. Excellent module également sur la musique. Un making of qui a franchement de la gueule !

Note bonus : 5/6
Image

Une grande image, une colorimétrie bien maîtrisée et beaucoup de détails. Peut‑être d'ailleurs un peu trop paradoxalement. C'est en effet la grande précision du master, superbe sur les regards ou les scènes de nuit, qui révèle quelques effets spéciaux numériques un peu en dessous (navires de guerre, impacts sur les corps). 

 

Les différentes optiques et caméras numériques apportent un réalisme étonnant. Les scènes de guerre et blessures ne nous épargent rien jusqu'au plus profond de la peau. Un parti pris esthétique assumé et maîtrisé. 

Top image : aucun
Note image : 5/6
Son

Des pistes sonores absolument gigantesques. On a l'impression de vivre une scène sonore tout hauteur comme en Dolby Atmos (nous avons eu la chance de voir le film aux USA), alors que les pistes n'affichent « que » du DTS‑HD Master Audio 7.1. On est pourtant au top du top côté ambiance, précision et directivité. Avec en prime une dynamique franchement bluffante sur les graves qu'il s'agisse de bruitages ou de musique.

 

Les scènes d'affrontement avec l'ennemi sont dantesques, ébouriffantes ! Vous êtes à ce point dans l'action que vous êtes surpris par des réflexes d'évitement. Tirs, cris, détonations, vous êtes assailli directement depuis les surrounds back, puis lessivé par le caisson. Heureusement, on alterne différentes phases, dont certaines bien plus calmes et émotionnelles. Les dialogues sont aussi soignés, tout est en place.

 

La VF est elle aussi de très bonne facture tant artistiquement que techniquement. Mais il lui manque cependant le petit plus qui rend la VO si puissante et viscérale. À commencer par son naturel évident. Alors si vous voulez pousser votre installation et voir ce qu'elle a dans le ventre, c'est le moment avec la VO ! 

Top son : aucun
Note son : 6/6



PLANNING
DVD 24/07/19 Walter
BLUHD 24/07/19 Us
BLU 24/07/19 Us
DVD 24/07/19 Us
BONNES AFFAIRES
INTERVIEWS
Matt Dillon - Wayward Pines
https://www.avcesar.com/source/interview/160/photo_1145102402.jpg
https://www.avcesar.com/source/interview/138/photo_0315185626.jpg
https://www.avcesar.com/source/interview/170/photo_1215120005.jpg
https://www.avcesar.com/source/interview/127/photo_0547183008.jpg
matt-dillon
pascal-laugier-et-louis-thevenon
anthony-hopkins
eva-green
DOSSIERS
»
2013, la barre (de son) tabasse
»
Ultra HD : le TV de demain s'invite dans nos foyers
»
Best of Blu-Ray 2011