OSS 117 : alerte rouge en Afrique noire

Année : 2021
Réalisateur : Nicolas Bedos
Interprètes : Jean Dujardin, Pierre Niney, Fatou N'Diaye, Habib Dembélé, Wladimir Yordanoff
Éditeur : Gaumont
BD : BD-50, 115', zone B
Genre : comédie parodique, couleurs
Interdiction : tous publics
Sortie : 08/12/21
Prix ind. : 19,99 €
Mustav
Critique

Test technique
Image :
Son :
Bonus :
Format image
2.35
HD 1 080p (AVC)
16/9
Bande-son
Français DTS‑HD Master Audio 5.1
Français DTS‑HD Master Audio 2.0
Français Audiodescription
Sous-titres
Français pour sourds et malentendants, anglais

En 1981, Hubert Bonisseur de La Bath alias OSS 117 (Jean Dujardin) s’échappe d’un camp russe pour se retrouver placardisé au service informatique. Peu avant, il a rencontré Serge, alias OSS 1001 (Pierre Niney), un jeune agent qui le vénère comme une légende de l'espionnage. OSS 1001 est choisi pour une mission africaine visant à débarrasser Bamba (Habib Dembélé), tyran favorable à la France, d’un mystérieux mouvement de résistance. Pendant qu’OSS 117 ronge son frein en tentant de comprendre les arcanes de l’informatique, Serge disparaît. Lesignac (regretté Wladimir Yordanoff), le patron du service, décide d’expédier OSS 117 pour mener un discret sauvetage du jeune agent volatilisé.

 

La belle équipe

Après Le Caire nid d’espion et Rio ne répond plus, cette troisième aventure d’OSS 117 était, pour le barbouze crétin incarné par Jean Dujardin, l'épisode de tous les dangers. Michel Hazanavicius, orfèvre des deux premiers épisodes, avait en effet cédé la main au Césarisé Nicolas Bedos (La belle époque). Et la dernière tribulation d’OSS 117 datait d’un peu plus de douze ans : l’agent secret neuneu avait‑il préservé son public ?

 

Pour l’épauler dans Alerte rouge en Afrique noire, Nicolas Bedos pouvait néanmoins compter sur un « historique » de la première heure, en l’occurrence Jean‑François Halin, scénariste des deux premiers opus de la saga et de la série Au service de la France.


Le jeune réalisateur (Alerte rouge n’est « que » son troisième film) et son scribe ont évidemment repris l'esprit pastiche inauguré par Hazanavicius. Dès le générique, petite orfèvrerie kitsch, le long métrage se place dans le sillage des premiers James Bond époque Bons baisers de Russie. Jean Dujardin excelle (perfome !) quant à lui toujours à restituer avec gourmandise et bagout l’abyssale ineptie de son personnage.

 

La cruauté et le cynisme en plus

Alerte rouge en Afrique noire semblait donc initialement parti sur une sage voie ne déviant pas du cahier des charges créé par Michel Hazanavicius. Et l’on craint même, dans les premières minutes, que l’ajout de Pierre Niney, campant un personnage mieux calé dans son époque, ne soit qu’un inutile gimmick bien‑pensant surlignant artificiellement l’attitude ultra‑réactionnaire de 117.


Mais très vite, Nicolas Bedos et Jean‑François Halin instillent à leur histoire deux nouveaux et assez géniaux ingrédients à la potion d'origine : la cruauté et le cynisme. Un pari risqué. Car ces deux épices privent OSS 117 d’une bonne partie de son capital sympathie. On peut rester soufflé par la férocité de « l’épilogue » entre OSS 117 et OSS 1001, ou encore estomaqué par l'immoralité absolue concluant la mission de l’agent français. Mais ces scènes, pour gonflées qu’elles soient, sont pourtant parfaitement cohérentes avec l’univers d’OSS 117 et ont le mérite de lui ouvrir de nouveaux horizons.


Un film à l'humour difficile d'accès

Alerte rouge en Afrique noire est aussi un pari gagné grâce à des gags à tomber (le serpent venimeux, la course, « hisser les couleurs »), d’amusantes allusions politiques (les diamants de Giscard, les visites africaines de Chirac) et d’impressionnantes scènes d’action n’oubliant jamais d’être absurdes.

 

Sans bouder le film (1,6 million de spectateurs), le public n’a pourtant pas totalement validé le virage crapuleux impulsé à OSS 117. Le film de Nicolas Bedos a eu un succès moindre que Le Caire nid d’espions (2,2 millions de spectateurs) et Rio ne répond plus (2,5 millions). Est‑ce à dire qu’OSS 117 doit rester cantonné dans de sages limites ? Il faut espérer que le public, qui découvrira ou redécouvrira Alerte rouge en Afrique noire à la maison, répondra avec un vibrant non. 

François Coulaud - Publié le 06/12/21
Liste des bonus
- Entretien avec Jean Dujardin (20')
- Entretien avec Jean‑François Halin
- Bande-annonce


Commentaire

Deux entretiens de 20 minutes qui montrent à quel point l'humour de ce film en particulier est loin d'être accessible à tous, mérite quelques éclairages et n'est absolument pas à prendre au premier degré. Jean Dujardin revient sur les intentions de départ, l'humour extrêmement fin du film, la possibilité d'une suite et « l'esprit OSS » en général.

 

Jean‑François Halin axe son propos plus précisément sur le scénario, l'aspect pastiche des films d'espionnage et la France fantasmée dépeinte dans le film. Bravo à Gaumont qui a pris le temps de nous livrer deux beaux bonus, outils très complémentaires du film. 

Note bonus : 3/6
Image

Hors la très référencée séquence du générique d'intro, le film témoigne d'un joli travail sur la couleur signé Laurent Tangy (Bac Nord) rendant un discret mais net hommage au Technicolor d'antan. Un rendu très cinématographique, bénéficiant de décors ultra‑travaillés et d'une précision parfaite (master Blu‑Ray impeccable). Un beau simulacre de film d'espionnage.

Top image : aucun
Note image : 5/6
Son

La bande sonore co‑signée par Anne‑Sophie Versnaeyen et Nicolas Bedos ne cesse les appels du pied aux compositions de John Barry pour la saga Bond. À noter, l'appuyé et décalé hommage à Goldfinger dans la chanson générique interprétée par Indy Eka. Le reste du film déroule aussi une touche jazzy absolument charmante. Le charme du vintage, la force du DTS‑HD Master Audio 5.1 en plus pour le côté pêchu et claquant des dialogues.

Top son : aucun
Note son : 5/6


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