S’inspirer de la victoire du format vidéo magnétique VHS à la fin des années 1970 pour que les consoles de jeu actuelles se vendent encore mieux ? C’est ce que suggère l’ancien PDG de Sony Interactive Entertainment America, Shawn Layden, au micro de la chaîne YouTube Pause for Thought, rappelant qu’à chaque génération, les constructeurs dépassent rarement les 250 millions d’exemplaires vendus.
La parole à Shawn Layden
« Si vous alignez toutes les PS1, les Sega Saturn et les N64, et que vous regardez par génération, on tourne autour de 250 millions, explique Layden. La seule fois où on a presque atteint 300, c’était avec la Wii : à l’époque, les gens pensaient qu’ils pouvaient acheter Wii Fit et perdre du poids. Donc, un public non traditionnel a été attiré vers l’industrie du jeu vidéo à ce moment‑là. Mais c’était une anomalie, et depuis, nous nous sommes un peu stabilisés. Il faut parvenir à briser ce plafond, cette barrière ».
Dans les années 1970‑1980, deux formats vidéo se sont fait la guerre, la cassette VHS de JVC et le Betamax de Sony. Malgré une qualité d’image moindre, la VHS a remporté la victoire, notamment parce qu’il s’agissait d’un format plus ouvert, compatible avec les lecteurs de nombreux constructeurs. « Les gens ne comprenaient pas ce besoin d’avoir la même machine que leur voisin, poursuit Layden. Vous pouviez avoir un téléviseur RCA ou un téléviseur Sony, et tout allait bien. Mais une fois que votre voisin avait choisi le VHS et que vous vouliez regarder cette cassette, alors que vous aviez un Betamax… L’industrie s’est donc ralliée autour du VHS ».
Leçon apprise… Par la suite, Sony et Philips ont créé le consortium du CD audio, puis un chemin similaire a été pris par le DVD et le Blu‑Ray. Comprenez par‑là que le choix fut finalement acté d'une seule technologie, d'un seul format, malgré plusieurs compétiteurs en lice à chaque étape. C’est ce que Layden suggère : un consortium du jeu vidéo dans lequel il existe un seul format, jouable sur toutes les consoles concurrentes.
Microsoft, Sony et Nintendo : un pour tous et tous pour un ?
Les trois géants se mettront‑ils d'accord un jour ensemble pour une totale interopérabilité des jeux sur leurs consoles respectives (NDLR : les sociétés tech japonaises avaient tenté d'imposer ce concept au début des années 80 avec les ordinateurs MSX) ? Microsoft semble prendre un tel chemin, et même Sony a déjà commencé à convertir certains de ses gros titres sur PC. Mais on voit mal Nintendo abandonner ses exclusivités et accepter un tel chamboulement. « Si Mario arrive sur PlayStation, ce sera l’apocalypse, n’est‑ce pas ? », confirme Layden.