Avec les Quantum Dots, Samsung bouleverse l’Ultra HD

Sur les linéaires de nos magasins, là où les téléviseurs se jouxtent, il est évident que celui qui présente la plus contrastée des images, celui affichant les couleurs les plus éclatantes, voire la luminosité la plus forte, dispose d’un avantage réel vis‑à‑vis de la concurrence. Qui plus est, dès qu’ils sont observés d’un peu loin, ce qui est le cas dans les espaces de vente, les téléviseurs Ultra HD ont parfois du mal à faire valoir la finesse de l’image annoncée qu’ils délivrent par rapport aux équipements de génération précédente, à savoir les téléviseurs Full HD 1 080p. De ce constat est née, essentiellement sous l'égide de Samsung en partenariat avec les studios hollywoodiens Fox lors du salon CES de Las Vegas 2015, l’idée de téléviseurs HDR et WCG, c’est‑à‑dire High Dynamic Range et Wide Color Gamut.

Lorsque l’on sait qu’un téléviseur Ultra HD est plus onéreux que son homologue Full HD à diagonale d’écran identique, ne pas afficher immédiatement de différences visuelles notables en termes de qualité d'image peut vite s'avérer un véritable handicap. Ce dernier pouvant se révéler gênant en cette période de transition technologique et affecter lourdement la rentabilité du marché TV. Pourquoi le consommateur changerait son écran si les nouveaux modèles proposés n'apparaissent pas meilleurs à ses yeux ?

 

 

L'argument de l'accroissement du nombre de pixels associé à l'Ultra HD comparé
à la HD, 8 millions d'un côté contre 2 millions de l'autre, est appréciable seulement sur
les TV de grande taille. En‑deça de 65", il est très difficile de faire la différence entre un signal Ultra HD et un signal HD « upscalé » en UHD. C'est pourquoi les constructeurs ont rajouté des ingrédients technologiques à l'image Ultra HD
avec les fonctions HDR et WCG

 

Par ailleurs, contrairement au passage de la SD à la HD où le grand public a pu vérifier de visu le saut qualitatif annoncé avec l'arrivée rapide de sources idoines, et le bien‑fondé d'un nouvel équipement Full HD, les sources Ultra HD sont encore peu répandues pour mettre en lumière les TV UHD. Si le format Ultra HD Blu‑Ray commence à faire son apparition, il est encore loin de se banaliser. Les téléviseurs Ultra HD ont donc encore du mal à prouver leur supériorité puisqu’ils n'affichent, pour l’essentiel, que des images HD « upscalées » en Ultra HD. Et même si, le surcroît de pixels nécessite de (très) grandes diagonales pour faire la différence avec un TV Full HD. Bref, pour être démonstratif et attirer d’éventuels acquéreurs, il ne suffit pas à un téléviseur d’être estampillé Ultra HD. L’idée des constructeurs fut donc d’offrir une image toujours plus attirante en introduisant de nouvelles technologies.

 

 

 

Il aura fallu attendre trois ans après le lancement des premiers TV Ultra HD pour disposer d'une source Ultra HD native avec la commercialisation des lecteurs et disques Ultra HD Blu‑Ray mi‑2016. En effet, les offres de streaming UHD/4K ne sont toujours accessibles qu'à quelques poignées de privilégiés (besoin en bande passante énorme).

 

 

HDR et Wide Color Gamut

 

Pour simplifier, il s'agit d'écrans capables d’offrir une meilleure dynamique de contraste associée à une palette de couleurs élargie, ces deux aspects étant étroitement liés. En effet, pour optimiser la dynamique de contraste, la profondeur des couleurs (leur encodage) passe en 10 bits. Dans le même esprit, le Gamut, ou espace couleur, est étendu. On parle de « Wide Color Gamut ». Il en découle une palette de teintes disponible encore enrichie.

 

 

La réponse de Samsung pour profiter des fonctions HDR et WCG se nomme Quantum Dots. Comme expliqué dans la suite de ce dossier, l'un des atouts primordiaux des TV Quantum Dots réside dans sa capacité à afficher un espace couleur étendu, soit un nombre plus important de couleurs à l'écran, pour des images plus riches et plus naturelles

 

Précisons que si de telles options deviennent effectivement un atout en magasin, elles offrent une fois à domicile un gain certain en termes de dynamique d’image, de réalisme et de confort de vision, justifiant le passage d’un TV Full HD à un modèle Ultra HD. À savoir, pour que le consommateur bénéficie pleinement de ces évolutions, le téléviseur qui ne constitue que le maillon final de la chaîne graphique ne peut, à lui seul, répondre à l’ensemble des nouvelles contraintes des technologies HDR et WCG. S’il a les pleins pouvoirs pour ce qui est de la restitution finale, encore faut-il que des contenus dignes de ses qualités soient disponibles.

 

 

Pour simplifier, le HDR permet d'afficher des noirs plus noirs et des blancs plus blancs avec, en plus, moult détails et couleurs dans des hautes et basses lumières qui étaient auparavant, soit avec un signal SDR, invisibles à l'œil (cf. schéma ci‑dessus). Au final, l'image apparaît beaucoup plus riche et naturelle.

 

 

L’Ultra HD Alliance, regroupant divers constructeurs de téléviseurs (là encore, Samsung a joué un véritable rôle d'initiateur) mais aussi des créateurs de contenus, notamment des studios hollywoodiens ainsi que des diffuseurs tels que Direct TV ou Netflix, a donc mené une réflexion commune autour du HDR et du WCG. Le fruit de ces échanges réside dans des contenus originaux ou remasterisés désormais disponibles sous forme dématérialisée via streaming, sur Netflix et bientôt CanalPlay par exemple, ou sur support physique avec les nouveaux disques Ultra HD Blu‑Ray, ces derniers proposant une qualité audio‑vidéo ultime et totalement inédite.

 

 

 

L'organisme UHD Alliance a jeté les bases des technologies vidéo liées à l'Ultra HD, dans le but d'offrir une image de qualité largement supérieure à la HD. Pour rappel, celui-ci regroupe tous les acteurs de la chaîne de l'image (studios hollywoodiens en tête), mais aussi les principaux protagonistes de la post‑production et fournisseurs de technologies comme Technicolor et Dolby, les distributeurs de contenus plus,
bien sûr, les plus grandes marques et constructeurs TV.

  

 

Noir extrême ou ultra‑haute luminosité, deux options pour le HDR

 

Cependant, toutes les technologies de restitution d’image ne se comportent pas de manière identique, notamment vis‑à‑vis de la dynamique de contraste qu’elles sont capables de reproduire. En fait, dans ce domaine, deux technologies s’affrontent sur le marché : la filière Oled, bien maîtrisée par LG pour les vastes écrans, et la filière LCD dans laquelle Samsung excelle (le constructeur vient de fêter pour la dixième année consécutive sa place de leader du marché TV). Rappelons que ce dernier, après diverses tentatives jugées non pérennes, s’est retiré de la filière Oled, laissant seul son concurrent LG sur le sujet. En revanche, il a concentré sa puissance de recherche et d’innovation sur la technologie LCD, pour laquelle Samsung dispose d’un savoir‑faire qui n’est plus à prouver, notamment avec l’annonce lors du salon IFA de Berlin en septembre du développement de la technologie Quantum Dots (cf. pages suivantes).

 

 

 

Samsung présenta au monde le TV Oled KN55S9C au salon CES de Las Vegas de 2013, allant jusqu'à commercialiser ce produit à la rentrée de cette même année. Depuis, tout le monde attendait son successeur… Jusqu'à l'annonce de Samsung, au salon IFA de Berlin en septembre dernier, de se retirer de la filière Oled pour les grandes tailles d'écran, au profit du développement de la technologie Quantum Dots.

 

 

Ce en quoi, les deux filières disposent d’atouts qui leur sont propres. La force des écrans Oled réside dans la profondeur des noirs qu’ils sont capables d’offrir. Un comportement que l’on peut rapprocher du plasma, un procédé aujourd'hui définitivement abandonné. En revanche, les Oled peinent à restituer les luminosités les plus fortes et ces écrans ont encore du mal à dépasser les 550 nits (on attend mieux sur les modèles de la gamme 2017). En pratique, pour bénéficier pleinement de la dynamique de contraste d’un écran Oled, l’idéal est de le regarder dans le noir complet. Un choix que refuse catégoriquement Samsung, car peu conforme aux habitudes des utilisateurs. À domicile d’une part, dans la journée, personne ne va fermer ses volets pour regarder un film, et d’autre part, même de nuit, une lumière d’ambiance est le plus souvent présente pour un meilleur confort. 


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