Le bureau des légendes saison 5

Année : 2019
Réalisateurs : Éric Rochant, Jacques Audiard
Interprètes : Mathieu Kassovitz, Sara Giraudeau, Florence Loiret‑Caille, Jonathan Zaccaï, Mathieu Amalric, Artus
Éditeur : Canal+ Séries/Mycanal
VOD : 10 x 52'
Genre : espionnage, couleurs
Interdiction : - de 12 ans
Sortie : 06/04/20
sans Must AV
Critique

Test technique
Image :
Son :
Bonus :
Format image
1.78
HD 1 080p
16/9
Bande-son
Français Dolby Digital 2.0
Sous-titres
Français pour sourds et malentendants

Suite aux fuites parues dans la presse (Le bureau des légendes saison 4), la DGSE est en pleine effervescence. Le bureau des légendes est soupçonné d’avoir, avec le concours de la CIA, laissé exécuter par les Russes un de ses propres agents. Mort ou vivant, le véritable sort de Malotru alias Paul Lefèvre (Matthieu Kassovitz) inquiète jusqu’aux plus hautes sphères du contre‑espionnage français, et va avoir des répercussions graves sur les terrains du monde entier, du Sinaï à Djeddah en passant par Phnom Penh, Moscou, Le Caire et Paris.

 

Terrorisme, intelligence économique, patriotisme, cette nouvelle saison brasse une fois encore les grands thèmes chers à Éric Rochant tout en laissant plus que jamais ressortir des aspects très privés voire charnels de la vie des « clandés », les agents sous couverture. Une saison 5 d’autant plus importante dans l’histoire de la série qu’elle est certainement la dernière conçue et supervisée par son créateur Éric Rochant. S’il y a une suite de la série (ce que souhaite Canal+), un autre showrunner prendra le relais et lui donnera dans le futur une nouvelle couleur, une autre approche, en bref, un nouveau départ. Dans le même temps et pour être certain de ne pas mettre trop d’affect dans la conclusion de la saison 5, Éric Rochant a demandé à Jacques Audiard de co‑écrire avec lui et de réaliser les deux derniers épisodes. Un épilogue qui fait débat, un changement de syle qui surprend. En somme, un geste artistique fort de la part des deux intéressés.

 

Tout commence par deux premiers épisodes brouillons et plutôt éclatés en guise de mise en place laborieuse, le temps de reconnecter entre eux tous les personnages et d'en présenter de nouveaux, dont Mille Sabord, alias Louis Garrel. Malgré son jeu très rentré et une scène fascinante dans une simple voiture avec Sara Giraudeau, tout en non‑dits et sous‑entendus, le tout nappé d'une forte tension érotique, sa trajectoire reste sensiblement superflue. On espère que son personnage subsistera si futur il y a, et trouvera davantage sa place. Suivent les épisodes au cœur de l'intrigue et qui, tels un moteur diesel, déploient peu à peu leurs enjeux dramatiques mêlés. Lentement mais sûrement, les pièces d'un puzzle complexe se mettent en place, éclairées par quelques fulgurances brillamment mises en scène comme l’attaque terroriste dans un hôtel du Caire, les exfiltrations hautes en suspense et en échanges de regards, ou encore les hommages à moult séries et films de cinéma (Miami Vice de Michael Mann, The Wire pour ne citer qu'eux).

 

Puis arrivent (enfin ?) les deux derniers épisodes d’Audiard, son éclairage au propre comme au figuré davantage centré sur l'humain, les corps et les âmes. Audiard et son fidèle scénariste Thomas Bidegain mettent en place le dernier acte d’un opéra tragique où les fantômes enfouis du passé resurgissent avec un impact émotionnel et mélancolique remarquable (le banquet). Hélas, c’est presque trop tant ces deux épisodes sont en rupture totale avec le reste de la saison, mais aussi de la série. La pudeur et l’économie des sentiments, véritables ADN du Bureau des légendes, laissent la place à l’émotion pure, faisant gagner en humanité aux personnages ce que la série perd en identité. Une fin déstabilisante qui imposera de faire des choix, un jour, avant aller plus loin.

Cédric Melon - Publié le 11/05/20
Liste des bonus
- Le cercle des légendes partie 1 avec trois journalistes (28')
- Le cercle des légendes parti 2 avec Éric Rochant et Jacques Audiard (43')
- 5 questions‑réponses d'Éric Rochant (50')
- Podcasts


Commentaire

Augustin Trapenard enregistre une émission spéciale du Cercle séries depuis son appartement confiné. Dans la première partie diffusée juste avant les deux derniers épisodes sur Canal+, trois journalistes reviennent, extraits à l'appui, sur les grands thèmes de la série et son auteur Éric Rochant, clairement inspiré par John le Carré. Ils reviennent notamment sur ses spécificités : la méthode d'écriture et de tournage à l'américaine (Rochant a fait un saut à l'époque sur le plateau de la série Damages) perfusée par un sens aigu de la minutie, du réalisme et de l'art de l'ellipse. Au final, une série très française, à la fois sobre, implicite (pas besoin de tout dire, de tout montrer), sorte d'anti‑Homeland.

 

Intéressant, l'accent est aussi mis sur le retour dans le Bureau des légendes d'un certain cinéma français des années 80/90, en référence directe à une scène précise de la série où Louis Garrel et Sara Giraudeau parlent de leurs « pères », séquence à double sens totalement savoureuse. Entre autres filles ou fils « de » (Sara Giraudeau, Louis Garrel, Alexandre Brasseur, Mathieu Demy la saison précédente mais aussi Jacques Audiard et Mathieu Kassovitz), la série s'inscrit également sous le patronage de réalisateurs comme Pascale Ferran qui a participé aux saisons précédentes, et aujourd'hui Jacques Audiard.

 

Dans la deuxième partie de son émission, Trapenard reçoit toujours en direct de son salon Éric Rochant et Jacques Audiard pour un échange passionnant qui montre encore une fois deux visions radicales de la série, même si les deux intéressés se targuent d'avoir tout fait ensemble.

 

À ne pas louper non plus, les questions‑réponses d'Éric Rochant réalisés chaque lundi de diffusion sur Canal+. Toujours aussi humble, on peine pourtant à le croire quand il brouille un peu maladroitement le message autour des agents secrets qu'il n'aurait peut‑être jamais rencontrés, ou si… Visiblement, nous n'avons pas « le droit d'en connaître »…

 

À noter que le Blu‑Ray et le DVD de la série sortiront le 8 juin chez Studiocanal.

Note bonus : 5/6
Image

On retrouve tout l'univers de la série, ses lieux clos, ses extérieurs qui n'ont sont jamais vraiment, sa précision, son code couleur jaune/bleuté, ses gros plans, ses jeux de regards et ses univers vitrés, à l'exception des deux derniers épisodes d'Audiard. Éclairés d'une nouvelle manière, plus lumineux et poétiques, ils resteront en mémoire pour une scène en particulier réalisée pourtant presque dans le noir, onirique et énigmatique.  

Top image : aucun
Note image : 5/6
Son

La musique de Rob participe toujours autant à la mise en scène, au même titre que les dialogues. Ici, chaque détail compte selon que la scène se déroule d'un point de vue subjectif ou non. Une bande‑son qui laisse la place à la suggestion, au suspense, jamais démonstrative ou redondante avec l'image. 

Top son : aucun
Note son : 4/6



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