The Social Network

Année : 2010
Réalisateur : David Fincher
Interprètes : Jesse Eisenberg, Justin Timberlake, Andrew Garfield, Max Minghella, Rooney Mara, Brenda Song
Éditeur : SPHE
BD : 1 BD-50 + 1 BD-25, 120', toutes zones
Genre : biopic, couleurs
Interdiction : tous publics
Sortie : 16/02/11
Prix ind. : 24,99 €
sans Must AV
Critique

Test technique
Image :
Son :
Bonus :
Format image
2.35
HD 1 080p (Mpeg4 AVC)
16/9 natif
Bande-son
Français DTS‑HD Master Audio 5.1
Anglais DTS‑HD Master Audio 5.1
Sous-titres
Français, anglais, anglais pour sourds et malentendants, arabe, danois, néerlandais, finnois, hindi, norvégien, suédois
Amazon
14,90 €
À 26 ans, Mark Zuckerberg fait donc déjà l’objet d’un biopic. Le fondateur de Facebook croise la route de David Fincher (et du scénariste Aaron Sorkin, créateur de la série À la Maison Blanche) qui, après l’humide marshmallow Benjamin Button, retrouve quelques couleurs mais pas la grande forme que Zodiac laissait entrevoir.

Nous sommes en 2004 lorsqu’un petit génie de l’informatique, un geek speedé comme Hollywood en a filmé des flopées, a l’idée saugrenue de pirater les photos du trombinoscope de Harvard afin de provoquer l’élection sauvage de la plus belle fille du campus. Petit scandale, tollé de l’institution, conseil de discipline, mais Zuckerberg, au fond, s’en contrefout. Deux fils à papa, les frères Winklevoss, lui proposent alors de travailler à une version 2.0 de son happening informatique et de le transformer en réseau social hype pour étudiants triés sur le volet. Zuckenberg récupère l’idée, fait le mort et sort quelques mois plus tard une première version (The Face Book) d’un réseau qui pèse aujourd’hui plusieurs milliards de dollars.

Fincher relate cette épopée à la vitesse grand V et décrit pas à pas la trajectoire météorique de cet ado surdoué et antipathique, obsessionnel et autiste, qui semble avoir très tôt fait le deuil du rapport à l’autre, autrement dit au sexe féminin (tout débute symboliquement le jour où sa petite amie le largue), passant le réel, les affects, l’imprévu et le monde qui l’entoure, à la moulinette d’algorithmes et de programmes codés. D’où l’ironie géniale de ce personnage ni attachant, ni vraiment intéressant (rien ne l’excite plus que de tapoter sur son PC), qui sort de terre un réseau social mondial sur la base d’une incapacité, voire d’une frustration, à établir le moindre rapport à l’Autre. Le même qui ne possède aujourd’hui pas moins d’un demi‑milliard d’amis.

Au fond, c’est la seule chose que l’on retiendra de The Social Network : le film, distant et atone, ne raconte rien d’autre sur Facebook et ses membres (on ne sort jamais de la bulle de ces e‑businessmen qui, entre bières et tirades jargonneuses hyper‑speed, invente le cadre uniforme et fliqué dans le lequel nous exerçons notre liberté), ne verse jamais dans la sociologie de comptoir (comment Facebook a modifié notre rapport au monde ?), ne provoque ni excitation ni ennui véritable, comme si Fincher avait épuisé dès ses premières minutes le potentiel d’un personnage dramatiquement faible et la superficialité d’une épopée aussi sexy que le mode d’emploi d’une machine à laver.

Tandis que Zuckerberg, suite à son premier coup d’éclat, commence à éveiller l’intérêt des filles (chose sur laquelle il semble avoir fait une croix définitive), l’une d’entre elles, pince‑sans‑rire, lui demande si ce « video game » qui fait fureur sur le campus n’est pas cet endroit où des gens ont la prétention de croire que ce qu’ils pensent et vivent mérite d’être « partagé ». Tout est dit.
Jean-Baptiste Thoret - Publié le 16/02/11
Liste des bonus
- Commentaire audio de David Fincher
- Commentaires audio du scénariste Aaron Sorkin et des acteurs principaux
- Comment ont‑ils pu faire un film sur Facebook : making of en HD (92')
- L'ambiance du film par David Fincher et le directeur photo Jeff Cronenweth (Seven, Fight Club…) en HD (8')
- La production selon Angus Wall, Kirck Baxter et Ken Klyce en SD (17')
- Focus sur la BO en studio et en HD (19')
- Exploration musicale interactive sur la séquence de la régate de Henley (8')
- Le compositeur Trent Reznor présente le swarmatron, un instrument de musique très spécial, en HD (4')
- Analyse multi-angle de la scène VIP du Ruby Skye en HD (12')


Commentaire
Deux disques Blu‑Ray pour faire tenir cette interactivité foisonnante et, pour une fois, pas trop promo. On commence par les deux commentaires audio sous‑titrés en français. David Fincher d'un côté et de l'autre le scénariste Aaron Sorkin accompagné des principaux acteurs. Intéressant de bout en bout, notamment celui du réalisateur. On enchaîne avec l'énorme making of à suivre d'une traite ou section par section. Assurément le « gros morceau » de ces bonus, dévoilant les coulisses du tournage, des essais et entraînements des comédiens (notamment l'aviron !), aux répétitions, en passant par les essayages, l'analyse a posteriori de certaines séquences par l'équipe et les effets spéciaux (le visage d'un des frères Winklevoss a été appliqué numériquement sur celui d'un autre comédien pour créer l'illusion de jumeaux, la séquence de la régate bourrée de matte painting). Passionnant.

À ne pas louper non plus, le sujet sur l'ambiance du film. Huit minutes au cours desquelles Fincher et son directeur photo Jeff Cronenweth dévoilent les méthodes utilisées pour filmer une scène d'ambiance de rue particulièrement innovante, qui a nécessité trois caméras côte à côte. Impressionnant… Suivent les modules interactifs, notamment sur la musique, souvent oubliée dans les bonus DVD/Blu-Ray. C'est loin d'être le cas ici, et celui sur la régate de Henley, avec comparaison de la musique brute et finale, mixée ou non, vaut vraiment le détour. Merci les basses et le mixage : ça change tout. Assurément LA séquence du film. Vous découvrirez aussi dans un autre sujet le swarmatron, un instrument de musique inventé par deux musiciens de Broocklyn. Le compositeur Trent Reznor nous fait une petite démo et nous explique surtout, scènes du film à l'appui, comment et pourquoi il est utilisé dans le long métrage. Le genre de détail qui tue…

À voir aussi, le sujet sur la production (17') où l'on apprend que Fincher a tourné 268 heures de rushs pour son film, et celui sur la scène de la boîte de nuit visible à quatre étapes de production : répétitions (notamment avec Justin Timberlake), décors, tournage et montage. Excellent !
Note bonus : 6/6
Image
Fincher, le papa de Seven et son image si particulière, prouve une nouvelle fois sa grande maîtrise du cadre et de la photographie. Entre ambiances Old School avec écoles prestigieuses ancestrales et écrans d'ordinateurs high‑tech comme autant de fenêtres sur le monde extérieur (des vitres partout), le réalisateur opère un savant mélange des genres tout en préservant un rendu grand luxe. Pas un défaut à l'horizon bien sûr (même si le visage d'un des jumeaux Winklevoss peut sembler étrange, cf. bonus, tout comme les flous très marqués lors de la régate de Henley), mais surtout une matière splendide restituée à la perfection. Des noirs brillants, des tons sépia charmeurs, une continuité harmonieuse malgré les différentes ambiances et filtres utilisés… c'est parfait. Il faut dire que les caméras HD utilisées par David Fincher, les fameuses Red One, offrent une profondeur de champ et un rendu sublimes.
Top image : 84'23 (la régate de Henley sur le thème du compositeur Edvard Grieg)
Note image : 6/6
Son
Là encore, nous ne sommes pas déçus. On est loin du film d'action à effets, mais la maîtrise de toute la partie sonore force le respect. Dialogues (quasiment un personnage à part entière tellement ils sont denses), spatialisation avant‑arrière, gauche‑droite, gestion des basses (appréciable), énergie, bande‑son particulièrement ciselée, tout est là, sans en avoir véritablement l'air. Une petite leçon de style.
Top son : 84'23 (la régate de Henley sur le thème du compositeur Edvard Grieg)
Note son : 5/6


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