Cinécult’
Films catastrophes : autopsie d’un genre
Depuis Backdraft, Airport et Volcano, le film catastrophes, genre qui connut son heure de gloire dans les années 70, a bien changé. Aujourd'hui, de grosses bébêtes en 3D viennent s'immiscer dans des scénarios toujours plus anxiogènes. Autopsie d'un genre en perpétuelle mutation.
Incapables de satisfaire un public toujours plus exigeant en matière de sensations fortes et d’effets spéciaux, début des années 90, les films catastrophes avaient peu à peu disparu des écrans de cinéma. Mais depuis quelques années, l’image de synthèse high-tech a redonné forme aux projets les plus fous, permettant de remettre en selle un genre moribond. Entre-temps, c’est la nature même de la catastrophe -ainsi que la qualité de sa reconstitution- qui a changé. Finis les paquebots modèles réduits plongés dans un verre d’eau, terminés les avions miniatures agités par des fils, bye bye les vilains monstres Destructor. L’heure est aux séismes, aux tornades (plus vraies que nature) et autres créatures dévastatrices. Bienvenue dans le cinéma du « réel ».

Avant et après
Rappelez-vous, c'est le succès de Twister de Jan de Bont en 1996, précédé du raz-de-marée extraterrestre d’ID4 (film catastrophe autant que de SF), qui convainc les pontes des studios hollywoodiens de relancer le genre. Après Daylight, Le Pic de Dante et Volcano, c'est au tour de James Cameron de submerger les écrans avec son Titanic et de tout révolutionner. La sortie du film correspond aussi à l'avènement du cinéma chez soi et de son rôle déterminant dans l’amortissement financier du genre. Avec un tel film, c'est un spectacle de bruit et de fureur qui entre à la maison par la grande porte et rentabilise l’ensemble de l'installation. Aujourd'hui encore, le film catastrophes sert quasi systématiquement de démo aux professionnels du secteur, que ce soit sur les salons ou dans les salles de test. À vrai dire, on ne voit pas bien qui n'a pas son petit Godzilla (Roland Emmerich) à la maison…


Points communs
Même si le genre mute en même temps que notre monde et des agressions qu'il subit (ouragans, attentats, guerres, cyclones, virus, crashs), l’intrigue de base n’a guère évolué. Tel le western, le polar ou le péplum, le film catastrophes obéit à des règles bien précises. Ainsi, le premier acte présente les protagonistes du film dans un lieu donné qui, suite à une coïncidence fâcheuse, tenteront d’échapper au sinistre. Souvent un panel représentatif de la société. Dans le tunnel meurtrier de Daylight, on trouvait un couple de vieillards traumatisés par la mort de leur fils, une bande de délinquants, un père de famille un peu couard, une adolescente, un chien et bien sûr un homme courageux, destiné à devenir le héros de l’aventure. Arrive alors le deuxième acte, la catastrophe elle-même. Festival d’effets spéciaux et d’explosions, l’instant qu’attend impatiemment le spectateur : le bateau sombre au fond de l’eau, le réacteur de l’avion explose, les bébêtes se montrent et attaquent (Bug de Jeannot Swarc, Phase IV de Saul Bass). La troisième partie du film répond ensuite à la question basique : comment survivre ? Certains craquent, d’autres se la jouent perso ou font montre d’un courage héroïque (la star en général). Quant aux abominables survivants, ils brûleraient femmes et enfants pour monter en premier dans un ascenseur (La tour infernale). À la fin du film, chacun aura révélé son véritable visage, tandis que la nature, elle, retrouvera enfin sa douce sérénité. Jusqu’à la prochaine fois.

De pire en pire
Mais comme Hitchcock l'avait déjà fait à l'époque avec ses Oiseaux, il est de bon ton aujourd'hui de livrer une variation intéressante du film catastrophes. On y retrouve la construction en trois actes typique du genre, mais intelligemment pervertie. Dans le film d'Hitchcock, les oiseaux incarnaient bien sûr la menace s’abattant sur la population de Bodega Bay, mais contrairement aux volcans, accidents ou autres tornades, leurs attaques demeuraient inexpliquées. À la fin du film, on n’observe aucun retour à la normale, la voiture des survivants disparaît à l’horizon, sous l’œil vigilant d’une armée de volatiles. C'est le parti pris des derniers grands films catastrophes mâtinés de SF du moment, de Je suis une légende à Cloverfield en passant par 2012.

Films sinistrés
Pour les collectionneurs amateurs du genre, petit rappel des temps forts du film catastrophes à travers les âges : Airport (George Seaton, 1970), Alerte à la bombe (John Guillermin, 1972), L’aventure du Poséidon (Ronald Neame, 1972), 747 en péril (Jack Smight, 1974), La tour infernale (John Guillermin, 1974), Tremblement de terre (Mark Robson, 1975), Airport 77 (Jerry Jameson, 1977), Airport 80 (David Lowell Rich, 1979), Supersonique en péril (David Lowell Rich, 1979), Y'a-t-il un pilote dans l’avion ? (Abraham et Zucker, 1980), Backdraft (Ron Howard, 1990), Alerte (Wolfgan Petersen, 1995), Twister (Jan de Bont, 1996) Daylight (Rob Cohen, 1996), Volcano (Mick Jackson, 1997), Le Pic de Dante (Roger Donaldson, 1998), Godzilla (Roland Emmerich, 1998), Armageddon (Michael Bay, 1998), Deep Impact (Mimi Leder, 1998), Le jour d'après (Roland Emmerich, 2004), 28 jours plus tard (Danny Boyle, 2006), La guerre des mondes (Steven Spielberg, 2006), Poséidon (Wolfgang Petersen, 2006), Je suis une légende (Francis Lawrence, 2007), Cloverfield (Matt Reeves, 2008), 2012 (Roland Emmerich, 2009).
Jean-Baptiste Thoret - Publié le 04/09/08






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