VOD : vous avez demandé le programme
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Encore embryonnaire (elle représentait en 2006 moins de 3 % des revenus annuels des studios), la VoD est pourtant un marché en forte augmentation depuis deux ans, grâce à la pénétration dans les foyers français du haut débit et la prolifération de « box » multiservices (Neufbox, AOLbox, Livebox, Freebox, Dartybox, etc.). Mais la multiplicité des services de VoD ne nuit-elle pas à sa popularité ? L’utilisation est-elle aussi simple qu’annoncée ? Quid de l’interopérabilité ? Quelles sont les nouveautés et les évolutions pour les mois à venir ? Nous avons fait le tour du sujet.
Par Jean-François Lefèvre - Publié le 11/02/08


En France, la VoD a été initiée en 2003 par France Télécom et Moviesystem. Quatre ans après, les choses ont beaucoup évolué et la VoD occupe une place à part entière au sein de la chronologie des médias. Lorsque les premiers services de VoD ont été disponibles en France, les professionnels du cinéma et de l’édition vidéo ont eu peur que cela fasse de l’ombre à l’exploitation des films en salles et à la vente de DVD. Ils ont alors réclamé un cadre juridique strict permettant de définir une fenêtre d’exploitation adaptée et de mettre en place un système de contribution financière à la production cinématographique.



EVOD Service : De nombreux services de VoD sont disponibles en France. Des chaînes TV, jusqu'aux vidéoclubs en ligne, en passant par les FAI, de nombreux acteurs se sont lancés sur ce créneau porteur.


Ainsi depuis décembre 2005, tous les opérateurs de cinéma à la demande consacrent un pourcentage de leur chiffre d’affaires annuel au développement de la production « d’œuvres cinématographiques européennes et d’expression originale française ». Cette contribution varie entre 3,5 % à 10 % du chiffre d’affaires annuel (avec trois échelons allant de 1,5 millions d’euros à plus de 5 millions d’euros), mais elle fera l’objet d'une montée en charge progressive. Les opérateurs de VoD sont également soumis depuis juillet 2004 à la fameuse taxe « vidéo » de 2 % assise sur « l’ensemble des ventes et locations de vidéogrammes destinés à l’usage privé ». Ajoutez à cela la rémunération des titulaires des droits d’exploitation (50 % du prix de vente public pour les nouveautés et 30 % pour le fond de catalogue) et les frais de fonctionnement (hébergement, bande passante, facturation, régie publicitaire, etc.), vous comprendrez aisément que les ventes ou locations d’œuvres dématérialisées doivent être conséquentes pour que le service soit rentable. Et la concurrence acharnée que se livrent les principaux opérateurs n’arrange rien, puisqu’elle provoque une chute dramatique des prix.




Jusqu’alors inexistant sur les ordinateurs Apple, Steve Jobs vient d’annoncer un service de VOD via son logiciel iTunes auquel tous les plus grands studios hollywoodiens ont souscrit. L’ambition de Jobs est ni plus, ni moins d’appliquer au cinéma la recette utilisée avec la musique…

VOD : quel modèle économique pour l’avenir ?
Tout cela tend à remettre en cause le modèle économique de la location ou de l’achat unitaire. En effet, certains acteurs ont décidé d’opter pour la formule de l’abonnement ou du forfait prépayé (la SVoD). Plus rentable, selon eux. D’autres ont choisi de proposer plusieurs formules comme Vodeo.tv qui permet le visionnage direct en qualité VHS (à partir de 1 euro), le téléchargement avec lecture imposée sur le poste client en qualité DVD (à partir de 1,99 euros), le téléchargement adapté aux baladeurs vidéo en qualité DVD (à partir de 1,99 euros) ou l’envoi d’un DVD finalisé (à partir de 8,99 euros). Mais un autre modèle économique inquiète les producteurs et les ayants-droit : celui reposant sur la rémunération par la publicité en ligne. Ce qui veut dire que les contenus sont en consultation gratuite et sont financés par des bannières publicitaires, jugées plus rentables. Ce fut le cas par exemple l’été dernier pour la saga de TF1, Mystère, dont les épisodes étaient en accès libre sur le site TF1vision.com, mais dont la présentation est agrémentée d’une énorme banderole à l’effigie de Carrefour et de Peugeot. Une politique éditoriale jugée par certains acteurs du marché « inadaptée et suicidaire ». Selon eux, elle ne fait qu’encourager la baisse des prix -et des rétributions aux détenteurs des droits d’exploitation- et concourt à décrédibiliser les programmes proposés en les faisant passer pour de simples produits de consommation.


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