Vidéoprojecteur

Samsung The Premiere LSP9T

Par Vincent Morette - Publié le 04/05/21
Mustav
Prix indicatif : 5 999 € TTC
Note AVCesar.com
Type : mono-DLP
Résolution native : 2 716 x 1 528 pixels
Standard : Ultra HD
Contraste : 2 000 000:1
Iris : statique
Modèle : ultra courte focale
Lens Shift : sans
Dimensions (L x H x P) : 550 x 141 x 367 mm
Poids : 11,5 kg
6 489,99  €
Amazon.fr
L’essentiel

Avec la nouvelle famille produits Samsung The Premiere, la marque coréenne fait son retour sur le marché de la vidéoprojection grand public. En effet, de la fin des années 2000 au milieu des années 2010, elle avait tenté l’expérience de la très grande image Home Cinéma via plusieurs modèles Full HD développés avec l’aide d’une figure bien connue de l’univers de la vidéo, considérée comme un véritable gourou par beaucoup de professionnels, Joe Kane.

 

Mais les tarifs pratiqués alors pour ces produits, au‑delà de 10 000 $, pourtant reconnus de qualité supérieure par les spécialistes du secteur, n’ont pas permis à la marque en déficit de notoriété sur ce marché de s’imposer. Sans parler du réseau de distribution spécifique pour ces matériels, dans lequel Samsung n’était pas ou peu présent. Bref, le constructeur coréen n’a pas poursuivi l’aventure, occupé qu’il était alors à développer ses gammes TV Ultra HD 4K SUHD.

 

 

Les temps changent…

Entre‑temps, la consommation audio‑vidéo a sensiblement évolué avec une appétence toujours plus marquée des utilisateurs pour des diagonales de plus en plus grandes. De même, la technologie des sources lumineuses a largement progressé, la classique lampe UHP laissant régulièrement sa place au laser à la durée de vie de plus de 20 000 heures, reléguant aux oubliettes le remplacement (souvent onéreux) du lampion. Enfin, très populaire en Asie, le concept de l’ultra courte focale avec tuner TNT intégré a réussi à conquérir une partie du public home cinéphile européen, notamment pour sa capacité à rester discret même au sein d’une décoration sobre et moderne tout en proposant une image véritablement géante. C’est donc dans cette période de renouveau technologique de la vidéoprojection grand public placé sous le haut patronage du téléviseur, associée à la volonté grandissante des consommateurs d’aménager au mieux leur intérieur, obligé de rester chez eux bien plus qu’auparavant, que Samsung a décidé de réinvestir ce segment de marché de l’image. 

 

Au menu de la proposition de la firme coréenne, deux modèles simili 4K mono‑DLP, les Samsung The Premiere LSP7T et Samsung The Premiere LSPT. Le premier est basé une source lumineuse simple laser bleu, le second sur une source lumineuse triple laser RVB. C’est ce dernier que nous vous proposons de découvrir en détail à l’occasion d’un test complet. C’est parti.

 

 

Présentation

Avant d’aller plus loin, il faut rappeler que le vidéoprojecteur UHD 4K Samsung The Premiere LSP9T est équipé d’une puce 0,66’’ dotée d’une résolution native 2 716 x 1 528 pixels (et malheureusement bloquée en 60 Hz). La définition Ultra HD 4K est simulée à partir de la technologie exclusive de wobulation Texas Instrument dénommé XPR2. Celle‑ci affiche chaque image deux fois, la seconde étant décalée d’un demi‑pixel. La persistance rétinienne fait le reste avec l’impression de visualiser beaucoup plus de pixels qu’en réalité, 8,3 millions pour être précis. Et vous savez quoi ? Ça fonctionne parfaitement. Incroyablement parfaitement même. À tel point qu’en présence d’une optique de qualité offrant un bon piqué pour une belle précision de l’image, ce qui est le cas sur le Samsung The Premiere LSP9T, il est très difficile de dissocier une image UHD 4K native d’une image 4K « wobulée ».

 

 

Il faut ensuite évoquer la source lumineuse triple laser RVB en lieu et place d’un simple laser ou d’une lampe classique. Car sa présence joue un rôle essentiel dans les performances colorimétriques du Samsung The Premiere LSP9T. La justesse des couleurs est en effet fonction de la pureté des trois couleurs primaires Rouge, Vert et Bleu. Et avec une source triple laser RVB, celle‑ci sont générées le plus « purement » possible, avec beaucoup d’énergie. Avec une lampe ou un simple laser, une roue codeuse est nécessaire et génère invariablement une pollution tonale due à la création d’un large spectre de teintes, au‑delà des simples couleurs RVB. Cet écueil est évité ici et il ne faut pas chercher au‑delà de cette caractéristique pour expliquer la couverture à 100% du gamut Rec.2020 annoncée par Samsung. Autre avantage d’une source de lumière laser, l’allumage et l’extinction du projecteur sont très rapides. Pas autant qu’un TV mais très largement plus qu’un modèle à lampe. Croyez‑nous, avec un vidéoprojecteur ultra courte focale qui joue le rôle d’un TV, ça compte. C’est dans cette configuration que l’on prend conscience du nombre de fois par jour que l’on allume/éteint un téléviseur. Et l’on peut vite s’agacer si l’allumage/arrêt dépasse à chaque fois la minute, soit le temps que la lampe chauffe et que le ventilateur refroidisse la lampe.

 

Samsung The Premiere, un TV comme un autre

Pour illustrer la volonté de Samsung de faire de ces vidéoprojecteurs The Premiere des téléviseurs comme les autres, la télécommande n’est autre que celle fournie un temps comme seconde zappette pour les téléviseurs de la marque, un modèle avare de touches et arborant une belle robe blanche.

 

 

De même, une section audio plutôt robuste, d’obédience 4.2, est intégrée sous forme de barre de son Acoustic Beam (les tweeters sont associés à un guide d’onde occupant toute la longueur du vidéoprojecteur, sous forme de tube comptant de multiples trous par lesquels s’échappe le signal sonore pour une présence sonore accrue), compatible Bluetooth 4.2 et délivrant une puissance totale de 40 watts. Il faut encore signaler que l’interface Tizen (quasiment identique à celle des TV de la marque, cf. photo ci‑dessous) est de la partie, accentuant encore l’impression pour le consommateur de se trouver devant un téléviseur Samsung, la taille de l’image en plus.

 

 

La diagonale de celle‑ci varie de 100’’ à 130’’, soit 2,54 m à 3,3 m, selon le recul du vidéoprojecteur par rapport à l’écran, de 11,3 cm à 23,8 cm très précisément. C’est l’occasion de parler en quelques mots de l’écran de projection qui, contrairement à Hisense par exemple et ses références Laser TV, n’est pas fourni chez Samsung. La société coréenne laisse à l’utilisateur la liberté d’utiliser l’écran de son choix, un spécimen de type ALR/CLR (Ambiant Light Rejecting/Ceiling Light Rejecting dans le but de maximiser la luminosité et préserver le contraste) pour une utilisation de tous les jours au sein d’une pièce baignée de lumière ambiante, un salon par exemple, ou un écran classique dans le cadre d’une installation au sein d’une salle Home Cinéma dédiée (un accrochage plafond est prévu).

 

 

 

 

 

En revanche, la mise en place du Samsung The Premiere LSP9T n’est pas des plus aisée. À l’instar de nombreux vidéoprojecteurs ultra courte focale passés entre nos mains, l’obtention rapide d’une image parfaitement plane relève et aux dimensions exactes de l'écran peut s'avérer agaçante. Loin d’être mission impossible, il faut s’employer avec les régales de mires (focus) et de géométrie de l'image disponibles (cf. photo ci‑dessus), sans oublier les vis réglables sous le LSP9T pour arriver à ses fins.

 

 

Enfin, pour parfaire la présentation le Samsung The Premiere LSP9T, sachez qu’il délivre 2 800 lumens, qu’il est compatible HDR10/HDR10+/HDR HLG et qu’il est doté d’AirPlay 2. La connectique rassemble à l’avant du boîtier, soit à l’opposé de la barre de son qui diffuse naturellement vers le spectateur, trois entrées HDMI 2.0b dont une dotée de la fonction eARC, une sortie optique, un port USB et un port Ethernet. À savoir, VRR et FreeSync sont au programme. On note encore les prises antenne TNT et satellite associées aux tuners DVB‑T2 et DVB‑S. De même, si la commande vocale Bixby signée Samsung est de la partie, le LSP9T peut être en partie contrôlée à la voix, pour accéder directement à une série Netflix par exemple, à travers une enceinte Amazon Alexa ou Google Assistant.

 

Concurrence

Difficile de trouver des concurrents directs au Samsung The Premiere LSP9T. Si la proposition des modèles Laser TV Hisense s'avère similaire ou presque, ils sont dotés d'une source lumineuse simple laser. De même, les spécimens du constructeur chinois sont commercialisés avec un écran ALR/CLR, contrairement au Samsung LSP9T.

 

Du côté des constructeurs de vidéoprojecteurs conventionnels, les Laser TV BenQ V6000/V6050 n'embarquent pas de tuner TNT. Et pour l'écran, c'est selon la volonté de l'acheteur. Si les BenQ V600/V6500 sont proposés sans écran, BenQ en propose un en option.

 

Le Samsung The Premiere LSP9T est donc le seul modèle de sa catégorie ultra courte focale, équipé d'un tuner TNT et d'une source lumineuse triple laser. Il permet aussi à l'utilisateur de choisir le modèle d'écran souhaité, technique ou classique, en fonction de sa destination, pièce de vie ou pièce dédiée. Et même d'associer un écran déjà en sa possession.

Fiche technique
Type : mono-DLP
Résolution native : 2 716 x 1 528 pixels
Standard : Ultra HD
HDR : HDR10, HDR10+, HDR HLG
Luminosité : 2 800 lumens
Contraste : 2 000 000:1
Iris : statique
Lampe : Triple laser, 20 000 h
Modèle : ultra courte focale
Lens Shift : sans
Mise au point : pilotée
Connectique : 3 entrées HDMI (v 2.0b), 1 port Ethernet, 1 port USB, 1 sortie optique
Compatibilité : NTSC (480i, 480p), Pal (576i, 576p), HD (720p/50, 720p/60, 1 080i/50, 1 080i/60), Full HD (1 080p/24, 1 080p/50, 1 080p/60), Ultra HD (2 160p/24)
Usage : CEC, Auto LipSync, xvYCC, Deep Color, 4/3, 16/9, zoom Letterbox, zoom Letterbox sous-titres, zoom 2.35 (4/3, 16/9, HD), Overscan
Réglage : température de couleur (couleurs primaires + couleurs secondaires), balance des blancs (10P), réglage de gamma (préréglable), renforcement des noirs (statique), renforcement du contraste (dynamique), désentrelacement (vidéo/film) automatique
Réducteur de bruit : D NR, Mpeg NR, Mosquito NR
Optimisation de la netteté dans les mouvements : en SD 480i/576i, en ED 480p/576p, en HD 720p/1 080i, en Full HD 1 080p/24/50/60, en Ultra HD (2 160p/24)
Compensation de mouvements : en HD 720p/1 080i, en Full HD 1 080p/24/50/60, en Ultra HD (2 160p/24
Consommation : 410 W (0,5 W en veille)
Bruit : 45 dB
Dim. (L x H x P) : 550 x 141 x 367 mm
Poids : 11,5 kg
ph image
Verdict technique

Comme pour nos tests TV, celui du vidéoprojecteur Samsung The Premiere LSP9T a été réalisé avec notre compère Cédric Louis, calibreur professionnel de son état, certifié ISF, PVA et THX Level II. Nous avons ainsi, avec lui, procédé au calibrage fin de ce vidéoprojecteur. Les appareils de mesure utilisés sont de très haute précision (ne perdez pas votre temps à chercher, ce sont les meilleurs disponibles actuellement), parfaitement certifiés et à jour : Colorimètre Klein K‑10, spectroradiomètre Jeti Specbos 1211 (cf. photos ci‑dessous), générateur de mire UHD HDR10 et HDR Dolby Vision Murideo, le tout mis en œuvre avec le très puissant logiciel Calman sous licence ISF et THX.

 

 

Explication de la procédure de test vidéoprojecteur

Avant d’aller plus loin dans notre appréciation du LSP9T, il nous faut expliquer notre procédure de mesures en présence d'un vidéoprojecteur. À l’instar du réglage d’une vraie salle de cinéma, celle où vous pourrez bientôt (on l’espère) de nouveau vous rendre pour profiter de nombreux films, la procédure se déroule dans une salle plongée dans le noir. Ceci pour réduire au maximum la pollution lumineuse en provenance d’un élément réfléchissant dans le local (mur clair, sol clair, meuble clair… Vous aurez compris le principe). Ensuite, les mesures sont réalisées sur l’écran afin qu’elles correspondent exactement à l’image affichée et à ce que voit le spectateur. C’est aussi la seule façon d’évaluer les réelles capacités lumineuses d’un vidéoprojecteur, traduites en nits sur la toile. Une valeur sensiblement plus tangible que celle des lumens en sortie de projecteur sujette à variation avant d’arriver sur l’écran : la distance de projection, la tonalité générale de la pièce (des murs et un plafond seulement sombres influeront différemment par rapport à un revêtement noir)… sont autant d’éléments susceptibles d’influer sur la luminosité délivrée par le projecteur. En revanche, des mesures sur écran nécessitent un matériel professionnel extrêmement performant et d'une parfaite précision (toutes les sondes disponibles dans le commerce sont par exemple limitées et donc exclues. Enfin, pour ne pas induire de biais dans nos relevés, l’écran utilisé est blanc et neutre (gain à 1). Dernière précision, ce dernier mesure 2,8 m de base, sa grande taille permettant d’apprécier la diagonale maximum supportée par le vidéoprojecteur avant que ses performances ne s’écroulent. Et vous verrez qu’avec le Samsung The Premiere LSP9T, notre écran était presque trop petit pour faire honneur à ses capacités.

 

Bruit et consommation

Avant d’attaquer le bois dur à l’aide de Calman, réglons d’emblée la question du bruit de fonctionnement et de la consommation du LSP9T, avec des valeurs respectives de 41 dB au plus proche de projecteur et 218 W pour l’affichage d’un écran blanc en SDR, 45 dB et près de 400 W en HDR. Si ces chiffres s’avèrent tous relativement élevés, ils sont sensiblement moindres à l’usage. D’abord parce que les images affichées sollicitent rarement le plein potentiel lumineux du LSP9T, loin de là (même en présence d’un jeu vidéo hyper clinquant), ensuite parce que le produit se trouve relativement éloigné de vous en fonctionnement (un spécimen ultra courte focale est généralement plus éloigné de l’utilisateur qu’un modèle 2/3 de salle ou fond de salle). La présence du LSP9T est donc plutôt discrète même si on perçoit son ronronnement lors des séquences les plus calmes d'un film ou d'une série.

 

 

Traitement vidéo OK

Évoquons aussi tout de suite le traitement vidéo avec, en premier lieu, la compensation de mouvement. Avec cette dernière désactivée, et une puce DLP qui fonctionne uniquement à la fréquence 60 Hz, le phénomène de judder est patent avec un signal source 24p. Heureusement le réglage maison (car présent également sur les TV Samsung) Réduction des vibrations, qu’il est possible de régler à sa guise, se révèle efficace. Idem avec le signal 50 Hz de la TNT. À propos de l’Upscaling, le constructeur coréen a prouvé depuis quelques années avec ses téléviseurs qu’il maîtrisait parfaitement cet aspect de la qualité d’image. Leur expertise sur la question est toujours de mise sur les vidéoprojecteurs The Premiere. La mise à l’échelle d’un signal Blu‑Ray ou TNT n’appelle pas, ou peu, de critiques. Même l’affichage UHD 4K d’un DVD, même s’il est plus délicat, est de relative bonne facture avec une bonne gestion des différents plans focaux pour préserver le relief de l’image. Et, on le répète, comme le piqué de l’image est véritablement excellent, le résultat est remarquable. De même, une fois le LSP9T calibré l'Upscaling apparaît plus performant encore avec un relief perçu à l'écran supérieur.

 

 

À savoir, en l’absence de roue codeuse, on ne constate pas d’effet arc‑en‑ciel à proprement parler (apparition de franges colorées primaires visibles sur les contours d’objets contrastant fortement avec son environnement à l’image ou sur des objets en mouvement). Toutefois un phénomène semblable est visible ponctuellement sur les fonds très clairs (ciel laiteux, montagne enneigée…) sur lesquels viennent en superposition des objets/personnes/avant‑plans ou même des sous‑titres. On distingue sur ces derniers un contour bleu, résultant d'un manque d'optimisation de l'éloignement des trois faisceaux laser, regroupées sur un SoC (System on Chip). Le mieux serait de disposer des faisceaux laser chacun sur un SoC avec une fonction d'alignement des lasers (semblable à un réglage de convergence). Avec ceux‑ci parfaitement alignés, ce problème de contours bleus ne serait plus de mise. Évidemment, ce serait bien plus onéreux à produire pour Samsung et le prix de vente s'en ressentirait vraisemblablement. Mais peut‑être ce souci est‑il gérable « logiciellement » via un ajout dans les menus du Samsung LSP9T ? Nous sommes loin de détenir la réponse mais qui sait… Sans doute aussi certains spécimens sont‑ils meilleurs que d'autres en sortie d'usine sur ce point lié à la fabrication d'un composant du LSP9T. Précision, ce phénomène est réduit et se manifestera surtout auprès des personnes sensibles au « classique » effet arc‑en‑ciel.

 

 

Mode d’emploi des mesures HDR pour un vidéoprojecteur

En route pour les mesures du Samsung The Premiere LSP9T, avec un signal SDR puis HDR, et pour leur interprétation. Attention, comme à l’accoutumée avec Samsung, il faut au préalable vérifier que les entrées HDMI bénéficient de leur plein potentiel (sélectionnez le réglage d’entrée étendu). Ensuite, il nous faut aussi vous donner le mode d’emploi pour les mesures publiées ci‑dessous, notamment celles relatives aux relevés avant/après calibrage HDR qui nécessitent là encore quelques explications. Il faut en effet savoir que les vidéoprojecteurs Home Cinéma ne sont pas du tout faits pour les signaux HDR. Leur faible luminosité les handicape fortement pour afficher leur dynamique. Bien sûr, leur gestion du HDR s’améliore d’année en année mais on est encore (très !) très loin des performances offertes en la matière par un TV par exemple. Il existe bien une solution à base de processeur vidéo externe (type Lumagen) qui transforme véritablement l’expérience de la vidéoprojection cinéma HDR mais elle reste très onéreuse (de 6 000 € à 10 000 € selon le modèle du processeur). Quoi qu’il en soit, les performances HDR d’un vidéoprojecteur sont si limitées que certaines mesures sont difficilement captées par un logiciel et ce, même si celles‑ci sont réalisées avec un outil professionnel tel Calman. C’est par exemple le cas pour le pic lumineux et la courbe EOTF. Heureusement, les développeurs Calman ont prévu le coup et il existe une solution. Pour obtenir des mesures aisément interprétables, Calman travaille avec un coefficient multiplicateur. Pour faire court, ce dernier agit comme une loupe sur les relevés et amplifie les variations des courbes. Ainsi l’ingénierie du logiciel reste applicable, les graphiques et courbes sont normalement générés et il suffit, pour connaître par exemple la valeur réelle du pic lumineux de diviser le chiffre obtenu par le coefficient multiplicateur. Pour info, avec le Samsung The Premiere LSP9T, un coefficient multiplicateur 2 a suffi pour utiliser normalement le logiciel Calman. Mais d’ordinaire, il faut appliquer un coefficient sensiblement plus important, jusqu’à 5 parfois, pour être capable d’appliquer la procédure Calman. C’est dire la puissance lumineuse délivrée par le LSP9T qui explose réellement à l'écran (cf. plus bas).

 

 

Une fois le Samsung The Premiere LSP9T installé dans notre laboratoire, on démarre bien sûr avec le spectre tonal sur lequel nous devons obligatoirement étalonner notre sonde pour réaliser un calibrage correct, soit celui du diffuseur. Pour rappel, pour obtenir un résultat fiable, cette étape est indispensable avant de commencer les mesures et/ou le calibrage d’un diffuseur. Sinon, toute la procédure est faussée et pour tout dire, vaine. Un peu comme si vous désiriez connaître la tenue de route d’une voiture lors du test international bien connu de l’élan (ou de la baïonnette) mais que vous chaussiez celle‑ci de pneus différents de ceux préconisés par le constructeur ou si, sans changer les gommes, vous ne respectiez pas leur pression… Le risque est grand de retrouver la voiture sur le toit. C’est exactement la même chose avec un diffuseur (vidéoprojecteur, téléviseur, écran de téléphone, écran d’ordinateur…), il est impératif, au préalable à toute chose, d’étalonner la sonde sur le spectre tonal de l’écran. Bien sûr, la qualité des outils de calibrage est également primordiale pour réaliser ces opérations (près de 15 000 € pour le matériel cité plus haut).

 

 

Pour revenir sur le LSP9T, on remarque un spectre de lumière plutôt chaud, qui tire sur le rouge (cf. capture ci‑dessus), avec un bleu particulièrement en retrait. Cette valeur spectrale se rapproche de celle de feu les TV Plasma qui affichaient eux aussi une dominante rouge et donc un spectre de lumière plus chaleureux.

 

Calibrage SDR

Vous l’aurez sans doute compris après notre couplet sur les mesures HDR, les relevés en mode SDR ne posent pas de problème particulier. Et, en présence d’un vidéoprojecteur comme avec un téléviseur, il s’agit de mesurer les différentes valeurs Delta E. Pour rappel, la donnée Delta E représente le niveau d'erreur par rapport aux valeurs recherchées et on considère qu’en dessous de la valeur 3, les erreurs colorimétriques ne sont pas visibles. Les mesures de précalibrage en mode Cinema affichent une Balance des Blancs avec un Delta E moyen relevé à 7,6 (avec un écart maximum de 11,5). De son côté, l'espace colorimétrique Rec.709 affiche un Delta E moyen de 6,2 et le plus grand écart affiche 11,3 (cf. photo ci‑dessus). Enfin on constate que le pic lumineux en SDR affiche près de 57 nits.

 

 

Après calibrage SDR, nous relevons une Balance des Blancs (réglage sur 10 points, ce qui est plutôt rare sur un vidéoprojecteur) qui affiche un écart Delta E maximum de 1,4 pour un Delta E moyen de 1 (cf. photo ci‑dessus), ce qui est tout bonnement insignifiant, donc proche de la perfection. Quant à l'espace couleur Rec.709, il s'ajuste avec une belle précision : Delta E moyen relevé à 2,9 et écart max à 5,1. Du côté du pic lumineux, on mesure 59 nits, soit un poil mieux qu’avant le calibrage.

 

 

Calibrage HDR

Les mesures relevées en mode HDR, avant calibrage, affiche un Delta E moyen à 5,2 (écart max à 10,3) pour l’échelle de gris et un Delta E moyen à 4,6 (écart max à 6,2) pour le gamut BT.2020. Et le pic lumineux s’affiche à 409 nits, soit une valeur énormissime, surtout si on la rapporte à la taille de notre image déjà précisée plus haut, une base de 2,8 mètres. Rappelez‑vous toutefois notre explication relative au coefficient multiplicateur nécessaire pour les mesures HDR. En divisant par deux, donc, le chiffre relevé, on obtient un pic lumineux avant calibrage à 205 nits environ. Toujours énorme lorsque l’on sait que les autres vidéoprojecteurs Homme Cinéma proposent péniblement dans ce mode 100/110 nits.

 

 

Après calibrage, on obtient respectivement 3,9 (écart max à 9,3) et 3,5 (écart max à 7,3). On le constate, il est impossible de rester dans les clous (moins de 3 on le répète) en matière de Delta E. Ces valeurs s’expliquent, encore une fois, par la relative faible luminosité d'un vidéoprojecteur. Cette dernière fausse notamment la mesure de la Balance des blancs qui reste sous la valeur 5 jusqu’à 70% et part littéralement en vrille ensuite. En fait, au‑dessus de 70%, le LSP9T « clippe », tout simplement incapable d’appliquer un Tone Mapping efficient pour cause de réserve de lumière insuffisante. On retrouve ce dérapage sur la Balance RVB avec des courbes bien gérées, là encore, jusqu’à 70% et des trajectoires qui s’écartent fortement ensuite. Pour finir avec le pic lumineux, on mesure 396 nits, soit 198 nits réels environ (souvenez‑nous du coefficient multiplicateur/diviseur par deux). Là encore, ce chiffre est tout bonnement exceptionnel pour une mesure HDR via un vidéoprojecteur.

 

 

Couverture des gamuts

Mais des performances élevées sur le pic lumineux ne seraient rien, ou pas grand‑chose sans une bonne couverture du gamut, histoire d’en mettre plein les rétines au niveau des couleurs. Et là encore, après calibrage toujours, le LSP9T joue les premiers rôles avec une couverture à environ 99% du DCI‑P3 et 95% du Rec.2020 (cf. captures ci‑dessous). Si on est donc assez loin des promesses du constructeur (notamment avec une couverture du gamut DCI‑P3 à 147%), la couverture du Rec.2020 est tout bonnement exceptionnelle. La meilleure jamais mesurée dans notre labo jusqu’alors. Et on peut vous dire que ça se voit à l’écran avec une image à la dynamique incroyable et aux couleurs riches au possible. L’occasion de préciser que le gros avantage du calibrage, c’est de préserver la saturation des couleurs du LSP9T tout en cassant l’effet « vivid » (couleur verte et rouge qui tirent vers le fluo) des teintes en sortie de carton, pour une justesse générale très satisfaisante, visible sur la carnation par exemple.

 

 

 

Impressions visuelles

Au final, le spectacle proposé avec les disques 4K Ultra HD Blu‑Ray est grandiose. Le spectacle offert par Les gardiens de la galaxie volume 2 au niveau des couleurs, ou Oblivion pour les camaïeux gris/bleu est absolument féérique. La combinaison Tone Mapping parfaitement maîtrisé + performance colorimétrique + forte luminosité est gagnante. Il faut d’ailleurs préciser que dans le cadre d’une utilisation du Samsung The Premiere LSP9T dans une salle dédiée, donc plongée dans le noir, mieux vaut posséder un grand écran, histoire de calmer ses ardeurs en nits (plus la surface à illuminer est grande, plus la luminosité est diffuse) avec un signal HDR : 2,8 m de base est un minimum, un spécimen de 3 m est conseillé. Demande aux ingénieurs de Samsung au passage, il serait bien de proposer dans les menus, via une future mise à jour, un réglage de l’intensité de la lampe. Ce serait parfait pour l’ergonomie, notamment pour associer le LSP9T en salle dédiée à des écrans de projection de taille réduite sans trop baisser le contraste tout en évitant la fatigue oculaire. Aborder cette question permet, en quelques mots, de préciser que le LSP9T intègre un système de sécurité oculaire qui coupe les lasers dès que l'on s'en approche trop. Pour, par exemple, éviter qu'un enfant s'abîme les yeux en regardant la source lumineuse (cf. photo ci‑dessous).

 

 

En revanche, si vous installez le LSP9T dans un salon pour un usage quotidien donc en lumière ambiante, vous pouvez alors l’associer avec un écran plus petit, 2,4 m par exemple, pour un spectacle vraiment jubilatoire. Dans ce cadre, l'expérience est également pas mal non plus en usage TV, soit pour regarder la TNT. Là encore la « pêche » du vidéoprojecteur LSP9T fait a différence permettant de visualiser avec bonheur, et en très grand, les chaînes TV en pleine lumière. C'est par exemple le diffuseur parfait pour un grand prix de F1, un match de rugby ou de football. Imaginez vivre l'Euro 2020, le tournoi de Roland‑Garros, la course au titre du championnat F1 2021 ou les J.O. de Tokyo avec le Samsung The Pemiere LSP9T… Le plaisir à l'état pur !

 

Dernière précision, nous avons relevé un Input Lag à 55 millisecondes. Satisfaisant pour le jeu solo, c'est un poil trop pour le jeu en ligne, surtout si vous êtes un adepte des FPS.

 

 

Conclusion

Une conclusion s’impose, pour une première dans le domaine des vidéoprojecteurs ultra courte focale signée Samsung, c’est un coup de maître. Alors, c’est vrai, le prix de ce vidéoprojecteur reste plus élevé que ses congénères ultra courte focale. D’un autre côté, le Samsung The Premiere LSP9T s’avère le meilleur de sa catégorie, et de loin. Il brille véritablement de mille feux. Et si on ajoute une ergonomie hors norme, équivalente à celle d’un TV, le consommateur en a vraiment pour son argent. L'offre pécuniaire devient même très compétitive au regard de la diagonale d’image proposée. À la rédaction d’AVCesar.com, la réaction est unanime, tout le monde en veut un !

+ Les points forts
»  
Très bon Piqué !
»  
Belle colorimétrie après calibrage
»  
Compensation de mouvement fluide
»  
Luminosité hyper puissante
»  
Noirs profonds
- Les points faibles
»  
Absence de réglage de l’intensité de la lampe
949€ 1299€
il y a 2 jours
799€ 1199€
il y a 2 jours
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