3h10 pour Yuma

Année : 2008
Réalisateur : James Mangold
Interprètes : Russell Crowe, Christian Bale, Peter Fonda, Gretchen Mol
Éditeur : TF1 Vidéo
DVD : DVD-9, 117', zone 2
Genre : western, couleurs
Interdiction : tous publics
Sortie : 02/10/08
Prix ind. : 19,99 €
Mustav
Critique

Test technique
Image :
Son :
Bonus :
Format image
2.35
SD 576i (Mpeg2)
16/9 compatible 4/3
Bande-son
Français DTS 5.1
Français Dolby Digital 5.1
Anglais Dolby Digital 5.1
Sous-titres
Français imposé sur la VO
Amazon
1,96 €
Pari risqué et plutôt réussi. James Mangold, réalisateur du très bon Copland, décide de tourner un western et prouve encore une fois qu’il suffit d’une étincelle pour que ce genre, dont André Bazin disait qu’il incarnait « Le cinéma américain par excellence », renaisse de ses cendres.

3h10 pour Yuma fut d’abord réalisé en 1957 par Delmer Daves (que l’on a connu en meilleure forme, voir La flèche brisée), à partir d’une histoire d’Elmore Leonard, comme une réponse au fameux (et très surestimé) Le train sifflera trois fois de Fred Zinneman. À l’époque, Glenn Ford tenait le rôle de Ben Wade le bad guy et Van Hefflin celui d'Evans, un fermier héroïque acceptant de convoyer la terreur de l’Ouest jusqu’à Contention, Arizona, afin de le mettre dans le train de 3h10, direction la prison de Yuma.

James Mangold reste fidèle à la structure originale, développe certaines séquences (la fin notamment, remarquable), et surtout, approfondit les rapports entre les deux hommes (Russell Crowe et Christian Bale) qui, au fil de leur périple, se découvrent une même aliénation. Car le véritable conflit que filme Mangold oppose moins deux hommes situés de part et d’autre de la Loi (version de Daves), que la nouvelle ligne de partage que trace, en cette fin de XIXe siècle, le Cheval de Fer, symbole de la progression inexorable de la civilisation avec son capitalisme déjà sauvage, son exploitation d’ouvriers asiatiques (fait avéré que seul Peckinpah dans Coups de feux dans la Sierra avait déjà montré), et ses essaims d’hommes d’affaires crapuleux prêts à tout pour imposer leur marché. Souvenons-nous d'Il était une fois dans l’Ouest de Leone, sans doute le modèle souterrain du film, dans lequel le bras armé de la compagnie ferroviaire était interprété par Henry Fonda. Ici, c’est son fils, Peter, qui reprend symboliquement le flambeau. Ainsi, au fil de leur périple mouvementé, Evans et Wade réalisent combien, l’un parce qu’il possède une terre qui contrarie le tracé prévu du chemin de fer, et l’autre parce qu’il dérobe régulièrement les fonds de la compagnie, font obstacle à la puissance capitaliste et finiront par trouver chacun, mais du même côté, la voie de la dignité.

Il faut dire un mot de Russell Crowe qui endosse à merveille la tenue du hors-la-loi impitoyable et raffiné (il dessine, cite la Bible, etc.), brutal mais juste, autrement dit pourvu d’un code d’honneur en voie d’extinction (Liberty Valance, déjà). Au fond, cette nouvelle version de 3h10 pour Yuma est au western ce que La nuit nous appartient de James Gray est au polar : un western hyperclassique mais dénué de toute nostalgie, qui réactive certes les ingrédients du genre (les trognes patibulaires de la bande de Wade, la rencontre avec un posse peu amène, l’amour impossible entre le hors-la-loi et une tenancière de saloon, un affrontement nocturne avec les Apaches, un fils qui, comme dans L’homme des vallées perdues, apprendra à respecter son père), mais qui n’oublie ni le détour transalpin accompli par le genre dans les années 60 (Ben Foster, le bras droit loyal et sadique de Wade, porte sur ses épaules tout l’héritage du western italien), ni la nécessité de revisiter les valeurs universelles (la morale, l’héroïsme, la Loi) que le western classique, alors convaincu de leur intemporalité, charriait avec lui.
Jean-Baptiste Thoret - Publié le 12/12/08
Liste des bonus
- Aucun


Commentaire
Quel dommage…
Note bonus : 0/6
Image
Mention Très Bien. On regrette toutefois quelques ratés qui privent celle image des félicitations du jury. La faute à des arrière-plans pas assez rigoureux et un grain trop présent sur certaines séquences, notamment les plus sombres. Résultat, la définition prend la poudre d'escampette et lisse l'image. Sauf sur les gros plans, le plus souvent préservés. En revanche, la gestion de la lumière fait très fort avec des couleurs franches, denses à souhait et jamais artificielles. La palette colorimétrique est vraiment un modèle du genre et les paysages sont un régal pour les pupilles. Même remarque à propos des contrastes, toujours pointus et bien dosés. Et il le fallait, car une bonne partie de l'action se déroule la nuit ou en pénombre. Au final, le rendu très naturel permet de profiter du long métrage dans d'excellentes conditions.
Top image : 59'06 (une troupe de cavaliers au premier plan sur fond de paysages magnifiques), 75'33 (sublime reconstitution d'une ville du Far‑West), 50'04 (parfaite gestion de la lumière autour d'un feu de camp)
Note image : 5/6
Son
Les deux pistes Dolby Digital 5.1 se montrent puissantes, dynamiques et exploitent avec gourmandise les canaux surround et le caisson de graves pour un résultat sensiblement égal. Seul le rendu des dialogues, comme à l'accoutumée, joue en faveur de la VO, même si la VF s'en tire pour une fois avec les honneurs. La spatialisation de la bande-son est une vraie réussite avec moult effets spectaculaires aux quatre coins de la pièce : écho des tirs au pistolet, ricochet des balles, galop des chevaux, bruissement du vent… Le spectateur est totalement immergé dans l'action. La magistrale musique n'est pas en reste et remplit la salle Home Cinéma avec force pour hisser l'expérience sonore à une dimension supérieure. La VF DTS offre encore plus de dynamique et de précision dans les effets et permet à la musique d'exprimer tout son caractère. Spectacle magistral.
Top son : 8'42 (attaque de la diligence blindée), 73'39 (évasion de Ben Wade), 97'38 (fusillade dans la ville)
Note son : 6/6


PLANNING
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