le 06 janvier 2026 - 06h40

Stranger Things, un final totalement raté

Boursouflé, interminable et totalement raté, le dernier épisode de Stranger Things est une catastrophe. Chronique d’un naufrage hélas annoncé.

A
soutenir
stranger-things-un-final-totalement-rate

Dès le début de l’ultime saison, on le supposait (voir notre critique de Stranger Things saison 5 Vol.1), et les frères Duffer, créateurs de la série et réalisateurs de ce final, l’ont fait. Le 42e et tout dernier épisode de Stranger Things est un bloc de 2 heures où tous les défauts de la série convergent dans une surenchère dramatique peu commune.

 

Pâle tentative ultime d’insuffler un semblant de « vivant réaliste » à des personnages désormais réduits à des fonctions, le final échoue à la fois sur l’émotion et sur le spectacle. Même l’emphase complaisante dans « l’apothéose du méchant », métaphorique et encore une fois plus que douteuse, ne passe pas. Rien n’y fait : rien ne fonctionne.

 

Final Stranger Things : la magie de la première saison s’est évaporée

L’énième hommage aux films de Spielberg ou de Carpenter, brandi comme un bouclier, ne suffit plus à masquer le vide abyssal du scénario, la gesticulation de ses personnages et cette sensation tenace de s’être fait berner pendant dix ans. Dix ans durant lesquels les Duffer ont capitalisé sur une première saison qui, tout en rendant hommage au cinéma hollywoodien des années 80, proposait des personnages attachants dans une forme forcément séduisante : musique, mise en scène rétro, efficacité.

 

Saison après saison, à mesure que le casting s’étoffait, la magie s’est évaporée. Quant aux jeunes comédiens devenus adultes, leur talent ne s’est pas confirmé : chez la plupart, il s’est éteint, ou n’a jamais dépassé ce qu’il était. Il ne reste surtout qu’une fuite en avant : surenchère d’effets spéciaux, ivresse de dialogues insupportablement longs et poseurs, et ‑pire‑ un rythme sans cesse saboté. Dans quantité de scènes, tout s’arrête d’un coup : le son d’ambiance s’atténue, la tension retombe, et deux adolescents au regard torve s’abandonnent à de longues diatribes mal écrites, supposées « expliquer » leur mal‑être, avant que l’action ne reprenne enfin, mécaniquement. Un dispositif récurrent dans cette ultime saison, qui finit par devenir pénible, puis franchement insupportable à regarder.

 

Le colossal budget de cette ultime saison n’en fait pas davantage la démonstration : tout semble faux, mal fabriqué, mal intégré dans un univers répétitif, formellement essoré et exploité ad nauseam. Le rouge, les néons, les couloirs, le « ça marche » automatique… on sature très vite.

 

Un final laborieux, interminable

Symptomatique d’une œuvre devenue machine, la série n’arrive plus à s’arrêter. Elle s’achève sur un final marmonnant, laborieux, interminable, qui laisse une impression non pas d’inachevé, mais de boursouflure : un excès inadéquat, sans nuance ni propos. Rien. Le vide. On se surprend à penser que le néant a triomphé. On pensait qu’il serait difficile, voire impossible, de faire pire que la fin de Game of Thrones avant plusieurs décennies. Que nenni : les frères Duffer y sont parvenus avec la fin de Stranger Things.

 

Stranger Things est terminé ; dans une semaine on aura tout oublié.

soutenir
pour continuer
Chaque semaine, recevez l’actualité tech et culture
Inscrivez-vous
Recevez l’actualité tech et culture sur la Newsletter cesar
Inscrivez-vous
OK
Non merci, je suis déjà inscrit !