Aquaman

Année : 2018
Réalisateur : James Wan
Interprètes : Jason Momoa, Amber Heard, Willem Dafoe, Patrick Wilson, Nicole Kidman, Dolph Lundgrun
Éditeur : Warner
BD : 1 UHD-99 + 1 BD-50, 143', toutes zones
Genre : super-héros, couleurs
Interdiction : tous publics
Sortie : 19/04/19
Prix ind. : 29,99 €
sans Must AV
Critique

Test technique
Image :
Son :
Bonus :
Format image
1.78/2.39
UHD 2 160p (HEVC)
HDR Dolby Vision
HDR10
16/9
Bande-son
Français Dolby Atmos
Français Dolby TrueHD 7.1
Français DTS‑HD Master Audio 5.1
Anglais Dolby Atmos
Anglais Dolby TrueHD 7.1
Anglais DTS‑HD Master Audio 5.1
Allemand Dolby Atmos
Allemand Dolby TrueHD 7.1
Allemand DTS‑HD Master Audio 5.1
Voir plus
Sous-titres
Français, anglais/allemand pour sourds et malentendants, néerlandais
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29,99 €
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Fnac
34,99 €

James Wan (auteur du tout juste passable Fast & Furious 7) s'attaque au tuning bling‑bling d'une BD à part dans l'univers des super‑héros, Aquaman de l'écurie DC Comics (Warner). Sa mythologie ne se déroule pas dans un Olympe idyllique ou un labo tapi dans l'ombre, mais à vingt mille lieues sous les mers, dans la cité engloutie de l'Atlantide.

 

Première scène du film et premier effet Wan : un pêcheur récupère sur la côte une sorte de sirène échouée moulée dans une combinaison de latex argentée (Nicole Kidman, l'ex‑Splash Daryl Hannah n'était pas libre ?), de leur histoire d'amour naîtra le petit Arthur, futur Aquaman (Jason Momoa, Game of Thrones), seul capable de ramener la paix dans son royaume subaquatique. Nicole Kidman, incarnation de la jeunesse éternelle au cinéma, campe à 51 ans une jeune maman en mode Karaté Kid face à des agresseurs bien décidés à la renvoyer dans ses profondeurs. On comprend vite que la crédibilité n'a pas présidé au cahier des charges du réalisateur pour sa vision d'Aquaman, qui transpose sans trop se poser de questions les planches de la BD, assumant virtuellement les chevauchées fantastiques à dos d'hippocampes et autres soldats‑crabes qui dégainent comme des mitraillettes. 

 

La suite ne fera que confirmer son penchant pour l'artillerie lourde et les scènes enfilées comme des perles. Si la maîtrise des effets spéciaux est évidente, au fond, ils ne disent pas grand‑chose, à l'image de la troisième séquence du film : un combat sans queue ni tête dans un sous‑marin russe entre Aquaman devenu molosse et Black Manta dans sa version humaine. Plus tard, l'ennemi aquatique N°1 sera affublé de son costume noir inspiré des raies manta et d'une tête de fourmi géante aux yeux revolver. Et ainsi de suite jusqu'à ce qu'une simple chèvre (le meilleur passage du film ?) nous décroche un sourire alors qu'Aquaman et sa copine Mera venue des flots (Amber Heard) sautent d'un avion dans le désert avant de terminer leur périple sous l'eau avec tous leurs congénères : King Nereus (Dolph Lundgren), Ocean Master (Patrick Wilson), Vulko (Willem Dafoe), Black Manta (Yahya Abdul‑Mateen) et bien sûr Atlanna (Nicole Kidman).

 

Avec son univers aquatique (un vrai défi technique) et son bestiaire fantastique, il a sans doute fallu des hectolitres de courage et une bonne dose de folie à James Wan pour adapter Aquaman au cinéma, au point d'en oublier visiblement tout sens du langage cinématographique. Sa vision très premier degré de la BD, doublée d'un graphisme franchement discutable bien que techniquement épatant, nous entraînent par le fond dans un océan de doutes. Au final, pas la moindre pensée écologique, pas une once de poésie non plus (souvenons‑nous de La forme de l'eau de Guillermo del Toro ou des grands classiques fantastiques comme L’étrange créature du lac noir, Jack Arnold, 1954), mais un grand coloriage criard de pages désespérément vides. Pendant ce temps, trois brillants réalisateurs réinventaient les codes du comics au cinéma avec Spider‑Man : New Generation. Un gouffre artistique les sépare.

Carina Ramon - Publié le 13/05/19
Liste des bonus
- Extrait exclusif du film Shazam !
- Devenir Aquaman (13')
- Plongée dans le monde d'Aquaman (19')
- James Wan : fondateur d'un univers (8')
- Les sombres profondeurs de Black Manta (7')
- Les héroïnes de l'Atlantide (6')
- Un entraînement terrible (6')
- Une rencontre en Atlantide (5')
- Donner vie aux créatures sous‑marines (7')
- L'aqua‑technique (6')
- Étude de scène détaillée (10')
- Le royaume des 7 mers (7')
- Blu-Ray du film et bonus


Commentaire

Tous les sujets sont abordés : l'entraînement surhumain de Jason Momoa (il fait véritablement le show lors des différentes projections du film), le processus de création des costumes et des décors, le travail avec les fonds bleus et ces satanés harnais pour les scènes sous‑marines, les séances muscu de tout le casting, l'amitié « copains comme cochons » de Jason Momoa et Amber Heard (leur complicité sur le plateau ne fait aucun doute), ou encore la conception des créatures sous‑marines. On apprend notamment que le film aurait été impossible à faire il y a cinq ans encore, la technologie d'incrustation en temps réel des personnages dans les effets spéciaux n'étant pas encore au point.

 

Pas de quoi se relever la nuit mais une somme de petits modules plutôt informatifs et détendus.

Note bonus : 3/6
Image

Une technologie bluffante au service d'un récit beaucoup moins impressionnant. Les nombreuses scènes sous‑marines (au format 1.78 contrairement au reste du film, 2.39) sont aussi belles qu'agaçantes tant elles ne produisent aucun sentiment chez le spectateur autre que la frustration. On peste d'autant plus que cette 4K (Digital Intermediate 2K) est 100% au service de ces effets spéciaux étonnants, pour ainsi dire jamais vus.

 

Les couleurs festoient, explosent à l'écran, la densité de l'eau est palpable (mention spéciale au bleu profond et lumineux), les scènes sombres affichent une parfaite lisibilité, la précision est éblouissante et l'intégration des personnages ne fait pas débat, au cheveu près. Une prouesse de chaque instant pour une vraie raison de voir ce film, sorte d'état des lieux ce qu'il est aujourd'hui possible de faire en matière d'effets spéciaux tout en conservant une netteté et une lumière inédites. Le HDR Dolby Vision se voit et se ressent à chaque instant, des effets irisants sous‑marins jusqu'aux reflets des écailles et du trident d'Aquaman (même ses cheveux brillent !). Une grande 4K pour un (tout) petit film.  

Top image : aucun
Note image : 6/6
Son

Si l'immersion et le souci de crédibilité font partie de vos critères, VO obligatoire tant la VF manque à tous ses devoirs. Plaquée, décalée dans l'intonation des voix, elle plombe le jeu et le peu de scènes sauvables du naufrage. La VO, Dolby Atmos elle aussi, fait le show, façon James Wan bien sûr.

 

Et le résultat est assez spectaculaire avec une plongée sonore détonante qui fait feu de toutes les possibilités offertes par le mixage audio 3D : effets hauteur, circulaires et même des surprises de tous les côtés, pif à gauche, paf à droite, plouf en bas avec masses d'infragraves en support. Ce qui n'empêche pas certains instants plus calmes, presque reposants.

 

La prouesse est tout de même remarquable avec un sound design des séances aquatiques qui intègre l'environnement dans les effets ressentis du son. Certaines rebondissent, d'autres filent à la vitesse de l'éclair, d'autres encore bénéficient d'un léger écho. Le tout en préservant une grande clarté et une zone de confort auditif appréciable. Un support actif de l'image dont on ne peut reconnaître que le bénéfice pour le film, partition de Rupert Gregson‑Williams comprise, même si elle ne fera sans doute pas date dans l'histoire des BO cinéma.

Top son : aucun
Note son : 5/6



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