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TV - Écran plat

LG OLED55B8

Mustav
Prix indicatif : 1 990 € TTC
Note AVCesar.com


Type : OLED
Diagonale de l'image : 140 cm
Standard : Ultra HD
Résolution native : 3840 x 2160 pixels
Processeur : Quad Core
100 Hz : oui
TNT : simple tuner (HD et UHD)
HDMI : 4 (v 2.0b, dont 1 arrière et 3 latérales)
Dim. (L x H x P) : 1228 x 749 x 220 mm
Poids : 17,8 kg
1522,09 €
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L’essentiel

Au premier abord, le TV LG OLED55B8 semble pratiquement identique au LG OLED55C8 testé il y a quelques mois dans nos colonnes, la seule différence entre ces deux spécimens venant du processeur vidéo. En effet, la série B8 intègre un Alpha 7 (sensiblement similaire au M16+ de 2017 en termes de puissance, doté cependant d'un meilleur traitement vidéo), alors que le C8 intègre le tout nouveau processeur Alpha 9, beaucoup plus puissant. Au niveau des fonctionnalités, c'est en revanche strictement identique avec l'interface Smart TV ThinQ AI contrôlée par la télécommande Magic Remote, la fonction AutoCal signée Calman et une meilleure gestion colorimétrique grâce à une nouvelle table de conversion des couleurs (3DLUT) basée sur 36 000 points de corrections au lieu de 5 000 auparavant. Sans compter que cette dernière est désormais ouverte à l'utilisateur ! Le design est là encore identique, si ce n'est un pied un peu plus étroit. Mais le prix, lui, est bien plus abordable : 1 990 € pour ce modèle 55'' (140 cm) !


La question légitime est donc de savoir ce qui justifie ce différentiel tarifaire ? Nous avons donc pris le temps d’examiner ce LG OLED55B8 dans les moindres détails afin de le jauger à son grand frère le LG C8, et vous apporter des éléments de réponses qui vous aideront à choisir le TV qui répond parfaitement à vos attentes.

 

LG OLED55B8 : élégant, performant et ergonomique !

Le LG OLED55B8 arbore un design sobre, moderne et très élégant, certes très différent de ce que proposent Panasonic ou Sony. Comme sur le C8, les matériaux sont moins nobles, moins robustes que sur un écran Oled haut de gamme et le châssis est constitué majoritairement de PVC. Cependant, l'emploi de ce matériau propose aussi quelques avantages : plus léger et surtout moins fragile que le verre, le risque de casse est moindre (on le répète, vous êtes plusieurs à nous avoir fait part de leur mésaventure sur le sujet avec leur TV Oled…). Sans compter que la finition et l'assemblage restent splendides. Ici, le fabricant coréen met en valeur les atouts de la technologie Oled avec un téléviseur tout en finesse (bien sûr) et très simple à installer avec son poids plume d'à peine 17,8 kilos ! Visuellement, c'est franchement très réussi, sans cadre apparent et un large pied en aluminium brossé, sans oublier un revêtement design du panneau arrière.

 

 

Évidemment, LG est obligé de conserver une certaine épaisseur de dalle dans sa partie basse pour assurer une bonne ventilation de l'électronique et proposer une caisse de résonance suffisamment volumineuse pour optimiser le rendu des haut‑parleurs en configuration downfire, placés à la base de la dalle. Il s'agit d'un système audio 2.2 (deux haut‑parleurs associés à deux boomers, de 10 W chacun). Même si rien ne remplace une bonne barre sonore ou un vrai système Home Cinéma, sachez que la qualité audio dispensée par le LG OLED55B8 est largement au‑dessus de la moyenne malgré une légère projection dans les graves. Les effets surround sont intéressants, et si les aigus ne sont pas très précis, ils ont l'avantage d'éviter les sifflantes. Et surtout la qualité des dialogues est assurée avec un bel équilibre tonal et peu de distorsion, c'est l'essentiel. Précisons au passage que LG fait partie des rares fabricants à proposer une prise en charge du Dolby Atmos 7.1.4 via HDMI ARC et donc Dolby Digital et DTS 5.1. Il est également possible de connecter une enceinte active ou un casque audio sans‑fil via Bluetooth 4.2 (Sound Sync Wireless).

 

 

 

Autre point très intéressant, la qualité exceptionnelle du filtre antireflet, malgré une dalle brillante. Ce procédé évite les dérives chromatiques magenta sur les scènes sombres, visibles sur les TV Oled LG jusqu'en 2016 et chez d'autres concurrents. Côté connectique, c'est du grand classique, avec quatre entrées HDMI 2.0b compatibles HDR10, HDR HLG, HDR Dolby Vision, HDCP 2.2, et 2 160p en 60 Hz, 4:4:4 et 12 bits dont une compatible eARC et MHL 3.0. Le reste de la connectique rassemble un port Ethernet gigabit, trois ports USB 2.0, une sortie optique, un port CI+ et un double tuner DVB‑C/DVB‑T2/DVB‑S2. Évidemment, le Wi‑Fi Direct, le WiDi, Miracast et le Bluetooth sont intégrés.

 

 

 

Technologies du LG B8

Le LG OLED55B8 embarque une nouvelle génération de dalle Woled Ultra HD 10 bits, 100 hertz. Pourtant, il n'y a pas de grands changements en termes de performances (sauf en présence d'un signal HDR comme vous le verrez plus loin dans notre banc d'essai), on retrouve une structure avec quatre sous‑pixels WRVB, mais quelques modifications ont été apportées pour améliorer la finesse de l'image en réduisant l'écart inter‑pixel (le pitch). Si le fait de rajouter un sous‑pixel blanc en plus des traditionnels Rouge, Vert, Bleu, les dalles Woled de LG Display permettent de proposer un pic lumineux plus important tout en préservant la pérennité de la dalle et des couleurs, cette structure engendre en revanche un écart inter‑pixel trop visible, y compris avec un recul de 3 m sur une dalle 55 pouces. Cet écart crée une infime perte de résolution avec une image ressentie un poil dure.

 

 


Un défaut que LG a considérablement réduit d'année en année en optimisant la structure des sous‑pixels et en modifiant la taille de certains sous‑pixels (avec la contrainte, aussi, de gérer la dégradation plus rapide de l’émetteur bleu via un sous‑pixel plus grand, cf. photo ci‑dessus). Désormais, les nouvelles dalles Woled 2018 affichent une meilleure résolution perçue, ce qui donne inévitablement un meilleur piqué et une image bien plus définie, fine et précise avec un écart interpixel invisible à l'œil (effet de grille, à ne pas confondre avec le vignettage) tout en proposant un pic lumineux toujours plus important ! C'est un véritable petit exploit technologique qui permet également d'améliorer l'efficacité du traitement vidéo et de l'Upscaling UHD. En clair, même en conservant un processeur similaire à celui utilisé dans la gamme 2017, un gap eut déjà été visible. Pour rappel, le B8 intègre un modèle Alpha 7 doté d’algorithmes un peu plus performants que ceux du M16+ de 2017 (malgré une puissance nettement en retrait comparé à l’Alpha 9 présent sur les Oled C8, E8 et W8, on le répète aussi).

 

 

Pour être plus clair sur la puissance de l’Alpha 7, sachez que ce dernier n’autorise pas de gestion HDR du HFR, c'est soit l'un, soit l'autre. Le HFR concerne essentiellement des contenus affichés en 60 im/s, mais il concerne aussi les signaux jusqu'à 120 images par seconde. Compte tenu de la présence de connecteurs HDMI 2.0b, le 120 im/s n'est pris en charge qu'en 1 080p. Par contre il serait possible de lire un signal 2 160p à 120 im/s via USB ou streaming, mais uniquement en SDR, seul l'Alpha 9 est capable de lire du 2 160p en HDR et HFR.

 

Si l'Alpha 7 est donc moins véloce que l’Alpha 9, il propose tout de même plusieurs algorithmes similaires :

 

  • Réducteur de bruit « classique » : les nouvelles dalles Oled 2018 permettent d'offrir une image moins dure et moins bruitée qu'auparavant. D'autre part, les progrès réalisés en termes de vignettage, désormais quasiment invisible, ont là encore permis d'affiner le grain de l'image, de réduire les artefacts et le bruit Mpeg. Le C8 propose en plus deux filtres (Mpeg NR et Digital NR) pour réduire le bruit vidéo, mais ces derniers ne sont pas aussi efficaces que sur le C8 équipé de l'Alpha 9. Leur efficacité semble similaire aux filtres présents sur la gamme 2017 de LG. La différence peut se faire sentir sur les contenus compressés ou la TNT qui reste toutefois de meilleure qualité que les années précédentes dans l'ensemble.

 

 

  • Object Depth Enhancer : on le cite ici pour souligner que ce mode est absent sur le B8, car l’Alpha 7 n'a pas assez de puissance pour gérer cet algorithme complexe qui analyse plusieurs zones de l'image en temps réel. Il permet, sur le B8 par exemple, d'offrir plus de relief et de profondeur de champ (une sorte de rendu 3D naturel), à l'instar de ce que proposent Samsung ou Sony.

 

  • Nouvelle table de conversion des couleurs (3DLUT) Enhanced Dynamic Tone Mapping : c'est l'une des améliorations la plus intéressante cette année et elle est disponible avec l'Alpha 7 ! En effet, le 3DLUT compte désormais 36 000 points de conversion au lieu de 5 000 sur les modèles 2017 avec une Balance des Blancs 42P ! Mais le plus intéressant vient du fait que ce 3DLUT est désormais ouvert à l'utilisateur, comprenez qu'il est possible de faire intervenir un calibreur professionnel pour procéder à un calibrage d'une précision inégalée. L'apport peut être énorme en termes de justesse et homogénéité colorimétrique, mais cela nécessite un travail colossal si on fait cette calibration manuellement. Heureusement, LG propose également une fonction AutoCal qui permet de tout automatiser...

 

 

  • AutoCal de Calman : la fonction AutoCal permet de réaliser un calibrage entièrement automatique, et avec le nombre de points de correction autorisé par ce 3DLUT, on peut dire que c'est indispensable. Sans quoi le calibrage prendrait beaucoup trop de temps. Malheureusement, pour le moment, nous avons rencontré trop d'instabilité avec cette fonction (cf. Verdict Technique pour plus de précisions). Cela dit, les outils de calibrage « classiques » proposés en mode ISF permettent tout de même de réaliser un calibrage d'excellente qualité.

 

  • Mode Technicolor : là encore, ce mode est présent avec l'Alpha 7. À l'instar des modes THX, le mode Technicolor est un mode pré‑calibré pour ceux qui n'ont pas la possibilité de calibrer ou faire calibrer leur TV. Ce mode assure en théorie un Delta E moyen inférieur à 3, ce qui est logiquement suffisant pour que l'œil humain ne perçoive pas de dérive chromatique. Dans les faits, c'est plus compliqué puisque, d'une part il s'agit d'une moyenne (si la plupart des paliers sont en dessous de 3, certains peuvent donc être au‑dessus de cette valeur avec pour conséquence une homogénéité imparfaite). D'autre part, les plus avertis ont une perception plus affinée des couleurs et préféreront calibrer leur TV plus finement, bien souvent avec un Delta E inférieur à 1.

 

 

 

  • Advanced HDR by Technicolor : absent avec l'Alpha 7, donc absent sur le B8, mais remplacé par un mode « Effet HDR ». Il s'agit d'une conversion SDR/HDR à la volée. Celle‑ci ne nous a pas vraiment convaincus, mais elle offre des résultats qui seront probablement appréciés par certains utilisateurs. Ce mode a donc le mérite d'exister. Toutefois la conversion Advanced HDR de Technicolor est plus efficace mais nécessite plus de puissance et donc le processeur Alpha 9. Cela dit, ce n'est pas non plus une perte rédhibitoire, car en général nous préférons de loin les contenus en HDR natif. Il faut tout de même mais avouer que de rares conversions SDR/HDR nous ont parfois bluffés, essentiellement une en fait, celle proposée sur les TV Philips P5 seconde génération (cf. notre test du TV Philips 55OLED803).

 

  • Perfect Color : disponible avec le processeur Alpha 7 et donc sur le B8, mais moins performant que sur le C8. En version Pro sur ce dernier, elle nécessite la puissance de l’Alpha 9. Cet algorithme permet d'Upsampler l'espace colorimétrique de n'importe quelle source en Wide Gamut (Espace couleur étendu), en recalculant chaque coordonnée couleur et non en étirant les coordonnées comme le font la plupart des TV. Au final, les couleurs sont plus riches tout en préservant le naturel des couleurs et des teintes de peau. En clair, en activant le mode Étendue dans le menu, le processeur vidéo va adapter un signal Rec.709, DCI‑P3 ou REC.2020 au Wide Gamut du TV, ce qui permet d'exploiter l'intégralité de l'espace couleur natif proposé par la dalle Oled. En version « non pro », soit sur les TV B8, cet algorithme propose des teintes moins naturelles, surtout pour la carnation qui tire trop sur le rouge/orangé. Inutile de préciser, donc, que ceux qui recherchent des couleurs les plus fidèles possible ne doivent jamais enclencher ce genre de procédé, surtout après avoir calibré le TV...

 

 

  • TruMotion avec BFI : la compensation de mouvement est similaire à l'an dernier dans son ensemble avec les mêmes réglages et une qualité satisfaisante, fluide et précise dans les mouvements, en dehors de quelques décrochages avec la TNT. Même si le réglage TruMotion est légèrement plus précis et fluide sur le C8 que sur le B8. Cependant, cela reste de très bonne qualité, tout comme l'an dernier. En 2018, LG propose une nouvelle option TruMotion Pro qui active un mode BFI pour réduire la rémanence. Celle‑ci nous a semblé superflue car elle réduit trop la luminosité déjà limitée des TV Oled, surtout lorsque le système ABL (Auto Brightness Limiter) s'enclenche pour ramener le pic lumineux à 150 nits environ (et moins de 100 nits avec le TruMotion Pro activé). De plus, la rémanence est déjà très limitée, le temps de réponse mesuré à 1,7 ms et les images en mouvement déjà très précises sans cette option. Pour être parfaitement honnêtes, nous attendions avec impatience un mode BFI sur les TV Oled, mais force est de constater qu’il s’agit finalement du parfait exemple de la fausse bonne idée. Tant que le pic lumineux des écrans Oled ne pourra pas atteindre réellement 1 200 nits, le BFI fait plus de mal que de bien.

 

 

Pour le reste, on retrouve tout ce qui a fait le succès des TV Oled signés LG jusqu'à présent avec, notamment, plusieurs modes Couleur : Dynamique, Standard, Game, Cinema, Game, Technicolor, ISF Jour & Nuit. Évidemment, si une fonction 3DLUT est disponible, il reste toujours possible de calibrer son TV « comme avant » avec n’importe quelle sonde et logiciel. Pour cela on trouve toujours un Color Management System sur trois axes, une Balance des Blancs 20P et tous les réglages habituels de Luminosité, Contraste, Teinte, Résolution, D NR, Niveau de Noir, etc. Présente encore, la fonction anti‑burning qui permet d'effacer toutes traces de marquage est toujours aussi efficace. C'est là une grande différence avec la technologie Plasma. En effet, si du marquage peut effectivement apparaître sur l'Oled, les outils proposés permettent d'effacer toutes traces en quelques minutes. Par contre, à savoir, il faut éviter de le faire trop souvent, car après avoir lancé le nettoyage, l'image met parfois deux à trois jours avant de revenir aussi précise qu'avant.
Précision, LG propose également un nouveau mode Game qui permet de réduire l'Input Lag. LG avait annoncé un Input Lag d'environ 21 ms lors du CES 2018, nous relevons exactement 21 millisecondes. C'est assez rare lorsque les promesses sont parfaitement tenues, ça mérite donc d’être souligné : bravo !

 

Interface Smart TV ThinQ AI contrôlée par Magic Remote 

Impossible de parler de l'interface WebOS ThinQ AI sans évoquer la Magic Remote de LG, véritable révolution dans la façon d'utiliser son TV. Cette dernière est toujours aussi sympa et fun à utiliser avec son pointeur gyroscopique de plus en plus précis et son micro intégré pour les recherches et commandes vocales encore améliorées. La version WebOS ThinQ AI permet d'utiliser le micro pour ajuster au mieux le son du téléviseur en fonction du bruit ambiant de la pièce. Le pointeur gyroscopique permet d'interagir avec les vidéos 360° directement sur l'écran du TV en se déplaçant dans l'image.

 

 

Cette télécommande est d'autant plus intéressante cette année via la fonction ThinQ AI (une sorte de mariage entre l'algorithme WebOS de LG et l'intelligence artificielle de Google Assistant). Il est dorénavant possible de discuter avec son TV, poser des questions, faire des recherches vocales, obtenir des conseils, des recommandations de contenus, etc. LG précise que ses TV ThinQ AI seront rapidement capables de « contrôler » d'autres appareils ThinQ AI LG d'un foyer (climatiseur, réfrigérateur, machine à laver, domotique…), ou Google Assistant (enceintes actives par exemple), toujours via des ordres vocaux.

 

 

D'autre part, la Magic Remote propose toujours les touches Focus et Live Zoom pour agrandir une partie de l'image ou faire des captures, la fonction de télécommande universelle pour piloter d'autres appareils que la TV, ou encore le bouton Screen Remote pour afficher une télécommande virtuelle à l'écran. Les touches de couleur sont des raccourcis programmables.

 

 

 

On retrouve donc cette excellente interface WebOS, toujours aussi fluide, réactive et ergonomique avec de nombreux raccourcis qui s'affichent en Pop‑Up en bas de l'image pour accéder en un clic à tous les appareils connectés au TV, à la fonction PVR, au système de jaquettes Plex ou XPlay (version spécifique, et non officielle, de Plex, (cf. photo plus bas), au navigateur internet, à un EPG complet, ou encore à des dizaines de services et applications en tout genre (VOD Amazon, Netflix…), ou encore la possibilité de diffuser le contenu d’un smartphone ou tablette sur le TV.

 

 

Côté lecteur multimédia du TV, là aussi tout est bien pensé et réactif. Les recherches et le lancement des films et musiques sont instantanés, tous les formats vidéo les plus courants sont lus en SD, HD et UHD dont le MKV, TS, M2TS, AVI, DivX HD, WMV HD, Mpeg4, AVC/H.264, x264, HEVC/H.265, AVC‑HD, VC‑1, VP9, VP8, XviD, entre autres. Quasiment toutes les vidéos sont lues sans encombre, sauf les Iso et les répertoires Blu‑Ray (BDMV). Comme l'an dernier la lecture des vidéos 24p s’effectue en 60 im/s et la fréquence d'affichage bascule en 120 Hz, mais la conversion de cadence n’engendre aucune saccade, la lecture est parfaitement fluide. Le décodage vidéo est de très bonne qualité, d'autant plus que l'intégration du nouveau processeur a permis une nette amélioration du traitement vidéo et de l'Upscaling UHD, comme déjà précisé.

 

 

Tous nos échantillons de test Ultra HD HDR10 et HDR Dolby Vision ont été lus sans problème. Les sous‑titres sont très bien gérés également, avec possibilité de synchronisation, modification de la taille de la police, couleur, position, etc. Là aussi, les formats les plus courants sont décodés, comme le .srt, .ssa, .smi, .ass (pas de .pgs). Les pistes audio DTS 5.1, Dolby Digital 5.1, Dolby Atmos 7.1.4, AAC, MP3, WMA, Flac sont lues en stéréo ou bitstream via optique ou HDMI ARC. Bref, voilà très bonne gestion multimédia, même si évidemment rien ne remplace un vrai lecteur multimédia comme le Zappiti 4K HDR (cliquez sur la référence pour découvrir le test complet du produit par la rédaction d’AVCesar.com) qui est actuellement l'une des références dans ce domaine.

 

Concurrence

De nos jours, il existe de plus en plus de spécimens Oled, pour notre grand plaisir, et cela devrait contribuer à voir les prix baisser relativement rapidement. Le LG OLED55B8 est donc confronté à divers concurrents dont évidemment les TV Oled Sony, Panasonic, Loewe ou encore Philips. On peut citer par exemple le Panasonic 55FZ800 testé récemment dans nos colonnes (cliquez sur la référence pour découvrir le banc d’essai complet de la rédaction d’AVCesar.com) et qui semble être le plus proche concurrent du LG B8 avec les compatibilités HDR HLG et HDR10+ (mais pas HDR Dolby Vision), un mode pré‑calibré THX et un processeur HCX avec 3DLUT. Sauf qu'ici, ce dernier est interne et fermé à l'utilisateur, ce qui constitue une sacrée différence, vous en conviendrez ! Cela dit, ce TV possède d'autres atouts comme une colorimétrie souvent plus juste en sortie de carton, des outils de calibrage plus précis et plus stables et une gestion réseau client/serveur complète.

 

Autre concurrent intéressant, le Sony KD‑55AF8 (cliquez sur la référence pour découvrir le banc d’essai complet de la rédaction d’AVCesar.com), un Android TV compatible HDR10, HDR HLG et HDR Dolby Vision, qui intègre lui aussi une dalle LG 2018. Cet écran se démarque évidemment par le savoir‑faire de Sony en termes de traitement vidéo avec un impressionnant processeur X1 Extreme 4K HDR qui offre une conversion SDR/HDR magnifique, un traitement HDR de très haut niveau et surtout un post‑traitement vidéo d'une grande beauté, l’un des plus performants à l'heure actuelle y compris pour son Upscaling UHD. Ce TV propose également une excellente colorimétrie et un système audio de qualité dénommé Acoustic Surface, innovant, qui fait vibrer la dalle Oled (le son sort directement de l'écran !).

 

On peut également citer l'exceptionnel Philips 55OLED803 (cliquez sur la référence du produit pour découvrir le test complet du produit par la rédaction d’AVCesar.com) récemment testé dans nos locaux avec son célèbre et exclusif système Ambilight, un OS sous Android TV, et plusieurs nouveautés très intéressantes comme la seconde génération du traitement vidéo P5 Perfect Picture Engine (cf. notre dossier P5 Perfect Picture Engine, le processeur surdoué de Philips) pour une conversion SDR/HDR inégalée, le Micro Dimming Perfect, ou le dispositif Color Booster 17 bits pour un espace couleur étendue (99% DCI‑P3) qui réduit considérablement les soucis de postérisation.

Fiche technique
Type : OLED
Diagonale de l'image : 140 cm
Standard : Ultra HD
Résolution native : 3840 x 2160 pixels
Processeur : Quad Core
HDR : HDR10, HDR HLG, HDR Dolby Vision
100 Hz : oui
Réception : télétexte, PAT, PIP, PAP, Infos+, EPG, TNT (simple tuner HD et UHD, chaînes payantes via CI+), SAT (simple tuner HD et UHD, chaînes payantes via CI+), Câble (simple tuner HD et UHD, chaînes payantes via CI+)
Connectique : 4 entrées HDMI (v 2.0b, dont 1 arrière et 3 latérales), 1 sortie casque (arrière), 1 sortie audio stéréo, 1 sortie audio numérique (optique), 1 port CI+, 3 ports USB Host (arrière et latéral) dont 1 USB 3, 1 port Ethernet, Wi‑Fi (ac)
Compatibilité : NTSC (480i, 480p), Pal (576i, 576p), HD (720p/50, 720p/60, 1 080i/50, 1 080i/60), Full HD (1 080p/24, 1 080p/50, 1 080p/60), Ultra HD (2 160p/24)
Multimédia : MP3, WMA, AAC, Ogg, Flac, DivX (Ultra HD), WMV (Ultra HD), Mpeg2 (Ultra HD), Mpeg4 (Ultra HD), MKV (Ultra HD), TS (Ultra HD), HEVC, VP9, Jpeg, UPnP (DLNA), Bluetooth 4.2 + EDR, HBBTV, Podcast, Webradios, WebTV (Widgets), accès Web
Usage : télécommande préprogrammée, capteur de luminosité, CEC, Auto Lipsync, xvYCC, Deep Color, Super 4/3, 4/3, 14/9, 16/9, Zoom Letterbox, Zoom Letterbox sous-titres, Zoom 2.35 (4/3, 16/9, HD), Overscan
Réglage : Espace couleur (couleurs primaires + couleurs secondaires), balance des blancs paramétrable (20P), réglage de gamma (préréglage), renforcement du contraste (dynamique), désentrelacement (vidéo/film) automatique
Réducteur de bruit : D NR, Mpeg NR, Mosquito NR
Optimisation de la netteté dans les mouvements : en SD (480i/576i), en ED (480p/576p), en HD (720p/1 080i), en Full HD (1 080p/24, 1 080p/50, 1 080p/60), en Ultra HD (2 160p/24)
Compensation de mouvement : en SD (480i/576i), en ED (480p/576p), en HD (720p/1 080i), en Full HD (1 080p/24, 1 080p/50, 1 080p/60), en Ultra HD (2 160p/24)
Son : puissance (4 x 10 W), décodeur (PCM, Dolby Digital, Dolby Digital Plus, HE-AAC, DTS), ARC, processeur surround (OLED Surround), traitement audio (Dolby Atmos), égaliseur, AVL
Consommation : 125 W (0,3 W en veille)
Dim. (L x H x P) : 1228 x 749 x 220 mm
Poids : 17,8 kg
ph image
Verdict technique

Après avoir fait le tour du téléviseur et livré quelques informations rapides sur ses performances et fonctionnalités, est venu le moment de vous livrer notre verdict sur ce fameux LG OLED55B8. Il nous a semblé surtout intéressant de le comparer au C8 pour savoir si les 500 € environ qui séparent ces deux spécimens valent le coup d'être ajoutés ou pas. Comme nous allons le voir, la différence se situe surtout au niveau du traitement vidéo, mais tout dépend des sensibilités de chacun, car la différence ne sautera pas aux yeux de tous. Plus surprenants, nous avons relevé des différences assez importantes du côté du pic lumineux en HDR. Il faut rajouter à cela que le C8 est plus réactif et permet le support du HFR en HDR jusqu'en 120 Hz, alors que pour le B8, c'est soit du HFR, soit du HDR. Une chose est certaine, le gap par rapport à 2017 est plus conséquent avec le C8 qu’avec le B8.

 

 

Précision, ce banc d’essai fut aussi l’occasion de tester à nouveau l'AutoCal avec 3DLUT de SpectraCal lors de séances de calibrage multiples avec la participation de Cédric Louis, calibreur certifié ISF et THX Level II de son état, présent dans notre laboratoire. Comme d’habitude, nous avons utilisé des appareils de mesure de haute précision comme un Colorimètre Klein K‑10A (cf. photos ci‑dessous), un spectroradiomètre Jeti Specbos 1211, un générateur de mire UHD HDR10 et HDR Dolby Vision Murideo, le tout avec le logiciel Calman sous licence ISF et THX.

 

Présentation de la fonction AutoCal avec 3D LUT par SpectraCal 

Pour la première fois, un fabricant de TV grand public propose une fonction extrêmement aboutie d'autocalibrage avec 1D & 3DLUT ouvert à l'utilisateur et près de 36 000 points de corrections colorimétriques contre près de 5 000 auparavant. La fonction AutoCal et la création d'un LUT 3D sont exclusives au logiciel Calman de Spectracal. À partir de là, à moins d'être équipé du matériel adéquat et d'avoir de solides compétences en la matière, il faudra faire appel à un calibreur professionnel. Pour mettre en œuvre la fonction AutoCal, il faut d'abord connecter l'ordinateur et le TV sur le réseau, enregistrer l'adresse IP du TV pour que Calman puisse accéder au menu interne du diffuseur et ainsi « bypasser » toute l'interface. La télécommande devient donc inutile puisque tout est « pilotable » depuis Calman et toute la procédure est automatique.

 

 

De nombreuses sondes sont compatibles, des plus abordables comme la Spectracal C6 (pour ne citer que les sondes compatibles HDR) aux plus coûteuses comme le spectrophotomètre Klein K10‑A, utilisé lors de ce test. Ce dernier possède une telle puissance de calcul que la procédure n'aura duré que 2 x 8 mn pour un calibrage haute précision HDR10 (2 x 3 mn en SDR). La puissance de la sonde est d'autant plus importante que le système ABL nécessite des prises de mesures ultrarapides. C'est malheureusement le gros point sombre au tableau, car sans matériel à plusieurs dizaines de milliers d'euros, il est quasiment impossible d'exploiter pleinement cet outil exceptionnel.

 

Évidemment, l'AutoCal n'est pas obligatoire, on peut très bien choisir de créer un LUT 3D en faisant les réglages manuellement, mais autant dire qu'au regard du nombre de points de corrections, il faudra probablement plusieurs heures, voire plusieurs jours de calibrage alors que l'AutoCal permet de réaliser toute la procédure en quelques minutes !

 

AutoCal 3D LUT SDR & HDR 

Calman a plusieurs méthodes pour créer une LUT 3D. La première, dénommée Matrix LUT, crée une LUT 3D en utilisant 3 x 3 Matrix Math en lisant juste cinq patchs de couleur. Cette méthode est la plus rapide de toutes et prend moins de 30 secondes. La précision obtenue est équivalente aux résultats d'un étalonnage à partir du CMS proposé par le TV, soit un calibrage « normal », mais beaucoup plus rapide. Cependant, à ce niveau, on peut encore tout réaliser manuellement sans y passer trop de temps.

 

 

La deuxième méthode dite Lightning LUT est déjà bien plus complexe et, dès ce niveau, il devient difficile de se passer de la fonction AutoCal. Cette dernière ne réalise pas moins de 101 mesures et dure environ 5 minutes. La précision obtenue est déjà bien meilleure qu’avec la méthode Matrix LUT.

 

La troisième méthode appelée iRP Time LUT ou Point Based 3D LUT nécessité du matériel professionnel de haute précision et surtout une sonde assez véloce pour faire des mesures rapides, car elle permet d'atteindre un niveau de précision ultime avec un minimum de 3 500 mesures de patches de couleur ! À ce niveau‑là, l'AutoCal est évidemment incontournable, car ce serait bien trop long d'intervenir manuellement. Pour améliorer la précision de la méthode iRP Time LUT, il est recommandé de modifier le paramètre d'insertion de motif de champ complet dans cette configuration : fréquence, 10 secondes ; durée, 5 secondes ; niveau, 10%.

 

Sachez qu'en fonction de la vitesse de votre appareil de mesure, la méthode iRP Time LUT peut prendre plusieurs heures. Voilà pourquoi nous utilisons le plus souvent le matériel Klein K‑10A extrêmement puissant, donc rapide.

 

 

À notre grand étonnement, durant toute la procédure de calibrage, l'AutoCal s'est avérée ultra‑performant, parfaitement fonctionnelle et bien plus simple à utiliser qu'on ne le pensait ! Au premier abord en tout cas. Car il est apparu des évolutions et instabilités avec le temps et parfois, après vérification en mesurant de nouveau le TV, la perte de tous les réglages. Le problème vient aussi du fait que ces réglages sont réalisés en interne, impossible de visualiser depuis le menu du TV si tout a été appliqué et conservé. Il faut donc à chaque fois intervenir dans le menu interne. Autant dire que pour l'utilisateur lambda c'est mission impossible. Pour le calibreur pro c'est également compliqué de faire payer une intervention aussi onéreuse sans pouvoir suivre les résultats, ni garantir une parfaite stabilité. Enfin, il faut aussi ajouter le paramètre « humain », c'est‑à‑dire qu'un calibrage se fait aussi (un peu) au feeling. En effet, chaque utilisateur a ses attentes et chaque TV est différent même à référence identique. L’écran peut présenter par exemple quelques défauts qu'il est possible de corriger avec le calibrage au prix de quelques compromis ou retouches bien précises. Et ça, seul un professionnel peut le faire. Le calibrage est aussi un art !

 

Bref, au final, même s'il est évidemment possible d'atteindre un niveau de précision hors norme et des résultats somptueux, nous avons préféré calibrer le TV comme d'habitude, soit manuellement et en passant par l'interface utilisateur en mode ISF. Bien sûr, le fait d'offrir la possibilité de créer un LUT 3D est une option évidemment très intéressante et qui a de l'avenir, mais comme toute nouveauté elle doit encore être améliorée et fiabilisée pour gagner en stabilité et efficacité. Il faudrait, en premier lieu, que les résultats et les paramètres soient consultables par l'utilisateur depuis l'interface du TV.

 

 

Précision, il faut impérativement désactiver le mode Eco (actif par défaut) sans quoi le pic lumineux sera bridé à 100 nits. Autre précision, l’option 3DLUT n'est disponible qu'en mode SDR Rec.709 et HDR10 BT2020, mais pas en HDR Dolby Vision qui utilise sa propre procédure de calibrage soit en mode Manuel, soit en Automatique, mais avec un nombre de mesures bien plus limité qu'un 3DLUT. Pour être honnête, il faut dire qu'en présence de métadonnées dynamiques, un 3DLUT aurait été bien trop complexe à mettre en œuvre. En effet, si les capacités du processeur Alpha 9 ont permis l'intégration du mode 3DLUT, celui‑ci n'est pas encore assez puissant pour proposer un 3DLUT Dolby Vision. Enfin, dernière précision, cette année, après avoir lancé le calibrage automatique en HDR Dolby Vision, la mise à jour de ce dernier se fait via IP. Il n'est donc plus nécessaire de faire cette mise à jour à travers une clé USB, comme en 2017.

 

Ce nouveau processus d'étalonnage Dolby Vision est très différent de tous les processus d'étalonnage précédents. Les téléviseurs actuels compatibles HDR sont toujours basés sur un gamma 2.2 au niveau du panneau. L'EOTF HDR (ST 2084 ou HLG) est ensuite « mappée » sur la réponse native de la dalle avec un tel gamma. En travaillant avec LG et Dolby, Calman envoie des métadonnées Dolby Vision « Relative Mode » spéciales pour mettre le moteur Dolby Vision du téléviseur en mode « Pass‑Through » (transparent). On utilise ensuite AutoCal pour étalonner l'échelle de gris 1D LUT basée sur un gamma 2.2 et un point blanc D65. Après avoir calibré les niveaux de gris, on utilise Calman pour créer un fichier de configuration Dolby Vision personnalisé en prenant diverses mesures. Une fois le fichier de configuration créé, on le charge dans le téléviseur via IP en cliquant sur un simple bouton.

 

Calibrage presque obligatoire… 

Sur ce point, le B8 propose une colorimétrie en sortie de carton un peu plus proche des standards du cinéma que le C8, mais les écarts Delta E mesurés sont encore trop importants pour éviter un calibrage. En tout cas, si on désire retrouver une colorimétrie fidèle aux souhaits des réalisateurs évidemment !

 

 

 

Quoi qu'il en soit, qu'on aime ou pas la colorimétrie utilisée au cinéma, on recherche forcément des courbes les plus linéaires possible et force est de constater qu'on est très loin du compte, quel que soit le mode Image choisi ! Si tous les outils nécessaires sont disponibles pour obtenir une colorimétrie absolument parfaite, LG et Technicolor doivent encore faire quelques efforts afin de proposer une colorimétrie plus juste en sortie de carton. Nous sommes donc partis du mode ISF qui propose tous les réglages nécessaires pour calibrer l'image et ajuster le traitement vidéo. Attention, certains modes ne proposant pas autant de réglages que d'autres, il est donc important de choisir celui qui vous convient le plus (ISF et Standard sont les plus complets).

 

Pour rappel, on considère que les dérives colorimétriques ne sont plus visibles lorsque la valeur du Delta E est inférieure à 3 sur chaque palier de l'échelle de gris et sur chaque teinte, luminosité et saturation des couleurs primaires et secondaires. En sortie de carton, le mode ISF est trop perfectible.

 

 

Mesures avant calibrage (cf. capture ci‑dessus) :

  • Gamut Rec.709 : nous relevons un Delta E moyen de 3,46 pour un Delta E maximum de 7,17
  • Balance des Blancs en SDR : nous relevons un Delta E moyen de 4,64 pour un Delta E maximum de 7,15
  • Gamut Rec.2020 : nous relevons un Delta E moyen de 5,23 pour un Delta E maximum de 7,65
  • Balance des Blancs en HDR10 : nous relevons un Delta E moyen de 4,88 pour un Delta E maximum de 7,58


Certains Delta   peuvent donc dépasser les 7, c'est à peine meilleur que le C8. C'est évidemment à chacun de juger mais, pour nous, un calibrage est obligatoire, d'autant plus que cela permet d'offrir une meilleure lisibilité dans les noirs comme dans les blancs, réduire la postérisation et les éventuels risques de vignettage. Le mode Technicolor n’est pas au niveau non plus, mais nous pensons que cela vient aussi de la procédure de fabrication. Plus l'assemblage du TV et le réglage du 3DLUT interne sont rigoureux, moins il y aura d'écarts entre chaque modèle qui sort d'usine et donc, forcément, plus il est possible de proposer un mode calibré juste en sortie de carton.
D'autre part, quand on voit le gain qualitatif obtenu en faisant un calibrage en règle, on ne peut que constater que sans avoir recours à un calibreur professionnel (soit un investissement supplémentaire d'environ 400 €), l'utilisateur lambda est loin de profiter pleinement de son TV.

 

En effet, il faut bien comprendre qu'un calibrage utilisant le 3DLUT va au‑delà de ce que nous montrent les mesures, puisque l'intégralité du spectre sur trois axes est corrigée sur plusieurs milliers de points de corrections. Grâce à la précision des corrections de saturations colorimétriques, il est possible de faire disparaître tous les soucis de postérisation et forcement les dégradés sont plus nuancés : l'image gagne en clarté, en homogénéité, mais aussi en précision et en fluidité ! L'apport de ce 3DLUT est vraiment bluffant, une véritable claque pour tout professionnel de l'image ! Il n'y a plus qu'à espérer que LG corrige ces soucis d'instabilités pour valoriser cette fonction qui a un énorme potentiel.

 

Comme précisé, en attendant que l'AutoCal et ce 3DLut soient plus stables, nous avons calibré le TV en utilisant le mode ISF, Technicolor HDR ou Cinéma. Résultat, nous arrivons tout de même à obtenir d'excellents résultats !

 

 

Mesures après calibrage (cf. capture ci‑dessus) :

 

  • Gamut Rec.709 : nous relevons un Delta E moyen de 0,93 pour un Delta E maximum de 2,13
  • Balance des Blancs en SDR : nous relevons un Delta E moyen de 0,18 pour un Delta E maximum de 0,34
  • Gamut Rec.2020 : nous relevons un Delta E moyen de 1,03 pour un Delta E maximum de 1,65
  • Balance des Blancs en HDR10 : nous relevons un Delta E moyen de 0,23 pour un Delta E maximum de 0,38

Nous pouvons constater que même en utilisant les outils de calibrage « classiques » il est donc possible d'obtenir des résultats somptueux, proche de la perfection, même si encore une fois, le 3DLUT permet d'intervenir sur des secteurs de l'image que les mesures ne montrent pas. Sinon, on retrouve peu ou prou la couverture colorimétrique qu'en 2017 et que sur le C8, avec 98,04% du DCI‑P3 et 72,73% du Rec.2020. Sur ce point l'Oled n'a rien à envier aux TV LCD LED.

 

Rendu HDR superbe, mais pas aussi spectaculaire que sur le C8...

Alors que nous pensions retrouver le même style de rendu HDR, avec à peu près la même luminosité que ce que propose le C8, nous constatons que le B8 est beaucoup moins lumineux que le C8 avec un pic mesuré à 743 nits en mode Technicolor HDR (683 nits sur la Balance des Blancs, cf. capture ci‑dessous), il tombe même à 683 nits en mode Cinema HDR (623 nits sur la Balance de Blancs, cf. deuxième capture ci‑dessous), soit presque 300 nits de moins que le C8.

 

 

C'est probablement le secteur sur lequel on constate le plus de différence entre ces deux modèles et qui peut à lui seul être un critère décisif pour de nombreuses personnes. De toute évidence, la seule chose qui puisse expliquer une telle différence, c'est le processeur Alpha 9. Il faut ajouter à cela une lisibilité dans le noir un peu moins fouillé et une image moins précise avec moins de relief, moins de profondeur de champ. Nous pouvons voir que l'Auto Depth Enhancer présent sur l’Alpha 9, car cet algorithme nécessite de grosses ressources, fait du bon travail à l'image du X1 Ultimate de Sony ou le P5 Perfect Picture Engine (cliquez pour découvrir le dossier complet de la rédaction) qui proposent des résultats très impressionnants sur ce secteur.

 

 

Rappelons, encore une fois, de bien penser à désactiver le mode Eco qui bride considérablement la luminosité. Une fois désactivé et après calibrage, comme déjà précisé, nous relevons un pic HDR de 743 nits avec une mire APL de 10% ! Pour rappel, la plupart des TV LCD LED actuels affichent à peu près la même luminosité, seuls quelques exemplaires atteignent 1 200 nits et ceux qui avoisinent 2 000 nits comme le Samsung Q9 ou le Sony ZD9 sont rares (cliquez pour découvrir le banc d’essai complet du produit par la rédaction d’AVCesar.com). Si on ajoute à cela le ratio de contraste énorme proposé par l'Oled, on comprend vite que cette technologie est capable d'offrir des rendus HDR très dynamiques. En SDR nous relevons un pic lumineux maximum de 415 nits. Évidemment, le souci reste le même sur des surfaces plus importantes à cause de l'ABL qui bride le pic lumineux à 153 nits sur une mire HDR de 100%. Ceci dit, l'ABL ne s'enclenche que très rarement lorsqu'on visionne un film (un peu plus en utilisation PC ou avec les jeux).

 

L'apport de ce 3DLUT se fait également, voire surtout, ressentir en HDR en partie grâce à l'algorithme Enhanced Dynamic Tone Mapping. Si les TV Oled proposent un taux de contraste exceptionnel, de nombreux spécimens souffrent souvent d'un manque de lisibilité dans le voisinage du noir avec des noirs bouchés. Comme le montre le visuel des mesures faites après calibrage, non seulement la balance des blancs et le gamma sont parfaits, les couleurs sont réglées avec une précision d'orfèvre, mais en plus la courbe de transfert EOTF est parfaitement alignée avec la courbe cible, soit une précision encore jamais obtenue et cela se voit clairement à l'œil avec un rendu HDR10 de toute beauté. Le voisinage du noir totalement débouché révèle tout le potentiel de cette technologie. Toutefois, le LG OLED65C8 (cliquez pour découvrir le banc d’essai complet du produit par la rédaction d’AVCesar.com) testé il y a quelques mois fait encore un peu mieux en termes de lisibilité dans les noirs.

 

 

 

Les réglages sont les mêmes qu'en 2017, avec la possibilité d'ajuster la netteté et le filtre Résolution (cf. photo ci‑dessus), mais c'est évidemment tout le travail réalisé en interne qui fait la différence et cela se ressent même sur la compensation de mouvement avec une image plus précise dans les travellings. Autre précision, le boulot de l’Alpha 9 est également extrêmement visible avec un signal TNT, mais l'Alpha 7 du B8 permet tout de même de profiter d'une meilleure image avec la télévision numérique terrestre que sur les TV LG millésime 2017.

 

Mesures diverses : homogénéité, Color Volume et qualité de diodes... 

Inutile de s'attarder sur l'homogénéité, c'est évidemment l'un des gros points forts de la technologie Oled qui ne souffre pas de Clouding, ni de Blooming ni évidemment de fuite de lumière avec une parfaite répartition de la lumière et de la chaleur. Précisons tout de même que LG a considérablement amélioré les soucis de « vignettage » dont souffraient les premières générations. Même si ce défaut peut légèrement varier d'un modèle à l'autre, et que nous avons pu voir un tout léger vignettage sur certaines mires durant le calibrage, il ne nous a jamais gênés durant un film. il semble évident que de gros efforts ont été faits de ce côté‑là. Les angles de vision font également partie des qualités de l'Oled, mais contrairement à ce qui a souvent été dit ou écrit, ce n'est pas non plus parfait. Évidemment, le contraste ne subit aucune perte, même totalement hors taxe, mais lorsqu'un spectateur est trop excentré, ce sont les teintes qui ont tendance à dériver.

 

En revanche, s'il y a un secteur sur lequel l'Oled doit encore progresser, c'est au niveau du Color Volume. Lors du test du QLED Samsung Q9 (cliquez pour découvrir le banc d’essai complet du produit par la rédaction d’AVCesar.com), nous avons pu voir que ce dernier était capable d'afficher 100% du DCI même à très forte luminosité (1 000 nits), ce qui n'est pas le cas du B8 dont le DCI n'est plus qu'à 80%. Résultat, sur les mêmes scènes colorées, le Samsung sera bien plus « pêchu » que le LG B8, plus fade.

 

 

D'autre part, l'utilisation d'une dalle Woled a également des conséquences sur le spectre de lumière, qui se rapproche étonnamment de celui d'un LCD avec une lumière plus prononcée dans le bleu, mais en retrait dans les tons plus chauds. Cela explique cette image une peu froide à l'instar de la technologie LCD, contrairement au Plasma qui possède un spectre plus prononcé dans le rouge. Lorsque l'Oled proposera des panneaux RVB, la donne sera très différente.

 

 

Enfin, concernant la qualité intrinsèque des diodes Oled, les mesures TLCI (Television Lighting Consistency Index) définissent la qualité intrinsèque de ces nouvelles dalles (la capacité des diodes à reproduire une colorimétrie la plus proche possible de celle perçue par l'œil humain), les mesures donnent des résultats standards. Avec une valeur moyenne de 28/100 (cf. photo ci‑dessus), c'est similaire à l'an dernier et aux TV Sony AF9. Seul Panasonic se démarque ici avec un TLCI de 48, un véritable exploit puisque Panasonic utilise les mêmes dalles ! Jusqu'ici, le record appartient au Sony ZF9 dont le test sera publié prochainement dans nos colonnes avec une valeur moyenne de 55/10 ! À noter, certains vidéoprojecteurs réalisent d'excellents scores dans ce domaine…

 

Pour conclure...

Il est évident que LG a grandement progressé cette année, mais ce gap est d'autant plus visible sur les spécimens équipés du processeur Alpha 9. Cependant, la plupart des utilisateurs ne verront pas forcément de grosses différences entre l'image proposée par le C8 et le B8. Pour nous qui testons des TV toute l'année et qui portons un regard forcément plus acéré et critique de l'image, ces différences sont pour nous visibles.

 

 

Le constructeur innove avec ce processeur Alpha 7 qui a permis d'intégrer une technologie de calibrage sur laquelle LG travaille depuis de nombreuses années et qui vient concurrencer directement Panasonic sur un terrain qui lui semblait pourtant acquis : le calibrage professionnel ! Malheureusement, cette fonction est encore un peu trop instable à l’heure d’écrire ces lignes. Cela dit, il ne fait aucun doute que ce n'est qu'une question de temps pour que ces instabilités soient corrigées. En attendant, les outils de calibrage plus classiques proposés en mode ISF sont déjà très performants pour obtenir une colorimétrie juste avec un Delta E inférieur à 1 ! Mais il s’agit d’une réflexion faisant fi de toutes considérations tarifaires.

 

Car si le post‑traitement vidéo du processeur vidéo Alpha 7 n'est pas aussi impressionnant que celui du Alpha 9, il améliore cependant le traitement interne de l'image par rapport aux TV 2017 avec une image plus nette, plus précise et surtout beaucoup moins de bruit résiduel. À notre grand étonnement, le LG B8 propose lui aussi une très belle lisibilité dans les scènes sombres, là encore bien plus fouillées qu'en 2017, même si certains modèles font mieux. Au final, nous sommes en présence d’un très bon TV Oled délivrant de très belles performances dans tous les domaines, sans réels points faibles, avec de surcroît un excellent rapport qualité/prix.

 

 

Pour le reste, la partie Smart TV est toujours aussi complète avec une gestion multimédia étendue, une prise en charge réseau client/serveur, des possibilités de diffuser l'audio sans‑fil via Bluetooth, etc. On retrouve aussi l'excellente ergonomie du système WebOS en version ThinQ AI assistée par l'intelligence artificielle et Google Assistant, une télécommande qui facilite grandement l'usage au quotidien avec ses possibilités de commandes vocales et son pointeur gyroscopique, un portail internet très riche avec de nombreuses applications et services de   et de belles performances pour les gamers (Input Lag mesuré à 21 ms).

 

Le LG B8 est encore un splendide téléviseur au design élégant, tout en finesse, et doté d'une belle finition et, surtout, de l'un des meilleurs traitements antireflet disponibles. À savoir, ce TV est capable d'offrir une excellente colorimétrie, mais cela nécessite un calibrage. Et même si, à la rédaction d’AVCesar.com, le supplément pécuniaire associé au C8 aux performances légèrement supérieures au B8 dans tous les domaines doit être considéré (c'est pourquoi le B8 obtient 5 étoiles et non 6), la différence de prix est un argument massue des modèles B8.

+ Les points forts
»  
Système AutoCal 3DLUT par SpectraCal
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Compatibilité HDR10, HDR HLG et HDR Dolby Vision
»  
Très bon dans tous les domaines
»  
Colorimétrie exceptionnelle après calibrage
»  
Design élégant, moderne et tout en finesse
»  
Gestion réseau et multimédia très abouti
»  
Très bonne lisibilité dans les noirs
»  
Très bon rapport qualité/prix
- Les points faibles
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Colorimétrie en sortie de carton
»  
Alpha 7 en retrait dans tous les secteurs par rapport au Alpha 9
»  
Pic lumineux perfectible
»  
Le LG C8 lui fait de d'ombre
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