L'étrange histoire de Benjamin Button

The Curious Case of Benjamin Button - Collector
Année : 2008
Réalisateur : David Fincher
Interprètes : Brad Pitt, Cate Blanchett, Julia Ormond, Tilda Swinton, Taraji P. Henson
Éditeur : Warner
BD : 1 BD-50 + 1 BD-25, 166', toutes zones
Genre : drame, couleurs
Interdiction : tous publics
Sortie : 05/08/09
Prix ind. : 29,99 €
sans Must AV
Critique

Test technique
Image :
Son :
Bonus :
Format image
2.40
HD 1 080p (VC-1)
16/9 natif
Bande-son
Français Dolby Digital 5.1
Anglais Dolby TrueHD 5.1
Anglais Dolby Digital 5.1
Polonais Dolby Digital 5.1
Hongrois Dolby Digital 5.1
Tchèque Dolby Digital 5.1
Russe Dolby Surround
Ukrainien Dolby Surround
Voir plus
Sous-titres
Français, anglais, anglais pour malentendants, tchèque, hébreu, grec, islandais, letton, hongrois, estonien, serbe, slovène, bulgare, arabe, russe, lithuanien, hébreu
Pour ceux qui pensaient que le génial Zodiac (2007) aller inaugurer le grand moment du cinéma de David Fincher, L’étrange histoire de Benjamin Button fera l’effet d’une douche froide. Pause ou bifurcation durable, à voir. Tous les thèmes de Fincher sont présents (l’inadéquation de l’individu au monde tel qu’il évolue), mais sous une forme édulcorée, policée, inodore.

Cinéaste du tranchant, de la froideur voire de la mélancolie, Fincher signe ici une fresque ouatée et consensuelle qui, pendant près de trois heures, avance tel un paquebot sépia avec la torpeur d’un bulot. Direction le quai d’une reconnaissance molle qui s’appelle les Oscars, genre en soi dont le film empile scrupuleusement les items : un casting poids lourd versant dans la performance (Brad Pitt et Cate Blanchett) ; un discours fédérateur brassant des thèmes inoffensifs comme le temps qui passe, les passions manquées et les petits riens de la vie ; une reconstitution minutieuse couvrant cinquante ans de l’Histoire américaine (visuellement, le film fait coup triple : décors, costumes et effets spéciaux). Au final, le sentiment toujours désagréable d’une complicité arrachée au spectateur qui, à la fin de la projection, pourra toujours se tourner vers son voisin et lui lancer ce regard du type « C’est beau (ou triste, ou bête) comme la vie ».

Né de l’esprit de Francis S. Fitzgerald, dont le film adapte vaguement la nouvelle éponyme, Benjamin Button arrive au monde en 1918 et en piteux état. Vieillard fripé, Benjamin grandit, mais en sens inverse, du plus vieux ou plus jeune, soit l’occasion de mille prouesses morpho-technologiques qui permettront à Brad Pitt d’incarner successivement les grandes icônes de la masculinité hollywoodienne : le Brando période cuir de L’équipée sauvage, le Redford de Propriété interdite et de Gatsby, et enfin Brad Pitt, raccord du personnage et de l’acteur sur lequel le film se fixe une bonne heure.

Cette créature difforme et arthritique qui rajeunit à mesure qu’elle grandit rame donc à contre-courant d’une autoroute temporelle et traverse les décennies en spectateur résigné, presque inerte, l’air constamment triste, toujours à deux doigts de nous dire quelque chose de fondamental sur son expérience singulière de la vie, en vain. Au fond, Button ne développe aucun centre d’intérêt, ne porte aucun regard particulier sur l’extérieur, ne possède aucune ambition, si ce n’est celle de conquérir Daisy et de roucouler avec elle le temps de leur convergence temporelle. Autrement dit, Benjamin Button est un personnage inintéressant affecté d’une maladie exceptionnelle.

Un cauchemar de scénario aggravé par l’utilisation de la voix off (la fille de Button qui lit le livre des souvenirs) comme guide hasardeux d’un récit invertébré et sans émotion -Fincher n’est décidément pas un cinéaste de l’affect, ce qui le prémunit au moins du pathos façon Forrest Gump-. La différence de Button ne provoque chez lui aucune violence et le monde, suspect à force de compassion béate, rempli jusqu’au gosier d’individus bienveillants, ressemble à une image d’Épinal digne d’Amélie Poulain. Là où chez Tim Burton, le marginal (Edward, Sweeney Todd, Willy Wonka, Ed Wood) devient émouvant dans sa tentative d’appartenir à la collectivité ou dans la furia que déclenche son rejet.
Jean-Baptiste Thoret - Publié le 07/08/09
Liste des bonus
- Commentaire audio de David Fincher en VO
- Making of découpé en quatorze séquences en HD (200')
- Quatre galeries de visuels (story-board, direction artistique, costume, production
- Bandes-annonces
- Spots TV


Commentaire
Si le commentaire de Fincher est en VO (donc incompréhensible pour les non-anglophones), l'immense documentaire suivant la naissance du film de A à Z rattrape amplement le coup. Les fans de cinéma en auront pour leur argent.
Note bonus : 4/6
Image
Voilà une image à la photographie gracieuse et à la définition plaisante. Relativement sombre, oui, mais aux contrastes plutôt doux et à la luminosité exquise. C'est d'ailleurs cette mise en lumière qui confère au rendu final sa beauté et son unicité. C'est même très beau, notamment sur les flash-back revenant sur l'enfance de Benjamin Button.
Top image : aucun
Note image : 5/6
Son
À la VF Dolby Digital 5.1 bien dynamique, mais très conventionnelle, il est sage de préférer la VO Dolby TrueHD 5.1 plus rigoureuse et plus fine dans la restitution des ambiances et de la musique. Cela dit, il ne se passe pas grand-chose d'intéressant sur le plan acoustique pendant le film. C'est sage, très sage.
Top son : aucun
Note son : 4/6


PLANNING
DVD 18/06/19 Les estivants
DVD 18/06/19 Good
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BLU 18/06/19 Désirée
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