Good Luck, Have Fun, Don't Die
« Absolute Cinema ». Voilà l'expression qui nous est venue à l'esprit en premier devant le générique de fin de Good Luck, Have Fun, Don't Die. Si le dernier film de Gore Verbinski (qui n'avait rien fait depuis 2017 et A Cure for Life) n'est pas aussi parfait que le veut le meme, impossible de ne pas lui reconnaître une véritable générosité et une envie de divertir les spectateurs comme peu de films y parviennent encore. Mais commençons par le commencement.
Blague Mirror
Mélange de comédie, d'action et de science‑fiction, Good Luck, Have Fun, Don't Die est une sorte de mélange totalement assumé entre la série Black Mirror et le film Everything Everywhere All at Once. Le long métrage fait également partie de ceux dont on profite le mieux sans trop en savoir à son sujet. Nous vous conseillons donc d'éviter les bandes‑annonces et même le synopsis. Tout commence dans un diner US où rentre un homme (incarné par le toujours formidable Sam Rockwell) qui déclare venir du futur et souhaite recruter un groupe de personnes afin d'empêcher l'avènement de l'apocalypse.

En dehors de son dernier acte plus classique, qui n'hésite pas à partir en sucette totale et à multiplier les moments WTF comme le film de Daniel Kwan et Daniel Scheinert, Good Luck, Have Fun, Don't Die adopte un schéma narratif particulier. Il alterne ainsi le présent, où l'on suit notre héros et son groupe, avec des flashbacks centrés sur certains membres de ce dernier. Ces retours en arrière permettent de creuser un peu la personnalité de ces héros malgré eux, mais surtout d'explorer plusieurs pans technologiques de cette société d'un futur proche où tout a terriblement glissé façon Black Mirror.
Entre la mère en deuil qui veut ramener son fils décédé (Juno Temple, toujours brillante elle aussi) ou encore la jeune femme (la percutante Haley Lu Richardson) qui perd son compagnon, à une addiction à un monde virtuel en VR, impossible de ne pas avoir l'impression de (re)voir plusieurs épisodes de la série de Netflix dans un seul film. Comme cette dernière, les histoires racontées sont inégales. Mais leur objectif est clair : critiquer une dépendance toujours plus élevée à la technologie et les dangers que cela représente, notamment à l'heure d'une apathie générale et d'une omniprésence de l'IA, évidemment au cœur du propos.
Calembour vers le futur
Si la finesse ou l'originalité ne sont pas toujours de mise dans cet avertissement, reste que l'objectif est louable et que l'on s'amuse bien malgré plusieurs moments difficiles. Good Luck, Have Fun, Don't Die a tendance à partir dans beaucoup de directions, surtout dans sa conclusion, qui divisera. Mais la proposition de Gore Verbinski (et Matthew Robinson au scénario, qui a visiblement un bon dealer) a une vraie personnalité qui en fait un film à part. Pas aussi maîtrisé sur le fond ou sur la forme, ou même inventif que Everything Everywhere All At Once, le dernier film du réalisateur de Pirates des CarAIbes (pardon) est un peu à l'image de son héros : un joyeux bordel qu'il faut accepter tel qu'il est.