Ultra HD : le TV de demain s'invite dans nos foyers
Comme vous l'aurez remarqué dans nos colonnes, depuis de nombreux mois, l'actualité autour de la technologie Ultra HD (parfois abusivement dénommée 4K) est particulièrement bouillonnante. Les constructeurs se lancent tour à tour dans cette nouvelle aventure, alors que les broadcasters et éditeurs vidéo préparent de leur côté les contenus qui permettront bientôt de profiter dans nos salons de cette très haute définition. L'occasion pour la rédaction d'AVCesar.com de faire le point sur le sujet, à l'issue d'une présentation en avant‑première dans les locaux du fabricant, du TV Ultra HD Philips 65PFL9708, tout juste auréolé du prestigieux prix Eisa du meilleur TV Ultra HD 2013/2014 (décerné par un jury de journalistes spécialistes audio‑vidéo européens). Afin de vous aider à mieux appréhender le vaste sujet de l'Ultra HD...
Les téléviseurs Ultra HD Philips PFL9708 sont disponibles en deux diagonales d'écran : 65'' (165 cm) et 84'' (213 cm)
Une histoire d'évolution
Avant d'attaquer plus avant le sujet qui nous intéresse, impossible de ne pas évoquer l'évolution des normes vidéo et la transition entre définition standard et haute définition. C'est parti pour un peu d'histoire…

Le signal SD (Standard Definition) au standard Pal/Secam, que la plupart d'entre nous a connu, proposait une définition 576i, soit une résolution de 720 x 576 pixels pour une fréquence balayage de 50 hertz. En comparaison, le standard NTSC, utilisé notamment en Amérique du Nord, offrait une définition 480i en 60 hertz. Ces deux normes furent utilisées, selon les territoires, pendant de très longues années par les broadcasters diffusant leurs signaux par voies hertziennes, câble ou satellite. Leurs équivalents en balayage progressif (480p & 576p), que l'on appelle définition ED, entreront dans la danse avec l'avènement du format DVD dans les années 2000. Pour bien faire la différence entre les valeurs « i » et « p », sachez qu'une image entrelacée « i » comporte deux demi‑images, deux trames, scindées et affichées alternativement, la persistance rétinienne faisant le reste en permettant de visualiser à l'écran une image complète. À contrario, une image désentrelacée « p » ne comporte qu'une seule trame et est affichée pleinement, en une seule fois.

Dans l'attente de la haute définition que nous connaissons aujourd'hui, à savoir la définition 1 080p, deux autres définitions, 720p et 1 080i, vont créer un vent de polémique dans les années 2000, au moment ou téléviseurs LCD et plasma commencent à devenir peu à peu accessibles au grand public. Les discussions s'embrasent pour savoir qui de l'un ou de l'autre offre la meilleure qualité. C'est aussi l'époque d'une cacophonie certaine, le consommateur se retrouve en effet complètement perdu au sein d'une avalanche de termes marketing pour la plupart inventés, et vide de sens.
En quinze ans, la résolution de nos téléviseurs est passée de 640 x 480 pixels (720 x 576 pixels pour le signal Pal) à 3 840 x 2 160 pixels.
D'un côté, étaient disponibles les TV connus il y a encore quelques années sous l'appellation officielle HD Ready, qui réunissaient les définitions 720p/1 080i/1 080p, et de l'autre des modèles arborant de nombreux termes qui n'ont pas franchement aidé certains consommateurs à faire leur choix (HD, TV HD, Full HD, etc.), et ce, sans compter certaines pratiques peu scrupuleuses qui avait tendance à fortement agacer… Rappelez‑vous des TV plasma avec une résolution de 1 024 xv600 pixels, vendues pour des écrans haute définition.

Une problématique qui s'étendra d'ailleurs aussi aux adaptateurs TNT intégrés aux téléviseurs, dont certains ne répondaient pas aux normes en vigueur. Alors que la présence d'un tuner Mpeg4 étaient fortement conseillé afin d'assurer la pérennité de la TNT HD. Pourtant, il y a quelques années encore, de nombreux téléviseurs intégraient seulement un tuner Mpeg2. Une histoire dans laquelle le gouvernement viendra d'ailleurs mettre son nez, puisque depuis le 1er décembre 2008, les constructeurs ont obligation d'intégrer un adaptateur TNT HD Mpeg4.

Pour en revenir à notre sujet, sans rentrer dans un débat stérile et dépassé sur le 720p et le 1 080i, ces définitions ont avant tout été conçues pour marquer une transition vers le 1 080p. Cela n'empêche pourtant pas qu'en matière de contenus, le 720p est encore largement utilisé aujourd'hui par l'industrie du jeu vidéo sur consoles (avant l'arrivée de la PS4 et Xbox One), et le 1 080i adopté par la plupart des chaînes TV. Dans nos salons, le 1 080p reste aujourd'hui l'apanage du Blu‑Ray, de la VOD, et de certaines plateformes de vidéos en lignes (Dailymotion, Vimeo, YouTube, etc.) que l'on retrouve aujourd'hui sur les modèles Smart TV.

L'apparition de ces nouvelles définitions est également l'occasion d'assister à la généralisation du codec Mpeg4/H.264, et d'un plus vaste éventail de fréquences d'images : 25 Hz, 29,97 Hz, 30 Hz, 50 Hz, 59,94 Hz, 60 Hz et surtout le 24 Hz utilisé dans la production cinématographique, que l'on retrouve aujourd'hui sur les disques Blu‑Ray. Un choix d'autant plus logique, que les diffuseurs présents dans nos foyers, téléviseurs et vidéoprojecteurs confondus, se sont toujours adaptés aux évolutions de l'industrie du cinéma : passage du noir et blanc à la couleur, à évolution des cadences d'images et de leur résolution, ou encore apparition récente de la 3D.

Une histoire en perpétuelle évolution, qui se poursuit aujourd'hui avec l'avènement du 4K au cinéma, et l'apparition de l'Ultra HD dans les foyers.
Qu'est-ce que l'Ultra HD ?
Tout comme cela avait déjà été le cas pour la norme HDTV 1 080p, la nouvelle norme Ultra HD a été initialement développée par les laboratoires de la chaîne japonaise NHK, toujours à la pointe des avancées technologiques et de leur expérimentation. Elle était autrefois connue, faute de dénomination officielle, sous l'appellation 4K, bien que sa résolution soit légèrement différente de celles des images 4K utilisée au cinéma. En octobre dernier, le terme Ultra High Definition fut choisie par la Consumer Electronics Association et l’International Telecommunication Union (IUT) pour l'appellation de cette très haute définition destinée au grand public.
L'organisme européen EICTA avait, il y a quelques années définit un logo officiel pour les TV HD, le HDTV 1 080p. Logiquement, les TV Ultra HD devrait arborer le label HDTV 2 160p mais rien n'est encore officiellement décidé. En attendant, les constructeurs mettent en avant la compatibilité 2 160p le plus clairement possible.
D'un point de vue technique, la norme Ultra HD définit essentiellement un téléviseur capable d'offrir une définition 2 160p, soit une résolution de 3 840 x 2 160 pixels pour une image de 8,3 Mpxls, au format 16:9, c'est‑à‑dire exactement le quadruple de la définition 1 080p. Au final, une image UHD est donc, en langage informatique, beaucoup plus « lourde » comparée à une image 1 920 x 1 080 pixels. Impossible donc de proposer sur un Blu‑Ray actuel de 50 Go un film à grand spectacle au format UHD, ce dernier dépassant allègrement la capacité de stockage du disque. Pour mémoire, la version 2D du film Avatar Blu‑Ray occupe déjà la quasi‑totalité d'un disque BD double couche, et sans bonus…
De même, pour les téléviseurs, un problème de taille se pose au niveau du traitement vidéo : gérer un affichage UHD de qualité s'avère largement plus difficile qu'en 1 080p. Sans nul doute une nouvelle problématique bienvenue pour certaines marques qui verront là une occasion de se distinguer des autres en démontrant leur savoir‑faire, Philips en tête avec sa technologie Ultra Pixel HD Engine.

Au niveau des contenus, l'Ultra HD impose naturellement l'adoption d'un nouveau codec, et c'est le HEVC alias H.265 finalisé fin janvier par l’International Telecommunication Union (IUT), qui a été choisi. Il est notamment capable d'offrir une qualité d'image égale au Mpeg4/H.264, avec un débit deux fois moindre. Le but est de faciliter aussi bien l'accès aux contenus HD que Ultra HD, pour la réception des chaînes TV (Fibre, ADSL, Satellite, etc.) ou la VOD. Ou encore de permettre de stocker sur un disque BD un film UHD en lieu et place d'un film HD actuel.
Une dalle LCD Ultra HD 65'' (165 cm) est constitué d'un assemblage de quatre dalles LCD Full HD 32'' (82 cm) pour, respectivement, un total de 8,3 millions de pixels contre 2,07 millions et un affichage bien plus détaillé des images.
Ultra HD, au-delà d'une meilleure résolution
Mais au fond, quel est vraiment l'intérêt de l'Ultra HD pour l'utilisateur ? Une image de meilleure qualité et un niveau de détail inédit bien sûr. Mais cette nouvelle norme cache également d'autres spécificités tout aussi intéressantes, et pourtant moins connues.

Outre la résolution, la principale nouveauté apportée par l'UHD réside dans l'apparition d'un nouvel espace colorimétrique Rec.2020 qui offre environ 20% de couleurs en plus que les actuels Rec.709 (Blu‑Ray) et le Rec.601 (DVD, TNT), pour reproduire le gamut DCI utilisé au cinéma. Second point, la 3D a également le droit à une nouveauté notable : une image 3D passive affiche désormais une résolution de 3 840 x 1 080 pixels sur chaque œil, contre 1 920 x 540 pixels sur un TV 1 080p. Un énorme bond en avant, qui fait d'autant plus envie lorsque l'on sait que le constructeur Philips travaille ardemment à proposer dans un avenir proche des téléviseurs Ultra HD avec 3D autostéréoscopique (sans lunettes).
La technologie Ultra HD de nos futurs téléviseurs ne se borne pas à afficher un nombre supérieur de pixels à l'écran, elle proposera aussi un nouvel espace colorimétrique (Rec.2020) pour une richesse et un naturel des couleurs inégalés.
Ultra Pixel HD Engine
Pionnier en matière de compensation de mouvement, le spécialiste connu et reconnu de l'image Philips inaugure avec ses TV série PFL9708 le traitement vidéo Ultra Pixel HD Engine. Au cœur de celui‑ci, le procédé Ultra Resolution, propose un Upscaling fin des pixels pour une interpolation précise, notamment sur les zones de juxtaposition des couleurs. Ce surcroît de détails, associé à une gestion intelligente des contrastes et des couleurs, offrent un rendu d'une précision extrême et une fluidité très naturelle.

BONNES AFFAIRES
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