Voyage au bout de l'enfer

The Deer Hunter - 40e anniversaire
Année : 1978
Réalisateur : Michael Cimino
Interprètes : Robert De Niro, John Casale, Christopher Walken, John Savage, Meryl Streep
Éditeur : Studiocanal
BD : 1 UHD-66 + 2 BD-50 + 1 CD, 184', toutes zones
Genre : drame, couleurs
Interdiction : - de 12 ans
Sortie : 21/08/18
Prix ind. : 19,99 €
Mustav
Critique

Test technique
Image :
Son :
Bonus :
Format image
2.35
UHD 2 160p (HEVC)
HDR Dolby Vision
HDR10
16/9
Bande-son
Français DTS 2.0
Anglais DTS‑HD Master Audio 5.1 (à base des six pistes originales Dolby Stéréo)
Anglais DTS‑HD Master Audio 2.0
Sous-titres
Français, anglais, anglais pour malentendants
34,99 €
34,99 €
34,99 €

Michael, Nick et Steven. Trois amis unis comme les doigts de la main, trois ouvriers d'une usine de sidérurgie plantée quelque part dans un bled paumé de Pennsylvanie. Fêtes, mariages, beuveries et parties de chasse constituent leur quotidien, mélange de labeur extrême et d'insouciance. Puis survient le Vietnam, la guerre dans laquelle les États‑Unis s'embourbent depuis des années.

Michael (De Niro), Nick (Walken, éblouissant) et Steven (John Savage) s'envolent alors pour les rizières rouges. Quelques mois d'horreur, entre la roulette russe, les tortures et les humiliations. À leur retour, Michael et Steven ne sont plus que des fantômes. La guerre les a vidés et pervertis. Steven a perdu ses deux jambes, Michael son innocence et Nick, resté dans l'enfer de Saigon, sa raison.

Deuxième film de Michael Cimino, Voyage au bout de l'enfer est juste l'un des plus grands films de l'histoire du cinéma que les visions successives bonifient sans cesse (que dire de celle‑ci, un bonheur). Écrit en quelques semaines par Cimino lui‑même, flanqué d'un casting exceptionnel, ce chef‑d'œuvre fut l'un des premiers films américains à aborder frontalement la guerre du Vietnam et le dernier de John Cazale, alors atteint d'un cancer, que Cimino imposa de haute lutte aux producteurs.

Une épopée tragique et sublime, totalement indispensable.

Jean-Baptiste Thoret - Publié le 10/09/18

Cinécult' Christopher Walken : une vie pas ordinaire

Un bandeau serré autour de la tête et l’œil hagard, signe d’une folie intérieure, un pistolet braqué sur la tempe, les invectives désespérées de Robert De Niro et la chaleur… L’homme s’appelle Nick. Il tire et s’effondre, tandis qu’une foule de bookmakers jusque‑là impassibles se déchaînent. Il s’agit de l’une des dernières séquences, devenue culte, de Voyage au bout de l’enfer de Michael Cimino, le film‑monstre que le réalisateur de La porte du paradis consacra à la guerre du Vietnam en 1978.

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Vietnam : trauma-reality
Il y a une quinzaine d’années, un critique, Gilbert Adair, déclara que tous les films américains réalisés entre 1965 et 1975 reflétaient, d’une façon ou d’une autre, ce qui s’était passé au Vietnam. Un autre critique, Robin Wood, écrivit un jour qu’il existait deux clés essentielles pour comprendre le cinéma américain des années 70 (hors assassinat de JFK) : le film d’horreur et l’imprégnation dans la conscience collective de la guerre du Vietnam.

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Liste des bonus
- Interview de Michael Cimino pour le South Bank Show (1979) (17')
- Interview du critique de cinéma David Thomson (24')
- Entretien avec le directeur de la photographie Vilmos Zsigmond (15')
- Entretien avec l'acteur John Savage (16')
- Entretien avec Michael Cimino (24')
- Scènes coupées (17')
- CD de la BO
- Livret de 64 pages
- Script original avec le titre d'origine The Man Who Came to Play
- Blu-Ray du film, Blu-Ray bonus


Commentaire

Entre autres nouveautés par rapport à la précédente édition Blu‑Ray, les interviews passionnantes du directeur de la photographie Vilmos Zsigmond et du critique cinéma David Thomson. Le premier revient sur les aspects techniques de tournage, l'importance de l'obscurité liée au manque d'éclairage notamment (le film ne disposait pas d'un gros budget), et sur le procédé mis en œuvre lors du développement de la pellicule pour désaturer les couleurs sur les séquences au Vietnam (en fait, la Thaïlande pour les besoins du tournage). Sa volonté comme celle de Cimino était de se rapprocher des images d'actualités tournées à l'époque, en 16 mm (certaines ont carrément été intégrées au film). De son côté, le critique cinéma David Thomson raconte sa première projection du film à Boston, ses sensations et surtout les tensions autour du film.

 

Le second entretien avec Cimino vaut à lui seul détour. Du scénario écrit en quelques semaines sur la route des repérages à l'immersion de De Niro chez les sidérurgistes, on savoure du bout en bout. Tout comme l'interview de John Savage revenant sur les conditions extrêmes de tournage, la minute où tout a failli basculer avec les mines mal gérées à son arrivée sur le plateau, ou encore le patin de l'hélicoptère bloqué dans les câbles du pont, obligeant De Niro et Savage à sauter en urgence dans la rivière… Épique.  

Note bonus : 6/6
Image

Déjà édité trois fois en DVD puis en Blu‑Ray, Studiocanal a progressivement amélioré la qualité d'image du film, rien de comparable toutefois à cette copie labellisée pour la première fois HDR Dolby Vision (HDR10 pour les installations non compatibles). Le progrès est patent et cela se sent dès l'ouverture du film, au cœur de la forge : les rouges flamboient, les gerbes de feu sont plus réalistes que jamais et le tout, dans la pénombre de la sidérurgie, sans jamais rogner sur la lisibilité. Outre les touches de couleur (nous y reviendrons), c'est bien la lisibilité et le contraste qui font ici un pas de géant.

 

Tous les autres secteurs montent aussi d'un cran : relief inédit sur tous les plans larges, contrastes qui gagnent en punch, noirs plus profonds et dynamique générale extra. Bien entendu, quelques fourmillements/flous subsistent en arrière‑plan, juste de quoi apporter la patine de l'époque. Après tout, quoi de plus normal pour un film qui fête cette année ses 40 ans ?  

 

Quant aux couleurs… on reste cois. Il n'y a qu'à voir les vitraux rose et bleu de l'Église, le vert de la nature, le lustre pimpant des voitures, les halos des enseignes lumineuses des pubs ou encore les casques oranges des ouvriers, pour savourer chaque nouveau tournant de l'image avec un sentiment de découverte et de plaisir mêlés. Bien sûr, les scènes dans la jungle vietnamienne sont insoutenables, bardées jusqu'à l'écœurement de sang et de corps démembrés. Et cela sans rien enlever à cette volonté de laisser certains passages désaturés, qu'il s'agisse de l'univers grisou des mines (regardez les arbres, aucune feuille, et pour cause, elles ont été enlevées une à une !) à l'ambiance de terrain du Vietnam voulue sans artifice, brutale et rugueuse.

 

Issue d'un nouveau master 4K, cette meilleure image est sans doute la meilleure disponible à ce jour. 

Top image : 86' (la roulette russe avec trois balles dans le barillet...)
Note image : 5/6
Son

Pas de miracle du côté de la VO 5.1 avec une restitution avant tout frontale des scènes de guerre, parsemées toutefois de quelques explosions, pales d'hélico et détails à l'arrière. Le tout est toutefois suffisamment charnu pour faire illusion. On s'en satisfera donc, d'autant que la VF 2.0 apparaît en comparaison très brouillonne et sourde, voire lourdingue. À proscrire totalement pour son aspect privatif du jeu des comédiens originaux bien sûr, mais aussi et surtout pour sa cacophonie générale. 

 

Top son : aucun
Note son : 4/6



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