Cinécult’
Le Splendid : les copains d’abord !
C'est l'histoire d'un conte de fées, d'une bande de potes, de joyeux drilles du cinéma français. S'ils sont parvenus à s'illustrer individuellement, dans l'esprit collectif, ils portent un tatouage aussi indélébile qu'invisible, le sceau de la troupe du Splendid.
L’histoire est connue. C'est au lycée Pasteur de Neuilly qu’une bande de trublions se rencontrent : Gérard Jugnot, Michel Blanc, Christian Clavier, Thierry Lhermitte, Anémone, Josiane Balasko, Marie-Anne Chazel, Dominique Lavanant et les autres. Ils fréquentent les mêmes cours, les mêmes bancs et sont animés d’une même passion : le rire. Ensemble, ils décident rapidement de faire du théâtre et de monter une troupe. Emportés par les bonnes critiques à leur encontre et le bouche‑à‑oreille aidant, au beau milieu de leurs études d'économie, ils écrivent et montent des pièces, puis des sketches. Naîtront de leur esprit décalé et jouissif Le graphique de Boscop, Ma tête est malade ou encore Pot de terre contre pot de fer.


Petits bronzés deviendront grands
Le Splendid vient de naître, et en même temps une pièce humoristique et touchante (leur marque de fabrique) : Amour, coquillages et crustacés. En 1978, elle servira de toile de fond à un film qui réjouira toute la France : Les bronzés. Réalisé par Patrice Leconte, ce film pose les bases de l’humour des années 80 : décalage, jeux de mots au vitriol, portraits de loosers ou de beaufs parfaits, attaques en règle du Français moyen. Le succès est gigantesque et les bronzés décident de partir à la neige l’année suivante (Les bronzés font du ski), avant de se réunir en 1982 pour écrire ce qui deviendra leur film culte : Le Père Noël est une ordure, réalisé par Jean-Marie Poiré (que Clavier retrouvera d’ailleurs régulièrement à partir de Papy fait de la résistance).


Chemins et trajectoires
L’impact de cette œuvre collective qui incarne l’humour d’une décennie est phénoménal. Mais à partir du milieu des années 80, la bande du Splendid éclate et chacun suit son propre parcours, avec plus ou moins de succès. Ils se retrouvent néanmoins une première fois à l'occasion de Grosse fatigue de Michel Blanc en 1994. Mais leurs vraies retrouvailles seront celles des Bronzés 3 amis pour la vie, tourné en 2006 sous la houlette de Patrice Leconte dans un hôtel de luxe de la Côte d'Émeraude en Sardaigne, le Cala di Volpe. L'attente du public était énorme, la déception presque aussi grande.


Lhermitte au soleil
Peut-être le moins « drôle » de tous, Thierry Lhermitte sera celui que l’on verra le plus sur les écrans. Il développe peu à peu sa carrière d’acteur et ne passera qu'une fois derrière la caméra, avec Les secrets professionnels du docteur Apfelglück. Après Les bronzés, Lhermitte apparaît dans de nombreux films, dont Clara et les chics types aux côtés d’Isabelle Adjani, qui lui vaut de recevoir en 1980 le Prix Jean Gabin. On le voit dans six films en 1983, notamment La femme de mon pote avec Coluche, et explose littéralement en 1984 avec Les ripoux dans lequel il a pour partenaire Philippe Noiret. Il enchaîne malheureusement avec de nombreuses comédies médiocres avant Un Indien dans la ville en 1994, rôle grâce auquel il renoue avec le succès populaire. Une autre de ses consécrations : Le dîner de cons de Francis Veber en 1997 avec Jacques Villeret.


L'électron libre
De l’ex-équipe du Splendid, Gérard Jugnot est sans doute celui dont le parcours futur reste le plus intéressant. Contrairement à Michel Blanc qui tente, à partir de la fin des années 80 (Monsieur Hire) de gagner une légitimité de « réalisateur sérieux », Jugnot croit à la beauté et à la noblesse de la comédie populaire. Ses films, en tant qu’acteur ou réalisateur, sont de loin les plus intéressants de la bande : Le quart d’heure américain, Le garde du corps (où il incarne magnifiquement face à Birkin et Sami Frey un rôle à la fois grave et léger), Une époque formidable et surtout Le beauf avec Gérard Darmon (échec au box‑office et pourtant son meilleur film). Jugnot y explore des territoires inattendus sans jamais renier son origine de départ. On lui doit aussi Monsieur Batignole et dernièrement Rose & noir.


Girl Power
Quant à Josiane Balasko, après avoir été une valeur sûre de la comédie franchouillarde et pataude (Les frères Pétard, La smala, Les keufs, que des navets), elle change brutalement de registre en 1989 avec Trop belle pour toi où elle prouve, sous la direction de Bertrand Blier, un potentiel d’actrice immense. En 1995, arrive Gazon maudit. Elle y dévoile une facette plus sensible (malgré les apparences) de sa personnalité. Un de ses derniers films, Le hérisson, le prouve une fois de plus.


L'autodidacte
Mais en termes de notoriété, l’histoire du cinéma retiendra d’abord Christian Clavier, le plus malin du groupe, celui qui a su s’imposer, après ses modèles que furent Bourvil, Fernand Raynaud et Louis de Funès, comme l’acteur comique français « numéro un » grâce à des superproductions très populaires. On pense en premier aux Visiteurs, mais aussi à Astérix et Obélix, Les anges gardiens ou à des téléfilms à gros budget produits par TF1 comme Napoléon Bonapatre. Aujourd’hui, les membres du Splendid continuent leur petit bonhomme de chemin, certains dans la pub, d’autres dans l’écriture ou bien au théâtre, en attendant que le Splendid se réveille encore une fois…

Jean-Baptiste Thoret - Publié le 05/05/10







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