The Batman

Année : 2022
Réalisateur : Matt Reeves
Interprètes : Robert Pattinson, Zoë Kravitz, Paul Dano, Jeffrey Wright, John Turturro, Colin Farrell
Éditeur : Warner
BD : 1 UHD-99 + 1 BD-50, 176', toutes zones
Genre : thriller, couleurs
Interdiction : tous publics (accord parental souhaitable)
Sortie : 06/07/22
Prix ind. : 34,99 €
Mustav
Critique

Test technique
Image :
Son :
Bonus :
Format image
2.40
UHD 2 160p (HEVC)
HDR Dolby Vision
HDR10
16/9
Bande-son
Français Dolby Atmos
Français Dolby TrueHD 7.1
Français Dolby Digital 5.1
Anglais Dolby Atmos
Anglais Dolby TrueHD 7.1
Anglais Dolby Digital 5.1
Polonais Dolby Digital 5.1
Hongrois Dolby Digital 5.1
Tchèque Dolby Digital 5.1
Espagnol Dolby Digital 5.1
Chinois Dolby Digital 5.1
Slovaque Dolby Digital 5.1
Hindi Dolby Digital 2.0
Voir plus
Sous-titres
Français, anglais pour sourds et malentendants, néerlandais, espagnol, polonais, hongrois, tchèque, roumain, chinois, coréen
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Après une trilogie chez Christopher Nolan inégale mais iconique et une parenthèse avec Ben Affleck que seuls les fans de Zack Snyder ne voudront pas oublier, que restait‑il à faire avec Batman que nous n'avions pas déjà vu ces quinze dernières années ?

 

C’est l’épineuse tâche à laquelle est attelé Matt Reeves, le réalisateur de Cloverfield qu’on avait vu faire ses armes dans le domaine du blockbuster en réalisant deux épisodes du reboot de la Planète des singes en 2014 et 2017. Où aller avec ce personnage ambigu, sombre, venu de l’ombre ? Pas une origin story, trop souvent vue. Pas non plus une grande fresque épique pour rivaliser avec la concurrence chez Marvel. Peut‑être simplement un retour aux sources : celle d’un héros‑détective, vengeur solitaire, errant dans les nuits de Gotham City pour essayer d’y apporter sa justice.

 

Look grunge et démons intérieurs

Si The Batman puise dans l’univers des comics, il vient plutôt chercher son inspiration du côté de ceux de Frank Miller et tout particulièrement son sombre Year One de 1988. On retrouve un Bruce Wayne venant d'entamer sa double vie de justicier, encore considéré avec méfiance par la police et le grand public. Un Batman jeune, instable, plein de doutes, que Reeves a eu l’excellente idée de faire camper à Robert Pattinson (décidément adepte du grand écart avec The Lighthouse). Teint blafard, cheveux noirs qui lui tombent devant les yeux, look grunge, il incarne à merveille ce personnage, sans surjeu à la Christian Bale, comme habité d’une colère intérieure, coquille vide cherchant dans la vengeance et la violence une réponse à ses propres démons. Un Batman humain que l’on apprend à connaître au fil du film, par petites touches de vulnérabilité.

 

Au commencement, une enquête

Mais le vrai coup de génie de The Batman, c’est de débuter avant tout comme un thriller, une enquête dans le sillage d'un serial killer. Dans Gotham, des grands pontes du monde politique et judiciaire sont assassinés par un maniaque mystérieux et glauque qui laisse sur les cadavres des énigmes sur son identité. Qui est‑il ? Quel est son objectif ?

 

Plutôt que d’évoquer le monde des super‑héros, le film puise dans l’ambiance du Zodiac de David Fincher et ses scènes de crime étudiées méthodiquement, dans un jeu de cache‑cache avec le Riddler, interprété avec brio par Paul Dano (décidément trop rare depuis There Will Be Blood). Pas de séquences d’action spectaculaires dans le premier acte, mais un film noir bien senti où Batman fait la connaissance de toute la faune tapie sous la ville : corruption, mafia (avec John Turturro ou encore Colin Farrell, un peu sous‑employé en Pingouin), arrangements des puissants aux dépens du peuple.

 

Pure femme fatale de cinéma

Pour le guider dans sa quête, il peut compter sur sa traditionnelle galerie d'alliés : le commissaire Gordon écrasé par le poids de sa hiérarchie taiseuse (excellent Jeffrey Wright, comme toujours) ou la mystérieuse Selina Kyle (alias Catwoman, jouée par la magnétique Zoë Kravitz, qui n’a rien à envier à Michelle Pfeiffer 30 ans plus tôt), alliée de fortune et pure femme fatale de cinéma n’hésitant pas à se salir les mains quand Batman ne va pas assez loin pour elle.

 

Malgré le rythme relativement lent du film (qui culmine tout de même à près de trois heures !), on plonge dans cette enquête langoureuse, attendant avec anxiété les moindres interactions avec un Riddler atrocement familier, évoquant les terroristes nihilistes qui fleurissent dans l’Amérique moderne. On ne peut d’ailleurs que souligner la réalisation très élégante (quoique parfois un peu sombre), donnant à voir une jungle urbaine stylisée mais toujours crédible.

 

Au final, intense et glaçant

Bien sûr, grand blockbuster oblige, l’action s’accélère au fur et à mesure que l’intrigue prend de l’ampleur. Malgré quelques vraies longueurs (dont cette scène de course‑poursuite en voiture sous la pluie, inventive mais rapidement confuse et sans enjeux clairs), le film réussit son pari en proposant un dernier acte intense et glaçant, montrant un Batman dépassé par son ennemi dans un Gotham ravagé.

 

Et si les derniers plans pourront faire grincer des dents, semblant revenir vers une figure du super‑héros/Messie que le reste de l'histoire avait pourtant passé son temps à déconstruire, on ne peut que saluer un film de cette ampleur et de ce budget qui réussit à créer une atmosphère singulière, proposant un cinéma à la fois populaire et plein d’inventivité et d’audace.

 

Reste à voir maintenant où cette histoire nous mènera, une trilogie étant d’ores et déjà prévue. Espérons que Matt Reeves saura conserver ce qui fait de The Batman une si belle surprise : une humanité et une certaine simplicité, rafraîchissante pour le genre.

Émilien Villeroy - Publié le 04/10/22
Liste des bonus
- Création de la vengeance (documentaire sur le tournage) (53')
- Looking for Vengeance (5')
- Vengence Meets Justice (focus sur le Riddler) (8')
- Catwoman en devenir (8')
- La Batmobile (10')
- Analyse de la course-poursuite (6')
- Analyse du saut en wingsuit (6')
- The Batman : la genèse (6')
- Les légendes (focus sur les costumes) (5')
- Transformation : le Pinguin (8')
- Scènes coupées (avec commentaires) (7')
- Blu-Ray du film


Commentaire

Peut‑on vraiment se plaindre d'un trop‑plein de bonus ? Il faut dire que les deux heures et quelque de making of que propose l'édition Blu‑Ray de The Batman sont très complètes, parfois à l'excès, avec quelques redondances, surtout dans les courts films dédiés à chacun des personnages principaux.

 

Pour autant, l'enthousiasme de Matt Reeves, ses équipes et ses acteurs en interview fait plaisir à voir, et donne de nombreux éclairages passionnants sur le film, ses inspirations (qu'elles viennent des comics, du cinéma ou du monde réel, Kurt Cobain en tête pour le look de Bruce Wayne !), son tournage complexe autour du monde (interrompu pendant six mois pour cause de pandémie mondiale, et relancé ensuite avec beaucoup de prudence : Matt Reeves a passé la fin du tournage en combinaison complète comme s'il travaillait en milieu hospitalier !).

 

Mention spéciale sur l'attention portée sur les décors, les costumes et les cascades, avec des interviews éclairantes des très larges équipes qui ont œuvré sur le film avec un sens du détail incroyable. À noter également, la très bonne scène coupée entre Batman et le Joker, qui avait déjà été diffusée en ligne il y a quelques mois, et qui donne très envie de voir le prochain épisode de cette nouvelle trilogie.

Note bonus : 5/6
Image

C'est un Gotham City sombre et noir, presque monochrome, que nous présente The Batman et le directeur photo Greig Fraser (Dune) tout au long de ses trois heures, éclairés ponctuellement par quelques beaux plans de couchers de soleil, sur les toits avec Batman et Catwoman.

 

Une palette sourde et complexe, pensée pour le cinéma malgé un tournage numérique en 4,5K et 6K (les fichiers numériques ont été transposés en film avant d'être repassés en 4K). Le rendu final est sensuel, texturé, presque vintage, parfois chaotique, avec des noirs ultra‑denses tout juste zébrés de halos rouges en provenance des véhicules. Certaines scènes intérieures explosent de jaunes pour apporter une tonalité plus chaude, plus étrange aussi, dans cet océan de nuit noire. Un parti pris tenu de bout en bout, reproduit avec beaucoup de détails par ce master 4K Ultra HD. 

 

Alors que le HDR10 seul oriente le film vers les gris et ses dégradés (c'est très joli aussi), le HDR Dolby Vision accentue le contraste et force les noirs pour un ensemble pictural très impactant. Les effets de matière ressortent mieux, on gagne forcément en précision (voir par exemple la lettre accompagnant le colis piégé en papier ignifugé argenté, texture que l'on ressent bien plus avec le HDR Dolby Vision que le HDR10.

 

Un voyage splendide au cours duquel Matt Reeves se permet même des flous volontaires (diverses astuces sont utilisées comme le brouillard ou des reflets capturés avec des objectifs anamorphiques des Seventies) pour casser une sorte de perfection visuelle. La plongée dans Gotham City n'en est que plus réaliste et immersive.

Top image : aucun
Note image : 6/6
Son

Que ce soit dans ses séquences d'enquête ou ses courses‑poursuites nerveuses (le tonneau du Pingouin est remarquable), le travail sur le sound design est d'une grande qualité, éclairé par la partition sombre mais efficace de Michael Giacchino et ses « coupes » du thème complètement addictives. 

 

Les basses profondes ne manquent pas, notamment à l'Iceberg Lounge, la boîte de nuit du Pingouin, où le Dolby Atmos montre toutes ses capacités enveloppantes et festives. Autre séquence marquante : l'échappée très verticale de Batman en plein commissariat, avec bulle sonore au cœur de l'action. Et les morceaux de bravoure s'enchaînent, le fabuleux saut en wingsuit avec belle sensation verticale du son, ou encore la pluie labourant non‑stop la ville.

 

Une immersion de tous les instants en VO comme en VF (il faut le préciser), avec une piste Dolby Atmos équivalente en termes d'effets. 

Top son : aucun
Note son : 6/6



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