Avengers : Infinity War

Année : 2018
Réalisateurs : Joe Russo, Anthony Russo
Interprètes : Robert Downey Jr, Chris Hemsworth, Mark Ruffalo, Benedict Cumerbatch, Zoe Saldana, Josh Brolin
Éditeur : Marvel/Disney
BD : 1 UHD-66 + 1 BD-50, 149', toutes zones
Genre : super-héros, couleurs
Interdiction : tous publics
Sortie : 31/08/18
Prix ind. : 29,99 €
Mustav
Critique

Test technique
Image :
Son :
Bonus :
Format image
2.35
UHD 2 160p (HEVC)
HDR10
16/9
Bande-son
Français Dolby Digital Plus 7.1
Anglais Dolby Atmos
Anglais Dolby TrueHD 7.1
Anglais Audiodescription
Allemand Dolby Digital Plus 7.1
Italien Dolby Digital Plus 7.1
Sous-titres
Français pour sourds et malentendants, allemand, italien, norvégien, suédois
29,99 €
20,0303 €
29,98 €

Le titan Thanos est en train de collecter les dernières Pierres d’Infinité qui lui octroieront le pouvoir suprême sur l’univers. Et surtout celui de mener à bien son projet : éradiquer la moitié de la population de la galaxie pour rétablir l’équilibre du vivant avec la nature. Face au plus dangereux adversaire de leur histoire, les Avengers doivent s’allier au Docteur Strange, aux guerriers du Wakanda et aux Gardiens de la galaxie pour tenter de stopper Thanos. Pendant ce temps, Thor, que le titan a vaincu sans effort lors d’un premier affrontement, part à la recherche d’Eitri, un nain capable de lui forger une arme capable de terrasser l’invincible colosse.

 

Les grandes réunions de super‑héros aboutissent rarement à des films mémorables : trop de protagonistes, trop peu de présence et de substance à défendre à l’écran, inflation de lignes narratives divergentes et étriquées... Le récit pluriel est un défi qui aboutit souvent à des œuvres brouillonnes, Avengers l’ère d’Ultron bien sûr ou bien, dans l’écurie concurrente de Marvel, Justice League.


Tel n’est pas le cas d’Avengers : Infinity War. Car si le film convoque toutes les grandes figures de l’univers Marvel, c’est pour mieux les catapulter sur Thanos, méchant plus grand que nature, extrêmement charismatique et impressionnant. Même si quelques personnages font clairement de la figuration dans le récit (Captain America, Natasha Romanoff, Loki), il faut saluer l’effort.


Thanos, apparu brièvement dans le premier Gardiens de la galaxie, avait été aperçu tout aussi fugitivement dans quelques autres films suivants. Cette fois, le titan est le moteur principal du récit. Joué en capture de mouvement par Josh Brolin qui mobilise tout son talent pour donner au monstrueux personnage une expressivité étonnante et même une humanité paradoxale, Thanos offre à Marvel le Graal de tout bon récit d’aventures : un méchant inoubliable. Un antihéros d’autant plus troublant que Thanos est animé de « bonnes » intentions. Le titan offre au récit non seulement un défi prodigieux aux Avengers mais aussi de nombreuses scènes poignantes, notamment avec ses filles adoptives que sont Gamora (Zoe Saldana) et Nebula (Karen Gillan).


Peu à peu, la tragédie se met en place et il faut aussi louer le tandem de réalisateurs (Joe et Anthony Russo) pour leur aptitude à mener de front plusieurs intrigues se déroulant en même temps sur Terre et aux confins de la galaxie. Si le film n’échappe pas au péché véniel de Marvel, un souvent agaçant flux de vannes qui tombe parfois très mal par rapport à la dramaturgie, Infinity War propose, avec un tempo pour le coup sans faille, des moments de bravoure incroyables (traque de Vision en Écosse, bataille sur Titan, assaut du Wakanda) associés à des séquences denses en émotion (la collecte de la Pierre de l’âme, le dernier round des Avengers, le choix cornélien de Vision).


Contrairement à ce qu’affecte de croire Kevin Feige, le patron des studios Marvel dans les bonus, Infinity Wars n’est néanmoins pas une tragédie shakespearienne. Les films de super‑héros n’ont toujours pas trouvé la bonne recette pour éviter les confrontations de catch entre leurs protagonistes, mais il faut reconnaître à Marvel d’avoir su concentrer autour de Thanos une trame beaucoup plus nourrissante que d’ordinaire. Mieux qu’un scénario plus musclé et qu’un très bon méchant, Infinity Wars ose un épilogue particulièrement audacieux. On n’en dira évidemment pas un mot pour éviter tout spoil, mais la bataille réserve quelques beaux crève‑cœur et une surprise finale qui surprendra même le plus blasé des fans de Marvel.

Paco Altura - Publié le 18/09/18
Liste des bonus
- Documentaires (à voir en intégrale ou par épisodes) : une étrange alchimie, le titan fou, les coulisses des batailles (32')
- Quatre scènes coupées ou alternatives (10')
- Bêtisier (2')
- Commentaires audio des réalisateurs Joe et Anthony Russo ainsi que des scénaristes Christopher Markus et Stephen McFeely
- Blu-Ray du film et bonus


Commentaire

Le temps passe et Marvel ne semble toujours pas comprendre la différence entre matériel promotionnel et bonus vidéo. Les documentaires, à l'exception de deux courts passages intéressants sur le tournage de la bataille du Wakanda et l'animation de Thanos, se contentent d'empiler les superlatifs et les témoignages bavards simplement voués à attirer des spectateurs... qui ont déjà acheté et vu le film.

 

Même tambouille pour le bêtisier, tellement artificiel et préparé qu'il exaspère sans susciter le moindre sourire.

 

Le commentaire audio VOST vaut néanmoins le détour, les réalisateurs prenant la peine de souligner des détails visuels trop discrets ou des interrogations sur le rythme du film. On aurait bien aimé que l'équipe réalisateurs/scénaristes s'étende sur le final particulièrement audacieux d'Infinity Wars mais les protagonistes, verrouillés par le sceau du secret sur les futures productions Marvel, élude trop.

Note bonus : 2/6
Image

Une très jolie qualité d'image sublimant les différentes ambiances colorées voulues par les réalisateurs pour souligner l'étrangeté de certains paysages (Titan), la désolation d'autres (la forge d'Eitri) ou encore la beauté majestueuse du Wakanda. Cette réussite colorimétrique se retrouve dans l'excellente gestion des éclairages, qu'il s'agisse des coursives pisseuses du vaisseau des Gardiens de la galaxie, de la nuit écossaise ou des paysages inondés de lumière du Wakanda.

 

Certains regrettront justement cette débauche d'univers pour un rendu parfois confusant et graphiquement discutable, mais la très belle lumière, les couleurs et le relief apportés par l'édition 4K UHD (master 2K même si de très nombreux plans ont été captés nativement en 4K et plus) donnent au film un lustre final très appréciable et sans comparaison avec le Blu‑Ray (ce dernier apparaît plutôt fade en comparaison même si, côté définition, ce n'est pas le jour et la nuit entre les deux supports).

 

À la vue du résultat, on en vient donc à regretter l'absence du HDR Dolby Vision qui faisait des merveilles sur Black Panther. Surtout lorsque l'on sait que les versions digitales d'Infinity War le proposent. Autre regret, le format Cinémascope du film alors qu'une version Imax (1.90) existe. Même si très peu de spectateurs à travers la planète ont pu en profiter, c'eût été une réelle plus‑value pour le film. Peut‑être Marvel/Disney se réserve‑t‑il la possibilité d'éditer plus tard une édition Collector Imax HDR Dolby Vision ? Seuls ceux qui savent que l'on pourrait avoir encore mieux vont tordre le nez car, au final, ne boudons notre plaisir, le spectacle visuel est splendide.

Top image : aucun
Note image : 5/6
Son

Tout n'est pas parfait mais la piste VOST envoie du pâté pour le dire de manière familière. Plus que les dernières productions Marvel/Disney du genre, sur lesquelles les bandes‑son étaient trop compressées. On retrouve ici une certaine dynamique et une belle emphase. Il ne faut pourtant pas hésiter à monter le volume, l'éditeur apparaît en effet frileux sur le réglage du volume. 

 

Une fois le son à bon niveau, les musiques et les effets sonores percutent le spectateur avec force, offrant un pendant acoustique à la violence des affrontements vus à l'écran. On regrette malgré tout le travail trop frontal de la VOST qui manque singulièrement de subtilité dans les ambiances. Avec des dialogues parfois couverts par la musique et les bruitages. Heureusement, lors des scènes d'action, les effets stéréo et avant/arrière ouvrent l'espace.

 

On sent par ailleurs que la partie sonore, les gimmiks et autres inventivités sonores n'ont pas été au centre de l'attention des deux réalisateurs. Les canaux Atmos sont sous‑exploités. S'ils apportent de la densité à l'ensemble, les effets hauteur sont rares. De même, le caisson manque trop souvent de présence. S'il est bien utilisé dans certaines scènes, les explosions et déflagrations n'ont rien de vraiment spectaculaire.

 

La VF est quant à elle réalisée avec un vrai souci de cohérence artistique. La voix française de Thanos manque un peu de nuance mais c'est surtout l'encodage très moins‑disant de la VF qui joue techniquement en sa défaveur. Même si la musique est moins présente ici, l'ensemble est plus brouillon. À éviter.

Top son : aucun
Note son : 5/6



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