La bataille de Gaulle : J'écris ton nom
Suite directe de La bataille de Gaulle : L'âge de fer, qui se concluait sur le geste du lycéen Fernand Bonnier, résistant de la première heure, La bataille de Gaulle : J'écris ton nom couvre la période allant de 1942 jusqu'à la fin de la guerre. Trois années qui ont façonné le destin de la France et transformé un obscur officier de l'armée de Terre en l'homme du 18 juin, puis en futur président de la République.
De Gaulle pour le prix d'un
Si le premier volet du diptyque d'Antonin Baudry se focalisait en grande partie sur la figure presque donquichottesque du général de Gaulle, génialement interprété, rappelons‑le, par Simon Abkarian, ce second film remet les choses en perspective. Il montre clairement ce que la France doit non seulement au général de Gaulle, mais aussi à ses compagnons de lutte, Jean Moulin et le général Leclerc en tête.

© 2026 Pathé Films - TF1 Films Production - Belvédère - Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma
Ce second volet est d'ailleurs mieux équilibré que le premier, alternant faits d'armes impressionnants, comme la bataille de Ksar Ghilane, épisodes historiques un peu oubliés, notamment le projet de Roosevelt de placer la France sous administration américaine, et manœuvres politiques très gaulliennes. Le film est très efficace sans jamais se résumer à un simple divertissement calibré pour le grand public ou l'Éducation nationale.
Encore une fois, Antonin Baudry parvient à ne pas tomber, ou du moins pas complètement, dans l'hagiographie, même s'il est difficile d'échapper totalement au poids de la figure historique qui a fondé la Cinquième République. Si l'humour est toujours présent, il sert moins de contrepoint que dans le premier volet. Le réalisateur choisit ici de diluer la biographie du Général dans plusieurs récits parallèles. Cette Partie 2 devient rapidement un film choral et ses 2h40 passent étonnamment vite. C'est tout à son avantage, car chaque intrigue se révèle aussi passionnante que rythmée. On comprend rapidement que si la France libre doit beaucoup à de Gaulle, elle le doit aussi à une multitude d'autres femmes et hommes, connus comme anonymes. Le film s'achève d'ailleurs devant la flamme du Soldat inconnu, sous l'Arc de Triomphe.

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Cours magistral
Bien évidemment, J'écris ton nom ne peut totalement éviter l'impression d'assister à un cours d'histoire. Mais grâce à une foule de détails et malgré quelques inévitables raccourcis historiques, Antonin Baudry insuffle un souffle de modernité assez surprenant à son récit. Le principal antagoniste n'est plus seulement l'Axe ou le régime de Pétain, mais également, et surtout, Franklin Roosevelt et son dessein à peine voilé de placer la France sous tutelle en échange de son aide contre l'Allemagne nazie.
Le film bénéficie également d'un souffle épique qui faisait parfois défaut au premier volet. Là où celui‑ci gardait une certaine distance avec son sujet, cette seconde partie assume pleinement son propos. La bataille de Gaulle ‑ Partie 2 est avant tout un film sur la résistance, au sens le plus large du terme, et sur son corollaire, la liberté. C'est précisément ce qui lui donne l'ampleur qui manquait au premier film.

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Résister à l'Allemagne nazie, bien sûr, mais aussi aux injustices, aux ordres absurdes ou à ceux qui ne tirent leur légitimité que de leur puissance. Une très belle scène, alternant un discours de de Gaulle avec un autre du général Leclerc, incarné par un Niels Schneider étonnamment charismatique, développe magnifiquement cette idée. La liberté devient le véritable fil conducteur du film, jusque dans son sous‑titre, qui renvoie au célèbre poème de Paul Éluard.
S'il ne fait pas toujours l'économie de quelques simplifications narratives et historiques, La bataille de Gaulle : J'écris ton nom demeure un beau moment de cinéma. Une leçon d'Histoire autant qu'un hommage à celles et ceux qui ont résisté, qui rappelle avec justesse que les plus grandes victoires ne sont jamais l'œuvre d'un seul homme.