Samsung QE65QN95A

Test benchmark
Publié le 27/11/2021 à 10:57 •
Note AVCesar
7,7
/10
Usages
Films
Séries
Sports
Jeux vidéos
HDR
Films HDR
HDR
Jeux HDR
Écran PC
Les plus
Système AutoCal
Impressionnant processeur Neo Quantum 4K
Pic lumineux à 1 500 vrais nits
Image HDR au top
Mini LED et Quantum Matrix
Design magnifique et fin (25 mm seulement)
Input Lag record (< 6 ms en 4K/120)
Fonction OTS+ efficace
Télécommande à batterie solaire
Fonction Q-Symphony
Smart Hub complet, réactif et stable
HDMI 2.1 (VRR, ALLM, eARC, 120 Hz), FreeSync et G‑Sync
Blooming mieux maîtrisé
Les moins
Pas de HDR Dolby Vision
Calibrage moyen en sortie de carton
Épaisseur du câble boîtier One Connect
Ergonomie técommande malaisée (petits boutons, gros doigts s'abstenir)
Très léger Blooming en certaines circonstances
Mustav
Mini LED
Neo Quantum Processor 4K
Télécommande solaire
Bonnes affaires Samsung QE65QN95A sur
Verdict technique

Ce banc d’essai, comme d'habitude, a été réalisé avec Cédric Louis, calibreur certifié ISF, THX Level II et PVA (Professional Video Alliance) de son état. Nous avons donc utilisé des appareils de mesure de haute précision ‑et dernier cri‑ comme un Colorimètre Klein K‑10, un spectroradiomètre Jeti Spectraval 1511 HiRes (2 nm), un générateur de mire UHD HDR10 et HDR Dolby Vision Murideo Seven‑G 8K, le tout avec les logiciels Calman Ultimate et ColourSpace. Pour résumer, ces équipements professionnels (plusieurs dizaines de milliers d'euros à l'achat pour cette configuration) sont les seuls capables d'indiquer le véritable potentiel d'un diffuseur grâce à leur précision exceptionnelle. Notamment pour mesurer avec justesse un téléviseur en sortie de carton et constater que le Samsung QE65QN95A, même s'il fait mieux que certains de ses prédécesseurs au premier allumage, nécessite un calibrage fin SDR et HDR pour jauger de ses réelles capacités.

 

 

Samsung QE65QN95A, Quantum Mini LED et Quantum Matrix

Grosse évolution pour une large sélection des téléviseurs Samsung QLED 2021, les séries QN, ils embarquent un système de rétroéclairage Quantum Mini LED et non plus des spécimens « classiques » Full LED Local Dimming ou LED Edge Local Dimming. Celui‑ci embarque de très nombreuses diodes de taille sensiblement réduite (plusieurs milliers mais aucune précision sur leur nombre n'a été communiquée par Samsung), de 40 fois environ (cf. photo ci‑dessous) par rapport à une diode LED classique.

 

 

Autre évolution notable, le système Quantum Mini LED s'accompagne d'une cure d'amincissement notable du système de rétroéclairage. En effet, les LED traditionnelles sont surmontées d'une lentille qui fait aussi office de protection pour diffuser largement la lumière. Avec la technologie Quantum Mini LED, cette lentille a disparu (le nombre important de diodes permet de ne plus avoir à diffuser largement la lumière en provenance de diodes beaucoup moins nombreuses), remplacée par un film ultrafin exclusif permettant de guider la lumière là où elle est nécessaire. De même, les Mini LED sont directement intégrées dans le panneau LCD pour une épaisseur globale largement réduite. À savoir, d'après notre décompte, le Samsung QE65QN95A est doté de 864 zones, offrant un meilleur contrôle du rétroéclairage, donc du contraste. Autre bénéfice lié à cette multiplication des zones et, surtout, des diodes, un phénomènede Blooming moins marqué. Sur le Samsung QE65QN95A, on peut encore le déceler avec des objets hyperbrillants sur fond sombre ou sur les sous‑titres présents dans la barre noire (en progrès toutefois par rapport aux modèles des années précédentes), surtout hors axe de vision. Au final ce n'est pas vraiment gênant. 

 

 

Le procédé Quantum Matrix signé Samsung fait aussi son apparition en 2021. Destiné à gérer au mieux la lumière émise, son intensité, sa direction…, ce dernier procède par exemple à un Upsampling interne de l'échelle de gris sur 12 bits afin d'obtenir une gradation largement plus précise des couleurs (4 096 paliers contre 1 024). En plus d'améliorer là encore le contraste avec une lisibilité dans les zones de pénombre encore optimisée, cela permet aussi dans des images ton sur ton de révéler de nombreux détails supplémentaires pour des textures plus riches et une lisibilité accrue de l'image (cf. photo ci‑dessous du cheval noir sur fond noir).

 

 

À l'allumage, le Samsung QE65QN95A affiche une homogénéité de bon aloi, rien à redire. En revanche, comme de coutume avec le constructeur coréen, en sortie de carton le rendu colorimétrique n'est pas des plus naturels, principalement en HDR, la faute à une justesse et un équilibre colorimétrique défaillants.

 

  

 

Le mode Natif lui, permet d'étendre les coordonnées couleurs en Wide Gamut. Cela dit, l'algorithme d'amélioration des couleurs n'est pas une référence. Sélectionner ce paramètre à donc tendance à saturer les couleurs et surtout à dénaturer les teintes de peau. Pour le gamma, nous avons le choix entre 2,2 et BT.1886.

 

Pour le reste, nous retrouvons évidemment tous les réglages habituels : choix du mode Image (Dynamique, Standard, Naturel et Cinema, plus un mode Jeu pour réduire l'Input Lag), Rétroéclairage, Contraste, Luminosité, Couleur, Netteté, Gamma… Le fameux Digital CleanView remplace toujours tous les réducteurs de bruit, avec la possibilité de le désactiver, de le régler sur Bas ou Auto. Malgré la présence du Neo Quantum Processor 4K nous le trouvons toujours un peu trop agressif en mode Auto avec un effet type « aquarelle » trop prononcé ce qui a tendance à réduire le piqué et la texture de certaines matières. Avec la TNT nous avons préféré le laisser sur Bas et Désactivé en présence de contenus de qualité comme un disque Blu‑Ray.

 

 

À noter, compte tenu de nos constatations, le réglage de Sharpness doit être utilisé avec mesure sous peine de générer des artefacts gênants. Agir de la sorte entraîne irrémédiablement une image trop dure, souffrant de double contour et d'effet d'escalier prononcés.

 

Utilisation efficace des outils de calibrage

On apprécie la possibilité d'affiner le calibrage avec des outils précis : Balance des Blancs 20 points, CMS sur trois axes et calibrage en Rec.709, DCI‑P3 ou Rec.2020. Il est important de souligner pour tous ceux qui voudraient calibrer le TV eux‑mêmes, que Samsung utilise un rétroéclairage dynamique impossible à désactiver. Opérer des mesures avec le menu qui reste en surimpression peut donc induire de grosses erreurs et rendre impossible tout calibrage. Il faudra donc prendre soin d'enlever le menu avant chaque mesure.

 

De même, il faut « décoder » les diverses dénominations des menus Samsung. Par exemple, le réglage de luminosité joue en fait sur le rétroéclairage de la dalle. Le réglage de contraste concerne l’écrêtage des blancs, la gestion des noirs via un réglage associé étant déplacé dans le menu Gamma. Il faut donc s’adapter à la logique Samsung.

 

 

Rendus SDR et HDR calibrés

Après un calibrage fin, l'image proposée par le Samsung QE65QN95A est splendide en SDR, soit via une chaîne TNT ou en présence d'un disque Blu‑Ray Full HD. Toutefois, et malgré des progrès sensibles sur la densité des noirs (merci le nombre accru de zones de contrôle), il faut reconnaître que les TV Oled font toujours mieux. Avec de surcroît des mesures d'une précision quasi absolue en matière de justesse colorimétrique pour les spécimens LG dotés d'un 3DLut. Sur ce point, ces derniers sont tout bonnement impressionnants (cf. notre test du TV LG OLED65G1).

 

En HDR, le Samsung QE65QN95A reprend l'avantage même si les mesures brutes sont toujours en faveur de l'Oled. Le domaine où fait la différence le QE65QN95A, c'est la luminosité qui confère une incroyable dynamique à l'image. Les lumières spéculaires sont brillantes à souhait et certains contenus explosent littéralement les mirettes. Les titres 4K Ultra HD Kong Vs Godzilla, Pacific Rim, Les Trolls 2 et plus encore les jeux God of War ou Horizon Zero Dawn pour ne citer qu'eux sont un ravissement pour les yeux avec des couleurs riches et lumineuses. Une vraie claque visuelle. Car, c'est bien l'un des atouts principaux du LCD QLED, monter en nits sans délaver les couleurs.

 

 

L'autre bienfait d'un pic lumineux important concerne le nombre d'informations supplémentaires à l'écran. Là ou un diffuseur peu lumineux « clippe » assez vite avec un signal HDR sans afficher les informations de l'image disponibles dans les hautes lumières, un écran lumineux sera en mesure d'y parvenir. Au final, les textures sont plus riches sur les zones très lumineuses (une fenêtre en arrière‑plan en contre‑jour par exemple), avec plus de détail. Bilan des courses, la précision perçue supérieure conduit à une exceptionnelle impression de netteté. Au final, même si l'Oled reste plus juste, une comparaison des TV côte à côte avec par exemple le jeu God of War comme signal source montre l'évidence. Belle sur un TV White Oled, l'image apparaît pourtant « éteinte » (la faute à l'algorithme ABL) et moins détaillée comparée à celle pleine de peps d'un LCD QLED. Effet waouh garanti.

 

Traitement vidéo du processeur Neo Quantum 4K

Alors que les TV QLED 2020 embarquaient un unique module Deep Learning (réseau neuronal), les téléviseurs Neo QLED sont dotés en 2021 de seize modules Deep Learning (cf. photo ci‑dessous) spécialisés chacun dans une tâche spécifique (les textures, les visages, les paysages…). À travers la fonction Neural Analyser, le téléviseur va choisir d’appliquer seul le meilleur procédé de mise à l’échelle de l’image parmi les divers algorithmes d’Upscaling optimisés, en temps réel, pour les sources SD et HD. Au final, l’image mise à l’échelle Ultra HD 4K apparaît encore plus détaillée, notamment dans les parties comptant de nombreuses textures (cf. notre Benchmark Traitement image et Input Lag en bas de ce test pour plus de détails).

 

 

Samsung QE65QN95A, section sonore

On retrouve le système OTS+ (en vogue sur le Q950TS millésime 2020) qui compte un total de huit HP (système 4.2.2) pour une puissance totale délivrée de 70 W (4 x 7,5 W sur la partie supérieure + 2 x 10 W sur les côtés + 2 x 10 W pour les basses). Pour rappel, le système OTS+ a pour but de « coller » le son des objets à leur mouvement dans l'image pour un meilleur réalisme (cf. photo ci‑dessous) et ça fonctionne plutôt bien. À noter aussi la fonction Q‑Symphony qui consiste, en présence d'une barre de son Samsung Q‑Series 2020/2021, à profiter des haut‑parleurs du téléviseur en plus de ceux de la barre sonore pour magnifier la reproduction de la partie audio, son ampleur et sa spatialisation. Là encore, ça marche.

 

 

Smart TV Tizen 6.0

Au chapitre des nouveautés encore, il faut signaler la nouvelle l'interface Tizen 6.0. Toutes les applications indispensables sont présentes et de nouvelles arrivent régulièrement (Qobuz, Deezer, TV d'Orange…).

 

 

L'assistant vocal Bixby est toujours disponible, de même pour Google Assistant et Amazon Alexa. Et il est possible de switcher aisément de l'un à l'autre via le menu. De même, la série Samsung QN95A est compatible avec le codec AV1.

 

 

Vrac et jeu vidéo

En vrac, on peut citer la présence du boîtier One Connect même si ce dernier ne peut ne peut être « clipsé » sur le pied du TV comme sur les séries TV 8K et une télécommande avec panneau solaire intégré (adieu les piles, voir photo plus bas). De même, l'épaisseur des TV QN95T avec près de 25 mm marque un net progrès comparée à celle des spécimens Q95T 2020 qui affiche 35 millimètres.

 

 

 

À savoir, En présence d'un PC raccordé apparaît une nouvelle « barre de jeu » regroupant toutes les informations en un seul endroit, permettant de configurer aisément et rapidement le TV selon ses envies. Cette barre de jeu donne aussi des informations précieuses, par exemple le nombre d'images par seconde affichées à l'écran. Avec un PC raccordé, le mode Super Ultrawide GameView offre aux joueurs la possibilité de jouer dans différents ratios larges d'image, 21/9 ou 32/9 (cf. photo ci‑dessous), si la carte graphique et le jeu le permettent bien sûr, avec des barres noires (dans lesquelles peut venir se loger la barre de jeu).

 

 

Enfin, filtre anti‑reflet performant et angles de vision élargis sont au menu. Pour ce dernier, si Samsung fait mieux que d'autres écrans équipés d'une dalle VA, on reste loin des angles de vision disponibles sur un TV Oled. Dernière précision, les quatre connecteurs HDMI 2.1 (VRR, ALLM, 4K/120, eARC) gèrent parfaitement le FreeSync Premum Pro (donc en HDR) mais aussi le G‑Sync même si ce n'est pas « officiel ».

 

 

Conclusion

Vous le constatez, le Samsung 65QN95A s'avère l'un des tout meilleurs TV Ultra HD 4K disponible. Comme nous l'avions déjà constaté avec notre test du Samsung QE65QN800A (QLED 8K), la technologie Mini LED ravive totalement une technologie LCD décidément capable de se réinventer régulièrement. Le nombre plus important de zones et, surtout, celui largement plus élevé de diodes confèrent une dynamique inédite à l'image. Les lumières spéculaires sont incroyablement brillantes. À l'autre bout du spectre, comme abordé plus haut, le procédé Mini LED n’entame en rien la lisibilité dans les zones sombres des TV LCD Samsung 2021. Au final, le spectacle visuel riche en couleurs, en textures et en netteté est assez incroyable. Au chapitre audio, le Samsung 65QN95A est très proche du QE65Q800A, avec toutefois une réponse en fréquence plus équilibrée avec une présence plus marqués dans les graves et bas médiums.

 

En termes d'usage, une fois calibré, le Samsung QE65QN95A se montre parfaitement polyvalent. S'il s'incline d'une courte tête face aux TV Oled avec les signaux SDR, avec lui il est possible de profiter aussi bien de la TNT, de contenus 1 080p (Blu‑Ray), SD (DVD), ou 2 160p (4K Ultra HD) via support physique ou dématérialisés, d'un PC gaming ou d'une console de jeu dernière génération (PlayStation 5, Xbox Series S/X) avec le même bonheur. Avec des signaux HDR, c'est un ravissement pour les yeux, rien de moins. Sans oublier une utilisation plus professionnelle tel un moniteur informatique, une configuration de plus en plus de mise avec le développement du télétravail. Enfin, il faut aussi mentionner sa capacité à magnifier tous les contenus en provenance du net, même ceux de résolution faiblarde (merci les différents modules Deep Learning et la puce Neo Quantum Processor 4K surpuissante). 

 

Pour le reste, on retrouve les grandes qualités qui ont contribué à la renommée et au succès des TV de la marque, à savoir des fonctionnalités à foison (mode Ambiant, fonction SmartThings) et un OS Tizen 6.0 parfaitement stable et toujours aussi simple à utiliser malgré une richesse supérieure de contenus accessibles directement via l’interface, sans clic additionnel. Seule la télécommande, de taille réduite, n'est pas adaptée aux grosses mains. Et ces boutons afférents ne facilitent pas son usage dans le noir. En revanche, son panneau solaire facilite la vie de l'utilisateur.

 

Ultime précision, si vous souhaitez en savoir plus sur notre procédure de test et les mesures qui motivent ce verdict technique, nous vous invitons à regarder les différentes sections ci‑dessous, illustrées et commentées (cliquez sur les captures des mesures pour les visualiser en grand).

SPÉCIFICATIONS
Prix
2999 €
Type
LCD Mini LED
Diagonale de l'image
65'' (165 cm)
Standard
Ultra HD
Résolution native
3 840 x 2 160 pixels
HDR
HDR10, HDR10+, HDR HLG
Réception
Télétexte, PAT, PIP, PAP, Infos+, EPG, TNT/SAT/Câble (double tuner HD et UHD, chaînes payante via CI+)
Connectique
4 HDMI 2.1 compatibles HDCP 2.3, CEC dont 1 eARC, 3 ports USB 2.0, 1 port CI+, 1 port Ethernet, 1 sortie optique, 1 mini‑Jack 3,5 mm
Compatibilité
NTSC (480i, 480p), Pal (576i, 576p), HD (720p/50, 720p/60, 1 080i/50, 1 080i/60), Full HD (1 080p/24/50/60), Ultra HD (2 160p/24/30/50/60/120)
Multimédia
MP3, WMA, AAC, Ogg, Flac, DivX (Ultra HD), WMV (Ultra HD), Mpeg2 (Ultra HD), Mpeg4 (Ultra HD), MKV (Ultra HD), TS (Ultra HD), HEVC, VP9, Jpeg, AV1
Usage
Télécommande préprogrammée, capteur de luminosité, CEC, Auto Lipsync, xvYCC, Deep Color, Super 4/3, 4/3, 14/9, 16/9, Zoom Letterbox, Zoom Letterbox sous-titres, Zoom 2.35 (4/3, 16/9, HD), Overscan
Image
Espace couleur (couleurs primaires + couleurs secondaires), balance des blancs paramétrable (20P), réglage de gamma (préréglage), renforcement du contraste (dynamique), désentrelacement (vidéo/film) automatique, réducteurs de bruit (D NR, Mpeg NR)
Smart TV
Tizen 6.0, lecteur multimédia, enregistreur, navigateur Internet, Wi-Fi ac, UPnP (DLNA), Bluetooth 5.2, HBBTV, Podcast, Webradios, WebTV, accès Web, mode Super Ultrawide GameView, SmartThings
Son
4.2.2, 70 W (4 x 7,5 W + 2 x 10 W + 2 x 10 W pour les basses), PCM, Dolby Atmos, Dolby Digital, Dolby Digital Plus, HE‑AAC, ARC, eARC, Adaptive Sound, égaliseur, AVL
Consommation
87 W en SDR, 181 W en HDR (0,5 W en veille)
Dimensions (L x H x P)
1 446,3 x 891,4 x 285,4 mm (avec le pied)
Poids
30,3 kg (avec le pied)
8
Valeur spectrale

Concernant le spectre tonal sur lequel nous devons obligatoirement étalonner notre sonde pour réaliser un calibrage correct (sinon, les résultats mesurés sont erronés), on retrouve le graphique des dalles QLED signées Samsung avec un spectre de lumière plutôt froid, qui tire sur le bleu (cf. capture ci‑dessus), avec un rouge en retrait (à l’opposé d’un TV Plasma par exemple, qui affiche une dominante rouge et donc un spectre de lumière plus chaleureux).

 

À noter, la forme du spectre est ici très pointue (et non arrondie comme sur certains téléviseurs précédents), ce qui augure d'un calibrage minutieux, la faute à un étalonnage contraignant de notre sonde. Avec ce type de spectre tonal, il est en effet impératif d'utiliser un spectroradiomètre de très grande précision sous peine d'un postulat initial biaisé. Et, logiquement, de mesures érronnées tout au long du banc d'essai… Ça tombe, notre récent spécimen, le Jeti Spectraval 1511 HiRes est un modèle 2 nm, donc parfaitement adapté à la situation.

6
Pre-cal SDR
Balance des blancs dE (moyen)
2,87
Gamut Rec.709 dE (moyen)
2,26
Gamma
2,47
Pic lumineux SDR
98,6 nits
Mode image
Cinema

Pour rappel, la donnée Delta E représente le niveau d'erreur par rapport aux valeurs recherchées et on considère qu’en dessous de la valeur 3, les erreurs colorimétriques ne sont pas visibles. Les mesures de précalibrage en mode Cinema affichent une Balance des Blancs plutôt juste avec un Delta E moyen relevé à 2,87 (avec des écarts maximums de 4,01). Pour sa part, la courbe de gamma apparaît linéaire à 2,47, donc typée salle obscure. En revanche, la température de couleur affiche 7 103 °K (cf. capture ci‑dessus), soit une image générale relativement froide. De son côté, l'espace colorimétrique Rec.709 affiche un Delta E moyen de 2,26 et le plus grand écart affiche 4,76 (cf. photo ci‑dessus). Sur ce point aussi, c'est relativement bon. Enfin on constate que le pic lumineux en SDR affiche près de 99 nits.

 

Il est évident que pour n’importe quel utilisateur, le fait de pouvoir profiter dans de bonnes conditions, ou presque, de son TV dès la sortie de carton est un plus. En revanche, si Monsieur Toutlemonde peu exigeant sur la précision de l'image peut se contenter de ces résultats, c’est impossible pour nous, habitués que nous sommes à un rendu colorimétrique quasi‑parfait sur nos diffuseurs. Les mesures du Samsung QE65QN95A au premier allumage démontrent en effet que ce dernier est loin d'être optimal. Un calibrage s'impose, donc.

8
Post-cal SDR
Balance des blancs dE (moyen)
0,33
Gamut Rec.709 dE (moyen)
0,94
Gamma
2,34
Pic lumineux SDR
104,1
Mode image
Cinema

Après calibrage via DDC (Display Direct Control/Calibration), c'est vraiment beaucoup mieux. Nous relevons une Balance des Blancs qui affiche des écarts Delta E maximum de 0,72 pour un Delta E moyen de 0,33 (cf. photo ci‑dessus), ce qui est tout simplement insignifiant. La courbe de gamma presque parfaitement linéaire est mesurée à 2,34 pour une température de couleur relevée à 6 534 °K soit tout proche de la norme professionnelle D65 (IUT‑R BT.709).

 

À savoir, le Samsung QE65QN95A propose un choix de gamma 2,2 ou BT.1886 (ce dernier, que nous avons sélectionné, offre plus de libertés pour un calibreur : réglable, il permet d'obtenir la meilleure image selon le diffuseur et la pièce qui l'entoure). Quant à l'espace couleur, il s'ajuste avec une belle précision avec un Delta E moyen relevé à 0,94 en Rec.709. Enfin on constate que le pic lumineux en SDR, après calibrage, affiche un peu plus de 104 nits. On le constate aisément, un calibrage dans les règles change donc sensiblement la donne.

8
Color volume

Cette mesure réalisée sur 140 points colorimétriques indique en pourcentage, et selon les différents gamuts (espaces couleur), la capacité Color Volume du diffuseur. Ainsi le téléviseur Samsung QE65QN95A peut afficher 104% du Rec.709, 69,72% du DCI‑P3 et 47,16% du Rec.2020. Soit des résultats là aussi, satisfaisants.

7
ICtCp Color Volume

Le Color Volume est à la croisée des chemins, ceux de la chrominance et de la luminance. Sa mesure illustre la capacité du diffuseur à afficher les différentes teintes d’un gamut (espace de couleur) sur toute sa plage de luminosité, de la plus faible à la plus élevée. Si, par exemple, un téléviseur peut faire varier cette dernière de 1 nit à 500 nits, le Color Volume comptabilise le nombre de couleurs du gamut affiché à 1 nit, puis 2 nits, 3 nits… jusqu’à 500. Pour au final donner un chiffre précis du nombre de couleurs géré par le Color Volume du TV, en plus d’une représentation 3D constituée d’une succession de couches de gamut. Chacune d’elles correspondant au gamut affiché par le TV à chaque palier de luminosité.

 

Bien sûr, les capacités d’un diffuseur sont toujours moindres en basse lumière et en haute lumière, avec seulement une portion de gamut affichée, d’où une forme typique du Color Volume en losange. C’est pourquoi le gamut affiché rétréci dans les zones à faible et forte luminosité. Au final, le Color Volume du Samsung QE65QN95A gère 359 559 000 couleurs.

6
Pre-cal HDR
Balance des blancs dE (moyen)
2,28
Gamut Rec.2020 dE à 50% (moyen)
3,8
Pic lumineux HDR
1592,2
Mode image
Cinema

Les mesures de précalibrage en mode Cinema affichent une Balance des Blancs assez juste avec un Delta E moyen relevé à 2,28 (avec des écarts maximums de 4,63). De son côté, l'espace colorimétrique Rec.2020 (à 50%) affiche un Delta E moyen de 3,8 et le plus grand écart affiche 8,8. Pas exceptionnel donc. Enfin on constate que le pic lumineux affiche 1 592,2 nits, soit plus du double de celui mesuré sur le téléviseur LG OLED65G1 doté de la dalle Evo, soit la dernière déclinaison en date des panneaux Oled TV signée LG Display réputée la plus lumineuse de sa catégorie.

 

Remarque, le Samsung QE65QN95A est le premier spécimen de la marque qui respecte parfaitement la courbe EOTF. Pourquoi, en sortie de carton, ce téléviseur Ultra HD 4K est‑il réglé de la sorte alors que le modèle UHD 8K Samsung 65QN800A testé dans nos colonnes cet été est réglé autrement ? Mystère… Peu importe, on s'en félicite.

9
Post-cal HDR
Balance des blancs dE (moyen)
1,43
Gamut Rec.2020 à 50% (moyen)
2,1
Pic lumineux HDR
1359,53
Mode image
Cinema

Après calibrage, la Balance des Blancs affiche des écarts Delta E maximum de 4,57 pour un Delta E moyen de 1,43 (cf. photo ci‑dessus). Quant à l'espace couleur, il s'ajuste avec une belle précision avec un Delta E moyen relevé à 2,1 en Rec.2020 (à 50%) et un écart max à 2,8. Enfin on constate que le pic lumineux en HDR, après calibrage, affiche 1 359,53 nits. On le constate aisément, là encore, un calibrage dans les règles change sensiblement la donne.

8
Peak Luminance Stability vs. Windows Size
Fenêtre 10% blanc
1 500 nits
Fenêtre 100% blanc, ABL désactivé
649,16 nits
Fenêtre 100% blanc, ABL activé
-

Pour mesurer le pic lumineux d’un diffuseur, nous procédons à plusieurs relevés par paliers, à partir d’un écran affichant une fenêtre blanche occupant 1% de sa surface jusqu’à 100%, en passant par des fenêtres de 2%, 5%, 10%, 25%, 50% et 75%. Cette procédure permet de visualiser le palier à partir duquel la luminosité baisse, et dans quelle proportion. Concernant le pic lumineux, la mesure qui fait foi correspond à la fenêtre 10%, ici juste en dessous de 1 500 nits. Ça monte encore un peu à 25% avec une valeur cette fois juste au-dessus de la barre des 1 500 nits et ça baisse au palier 50% à 1 000 nits pour afficher 649,16 nits à un plein écran blanc.

 

À savoir, si les TV Oled intègrent un algorithme ABL (cf. notre test du LG OLED65G1, benchmark Peak Luminance Stability Vs Windows Size) pour préserver le bon fonctionnement du diffuseur (c'est‑à‑dire éviter le phénomène de Burn‑in ou marquage de l'écran dû à la sensibilité des diodes organiques à la chaleur), ce n'est pas le cas sur les écrans LCD. Ainsi les nits mesurés sont réellement affichés à l'écran.

8
Gamut Coverage DCI-P3

En l'absence de contenus natifs Rec.2020, et compte tenu des perspectives de voir arriver ces derniers avant des lustres, la mesure pertinente en termes de gamut est celle de l'espace couleur DCI-P3 (celui utilisé pour le cinéma). Avec le Samsung QE65QN95A, le DCI‑P3 est couvert à 94% et le Rec.2020 à 73,4%, de très bons résultats.

9
Traitements image et Input Lag

L'Auto Motion Plus PQI 4600 propose une précision et un naturel assez similaires aux téléviseurs des deux derniers millésimes années, soit excellente. La fréquence d'affichage s'adapte à la source quelle que soit la cadence du contenu (24, 50 ou 60 im/s) ce qui apporte un surcroît de clarté, surtout pour les chaînes TV. 

 

Mais avec l'intégration du nouveau Neo Quantum Processor 4K, boosté au Deep Learning (cf. plus bas), le 65QN95A surclasse ses prédécesseurs et concurrents en termes de performances des algorithmes d'[abc]Upscaling[/abc], de fluidité et de compensation de mouvement. En premier lieu, un signal 24 Hz natif gagne en fluidité, entendez par‑là que l’effet stroboscopique, sur les panoramiques par exemple, est moins marqué. Le secret de cet affichage tient dans une conversion 5/5 Pull Down du signal, transformant le 24 Hz en 120 Hz (24 x 5 = 120), ce qui a pour effet d'éliminer le phénomène de judder. On retrouve bien sûr la possibilité de personnaliser à son goût les réglages de Flou et de Vibrations pour une image plus ou moins fluide, plus ou moins précise. Là encore, c’est très bon avec un phénomène Stutter (flou de mouvements) mieux contrôlé.

 

La principale évolution concerne l'algorithme d'Upscaling : alors qu'en 2020, le processeur embarquait un seul module Deep Learning pour analyser le signal entrant, le modèle intégré dans les TV Samsung 2021 dispose de 16 modules, pas moins, chacun spécialisé dans une tâche particulière. Ainsi, via la fonction Neural Analyser, le téléviseur va appliquer le meilleur procédé de mise à l'échelle en fonction de la nature du signal, 720p1 080p ou 2 160p, signal compressé en provenance du Net, issu d'une plateforme de streaming, image bruitée… En clair, le téléviseur fait appel aux modules adéquats présents dans les entrailles du Neo Quantum Processor pour nettoyer, améliorer et magnifier l'image affichée sur sa dalle Ultra HD 4K.

 

Cela signifie aussi que le téléviseur est capable de générer seul divers algorithmes d’Upscaling optimisés, en temps réel, essentiellement pour les sources SD et HD via une analyse fine du signal vidéo. Au final, l’image Ultra HD 4K offre une fluidité extrêmement stable, de meilleurs travellings, et plus de précision encore dans les mouvements. Nous n'avons rencontré peu d'artefacts de mouvement. On retrouve évidemment l'activation du mode LED Clear Motion, sorte de BFI (Black Frame Insertion) qui permet d'améliorer encore cette précision d'image en mouvement contre un effet de scintillement présent et une perte flagrante de luminosité. D'autre part, Samsung poursuit le développement du mode Jeu avec le procédé Black Equalizer. Ce dernier améliore la lisibilité des zones sombres de l'image. Le tout avec un Input Lag toujours exceptionnel de célérité, mesuré à 10,6 ms en 1 080p/60 et 5,4 ms en 2 160p/60.

 

Pour rappel, le mode Game Motion Plus (adapté au jeu vidéo donc) est également très intéressant, puisqu'il permet d'activer le procédé compensation de mouvement du TV avec les jeux tout en conservant un Input Lag assez bas (24,7 ms 2 160p/60 au lieu de 76 ms sans mode Jeu).

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