VOD : vous avez demandé le programme
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Un délai beaucoup trop long
Actuellement, un long-métrage cinéma ne peut être exploité en VoD qu’au moins 33 semaines (8 mois environ) après son exploitation en salles. Un délai que les opérateurs VoD souhaitent voir ramené à six mois, comme pour le DVD. En France, les opérateurs VoD manquent de sang neuf et de grosses cartouches capables d’exploser les ventes et de faire voler en éclats les réticences du grand public. Car les « nouveautés » VoD n'en sont plus vraiment lorsqu’elles sont mises en ligne. Huit mois, c’est effectivement un délai beaucoup trop long pour que l’offre VoD puisse se nourrir du cinéma. Le DVD (location et vente) a déjà raflé le gros des clients et la diffusion sur Canal+ quelques semaines plus tard de la plupart des grosses cylindrées freinent un peu plus encore les ardeurs. Sans parler des copies illicites circulant sur les réseaux P2P qui ont permis aux plus curieux de découvrir le film avant tout le monde… Huit mois, c’est donc un délai beaucoup trop long. Et la France n’est pas encore totalement prête à copier le modèle américain qui s’oriente vers des sorties simultanées en DVD et VoD.

Les programmes « jeunesse » dopent la VOD

Si la VoD se développe néanmoins, c’est grâce surtout aux programmes télévisuels. Le cinéma, lui, n’est qu’une guirlande lumineuse dans la vitrine. Au premier rang, on trouve les séries et les programmes jeunesses. France 3 a, par exemple, lancé une nouvelle version de son site jeunesse Toowam.fr avec une section VoD payante nourrie des séries comme Foot 2 Rue. Une formule VoD par abonnement (SVoD) devrait également être mise en place cette année. Chez M6, l’offre SVoD « jeunesse » sera aussi bientôt disponible et prendra le relais de l’espace « kid » du portail M6video.fr. Au menu : une centaine d’heures de programmes renouvelés tous les mois avec des séries diffusés sur la chaîne, mais aussi des dessins animés plus anciens et des contenus exclusifs. Même stratégie chez France 5 -et ses Zouzous- qui a lancé l’été dernier un mini-site dédié à SamSam avec l’accès gratuit à un épisode de la série. La VoD a eu ainsi la primeur du programme. Canal J et Tiji ont aussi déployé leurs offres SVoD (4,99 euros/mois) en partenariat avec Glowria, Fnac et NeufTV. Enfin Toondra.com, site dédié aux courts-métrages d’animation, peaufine également la mise en place de packs VoD permettant l’achat au forfait (4 euros pour 5/6 programmes) ou par série complète. Bref, sur le créneau des programmes « jeunesse », il y a du monde et chacun affûte ses armes pour la rentrée.

Des séries et de la musique
Les séries et la musique profitent aussi de cet engouement. Ainsi, Orange a lancé un service SVoD spécial séries, baptisé « 24/24 Séries », proposant l’accès à quelques séries mémorables comme Amicalement vôtre, Hercules Poirot, Inspecteur Morse, Sherlock Holmes ou encore Cosmos 1999. Rappelons qu’Orange compte déjà une offre SVoD jeunesse et musique. MTV Networks France a également lancé de nouveaux services de VoD gratuite en streaming sur Mtv.fr et Gameone.net. Baptisé « Mon MTV », ce service propose quelques 11 000 vidéos et 700 h de programmes (uniquement en streaming) avec la possibilité pour l’utilisateur de constituer sa Playlist. Sympa. Pour MTV, il s’agit d’amener les 15-24 ans, gros consommateurs de vidéos, à quitter les réseaux P2P pour des services légaux et les amener si possible à regarder les programmes TV du groupe. Une utopie ?

Des films et des séries disponibles 24h/24h, le portail VoD d'Orange avait obtenu un accord d'exclusivité pour la diffusion de la saison 2 de Heroes, juste après sa diffusion aux USA


Le X et le sport à la sauce VOD

La VoD concerne également les programmes pour adultes. Chaque opérateur dispose de sa petite catégorie X et tous les producteurs de films érotiques ont très tôt mis en ligne leurs catalogues de films en VoD. DorcelVision, par exemple, enregistre chaque mois 20 000 actes d’achat et a réalisé en 2007 un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros. Pas mal. Les événements sportifs constituent également une aubaine pour les chaînes télé et les opérateurs VoD. Du Tour de France à Roland Garros en passant par Wimbledon ou le Tournoi des Six Nations, la plupart des grandes compétitions de l’année sont désormais accessibles en VoD. En direct ou en différé, au coup par coup ou sur la base d’un forfait global, différentes formules sont proposées et permettent aux utilisateurs de ne rien manquer d’un événement, même s’ils ne sont pas devant leur téléviseur. C’est simple et très pratique. Mais cette évolution du mode de consommation audiovisuelle suscite malgré tout quelques inquiétudes et laisse entrevoir, à terme, une complète redistribution des cartes concernant le financement et la publicité.

La VOD va-t-elle cannibaliser la télé ?

Les professionnels de la VoD observent également chez les spectateurs une mutation des comportements dont le petit écran risque, à terme, de faire les frais. La télévision restera certainement un média capable de rassembler le public autour de grands événements -sportifs notamment-, mais la multiplication des offres VoD génère une consommation beaucoup plus individualiste et différée des programmes. Trouver en ligne des films et des émissions diffusés la veille ou il y a mois, semble aujourd’hui tout à fait normal pour les internautes. Certains n’hésitent d’ailleurs pas à dire qu’ils ne regardent déjà plus la télévision « en direct ». Ces nouvelles habitudes vont-elles sonner le glas de la télévision telle que nous la connaissons ? Sans doute. Il faudra en tout cas revoir la méthode de financement publicitaire, la gestion des espaces promotionnels en direct et créer un nouveau format de pubs adapté à la VoD. Certains vont plus loin et pensent que le cinéma en fera aussi les frais. D’ici dix ans, d’après eux, on passera directement de l’exploitation en salles à la VoD. Le support physique n’existera plus. À suivre…



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