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TV - Écran plat

Samsung 75Q900R

Mustav
Prix indicatif : 6 999 € TTC
Note AVCesar.com


Type : LCD à LED
Diagonale de l'image : 190 cm
Standard : Ultra HD
Résolution native : 7 680 x 4 320 pixels
Processeur : Quad Core
100 Hz : oui
Contraste : 20 000:1
TNT : double tuner (HD et UHD)
HDMI : 4 (v 2.0b, dont 4 latérales)
Dim. (L x H x P) : 1 677,2 x 1 024,9 x 337,4 mm
Poids : 42 kg
L’essentiel

En test aujourd'hui, un spécimen particulier puisqu'il s'agit, non seulement, du plus grand téléviseur que nous ayons testé jusqu'alors, mais aussi du premier TV 8K au monde, le Samsung 75Q900R. Pour faire court, hormis la taille, ce dernier est une version 8K du TV UHD Samsung E65Q9F 2018 testé au mois de mai dans nos colonnes. Pour cette occasion, Samsung intègre son tout nouveau processeur Quantum 8K, spécialement conçu pour l'affichage… 8K (forcément, avec une telle dénomination). En revanche, ce 75" conserve un rétroéclairage Full LED Local Dimming avec le même nombre de zones indépendantes que le 65Q900R, soit 480 (seul le 85" propose plus de zones). Reste à voir si les améliorations annoncées en termes de contraste, de pic lumineux et de gestion du rétroéclairage dynamique permettront d'offrir une expérience HDR supérieure à celle du QE65Q9R. Samsung annonce 4 000 nits, voilà qui serait un record si nos mesures le confirment. Reste aussi à vérifier si une telle définition est bien utile au regard de la qualité offerte de certains TV Ultra HD et de l’absence de contenus 8K natifs avant un moment (même si les plateformes de streaming sont volontaires sur le sujet avec 2021 en ligne de mire, cf. notre dossier TV 8K Samsung Q900R, le téléviseur du futur existe déjà).


Sans trop dévoiler nos impressions dès les premières lignes de ce banc d’essai, hyper‑complet comme d’habitude, il faut souligner que nous avons été particulièrement surpris de l'apport de la technologie 8K sur de nombreux critères comme le traitement vidéo ou la profondeur de champ. Et cela sur des sources Ultra HD, Full HD, HD, et même SD !

 

 

Présentation du Samsung 75Q900R

Sans surprise, le Samsung 75Q900R reprend le même design que le Q9F que nous avions testé il y a quelques mois avec une très bonne qualité d'assemblage et un design moderne, mais une sobriété inhabituelle avec un coffre 100% PVC gris anthracite (même si, évidemment, le châssis interne est en acier). Il faut dire qu'il s'agit d'un beau bébé déployant une largeur de 1,7 m de longueur, 96,5 cm de hauteur pour une profondeur de 3,6 cm : l'aluminium aurait donc vite alourdi le TV. Avec le matériau PVC, Samsung a réussi à maintenir un poids raisonnable de 41,1 kilos. L'épaisseur des bords reste discrète, tout comme les pieds très simples, de type bâton en aluminium noir.

À savoir, le TV propose deux positions pour les pieds : rapprochés si l’écran est posé sur un meuble TV étroit, à chaque extrémité pour une meilleure stabilité si l'utilisateur peut se le permettre. Évidemment, l'accroche murale est également possible. Dans ce dernier cas, les pieds se rangent astucieusement dans des niches prévues à cet effet au dos de l’écran (cf. photo ci‑dessous), ce qui évite de les remiser dans un endroit aussitôt oublié (qui n’a pas pesté sur le lieu de rangement du pied du TV lorsque le besoin s’en faisait sentir ?)

 

 

 

Si le téléviseur n'est pas trop lourd, c'est aussi parce que Samsung propose un gros boîtier One Connect avec toute la connectique et une bonne partie de l'électronique déportée, y compris l'alimentation du TV. Forcément, l’écran ne dispose d'aucune prise d'alimentation, seul un petit câble transparent ultrafin et très discret (1 mm d'épaisseur pour 5 m de long) relie le TV au One Connect pour faire transiter le signal audio et vidéo. Cette solution limite grandement le nombre de câbles visibles près du téléviseur, en plus de permettre des branchements et une installation plus apaisée. Précision, un câble de 15 m est disponible en option (en vente sur le site de Samsung).

 

Mode Ambiant pour un TV caméléon 

Autre atout remarquable des TV QLED 2018, le fameux mode Ambiant déjà évoqué à plusieurs reprises dans nos actualités. Pour rappel, ce dernier permet de fondre le TV avec votre décor intérieur à la condition que celui‑ci soit fixé au mur. Le principe est simple : à l'aide d'une application Android/iOS dédiée sur son smartphone ou sa tablette, et après avoir pris une photo de l’écran et de son proche environnement, le TV analyse le cliché et le reproduit à l'identique, motifs inclus, pour devenir une partie du décor. Ainsi, le téléviseur se fond littéralement dans le décor, à l'instar d'un trompe‑l'œil du plus bel effet (cf. photo ci‑dessous). C’est très spectaculaire et ça va plaire aux amateurs de décoration. Précisons toutefois que les bords du cadre sont moins fins que sur le reste de la gamme TV QLED. Sinon, Samsung propose divers motifs a afficher sur le TV (cf. seconde photo ci‑dessous).

 

 

Comme déjà mentionné, le TV profite d'une qualité de fabrication et d'assemblage exemplaire, éléments primordiaux pour une parfaite répartition de la lumière du système de rétroéclairage et réduire les risques de fuites ou de Clouding. On remarque également l’effort réalisé sur le filtre antireflet de la dalle LCD, probablement le plus efficace que nous avons pu tester à ce jour malgré la présence d'une dalle brillante.

 

 

Connectique complète et entièrement déportée 

Comme à son habitude, Samsung propose une connectique très complète sur (l’énorme) le One Connect avec quatre entrées HDMI 2.0b toutes compatibles HDR10, HDR10+, HDR HLG, HDCP 2.2, 2 160p en 60 Hz, 4:4:4 et 12 bits dont une compatible ARC, VRR et MHL 3.0 (cf. photos ci‑dessous). Samsung avait annoncé le support eARC et, donc, du Dolby Atmos et du DTS:X via HDMI ARC, mais pour le moment ce n'est pas le cas. Pour être plus précis, avec le Firmware actuel, seuls les signaux Dolby Digital Plus et le PCM sont supportés. Le DTS n'est pas pris en charge via ARC alors qu'il l'est en lecture multimédia. D'autre part, cette année encore, Samsung fait l'impasse sur le HDR Dolby Vision. On peut donc continuer d'espérer un Firmware à la fois pour le eARC et le HDR Dolby Vision, mais rien n'est sûr…

 

 

Le reste de la connectique rassemble un port Ethernet Gigabit, deux ports USB 2.0, un port USB 3.0, une sortie optique, un port CI+, un double tuner DVB‑C/DVB‑T2/DVB‑S2 et, enfin, un port mini‑Jack Ext‑Link (pour connecter un déport IR, mais qui peut aussi servir aux calibreurs ISF). Enfin, un mot sur la télécommande au design fun et épurée avec son revêtement en aluminium brossé. Elle dispose de très peu de touches et donc peu de raccourcis. Nous regrettons que Samsung ne fournisse plus deux télécommandes comme c'était le cas jusqu’en 2016, une « complète » et une « simplifiée » afin que chacun fasse son choix.

 

 

 

Car si cette télécommande s’avère très ergonomique en usage quotidien, pour procéder au réglage du TV, elle affiche vite ses limites. Cette procédure devient fastidieuse, à force de naviguer sans arrêt à travers les menus, surtout lorsque nous avons dû calibrer le TV. À quand une touche d'accès rapide aux réglages Image pour faciliter le calibrage !? Par contre, le contrôle vocal est très efficace (c’est même bluffant) pour les recherches et permet la prise en charge de nombreux ordres vocaux.

 

Système audio 4.2 performant avec Smart AI 

Si le système audio est similaire à celui des TV de la série Q9, il s’avère pourtant plus qualitatif. Sans doute faut‑il chercher une explication, en partie, du côté du châssis, plus volumineux, mais surtout du nouveau processeur Quantum 8K qui prend également en charge le traitement audio. Il faut préciser que Samsung a intégré le nouveau mode audio Smart optimisé par IA (Intelligence Artificielle). Celui‑ci analyse la scène sonore pour optimiser automatiquement, et en temps réel, le son du téléviseur en fonction des caractéristiques de l'image. Ainsi, des traitements DSP (ou apparentés) seront appliqués en fonction du type de contenu, mais aussi des scènes affichées à l’écran. Cela est particulièrement appréciable avec un film : les graves sont plus marqués pendant les scènes d'action, alors que les dialogues sont plus finement perceptibles durant les passages plus calmes.

 

 

De même, en présence d’un programme musical, la transparence sonore et la linéarité de la réponse en fréquence seront privilégiées. Ou encore, avec un match de foot, sans que les propos des commentateurs ne soient pénalisés, la scène sonore en arrière‑plan avec les chants des supporters est restituée avec plus d'effets surround, pour offrir une meilleure immersion.

 

Si ce système audio peut sembler assez classique, d'autant plus qu'aucun haut‑parleur n'est visible (ils sont tous orientés vers le bas), sous la dalle on découvre un équipement sonore finalement assez complet via une configuration 4.2 composée, donc, de six HP : deux frontaux, deux dédiés aux cannaux surround et deux boomers, le tout alimenté par six amplificateurs Class D de 10 W chacun. Au final, le rendu audio est surprenant avec une qualité d'écoute qui n'a rien à envier à de nombreuses barres sonores. Nous avons pu apprécier une large réponse en fréquence, très linéaire et très peu de distorsion. Nous avons aussi été particulièrement surpris par sa puissance et surtout la clarté et l'intelligibilité du rendu, notamment au niveau des dialogues et des moindres détails audibles ! Tout est là, du grave, un médium tonique, des aigus précis et un très bon équilibre tonal. Les boomers permettent également d'apporter de la percussion avec quelques graves intéressants.

 

 

Évidemment, tout est relatif et dépendant de l'exigence de chacun, mais cette qualité sonore embarquée est vraiment appréciable. Il est en plus possible de diffuser l'audio via Bluetooth vers une enceinte active, une barre sonore, un casque ou un amplificateur compatibles.

 

Processeur Quantum 8K Quad Core

En proposant la série TV Q900R, Samsung affiche clairement ses ambitions, faire progresser sa technologie. Pour cela, depuis le lancement de ses modèles QLED à base de filtres Quantum Dots, en 2017, spécifiquement développés pour repousser les limites des panneaux LCD LED et relever les défis imposés par la révolution Ultra HD, Samsung investit lourdement en recherches et développements. Ayant testé le spécimen Samsung QE65Q7 l’année dernière (cliquez pour découvrir le test complet du produit par la rédaction d'AVCesar.com), nous avons pu constater que Samsung a réalisé de réels progrès en termes de performances et cela s'est clairement vu au niveau des mesures. Pas en termes d’espace colorimétrique avec, avant calibrage, une couverture à 100% du gamut DCI‑P3 et 80% du Rec.2020. Cependant, nous pouvons attester d’une progression remarquée au niveau du ratio contraste intra‑image, passé de 7 000:1 (pic lumineux de 1 200 nits sur le Q7), à 20 000:1 sur le Q9F (pic lumineux statique de 2 000 nits). Avec le Q900R, Samsung place la barre encore plus haut en annonçant un pic lumineux de 4 000 nits et un contraste encore amélioré.

 

 

Avant de vérifier les dires de la marque coréenne (cf. la section Verdict Technique de ce banc d’essai), sachez que notre protocole d'évaluation comptabilise 480 zones de contraste indépendantes, ce qui est suffisamment élevé pour offrir un contraste intra‑image très puissant tout en limitant considérablement les risques de Blooming. Sur le papier, si l’on retrouve les mêmes algorithmes très performants proposés sur le Q9F, la grande différence se situe au niveau du processeur avec l'intégration du chipset AI Quantum 8K, un spécimen Quad Core puissant capable d'améliorer l'image et le son. Bien, sûr, nous revenons longuement sur les qualités et performances de ce processeur dans la section Verdict Technique.

 

Pour le reste, cette nouvelle gamme TV QLED embarque également un nombre de technologies et fonctionnalités impressionnant ! En dehors de toute appréciation qualitative, une chose est sûre, difficile de faire plus complet. On retrouve donc, associée au système de rétroéclairage Full LED déjà mentionné, une dalle 10 bits et un taux de rafraîchissement 120 hertz. Et cette année, Samsung propose plusieurs petites nouveautés concernant la gestion du taux de rafraîchissement. D'une part, celui‑ci s'adapte à la fréquence de la source : entendez par‑là qu’avec une source 24p, l'affichage bascule en 120 Hz comme pour les modèles des années précédentes, soit un multiple de 24, alors que si la source est en 50 im/s, il bascule en 100 hertz. Nul besoin de traitement 2/2 Pull‑Down ici, voilà qui permet de conserver une parfaite fluidité et une meilleure précision dans les mouvements, notamment avec un signal TNT.

 

 

Pour finir la présentation, ce TV embarque une compensation de mouvement doté d'un indice de fluidité PQI 4000 et il prend en charge la technologie VRR (Variable Refresh Rate), soit G‑Sync et Freesync, qui permet de compenser les variations de fréquences d’affichage en temps réel avec les jeux (cf. photo ci‑dessus), pour éviter le phénomène de Tearing (déchirement d’écran). Il faudra tout de même bien faire attention à connecter la carte graphique ou la console directement au One Connect du TV, donc sans passer passer par un amplificateur si on veut que ce mode soit bien fonctionnel.

 

Possibilités de calibrage plus fin 

Tout comme le Q9F, le Q900R propose un CMS plus complet que sur les modèles des années précédentes. Il faut dire que la nouvelle interface QLED était un peu décevante de ce côté‑là. Samsung a donc amélioré ses outils de calibrage avec une Balance des Blancs sur 20 points et, surtout, un CMS (Color Management System) sur trois axes avec la possibilité de calibrer les espaces couleur Rec.709, DCI‑P3 et Rec.2020.

 

 

Si ce CMS fonctionne bien mieux qu'avant, il est tout de même important de signaler un bug étrange (déjà expérimenté avec le QE65Q9F) qui n'a toujours pas été corrigé : si vous laissez la gestion de l'espace couleur sur Auto, ce dernier reste en DCI‑P3 en présence d'une source Rec.2020 comme un disque Ultra HD Blu‑Ray ce qui ne permet pas de profiter du rendu couleur optimum. Pour corriger le problème, nous vous conseillons donc de passer en mode Personnalisé lorsque vous lancez votre contenu en Rec.2020. Ensuite, vous pourrez forcer l'espace couleur en Rec.2020 et si vous le désirez repasser en mode Auto (cf. photo ci‑dessous). Les corrections resteront enregistrées. Évidemment, si vous faites un calibrage, il faudra rester en mode Personnalisé.

 

 

Le mode Natif, s’il n’est pas adapté à un calibrage, permet en revanche d'étendre les coordonnées couleurs en Wide Gamut. En effet, le Q900R est le premier écran Samsung à proposer un algorithme qui permet de remastériser les couleurs (à l'instar du procédé TriLuminos chez Sony). Son emploi est idéal avec tous les signaux Rec.709 pour approcher le rendu d’un 4K Ultra HD Blu‑Ray. Le nouveau processeur Quantum 8K réalise un travail très intéressant avec des couleurs plus naturelles, moins saturées, notamment au niveau des teintes de peau. Enfin, nous avons le choix entre SDR, HDR10 ou HDR HLG, sans oublier la fameuse fonction HDR+ qui permet d'optimiser l'affichage HDR10 ou de convertir tout contenu SDR en HDR à la volée avec un résultat remarquable, même s’il ne s’agit pas de la meilleure conversion HDR à la volée que nous avons pu tester. Pour le reste, nous retrouvons évidemment tous les réglages habituels (cf. photo ci‑dessous) : choix du mode Image (Dynamique, Standard, Naturel et Cinema), plus un mode Jeu pour réduire l'Input Lag, Rétroéclairage, Contraste, Luminosité, Couleur, Netteté, Gamma…

 

 

OS Tizen, cœur d'une des interfaces les plus complètes du marché

Quand on parle de TV Samsung, impossible de passer à côté des énormes possibilités offertes par la section Smart TV avec une interface Smart Hub hyper‑complète qui évolue toujours sous l'OS Tizen. Certes, les nouveaux téléviseurs Android TV offrent plus de possibilités, notamment au niveau des jeux, avec l’accès à Google Play et ses centaines d'applications, mais le Smart Hub à l'avantage d'être très stable et réactif et, surtout, développé sur mesure pour les TV Samsung avec une présentation plutôt fun et très simple d'utilisation, ainsi qu'un EPG numérique (cf. photo ci‑dessous) pour consulter les programmes de la TNT.

 

 

De plus, avec les nombreux partenariats signés par Samsung, dont certains exclusifs, on trouve également de très nombreuses applications, de non moins nombreux services de Catch‑Up TV ou VOD comme Netflix, Google Play, Amazon PrimeVideo, myCanal, Molotov ou TwitchTV, des jeux assez basiques, des interfaces de lecture multimédia comme Plex, DS Video ou encore des applications intéressantes comme TunIn, Deezer, SFR Sport, BeIn Sport, OCS, Spotify, Deezer, Steam Link… Bref, Tizen est probablement l'une des interfaces les plus complètes du marché, juste derrière l'OS Android TV (cf. photo ci‑dessous).

 

 

Alors, certes, point de Kodi ou VLC ici, présents sur les téléviseurs Android TV de chez Philips, TCL ou Sony. Toutefois, le lecteur multimédia du TV Samsung s’avère très complet et d'une stabilité étonnante. Il décode pratiquement tous les formats les plus courants dont les vidéos Ultra HD HDR10 et BT.2020, les codecs HEVC, AVC/H.264, VP9, MKV, M2TS, TS, FLV, Mov, MP4, Flac, APE, Alac, M4A, WMV HD, DivX Plus UHD, AIFF, AAC, DTS, Dolby Digital Plus, MPO, PNG, Jpeg, et toutes sortes de sous‑titres comme les ASS, SRT, Sub, SSA, SMI. Bref, Ultra HD, HDR10 ou 1 080p, ce lecteur a accepté tous nos échantillons de test vidéo et audio, en dehors des Iso et des fichiers DSD. C'est d'autant plus intéressant que ce lecteur propose en outre un excellent décodage vidéo grâce au puissant GPU Q Mastering Engine et la gestion bitstream des pistes audio Dolby Digital 5.1. Et pour ceux qui voudraient profiter d'un système de jaquettes pour afficher leur vidéothèque à l'écran, on trouve la célèbre application Plex. Le seul véritable regret, vient de l'absence étonnante de lecture bitstream du DTS. Celui‑ci est tout de même lu, mais décodé en LPCM 2.0.

 

 

Comme en 2017, on retrouve l’intégration d’un décodeur Canal+ complet directement au sein du téléviseur. Cela permet l’accès direct à tous les programmes du groupe Canal+, offre MyCanal (pour regarder les programmes sur plusieurs écrans simultanément, quatre en tout, dont une tablette, un ordinateur ou un smartphone avec deux TV au maximum) avec Canal+ à la demande et BeIn Sports compris. C’est géré très simplement, à travers une entrée dédiée dans les menus du TV (à l'instar de l'entrée Zappiti 4K HDR, cf. photo ci‑dessous). Il est aussi possible de s’abonner à Canal+ ou CanalSat directement depuis l’écran TV. Le tout contrôlé à partir de la télécommande du TV.

 

 

Mais l’une des nouveautés essentielles de ces modèles 2018, outre le mode Ambiant déjà mentionné, réside dans l'intégration de la fonction SmartThings. Cette dernière, via une interface dédiée, permet de piloter une multitude de produits connectés, du thermostat à la caméra de surveillance en passant par les volets roulants ou l'aspirateur robot. Samsung annonce que la fonction SmartThings est totalement ouverte à tous les protocoles du marché pour une compatibilité IoT (Internet of Things) quasi universelle.

Concurrence

À l'heure de publier ce test, le Samsung 75Q900R ne rencontre aucun concurrent 8K, pour le moment. Certes, quelques excellents spécimens LED ou Oled Ultra HD peuvent rivaliser en termes de colorimétrie et de contraste, mais l'apport de la définition 8K et le travail opéré par le processeur Quantum 8K affiche une évolution qualitative évidente au niveau de la précision de l'image qui surpasse tout ce qui se fait actuellement. La différence la plus flagrante concerne la TNT, une pure merveille !


Il faudra donc attendre le CES 2019 qui se déroule à Las Vegas début janvier pour voir débarquer les premiers TV LED et Oled 8K de la concurrence. Car, c’est certain, la technologie 8K sera clairement l'attraction du plus grand salon de l'électronique au monde.

Fiche technique
Type : LCD à LED
Diagonale de l'image : 190 cm
Standard : Ultra HD
Résolution native : 7 680 x 4 320 pixels
Processeur : Quad Core
HDR : HDR10, HDR HLG
100 Hz : oui
Contraste : 20 000:1
Réception : télétexte, PAT, PIP, PAP, Infos+, EPG, TNT (double tuner HD et UHD, chaînes payantes via CI+), SAT (double tuner HD et UHD, chaînes payantes via CI+), Câble (double tuner HD et UHD, chaînes payantes via CI+)
Connectique : 4 entrées HDMI (v 2.0b, dont 4 latérales), 1 sortie audio numérique (optique), 3 ports USB Host (latéral) dont 1 USB 3, 1 port Ethernet, Wi‑Fi (ac)
Compatibilité : NTSC (480i, 480p), Pal (576i, 576p), HD (720p/50, 720p/60, 1 080i/50, 1 080i/60), Full HD (1 080p/24, 1 080p/50, 1 080p/60), Ultra HD (2 160p/24)
Multimédia : MP3, WMA, AAC, Ogg, Flac, DivX (Ultra HD), WMV (Ultra HD), Mpeg2 (Ultra HD), Mpeg4 (Ultra HD), MKV (Ultra HD), TS (Ultra HD), HEVC, VP9, Jpeg, UPnP (DLNA), Bluetooth 4.1 + EDR, HBBTV, Podcast, Webradios, WebTV, accès Web
Usage : télécommande simple, capteur de luminosité, CEC, Auto Lipsync, xvYCC, Deep Color, Super 4/3, 4/3, 14/9, 16/9, Zoom Letterbox, Zoom Letterbox sous-titres, Zoom 2.35 (4/3, 16/9, HD), Overscan
Réglage : Espace couleur (couleurs primaires + couleurs secondaires), balance des blancs paramétrable (20P), réglage de gamma (préréglage), rétroéclairage (dynamique par zone), renforcement du contraste (dynamique), désentrelacement (vidéo/film) automatique
Réducteur de bruit : D NR, Mpeg NR, Mosquito NR
Optimisation de la netteté dans les mouvements : en SD (480i/576i), en ED (480p/576p), en HD (720p/1 080i), en Full HD (1 080p/24, 1 080p/50, 1 080p/60), en Ultra HD (2 160p/24)
Compensation de mouvement : en SD (480i/576i), en ED (480p/576p), en HD (720p/1 080i), en Full HD (1 080p/24, 1 080p/50, 1 080p/60), en Ultra HD (2 160p/24)
Son : puissance (4 x 10 W), caisson (20 W), décodeur (PCM, Dolby Digital, Dolby Digital Plus, HE-AAC, DTS), ARC, processeur surround (Smart AI), traitement audio (Smart AI), égaliseur, AVL
Consommation : 182 W (0,3 W en veille)
Dim. (L x H x P) : 1 677,2 x 1 024,9 x 337,4 mm
Poids : 42 kg
ph image
Verdict technique

Évidemment, étant donné que nous retrouvons sur ce 75Q900R exactement le même type de panneaux QLED et le même système de rétroéclairage Full LED à Local Dimming avec le même nombre de zones (480) que sur le QE65Q9F, il nous semble évident que les résultats entre ces deux modèles seront très proches sur nombre de critères, notamment en termes de colorimétrie et de contraste. Toutefois, et même si les performances du QE65Q9F nous avaient bluffés dans le domaine, Samsung annonce des performances revues à la hausse notamment en termes de pic lumineux (4 000 nits) et de contraste. Ce que nous allons bien sûr vérifier. D'autre part, le nouveau processeur Quantum 8K semble très efficace, il devrait permettre d'améliorer un aspect essentiel d’un téléviseur, le traitement vidéo. Enfin, l'autre grande nouveauté, l'affichage 8K via Upscaling devrait également changer la donne.

 

 

Nous vous invitons donc, une fois de plus, à découvrir notre test complet de ce téléviseur, passé au crible des procédures de la rédaction. Précision, ce banc d’essai fut aussi l’occasion de séances de calibrage multiples (cf. la suite de notre test) avec la participation de Cédric Louis, calibreur certifié ISF et THX Level II de son état, présent dans notre laboratoire pour nous aider à peaufiner encore nos procédures de test. Comme d’habitude, nous avons utilisé des appareils de mesure de haute précision comme un Colorimètre Klein K‑10, un spectroradiomètre Jeti Specbos 1211, un générateur de mire UHD HDR10 et HDR Dolby Vision Murideo, le tout avec le logiciel Calman sous licence ISF et THX.

 

Gamut Rec.709 : bonne colorimétrie en sortie de carton

Nous avions fait le même constat lors du test du Q9F, c’est manifeste, Samsung a fait des efforts cette année pour proposer une colorimétrie plutôt juste en sortie de carton. En effet, même si ce n'est pas encore au niveau de ce que propose Sony, le mode Cinema se rapproche considérablement des valeurs recherchées pour profiter d'une colorimétrie fidèle aux intentions du réalisateur (cf. photo ci‑dessous). Pour rappel, la donnée Delta E représente le niveau d'erreur par rapport aux valeurs recherchées et on considère qu’en dessous de la valeur 3, les erreurs colorimétriques ne sont pas visibles.

 

 

Les mesures de pré‑calibrage en mode Cinema affichent une Balance des Blancs correcte avec un Delta E moyen relevé à 3,7 (avec des écarts maximums de 4,9) et une température de couleur de 6 381 °K (au lieu des 6 500 °K recherchés), soit un poil trop chaud. Ce sont néanmoins des valeurs très acceptables pour regarder un film sans devoir recourir à un calibrage, d’autant plus que la courbe de gamma est plutôt linéaire (précisons toutefois que nous avons désactivé le filtre Amélioration des Contrastes). Du côté de l'espace colorimétrique, là encore c'est plutôt pas mal avec un Delta E moyen de 3,1 et des écarts maximums de 4,9. Évidemment, avec ce dernier chiffre, valable autant pour l'échelle des gris que pour le gamut Rec.709, les utilisateurs les plus exigeants auront recours à un calibrage, mais il est intéressant de constater que sans ce dernier, on peut profiter d'un rendu colorimétrique correct (cf. photo ci‑dessous).

 

 

Outils de calibrage efficaces ! 

Samsung ne propose aucune innovation côté calibrage. Pas de 3D‑LUT et pas d'AutoCal comme chez LG ou Sony. Mais comme déjà précisé on peut toutefois apprécier qu'il soit désormais possible d'affiner le calibrage avec des outils plus précis, comme déjà mentinné : Balance des Blancs 20 points (cf. photo ci‑dessous), CMS sur trois axes et calibrage en Rec.709, DCI‑P3 ou Rec.2020. Il est important de souligner pour tous ceux qui voudraient calibrer le TV eux‑mêmes, que Samsung utilise un rétroéclairage dynamique impossible à désactiver. Opérer des mesures avec le menu qui reste en surimpression peut donc induire de grosses erreurs et rendre impossible tout calibrage. Il faudra donc prendre soin d'enlever le menu avant chaque mesure. Par contre, ceux qui utilisent Calman peuvent utiliser le boîtier DDC exclusif à Samsung (commercialisé en accessoire par SpectraCal) en passant par le connecteur Ext.Link. C’est d’ailleurs avec cette dernière méthode que nous avons procédé au calibrage du TV pour éviter tout biais dans nos mesures.

 

 

Après calibrage (cf. photo ci‑dessous), nous obtenons des relevés d'une grande précision, preuve que, non seulement, les nouveaux réglages sont désormais précis mais, surtout, fonctionnent parfaitement. Pour la Balance des Blancs, nous obtenons un Delta E moyen de 0,5 et une température de couleur de 6 547 °K. Du côté du gamut Rec.709, là aussi, les résultats sont excellents avec un Delta E moyen de 0,9. Cependant, nous le répétons assez à chaque test, la justesse de l'échelle de gris ou du gamut ne fait pas tout. Nous devons également mesurer les capacités intrinsèques des diodes LED utilisées et des filtres Quantum Dots pour juger de leur capacité de restitution colorimétrique.

 

Concernant le spectre sur lequel nous devons obligatoirement étalonner notre sonde pour réaliser un calibrage correct, on retrouve le même graphique que sur le Samsung QE65Q9F récemment testé dans nos colonnes (cliquez sur la référence du téléviseur pour son test complet par la rédaction d'AVCesar.com), le TV étant équipé du même type de filtre Quantum Dots, capable de monter très haut dans certaines saturations mais avec une couverture très étroite. D'un côté, l'avantage est de pouvoir propose un Color Volume bien plus important que n'importe quel autre TV, de l'autre on retrouve des problèmes de métamérismes assez importants surtout visibles au niveau de la postérisation qui affiche des dérives colorimétriques, mais aussi une colorimétrie très directive et qui manque d'uniformité.

 

 

Des progrès peuvent encore être réalisés en termes de gradation (résolution des couleurs). Pourtant, Samsung avait fait l'annonce d'un traitement interne 16 bits lors du CES, mais celui‑ci n'apporte pas d'amélioration aussi nette que sur les TV Sony ou Philips. Notre test de gradation nous affiche des effets de Banding assez visibles. D'autre part, nous relevons également des soucis de Banding vertical, surtout visibles lors des travellings, comme pendant un match de foot et ce, d'autant plus si l'image est très lumineuse.

 

 

D'autre part, les mesures TLCI (Television Lighting Consistency Index) qui définissent la qualité intrinsèque de ces nouvelles dalles (la capacité des diodes à reproduire une colorimétrie la plus proche possible de celle perçue par l'œil humain), donnent des résultats standards. Avec une valeur moyenne de 37/100 (cf. capture ci‑dessus), c'est un poil meilleur que le Q9F (36). À titre comparatif, les TV Oled Sony AF8 ou LG Oled55B8 affichent un score de 28/100. Panasonic se démarque avec un TLCI de 48/100 sur la plupart de ses TV Oled. Jusqu'ici, le record appartient au Sony ZF9 dont le test sera publié prochainement dans nos colonnes avec une valeur moyenne de 55/10 ! À noter, certains vidéoprojecteurs réalisent d'excellents scores dans ce domaine…

 

 

Calibrage en Rec.2020 HDR10 tout aussi efficace ! 

Malheureusement, avec le Samsung 75Q900R, le fait de calibrer en Rec.709 n'améliore pas vraiment la colorimétrie en Rec.2020. Le calibrage est donc entièrement à refaire avec ce gamut, mais c'est néanmoins assez rapide puisque les mesures en mode Cinéma et en sortie de carton sont, là aussi, correctes. Le souci principal se situe au niveau de la courbe de luminance, peu linéaire, ce qui entraîne un manque de lisibilité avec des noirs bouchés et des blancs brûlés. Encore une fois, tout dépend ce que l’on recherche : rendu HDR beau et nuancé ou avant tout rendu dynamique et très lumineux.

 

En effet, sans calibrer le Q900R, on peut atteindre un pic lumineux de 2 250 nits avec le filtre Amélioration des Contrastes réglé sur Haut, mais dans ce cas, le rendu HDR apparaît surexposé et manque cruellement de nuance. Si on place ce filtre sur Bas, et le filtre Atténuation Locale sur Haut, le pic tombe à 2 000 nits et l'échelle de gris sera déjà bien plus lisible (cf. photo ci‑dessous), même si quelques réglages sont nécessaires. Enfin, si on désactive ce filtre, le pic lumineux peut descendre en dessous des 1 500 nits, avec beaucoup de nuances, mais le rendu manque de dynamique et de contraste intra‑image. Un calibrage fin est nécessaire pour obtenir un rendu HDR optimum...

 

 

Après calibrage et sans filtre Amélioration des Contrastes, le rendu HDR reste très dynamique et lumineux, même si le pic lumineux est rabaissé à 1 270 nits (cf. photo ci‑dessous). Par contre, on profite de toutes les nuances, ce qui améliore considérablement l'impression de précision, de piqué et de résolution de l'image. La colorimétrie est très juste avec un Delta E à 0,7, une courbe EOTF parfaitement alignée (Clipping à 75%), des noirs lisibles et des blancs capables de restituer toute l'échelle de gris. Du côté de l'espace colorimétrique, le DCI‑P3 est couvert à 96% et le Rec.2020 à 77,78% avec un Delta E de 0,9.

 

 

La justesse des couleurs est donc excellente, mais concernant la richesse des couleurs, ça manque un peu de réalisme et d'homogénéité. Le Samsung 75Q900R est donc capable d'afficher de grosses performances sur des tons saturés à 100%, mais il aura quelques difficultés à reproduire certaines teintes intermédiaires, d'où cette note qui reste moyenne lorsqu'on évalue la fidélité colorimétrique des diodes LED alors que le Color Volume affiche de grosses performances. Les mesures peuvent également varier en fonction de l'endroit où on pose la sonde…

 

Expérience HDR exceptionnelle !

Dans l'ensemble, il faut tout de même souligner que l'expérience HDR proposée est nettement meilleure sur le 75Q900R et le QE65Q9F, mais la différence n'est pas aussi flagrante que nous l'espérions en termes de dynamique. Évidemment, c'est surtout la qualité de l'image elle‑même qui apporte un énorme gap et beaucoup plus de plaisir visuel. Nous aimons à le répéter, mais quand nous éprouvons l'envie de ressortir nos anciens films pour les redécouvrir, c'est que la magie opère.

 

 

De notre côté, nous avons préféré opter pour un compromis laissant le filtre Amélioration des Contrastes sur Bas. Nous perdons légèrement en nuances, pour profiter d'un pic lumineux maximum de 2 000 nits et un contraste intra‑image plus puissant (aux alentours de 20 000:1) après calibrage, soit une amélioration de 300 nits comparés au Q9F certes, (mesures effectuées dans les mêmes conditions sur ce dernier, soit avec le Contraste Dynamique réglé sur Bas), mais un chiffre encore assez loin des 4 000 nits annoncés par Samsung. 

 

Par contre, nous savons que Samsung utilise un affichage dynamique qui a tendance à rendre les mesures un peu instables. Par acquit de conscience, nous avons donc mesuré le pic lumineux en réduisant le temps de mesures et en activant le filtre Amélioration des Contraste sur Élevé (cf. photo ci‑dessous). Dans ces conditions, nous avons relevé un pic instantané à 3 500 nits (nous avions opéré de même avec le Q9F et relevé 3 200 nits). Cependant, le constat dressé avec le 75Q900R reste identique à celui établi avec le QE65Q9F, ce mode a tendance à brûler les blancs et boucher les noirs en HDR.

 

 

Enfin concernant les nuances, le voisinage du noir n'est évidemment pas aussi lisible et dynamique que sur les meilleurs TV Oled qui restent difficilement attaquables sur ce terrain. D'un autre côté, le Samsung 75Q900R est loin d'être ridicule avec un contraste Ansi d'environ 12 000:1. Le téléviseur va donc surtout se démarquer lors des passages lumineux, ou les scènes à contre‑jour, ou encore lors d’une explosion, un coucher de soleil, etc. avec un rendu HDR étincelant. D'autant plus le pic lumineux affiche environ 900 nits avec une mire HDR à 50% et près de 700 nits avec une mire HDR plein écran !

 

Dans son ensemble, le rendu HDR est une pure merveille si on prend en compte la qualité de l'image, la finesse du détail, l'effet réalisme accru, la profondeur de champ, le piqué exceptionnel et enfin le rendu HDR explosif. C'est réellement du très, très grand spectacle. Dynamique et lumineux, grâce à un Color Volume d'exception, le rendu HDR conserve des couleurs vibrantes, riches et parfaitement saturées ! À titre comparatif, le Color Volume du Sony ZF9 propose 441 millions de couleurs, alors que le Samsung Q900R en affiche 492 millions. Autre élément de comparaison, à 1 000 nits le Sony ZF9 affiche 92% du DCI‑P3, le Samsung 100% ! Et croyez‑nous, la richesse des couleurs affichées à l’écran en toutes circonstances, ou presque, ça change beaucoup de choses.

 

 

Traitement vidéo du processeur Quantum 8K 

Pour remettre les choses dans leur contexte, le traitement vidéo du Q9F était évidemment très bon, mais ne nous avait pas totalement convaincus, surtout quand on le compare avec ce qui se fait actuellement chez Sony avec son X1 Ultimate ou Philips avec le P5. Inutile de tourner autour du pot, le processeur Quantum 8K est clairement la plus belle surprise réservée par ce Q900R, non seulement pour la finesse des pixels, mais aussi la présence de nombreux algorithmes performants qui permettent d'offrir une image d'une beauté et d'un réalisme à couper le souffle ! De nombreuses personnes émettaient des doutes, nous les premiers, quant à l'utilité de l'affichage 8K, mais quand on voit une telle qualité d'image on comprend immédiatement que cette définition permet un bond qualitatif encore plus visible que lors du passage à de la Full HD à l'Ultra HD ! Il faut tout de même ajouter à cela que la plupart des fabricants proposent enfin des processeurs vidéo capables d'Upscaling et post‑traitement dignes de ce nom. Un cap a définitivement été franchi dans la façon de traiter l'image avec des algorithmes intelligents qui analysent et traitent l'image en temps réel.

 

 

 

Évidemment, nous n'avons aucune base de comparaison, c'est le premier TV 8K que nous testons. Mais force est de constater que ce processeur réalise un travail d'excellente qualité et que l'apport du 8K est bien plus visible que ce que nous pensions. Nous l'avions déjà remarqué avec l'UHD, mais plus le pixel est petit, plus le post‑traitement peut améliorer l'image sans durcir le piqué. Certains soucis tel le Ringing Effect (effet de double contour) sont beaucoup moins visibles en 8K, ce qui permet d'accentuer un peu plus les détails et les contours sans durcir l'image, ni entraîner de scintillements.

 

Nous pensons à des filtres comme le Sharpness ou Auto Depth Enhancer qui peuvent désormais analyser plusieurs niveaux de l'image et détourer plusieurs objets afin d'améliorer l'effet 3D naturelle. L'apport du 8K se ressent d'ailleurs essentiellement sur le réalisme de l'image (l’immersion du spectateur est préservée comparé à un écran plus petit, 55’’ ou 65’’), la profondeur de champ et le relief. Nous avons d’ailleurs parfois l'impression de visionner une image 3D sans lunette, toutes proportions gardées évidemment, puisqu'il n'y a pas d'effet de jaillissement.

 

 

Ainsi, la puissance du nouveau processeur Quantum 8K signé Samsung a permis l'utilisation de plusieurs algorithmes pour améliorer la qualité de l'image :

 

- 8K IA Upscaling : l'Upscaling 8K du Q900R est renversant et dépasse toutes nos attentes. Pour améliorer le rendu des sources, quelles qu’elles soient, Samsung a initié dès 2013 (!) un programme Machine Learning (apprentissage automatique ou encore apprentissage statistique) basé sur des algorithmes d’intelligence artificielle très puissants. Ce dernier, à l’aide d’ordinateurs fonctionnant en continu, est chargé, dans un premier temps de dégrader abondamment des images de grande qualité, par exemple Ultra HD 8K et UHD 4K, dans toutes les définitions inférieures, 1 080p, 1 080i, [abc]480p[/abc], etc. en y ajoutant toutes sortes de défauts à degré variable : forte compression, bruit vidéo, flou…

 

Le but est de disposer d’une énorme quantité d’images de mauvaise facture, plusieurs millions générés en cinq ans, correspondant à toutes les séquences possibles et imaginables. Avec l’objectif, dans un second temps, d’upscaler à nouveau ces mêmes images pour retrouver leur qualité originelle en mettant l'accent sur quatre traitements précis : recréation de détails, amélioration des contours, réduction du bruit vidéo et rédaction des effets d'escalier. Et de laisser le programme d’intelligence artificielle recommencer autant de fois que nécessaire pour y parvenir, l’apprentissage découlant de la répétition et du traitement de plus en plus pointu appliqué par l’algorithme sur les fichiers vidéo.

 

 

Au final, en résulte une base de données où chaque type de contenus est associé à un filtre spécifique pour obtenir sa meilleure « restauration » possible, gérée par un algorithme global. Au final, on compte 256 filtres présents au sein de TV Q900R, contre un seul pour le traitement d’Upscaling Ultra HD des TV UHD disponibles dans les magasins. Par exemple, pour afficher l’image TNT d’un animal tel un félin (donc 1 080i) avec un TV Samsung Q900R, l’algorithme mis au point par les ingénieurs de la marque et le programme Machine Learning vont utiliser un premier filtre pour les yeux, un deuxième pour les moustaches, un troisième pour les poils, etc. (cf. visuel ci dessous), tous optimisés en fonction de l’objet traité. Avec ce puissant logiciel interne, Samsung souhaite proposer avec ses TV Q900R une qualité d’image digne d’une véritable fenêtre ouverte sur le monde.

 

 

Et il faut l’avouer, c'est une véritable claque pour toute la rédaction d'AVCesar ! Si nous nous attendions à un superbe spectacle avec les sources UHD upscalées en 8K, la plus grande surprise concerne sans aucun doute la qualité de la TNT. Les résultats laissent sans voix, avec une précision de désentrelacement et une finesse de piqué inédit. Il faut avouer que réussir à offrir une image bien meilleure que sur un TV UHD à partir d'une source comme la TNT, c'est tout de même un sacré exploit !

 

 

- Q Picture : le post‑traitement vidéo est similaire à ce que propose Samsung depuis quelques années. Un curseur permet d'augmenter la précision des images, les détails et accentuer les contours, mais comme déjà précisé, la petitesse du pixel est telle que ce filtre gagne énormément en précision et en finesse. De plus, et comme déjà précisé, Samsung a amélioré son Auto Depth Enhancer grâce à la puissance de calcul en temps réel du processeur Quantum 8K qui analyse chaque plan et objet pour renforcer l'effet de relief et de profondeur. Ce filtre donne des résultats époustouflants en 8K !

 

- Q Color : si cet algorithme profite évidemment d'un Color Volume bien meilleur qu'un TV Oled pour optimiser le rendu colorimétrique, il remastérise également les couleurs pour exploiter l'intégralité du Wide Gamut sans étirer leurs coordonnées. C'est‑à‑dire que toutes les coordonnées couleur sont recalculées par l'intelligence artificielle ce qui est tout nouveau chez Samsung et offre d'excellents résultats. Enfin, il faut ajouter à cela un upsampling de la profondeur des couleurs annoncé sur 16 bits pour éliminer les problèmes de postérisation des images (à l'instar des procédés Super Bit Mapping de Sony ou P5 Perfect Color de Philips).

 

 

- Q Contrast Elite : pour une meilleure gestion du rétroéclairage et du Peaking (boost très localisé de l’intensité lumineuse) en fonction de la luminosité des scènes. En effet, nous le soulignons régulièrement, le nombre de zones ne fait pas tout ! Il n'est pas rare de constater qu'un TV doté de 64 zones comme le Sony KD‑65XF9005 (cliquez pour découvrir le test complet du produit par la rédaction d’AVCesar.com) affiche moins de Blooming et un contraste perçu supérieur qu'un TV doté de 256 zones. La gestion du rétroéclairage a également une grande influence. Encore une fois, nous aurions aimé que Samsung propose plus de zones sur le 75", mais la gestion du rétroéclairage est tout de même très performante ce qui permet de proposer un meilleur contraste perçu et mesuré. Le contraste dynamique est énorme et le noir très profond (mesuré à moins de 0,001 nit lors de certaines scènes sombres dans l'espace par exemple). Aucun Blooming n'est perceptible, y compris en HDR. Seuls quelques effets de pompages sont à souligner, surtout lorsqu'il y a des sous‑titres.


- Q Viewing Angle : de ce côté‑là nous ne sommes toujours pas convaincus. Ça reste encore loin de ce que propose un TV Oled, sans être catastrophique. Il y a du mieux, mais au‑delà de 30° hors axe la perte de contraste et de saturation des couleurs est nettement visible.. En même temps, sur un écran de 75’’ de diagonale, ce souci devient moins prégnant.

 

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- Digital CleanView : ce filtre remplace (toujours) tous les réducteurs de bruit avec possibilité de le désactiver, le paramétrer sur Bas ou Auto. Pour rappel, ce filtre ne nous avait pas trop convaincus lors des précédents tests y compris sur le Q9F. C'est donc une belle surprise de constater qu'il offre d'excellents résultats sur le Q900R y compris en mode Auto. Ce dernier analyse l'image en temps réel pour gommer les imperfections avec plus de précision sans réduire le piqué de l'image. Là encore, les résultats sont surprenants avec toutes sortes de sources SD, HD, ou UHD et surtout avec la TNT. Évidemment, les plus exigeants désactiveront ce filtre avec le Blu‑Ray pour conserver le meilleur piqué possible (cf. photo ci‑dessus).

 

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- Amélioration des Contrastes : petite nouveauté très intéressante et efficace depuis le lancement de la série Q9F, surtout sur un système de rétroéclairage Full LED, le paramètre Amélioration des contrastes peut donner de très bons résultats (cf. photo ci‑dessus), surtout sur les contenus HDR. Ce n'est pas encore ce qui se fait de mieux en termes de Tone Mapping (conversion des couleurs en fonction de la luminosité), puisque ce réglage ne conserve pas une courbe de gamma très linéaire, certaines nuances peuvent disparaître, mais son apport en termes de dynamique et de contraste natif est intéressant. Il faut également savoir que son efficacité est dépendante des réglages Rétroéclairage et Atténuation Locale (gestion du Local Dimming), mais aussi du contenu (SDR ou HDR). En activant l'Amélioration des contrastes, un « remapping » des tons dynamiques s'opère pour améliorer le contraste et l'échelle de gris, appréciable pour ceux qui aiment les rendus très lumineux et dynamiques. Ce paramètre booste également l'effet de Peaking, et donc le pic lumineux sur chaque zone. Le mode Haut a tendance à brûler les blancs, donc nous conseillons le mode Bas, bien plus nuancé, mais chacun ses goûts…

 

Auto Motion Plus et BFI

L'Auto Motion Plus PQI 4000 propose une compensation de mouvement et une précision assez similaire aux TV Samsung de 2018 ou 2017, soit une très bonne fluidité avec une image assez précise dans les travellings, même si les plus exigeants relèveront quelques rares décrochages en 24p. Au final, Samsung a amélioré son algorithme, notamment en proposant un rendu plus naturel. Évidemment, on trouve toujours des réglages pour adapter la fluidité aux goûts de chacun. Le Samsung 75Q900R propose un temps de rémanence d'environ 12 ms ce qui permet de proposer une image en mouvement précise, mais la technologie Oled fait mieux de ce côté.

 

 

Comme précisé dans la première partie de notre test, la fréquence d'affichage s'adapte à la source, quelle que soit la cadence originelle du contenu (24, 50 ou 60 im/s), ce qui apporte un surcroît de clarté, surtout pour les chaînes TV. La fluidité en elle‑même est excellente, nous n'avons pas rencontré d'artefact de mouvement, en dehors des rares décrochages déjà signalés. On retrouve également le même type de réglages que chacun optimisera à son goût pour une image plus ou moins fluide, plus ou moins précise.

 

Toujours présent, l'activation du BFI (Black Frame Insertion) qui permet d'améliorer encore cette précision d'image en mouvement contre un effet de scintillement et une perte flagrante de luminosité (cf. photo ci‑dessous). Nous pensons toutefois que c'est un des secteurs encore perfectibles, mais cette remarque est valable pour tous les fabricants. En effet, la technologie HFR peine à se développer et, en plus, il n'existe toujours pas de dalles LED UHD ou 8K dotées d'un taux de rafraîchissement de 200/240 hertz.

 


Quant à l'Input Lag, Samsung se démarque, encore une fois, par une mesure très faible pour le grand bonheur des « gamers ». Sur ce spécimen, nous l'avons mesuré à 17 ms en activant le mode Jeu. Petite nouveauté cette année, il existe un Game Motion Plus (adapté aux jeux donc) très intéressant. En effet, désormais, il est possible d’activer une compensation de mouvement pour une meilleure fluidité avec les jeux. Et même si la mesure de l'Input Lag passe alors à 34 ms, cela reste toutefois bien meilleur qu'en mode Standard avec lequel l'Input Lag peut atteindre 70 millisecondes.

 

Au final, le Samsung 75Q900R est un formidable téléviseur pour les gamers, d'autant plus que le support du FreeSynch et du VRR permet à la fréquence de rafraîchissement de s'adapter à celle du jeu en temps réel à condition de connecter la console ou le PC directement au TV et d'activer le mode Jeu. Comme vous le savez, la fréquence des jeux varie constamment en fonction des scènes. Rappelons toutefois qu'en 4K le VRR peut varier de 48 Hz minimum et 60 Hz maximum, alors qu'en 1 080p il peut varier de 20 à 120 hertz.

 

Pour conclure

De toute évidence, le Samsung 75Q900R d’obédience 8K est un TV d'exception et ce fut une grande expérience de pouvoir le tester dans la durée, pendant plusieurs semaines. Vraiment, nous en avons pris plein les yeux ! Quel spectacle ! Nous étions loin d'imaginer un tel gap lié à l'affichage 8K, notamment au niveau de la profondeur de champ et du réalisme. Évidemment, les disques Ultra HD Blu‑Ray sur un TV 8K représentent le summum de la qualité, en attendant de pouvoir tester du vrai contenu 8K. Mais la plus grande surprise est venue de la TNT. C'est là qu'on a compris, réaliser, constater à quel point le processeur Quantum 8K de Samsung affichait de grosses performances en termes de traitement vidéo et d'Upscaling. Et pour en avoir le cœur net, nous avons placé à côté du 75Q900R un TV Samsung Qled 2018 Ultra HD : le rendu TNT est meilleur sur le Q900R. Plus globalement, la qualité de la TNT dépasse de très loin ce que nous avons vu de mieux sur n'importe quel TV UHD ! Inutile de préciser que c'est le même constat avec un disque Blu‑Ray. Attention, il faut garder à l'esprit que ces appréciations nécessitent impérieusement un calibrage rigoureux du téléviseur. Une fois celui‑ci réalisé, et seulement après, vous profiterez de la substantifique moelle, du Q900R, de la quintessence de son traitement vidéo. Le résultat avant/après est réellement sensible, sur la colorimétrie et les contrastes bien sûr, mais aussi sur la finesse et la netteté de l'image.

 

 

À vrai dire, après calibrage, n'importe quelle source sera plus belle sur un TV 8K, y compris (et c’est vraiment étonnant !) du DVD (nous avons renouvelé plusieurs fois nos séances de visonnage). Alors, quand on voit la qualité d'image proposée à partir de sources aussi classiques que la VOD de Netflix ou Amazon, la TNT ou un Blu‑Ray 1 080p, on comprend que le manque de contenu 8K n'est pas un réel problème. Pour être encore plus clair, peu importe si oui ou non des contenus 8K seront disponibles un jour, l'avantage du 8K se trouve dans cette capacité à transcender l'image grâce à une finesse de texture inédite et un traitement vidéo adéquat. Même si, on le claironne aussi, l’image est encore supérieure en présence de contenus 8K, nous l’avons constaté avec certaines séquences de démonstration. Dorénavant nous n'avons qu'une hâte, pouvoir tester la concurrence en 8K.

 

En ce qui concerne le Samsung Q900R, il a bien fallu mettre de côté cet enthousiasme pour porter un avis plus objectif. Et il nous faut bien avouer que les performances sont là et que visuellement c'est du très, très grand spectacle. Alors, certes, tout n'est pas encore parfait, que ce soit du côté de l'Oled comme celui du LED, il reste encore des progrès à faire. Chaque technologie possède ses atouts et ses défauts, mais le Samsung Q900R peut tout de même se targuer d'un contraste dynamique record de 20 000:1 (12 500:1 en désactivant l'Amélioration des Contrastes, ce qui reste énormissime), d'une couverture Color Volume record, de l'image la plus précise proposée actuellement sur le marché ou encore d'une expérience HDR explosive.

 

 

Par ailleurs, il faut aussi saluer les progrès considérables du fabricant concernant la justesse colorimétrique en sortie de carton, nettement supérieure aux spécimens des années précédentes, permettant à tout utilisateur de profiter de son TV dans de très bonnes conditions sans réglage compliqué.

 

Pour le reste, on retrouve les grandes qualités qui ont contribué à la renommée et au succès des TV de la marque, à savoir une ergonomie exemplaire, des fonctionnalités à foison (mode Ambiant, fonction SmartThings) et un OS Tizen parfaitement stable, fun et simple à utiliser, malgré une multitude d'applications en tout genre qui transforme votre TV en véritable plateforme de divertissement à domicile. À signaler encore, de nombreuses possibilités pour réduire au maximum l'utilisation de câbles avec notamment le boîtier One Connect sur lequel est déportée une bonne partie de l’électronique, toute la connectique et même l'alimentation via un seul câble ultrafin.
Bref, le Samsung 75Q900R s'affirme comme un TV d'exception capable d'offrir un spectacle tout simplement époustouflant avec la plus belle image au monde sur un écran géant de 190 cm de diagonale ! Est‑ce exagéré de dire qu'il nous sera difficile de retourner sur un « simple » TV UHD après un tel spectacle ? Pas si sûr…

+ Les points forts
»  
Qualité d'image époustouflante
»  
La meilleure TNT, du jamais vu !
»  
Impressionnant Processeur Quantum 8K
»  
Calibrage correct en sortie de carton
»  
Puissant contraste dynamique à 20 000:1
»  
Rendu HDR10 exceptionnel (2 250 nits)
»  
Input Lag réduit (17 ms)
»  
Design sobre et excellente finition
»  
Smart Hub très complet, réactif et stable
»  
Local Dimming 480 zones
»  
Le plus beau spectacle de l'année
- Les points faibles
»  
»  
Dalle directive
»  
Postérisation, métamérisme et Banding
»  
Le pic lumineux n'atteint pas les 4 000 nits annoncés
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