Tarantino aime de moins en moins le cinéma !

le 04 juin 2026 - 10h30

Le cinéaste Quentin Tarantino est depuis longtemps connu pour être un immense cinéphile, même si ses prises de position ont souvent divisé au fil des ans. Dernièrement, le cinéaste en a rajouté une louche en expliquant ne pas être fan de la direction prise par le cinéma ces dernières années. Dans le dernier numéro de Sight and Sound, via World of Reel, il enfonce le clou, affirmant que son amour pour le médium s’étiole.

On cite : « J’adorais aller au cinéma. Aujourd’hui, pourtant, le concept même de ce qu’est un film a plutôt tendance à m’inspirer du mépris que de la générosité. Ce qui se comprend, car, par comparaison, les films des six dernières années font passer les années 1980 pour les années 1930 ».

 

Citant West Side Story de Steven Spielberg et Horizon : an American Saga de Kevin Costner parmi les films récents qu’il a aimés, ainsi que « quelques autres ». Il ajoute : « Il n’y a rien eu qui m’ait vraiment happé, qui m’ait emporté dans ce territoire magique du plaisir où j’allais autrefois et qui expliquait pourquoi j’aimais le cinéma plus que toutes les autres formes d’art. Aujourd’hui, je préfère lire un livre ».

 

Selon lui, cela tient en partie au fait que, depuis la pandémie, il lui est presque impossible de regarder un nouveau film sans en disséquer les défauts.

 

 

Le film récent préféré de Tarantino que l'on n’attendait pas 

L’article prend ensuite une tournure surprenante, voire totalement hallucinante, lorsqu’il affirme qu’un film, en revanche, l’a « saisi et tenu jusqu’au bout ». De quel film s’agit-il ? The Rip, le long métrage Netflix de Joe Carnahan avec Matt Damon et Ben Affleck.

 

« Le film est un thriller policier excitant, porté par un postulat original, qui parvient à tenir ses promesses de manière vraiment maligne. Tout l’ensemble a fonctionné pour moi : la mise en scène de Carnahan, le superbe casting, l’image du film, signée par le chef-opérateur Juan Miguel Azpiroz. Mais la véritable force motrice de cette réussite, c’est le scénario sensationnel de Carnahan et Michael McGrale. Cela faisait si longtemps que je n’avais pas vu un polar aussi pleinement satisfaisant que j’en avais presque oublié la sensation. The Rip ne se contente pas d’évoquer affectueusement ce type de cinéma : il en est l’un des plus beaux exemples ».

 

Tarantino, toujours plus éclectique

On se demande si Tarantino était vraiment concentré au moment de découvrir ce film. À moins, bien sûr, qu’il n’ait vu une version que nous n’avons nous-mêmes pas vue… Ce paradoxe tient aussi à son goût immodéré pour les grands films autant que pour des œuvres très moyennes, voire franchement ratées. On a parfois le sentiment qu’en les regardant, Tarantino projette l'œuvre qu’il aurait pu en tirer, ce qui expliquerait certains emballements assez inexplicables.

 

Tarantino avait récemment dévoilé sa liste des vingt meilleurs films du XXIe siècle avant la sortie de The Rip. West Side Story était alors le seul titre des années 2020 à y figurer. Les plus récents ensuite étaient Dunkerque, sorti en 2017, et Mad Max : Fury Road, sorti en 2015.

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