Interview
Justin Theroux - The Leftovers saison 3
La saison 3 de The Leftovers touche à sa fin et démontre un savoir‑faire certain dans la mise en scène, une vraie originalité dans son histoire et une intensité émotionnelle rarement atteinte dans une série. De passage à Paris dans le cadre du dernier Festival Série Mania, Justin Theroux, interprète principal de The Leftovers, a bien voulu se confier sur son rôle et son implication dans la série imaginée par Damon Lindelof (Lost).

Quel est le véritable sujet de la saison 3 de The Leftovers ?
JT : c’est une véritable réflexion sur le sens de la vie. Si vous pensez avoir échappé une première fois à la fin du monde et qu’une nouvelle date signifiant sa fin définitive approche : que faites‑vous ? Dans la saison 3, tous nos personnages tentent de trouver un sens à leur vie dans le temps qui leur reste…

Après avoir « frôlé » la mort, Kevin, le personnage que vous incarnez, est perçu par les autres comme le messie ressuscité. Qu’en pensez‑vous ?
JT : je ne pense pas qu’il soit Jésus. Et il n’aime pas l’idée que les autres le perçoivent comme tel. Ce serait admettre qu’il est capable de les sauver.

Pourtant, dans la saison 2, votre personnage est mortellement blessé par balle…
JT : c’est une question que j’ai posée à Damon (scénariste et créateur de la série). Il m’a expliqué qu’il avait fait des recherches et que compte tenu de l’endroit où je reçois le projectile, il est possible que la balle ait traversé mon corps sans toucher un seul organe vital.

La série est plébiscitée dans le monde entier. Pourquoi l’arrêter à la saison 3 et ne pas continuer ?
JT : dès le début, Damon a été très clair sur cette question : « Ce n’est pas une série qui doit faire huit ou dix saisons ». Je pense que dès le départ, il savait où il allait et la place exacte que prendrait l’histoire qu’il voulait raconter avec un début, un milieu, une fin.

Que trois saisons. Ce n’est pas trop frustrant ?
JT : non. Vous pouvez la regarder à nouveau (rires). Nous avons tous fait l’expérience de regarder une série géniale qui, tout à coup, devenait mauvaise parce que les auteurs tiraient à la ligne. Ça devient alors du soap‑opera. Nous ne voulions pas que cela arrive avec The Leftovers.

Au début de la série, 2% de la population disparaît. Est‑ce que la fin de la série explique le phénomène ?
JT : c’est la toute première question que j’ai posée à Damon après avoir lu le script pour la première fois. Mais où sont ceux qui ont disparu ? Il m’a répondu : « Ne pose plus cette question, tu n’auras pas la réponse ». Et dès la première saison avec la presse, il n’a pas triché, il a fait la même réponse. Ceux qui ont continué à regarder savaient à quoi s’en tenir.
Par Cédric Melon • Publié le 20/11/17
BONNES AFFAIRES
Voir l'offre