L'appel à l'aide des 50 (…éditeurs vidéo indépendants)

09.06.2020 / 16:40
/ Par Evelle Oudard

Les éditeurs vidéo indépendants souffrent et le font savoir. En jeu, tout un pan du cinéma mondial souvent méconnu, disséqué, analysé et édité en vidéo pour le plus grand plaisir des cinéphiles de tous poils, qu'ils soient amateurs de Bis, de films d'horreur, de westerns introuvables ou de pépites ressuscitées. 


Une cinquantaine d'éditeurs indépendants français (Carlotta, Koba Films, ESC, Artus, Diaphana, Studiocanal, Metropolitan, Sidonis…) se sont donc groupés au sortir de la crise sanitaire pour lancer un cri d'alarme à l'intention des institutions et du gouvernement, « L'appel des 50 » (voir Tweet ci‑dessous relayé par « les 50 »).

 





Le secteur difficile de la vidéo

Le secteur de l'édition vidéo, que nous connaissons bien à la rédaction d'AVCesar.com ‑remember notre passé de presse magazine avec entre autres le mensuel Home Ciné DVD paru pour la première fois en 1997 dans l'idée de faire connaître le Home Cinéma en France et de supporter l'arrivée du laserdisc, du DVD puis du Blu‑Ray‑, traverse depuis longtemps une crise qui s'est passablement aggravée depuis le confinement.

 

Face à la montée en puissance de la SVOD qui progresse de 60% en 2019 selon les derniers chiffres du CNC, les éditeurs indépendants, qui mettent souvent toute leur énergie et leurs deniers dans des éditions ultra qualitatives destinées à séduire un public passionné mais de niche, prenant le temps de restaurer des masters parfois très abîmés et de tourner des suppléments éditoriaux souvent aussi passionnants que les films eux‑mêmes (on pense bien entendu à Carlotta et ses superbes coffrets Ultra Collector au design vintage, mais aussi à Artus Films et son gore sexy, Lobster évidemment à qui l'on doit la renaissance de L'enfer de Henri‑Georges Clouzot avec Romy Schneider, ou encore Re:Voir et son cinéma expérimental introuvable, Studiocanal et sa collection hétéroclite Make My Day par J‑B Thoret dont on vous parle à longueur de colonnes, voir Fright, Canicule, Sans mobile apparentLa route de Salina…), n'ont souvent qu'une fenêtre de tir minimaliste pour rentabiliser leurs éditions et mettre en chantier les suivantes, voire envisager des sorties Blu‑Ray plutôt que de simples DVD. Et on ne vous parle pas des disques 4K Ultra HD, partie congrue de l'édition française hors grands studios.

 

Quelques regrets

C'est donc dans un contexte plus que difficile que les éditeurs vidéo ont vu leurs ventes s'écrouler, voir stoppées net par le confinement et ses conséquences. On en veut pour preuve les nouveautés qui arrivent encore au compte‑gouttes à la rédaction à l'heure d'écrire ces lignes, certains éditeurs annonçant d'emblée la couleur : « rien avant juillet ! ». Dans ces conditions, difficile pour la presse, elle‑même touchée de plein fouet par la crise, de soutenir un marché qui en a pourtant grandement besoin. Et un regret au passage, que le secteur lui‑même, lors de son apogée et peut‑être plus encore lorsque les temps sont devenus moins cléments, n'ait pas coûte que coûte soutenu sa propre presse, ni cherché à communiquer et créer l'événement autour de ses sorties incontournables… Dont acte.

 

Histoire de passionnés

Cet appel « des 50 » à destination des pouvoirs publics s'adresse aussi d'une certaine façon directement aux passionnés, aux cinéphiles et aux curieux : continuer à acheter des disques 4K UHD, des Blu‑Ray et des DVD, c'est soutenir l'histoire du cinéma, s'assurer que l'acte cinéphile perdure et ne soit pas uniquement un jour perdu dans un océan de flux dématérialisés. Chacun comprendra que lancer un film en streaming, le stopper éventuellement au bout de quelques minutes pour passer à un autre, n'a rien à voir avec le fait de prendre le temps de choisir son film sur une étagère, ouvrir un boîtier, préparer sa séance avec soin, scruter les moindres recoins de l'édition, visionner des bonus passionnants pour parfaire son savoir autour de son cinéaste préféré ou son genre de prédilection. Sans parler de la quête perpétuelle du titre qui manque encore à la collection…

 

Ainsi, AVCesar.com, qui a depuis bien longtemps ouvert ses colonnes à tous les moyens de diffusion de la culture quels qu'ils soient, reste toujours attaché au support physique et apporte son soutien aux « 50 ». Non seulement parce que les plus exigeants savent bien que les formats Blu‑Ray et surtout 4K Ultra HD sont les seuls capables de restituer les éléments techniques ambitieux en présence (image et son pas ou peu compressés) comme les choix artistiques des réalisateurs (nombre de cinéastes, directeurs photo et assistants valident eux‑mêmes les copies de certaines éditions), mais permettent aussi de faire fonctionner à pleine puissance des installations performantes concoctées avec amour au fil des années par les passionnés, dont vos serviteurs chez AVCesar.com.

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