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TV - Écran plat

Sony KD-65AF8

Mustav
Prix indicatif : 3 490 € TTC
Note AVCesar.com


Type : OLED
Diagonale de l'image : 165 cm
Standard : Ultra HD
Résolution native : 3 840 x 2 160 pixels
Processeur : Quad Core
100 Hz : oui
TNT : double tuner (HD et UHD)
HDMI : 4 (v 2.0b, dont 4 latérales)
Dim. (L x H x P) : 1 447 x 841 x 255 mm
Poids : 28 kg
L’essentiel

Équipé du processeur vidéo X1 Extreme, pas loin d’être le plus performant du marché TV, il nous semblait évident que la première série TV Oled Sony A1 commercialisée en 2017 allait rencontrer un gros succès. Surtout après avoir testé en long, en large et en travers le spécimen 65’’ dans nos colonnes au mois d’avril dernier. En effet, les ventes du Sony A1 ont répondu aux attentes et espoirs du géant japonais. C'est donc sans surprise que le constructeur nippon poursuit dans cette voie en proposant cette année la série TV Oled Sony AF8, une alternative plus « classique » en termes de design, mais qui n'a rien à envier aux performances de son grand frère. De plus, cette dernière embarque la plus récente génération de dalles Oled fabriquée par LG Display.

 

 

Loin d'être une révolution, cette nouvelle mouture apporte tout de même de petites améliorations non négligeables comme un pic lumineux un poil plus élevé et un ABL (Auto Bright Limiter) moins marqué pour une image plus lumineuse dans son ensemble ou encore un écart interpixel réduit pour améliorer la résolution perçue et forcément l'efficacité du traitement vidéo. Ces petits détails ont tout de même leur importance, surtout pour le public exigeant auquel s'adresse ce type de téléviseur. Restait à savoir si Sony a su tirer le meilleur de cette nouvelle génération de dalle Oled. C'est ce que nous vous proposons de découvrir tout au long de ce nouveau banc d’essai, toujours hyper‑complet.

 

Design plus classique, mais qualité toujours au top ! 

Commençons par ce qui différencie d’emblée les TV Sony A1 des TV Sony AF8 : le design ! Plus classique, donc, avec un coffre majoritairement en PVC là où les A1 utilisent un coffre plus robuste, en aluminium épais et une dalle Oled encapsulée entre deux plaques de verre. Cela dit, il n'est pas rare de rencontrer des personnes qui préfèrent le design des AF8 à celui des A1, notamment à cause de leur dalle droite (et non plus inclinée vers l’arrière) et de leur profil plus simple à intégrer dans la plupart des salons. Dotés d’un profil atypique, les écrans Sony A1 ont été pensés pour être posés sur un meuble bas, voire à même le sol via un pied massif et sacrément lourd. Conséquence, le Sony KD‑65AF8 profite d'un poids plus léger avec 24,4 kg sur la balance (soit 5,4 kg de moins comparé au Sony KD‑65A1), et d’une épaisseur moindre avec 5,5 cm (au lieu de 8,6 cm), plus adapté aux meubles TV classiques, voire à une accroche murale.

 

Un design plus classique, plus épuré et sobre donc, mais une finition tout de même très soignée et de très grande classe ! Alors que sur les A1, la dalle Oled se trouve prise en sandwich entre deux panneaux de verre, sur les AF8 la dalle arrière de verre est remplacée par une fine plaque en aluminium brossé. L'ensemble est donc plus léger, mais aussi moins fragile.

 

Cette conception a également une répercussion sur le rendu sonore du système audio. En effet, sur le A1 le boomer chargé de reproduire les fréquences basses est déporté dans le pied avec une caisse de résonance volumineuse et en aluminium épais, ce qui influe forcément sur sa charge bass‑reflex, pour des graves plus puissants, plus profonds et fermes. Toujours est‑il que le Sony KD‑65AF8 s’avère un magnifique TV Oled doté d'une qualité de fabrication irréprochable. La dalle profite également d'un filtre antireflet très efficace, parmi les plus performants dans ce domaine. En effet, malgré l'aspect brillant du revêtement en verre, les reflets sont très limités, même en plein jour ou avec une lampe placée juste derrière. Il faut le souligner, de très gros progrès ont été réalisés dans ce domaine chez plusieurs fabricants tout en corrigeant la dérive teinte magenta dont souffraient de nombreux filtres antireflet.

 

 

La connectique a été entièrement adaptée pour faciliter une accroche murale sans sacrifier un seul des connecteurs, tous orientés vers le bas ou vers le côté gauche. Cette dernière regroupe quatre entrées HDMI 2.0b compatibles HDCP 2.2, Rec.2020, 2 160p/60, HDR10, HDR Dolby Vision, dont une compatible ARC et trois orientées vers le bas. L’AF8 est également équipé d'un double tuner TNT/câble/Sat (DVB‑T2/DVB‑C/DVB‑S2 compatible HEVC et donc Ultra HD HDR), une sortie optique, une sortie stéréo 2.0/casque/Subwoofer, deux ports USB Host 2.0, un port USB Host 3.0, un port CI+ et un port Ethernet. Au chapitre de la connectivité, on note les fonctions Wi‑Fi, Wi‑Fi Direct, ChromeCast et Bluetooth 4.1. Au passage, précisons qu'il est désormais possible de recevoir le bouquet Canal+ et toutes les chaînes de la TNT grâce à certaines applications OTT (Molotov par exemple) et donc sans décodeur externe. Autre précision, le TV dispose désormais d'un espace de stockage interne de 16 gigaoctets. Enfin, il est possible de diffuser l'audio du TV vers tout type d'appareils compatibles Bluetooth (enceinte active, casque, barre son ou amplificateur par exemple).

 

Sinon, la télécommande nouvelle génération s'avère très ergonomique avec micro intégré pour réaliser des recherches vocales. Signalons au passage que cette fonction est vraiment très aboutie chez Sony, puisque même de très jeunes enfants arrivent à l'utiliser sans la moindre difficulté, y compris dans un environnement bruyant !

 

 

Nouvelle dalle Oled LG Display 2018… 

Comme précisé, le Sony KD‑65AF8 est donc équipé de la toute dernière version de dalle Oled fabriquée par LG Display en 2018 (et utilisé sur le TV LG 65C8 testé dans nos colonnes, cliquez sur la référence pour découvrir le test complet du téléviseur par la rédaction). Les changements ne sont pas énormes, notamment en termes de colorimétrie puisqu'on retrouve exactement la même couverture du DCI‑P3 (environ 100%) et du Rec.2020 (environ 75%). Il s'agit toujours de dalles Woled 10 bits, avec quatre sous‑pixels Blanc, Rouge, Vert, Bleu, mais de tailles différentes. LG a souvent modifié la taille de ces sous‑pixels et surtout le pitch (l'écart interpixels) pour offrir une image la plus précise possible. Pour rappel, les premiers TV Oled souffraient d'un pitch tellement élevé qu'on pouvait voir la matrice à l'œil nu sur une dalle 55" même avec 3 m de recul ! Cela avait pour conséquence un « vignettage » assez visible et une image trop dure, avec une présence exagérée de bruit vidéo, un grain trop gros, de l'aliasing, etc. De plus, l'utilisation des divers filtres d'amélioration de l'image était encore plus délicate, voire déconseillée puisque, forcément, en accentuant le contour d'une image un peu dure et bruitée, on ne fait que la durcir encore plus. Au final apparaissaient toutes sortes de défauts comme du « Ringing Effect » (double contour), de la postérisation, de la solarisation, du Banding, ou encore un fourmillement trop important avec les films HDR issus de pellicules argentiques.

 

Mais, soyons clair, en quatre ans les progrès réalisés dans ce domaine sont énormes avec une importante réduction du pitch et ça, aucune mesure, ni aucune sonde ne peut le mettre en évidence. Force est de constater, qu'après avoir testé plusieurs TV Oled équipés de ces nouvelles dalles 2018, nous avons pu apprécier une sensible amélioration du piqué, de la finesse et de la précision de l'image. Cela induit bien sûr des répercussions dans de nombreux secteurs de l’affichage de l’image avec des traitements vidéo plus efficaces. En plus, bien sûr, comme déjà mentionné d’un pic lumineux légèrement plus élevé mais aussi d’un système d'ABL (Auto Bright Limiter) moins agressif pour une image plus lumineuse et dynamique en toutes circonstances.

 

 

Enfin, il ne faut jamais oublier que si ces dalles disposent de capacités intrinsèques, leurs résultats seront toujours variables d'un fabricant à l'autre, d'autant plus que les performances atteintes après calibrage sont le plus souvent en deçà des performances mesurées avant calibrage, d'où l'importance de mesurer un TV avant et après calibrage lors des tests. Car les valeurs absolues d’un téléviseur ne veulent pas dire grand‑chose s’il est seulement possible de les atteindre avec la luminosité et/ou le contraste au taquet, situation totalement absente des contenus issus des sources habituellement raccordées au TV (TNT, platine UHD Blu‑Ray, console de jeu…).

 

En résumé, si sur le papier les TV Sony A1 et AF8 semblent strictement identiques, cette différence de dalle n'est donc pas négligeable et peut peser dans la balance. Il reste à savoir si Sony a réussi à exploiter toutes les capacités offertes par cette dernière, à l'instar de LG sur son C8. Notre réponse plus loin dans ce test (cf. Verdict Technique).

 

X‑Reality Pro 4K et 4K HDR X1 Extreme au menu

Du côté de l'électronique, on retrouve donc exactement la même architecture que celle proposée sur le Sony KD‑65A1. L’AF8 regroupe ce qui se fait de mieux actuellement au sein du groupe Sony, le tout proposé via une technologie auto‑émissive Oled. Ce spécimen part donc avec de gros atouts, dont une promesse de noirs d'une profondeur abyssale, et conserve un statut de TV d'exception tout comme son grand frère. On retrouve en effet cette association exceptionnelle de deux puissants processeurs vidéos, le X‑Reality Pro 4K et le 4K HDR X1 Extreme. Probablement ce qu'il y a de plus performant à l'heure actuelle, avec le Philips P5, en termes d'Upscaling Ultra HD et post‑traitement vidéo afin d'améliorer toutes les composantes d'une image, SDR ou HDR.

 

 

Le premier processeur est présent sur les TV Sony depuis plusieurs années et se charge du post‑traitement vidéo afin d'améliorer le désentrelacement et le piqué de l'image grâce à plusieurs filtres : Netteté (amélioration des contours), Résolution (amélioration des détails) et trois réducteurs de bruit vidéo (D NR, Mpeg NR Mosquito NR).

Le second processeur est une évolution du X1 et prend en charge de nombreux paramètres dont l'Upscaling Ultra HD, grâce à l'utilisation d'un puissant algorithme Dual Data Base Processing qui compare l'image du signal entrant à diverses images UHD de référence stockées dans la mémoire du processeur. Le X1 Extreme intègre aussi de nombreux autres algorithmes d'une efficacité redoutable, comme le Super Bit Mapping 4K HDR (traitement sur 14 bits des couleurs) qui va réduire considérablement l'effet de postérisation en améliorant les dégradés et la finesse du piqué. On trouve également la technologie Object‑Based HDR Remaster qui permet d'ajuster la gamme dynamique de la source en s'adaptant aux capacités de l'écran en fonction de son pic lumineux et de sa gestion de la courbe de transfert EOTF (affichage dynamique de la luminance selon les zones de l'image ; on peut aussi considérer cette courbe EOTF comme un réglage de gamma dynamique au sein d'une même image permettant d'afficher des zones lumineuses très différentes simultanément). Cela permet également d'optimiser l'affichage en fonction des paramètres d'encodage HDR des disques Ultra HD Blu‑Ray (qu'ils soient encodés en HDR Dolby Vision ou HDR10 à 4 000 ou 1 000 nits).

 

 

Enfin, l'algorithme Precision Colour Mapping permet, là aussi, d'offrir la meilleure colorimétrie possible en faisant un « remapping » du gamut toujours selon les capacités de couverture colorimétrique de la dalle. Nous sommes donc en présence de deux processeurs qui réalisent un travail très important pour offrir la meilleure image possible, que la source soit SD, HD ou Ultra HD, en 24, 50 ou 60 images par seconde.

  

En toute logique, on retrouve donc tous les autres réglages d'amélioration de l'image proposés sur le A1 dont l'ACE (Advanced Contrast Enhancer). Précisons toutefois que lors du test de l’AF8, en lieu et place du fameux réglage X‑Tended Dynamic Range Pro, nous avons trouvé un réglage nommé Luminosité Maximale (cf. photo ci‑dessous). Après avoir contacté Sony à ce sujet, ils nous ont précisé que l'algorithme utilisé pour booster la dynamique de l'image en remastérisant la courbe de luminance ne fonctionne pas tout à fait comme le X‑Tended Dynamic Range Pro présent sur leurs TV LCD LED. Ce dernier est plus proche d'une conversion SDR/HDR à la volée alors que sur l’AF8 nous sommes plus en présence d'une remasterisation de l'échelle de gris pour l'adapter à un pic lumineux plus élevé. Dans un souci de transparence, et même si visuellement les résultats sont très proches d'une vraie conversion SDR/HDR, Sony a préféré renommer ce réglage plus simplement en Luminosité Maximale, disponible sur trois niveaux d'intensité. Ceci étant dit, l'algorithme opère un travail de grande qualité en offrant une image bien plus lumineuse et dynamique sans griser ou boucher les noirs, ni brûler les blancs. Pour tout dire, son efficacité et son fonctionnement nous rappellent beaucoup ce que propose l'algorithme Remaster. Plage Dynamique disponible sur les TV Oled Panasonic dotés du processeur HCX.

 

 

Dalle 100 Hz native et Motionflow XR 

Le Sony KD‑65AF8 propose donc toute une batterie de réglages pour améliorer l'image. En plus de ceux cités plus haut, on retrouve la compensation de mouvement Motionflow XR dotée de plusieurs réglages, du rendu le plus précis au plus fluide. Comme sur tous les TV Sony, la fréquence de rafraîchissement bascule automatiquement en fonction de la cadence de la source (en présence d'une source 24p et à condition que la lecture 24p True Cinema soit bien activée dans le menu, l’AF8 bascule en 96 Hz, en présence d'une source 60 im/s il bascule en 120 Hz, et en présence d'une source 50 im/s il bascule en 100 Hz). Cela permet d'éviter les conversions de type 3/2 Pull‑Down et autres pour proposer une parfaite fluidité en toutes circonstances.

De plus, comme nous l'avons déjà précisé dans les autres tests, depuis 2015 un mode Expert (cf. photo ci‑dessous) est présent pour affiner les réglages à son goût avec une simulation d'affichage BFI (Black Frame Insertion) sur deux niveaux (Mini/Maxi). Cela a pour conséquence d'améliorer la précision des images en mouvement, mais l'insertion d'images noires réduit forcément la luminosité (en mode Expert la luminosité est à peu près divisée par deux avec un signal SDR et par quatre en HDR).

 

 

 

Malheureusement, Sony n'a toujours pas intégré son X‑Clarity Motion sur un TV Oled (ce sera peut‑être le cas sur le remplaçant du A1 qui sera présenté lors du salon IFA 2018).
Nous revenons plus en détail sur le Motionflow et la colorimétrie dans le chapitre final (Verdict Technique), mais du côté des réglages, là aussi, c'est quasiment identique au Sony A1, à quelques exceptions près. En effet, dorénavant, on ne peut plus choisir son gamut (Rec.709, DCI/P3 ou Rec.2020). Il faut dire qu'en l'absence de CMS pour corriger l'espace colorimétrique, ce réglage ne servait à rien et pouvait très bien s'opérer de façon automatique comme c'est le cas actuellement. En revanche, on retrouve bien une Balance des Blancs sur 2P et 10P (cf. photo ci‑dessous) et tous les réglages habituels (Couleurs, Niveau de noir, Luminosité, Teinte).

 

 

 

D'autre part, le Sony KD‑65AF8 dispose évidemment de la technologie TriLuminos pour « remastériser les couleurs » afin d'exploiter l'intégralité du gamut natif de la dalle sans saturer bêtement les couleurs en étirant les coordonnées comme le font de nombreux TV. Cet algorithme est encore une fois l'un des plus efficaces en termes de remasterisation des couleurs, surtout pour sa capacité à conserver des teintes naturelles y compris pour la carnation. Évidemment, cela n'égale pas une source en Rec.2020 sur un TV bien calibré, mais permet d'améliorer la colorimétrie des contenus aux couleurs un peu fades. Cet algorithme est évidemment encore plus efficace quand il s'agit d’exploiter le gamut étendu des disques Blu‑Ray Remastered in 4K proposés par Sony Pictures.

 

Système audio impressionnant et original ! 

Tout comme le Sony KD‑65A1, le Sony KD‑65AF8 embarque un système sonore vraiment novateur. Les fréquences aiguës et haut‑médiums sont directement reproduites par la dalle de verre. Oui, oui, vous avez bien lu. Sony a placé quatre vibreurs (excitateurs) collés derrière la dalle, maintenue par une barre épaisse en aluminium. Le plus intéressant avec ce concept est non seulement le rendu sonore bluffant de précision dans les hautes fréquences, mais aussi la localisation des sons sur l'image. Au sens littéral du terme… Par exemple, si une personne parle, le son de sa voix est émis à l'endroit de l'image où elle se trouve. Lorsqu'un avion traverse le paysage, le son du moteur se déplace lui aussi, sur la dalle, en suivant l'image. Cela donne une spatialisation unique en son genre.

 

 

On trouve également un boomer accordé en bass‑reflex avec un évent situé sur le coffre pour la prise en charge des fréquences graves et bas‑médiums. Par contre, contrairement au A1 qui disposait d'un caisson de résonance plus important avec un unique boomer de gros diamètre, l’AF8 intègre deux petits boomers (cf. photo ci‑dessous) et un volume de résonance plus modeste. Les graves sont tout de même étonnamment fermes et percutants, mais moins profonds. D'autre part, l’ensemble est un peu moins puissant, mais reste largement au‑dessus de la moyenne avec une large réponse en fréquences, des médiums très précis et des graves bien présents. La reproduction des dialogues est tout simplement exceptionnelle à tel point qu'on regrette qu'il n'existe aucune option pour utiliser le système audio interne comme voie centrale au sein d'un système multicanal tiers. Nous l'avons d'ailleurs proposé à Sony et il semblerait que notre demande ait été entendue et qu'une mise à jour serait proposée après le salon IFA de Berlin 2018. Reste à savoir si celle‑ci sera proposée uniquement sur le remplaçant du Sony A1 ou si cette mise à jour concernera tous les TV Oled Sony (voire tous les TV Sony). À noter, il est toujours possible d'ajouter un vrai caisson de graves grâce à une sortie audio qu'il est possible de régler sur sortie casque, stéréo 2.0 ou LFE avec un crossover à 80 hertz. Au final, le rendu sonore s’avère puissant, riche, équilibré, et doté d'une spatialisation unique en son genre, vraiment bluffant !

 

 

Pour le reste, Sony a conservé les mêmes réglages avec un EQ manuel, un mode Film, Musique, Standard et Football. On retrouve un amplificateur S‑Master Digital Amplifier Class D de 50 W RMS, le processeur DSEE (Digital Sound Enhancement Engine) et le mode ClearAudio+ qui améliore les bandes‑son compressées, ou encore l'algorithme S‑Force Front Surround. Évidemment, comme tous les TV Sony, le Sony KD‑65AF8 est compatible DTS et Dolby Digital Plus via HDMI ARC mais toujours pas de gestion des signaux DTS‑HD ou Dolby TrueHD.

 

OS Android TV 7.0 : toujours plus complet !

 

 

Comme toute la gamme TV 2018, le Sony KD‑65AF8 embarque un OS Android TV (en version 7.0 Nougat lors du test). Il est important de préciser que Sony propose l'une des systèmes d’exploitation Android TV les plus stables et fonctionnelles que nous ayons pu tester. Et il est honnête de préciser qu'à ses débuts, nous étions tous très dubitatifs concernant cette interface instable et surchargée. Mais force est de constater qu'à force d'évolutions, mises à jour, optimisations, elle s’avère à l'heure actuelle l’une des plus riches et intéressantes. Encore faut‑il prendre le temps de la découvrir et de l'adapter à sa propre utilisation. En effet, on peut quasiment tout faire ou presque avec, à travers une offre de services et d'applications tellement vaste qu'il est possible de se passer de décodeur ADSL ou satellite ou encore de lecteur multimédia. On trouve même une application permettant de transformer cet Android TV en boîtier de type Apple TV avec la gestion de l’AirPlay.

 

 

Le seul regret vient des processeurs intégrés dans ce téléviseur, qui mériteraient d'être plus puissants. Le doux rêve de voir un jour un téléviseur capable de remplacer une véritable console de salon ou un PC milieu/haut de gamme n'est pas encore d'actualité. Cependant, certains jeux proposés sont loin d'être ridicules et il est possible de connecter une manette PS4 sans‑fil. À vrai dire, les processeurs sont strictement identiques à l'an dernier. On retrouve donc un SoC Mediatek MT5891 et un CPU Quad Core ARM Cortex‑A53 pour booster l'utilisation des applications et la réactivité de l'interface. Le GPU est toujours un spécimen ARM Dual Core Mali‑T860.

 

 

En revanche, rien à dire côté multimédia. En dehors de l'absence de prise en charge des formats Hi‑Res Audio, tout est là. Et même plus avec des logiciels comme Kodi, VLC ou Archos (cf. photo ci‑dessous) qui permettent de profiter d'un véritable jukebox fun et rapide à configurer. Cerise sur le gâteau, la qualité de décodage associée au superbe traitement vidéo du X1 Extreme offre des résultats vraiment exceptionnels. Certaines vidéos Ultra HD HDR lues via USB offrent une qualité d'image incroyable, qui n'a rien à envier à un bon lecteur Ultra HD Blu‑Ray. Et la quasi‑totalité de nos vidéos ou musiques de tests a été lue sans encombre, sans bug, le tout avec une parfaite fluidité.

 

 

 

En effet, Archos Media Player disponible en version gratuite ou payante est une alternative très intéressante à Kodi qui a surtout l’avantage de proposer une configuration ultra‑simple et rapide. Quelques secondes suffisent pour renseigner le chemin d'accès de vos vidéos stockées sur disque dur Nas, via UPnP ou Samba, pour que le logiciel scanne toutes vos vidéos et leur associe les jaquettes, synopsis et fanarts adéquats, dans le but d’afficher un superbe système de jaquettes avec de nombreux filtres pour trier toutes vos vidéos par catégorie, genre, date, etc.

 

On dispose également de nombreuses offres VOD, Catch‑Up TV ou des possibilités d'abonnement à des chaînes cryptées sans avoir besoin de passer par un décodeur tiers. Citons par exemple Molotov qui regroupe de nombreuses chaînes gratuites et payantes, la possibilité d'abonnement ou encore une sorte d'EPG en temps réel pour faire le tri parmi des centaines de programmes disponibles en direct ou rediffusion. Netflix est disponible en Ultra HD/4K HDR10 et HDR Dolby Vision grâce au support HEVC et VP9 alors que YouTube l'est en HDR10.

 

 

Au final, cette interface utilisateur est chaque année plus réussie et, si on s'en donne la peine, elle peut même révolutionner notre façon d'utiliser le téléviseur, regroupant des possibilités énormes et variées à travers moult applications et services. Par défaut, l'écran d’accueil Android TV met en avant des propositions de programmes télé ou VOD en rapport avec vos goûts, et affiche les applications choisies, comme l'accès à Netflix, YouTube, Google Play, ou autres services, jeux, etc. Cela dit, sachez que l'interface est entièrement personnalisable et les plus débrouillards pourront même la « programmer » sur mesure (via clé USB). Mention spéciale pour les joueurs, comme déjà spécifié on peut connecter diverses manettes de jeux y compris celle de la PS3 et PS4 (en filaire ou Bluetooth pour cette dernière).

Concurrence

Pour notre plus grand plaisir, il existe de plus en plus de TV Oled sur le marché et cela devrait contribuer à voir les prix baisser relativement rapidement. Le Sony KD‑65AF8 est donc confronté à divers concurrents dont évidemment les TV Oled LG, Panasonic, Loewe ou encore Philips.

 

On peut citer par exemple LG OLED65C8 testé récemment dans nos colonnes, compatible HDR10, HDR HLG et HDR Dolby Vision. Ce spécimen est le premier à proposer un 3DLUT interne ouvert à l'utilisateur pour réaliser un calibrage tout simplement parfait afin d'exploiter au maximum les capacités intrinsèques de la dalle. Cette gamme 2018 marque d’ailleurs un tournant chez LG qui a commencé à rattraper son retard, voire dépasser de nombreux concurrents sur bien des critères. Le LG C8 est toujours articulé autour d'une interface WebOS en version ThinQ AI assistée par l'intelligence artificielle et Google Assistant, une télécommande qui facilite grandement l'usage au quotidien avec ses possibilités de commandes vocales et son pointeur gyroscopique, un portail internet très riche avec de nombreuses applications et services de VOD et de belles performances pour les gamers (Input Lag mesuré à 21 ms).

 

Autre sérieux concurrent, le Panasonic 65FZ800 actuellement en test dans nos locaux avec les compatibilités HDR HLG et HDR10+, mais pas HDR Dolby Vision, un mode précalibré THX et un processeur HCX avec 3DLUT. Sauf qu'ici, contrairement au LG C8, ce dernier est interne et fermé à l'utilisateur, ce qui constitue une sacrée différence vous en conviendrez ! Cela dit, ce TV possède d'autres atouts comme une colorimétrie souvent plus juste en sortie de carton et une gestion réseau client/serveur complète.

 

On peut également citer le Philips 65OLED873, déclinaison 65’’ de l'exceptionnel Philips 55POS9002 (cliquez sur la référence du produit pour découvrir le test complet du produit par la rédaction d’AVCesar.com) récemment testé dans nos locaux avec son célèbre et exclusif système Ambilight, un OS sous Android TV, et plusieurs nouveautés très intéressantes comme le nouveau traitement vidéo P5 Perfect Picture Engine (cf. notre dossier P5 Perfect Picture Engine, le processeur surdoué de Philips), le Micro Dimming Perfect, ou le dispositif Color Booster 17 bits pour un espace couleur étendu (99% DCI‑P3) qui réduit considérablement les soucis de postérisation.

Fiche technique
Type : OLED
Diagonale de l'image : 165 cm
Standard : Ultra HD
Résolution native : 3 840 x 2 160 pixels
Processeur : Quad Core
HDR : HDR10, HDR HLG, HDR Dolby Vision
100 Hz : oui
Réception : télétexte, PAT, PIP, PAP, Infos+, EPG, TNT (double tuner HD et UHD, chaînes payantes via CI+), SAT (double tuner HD et UHD, chaînes payantes via CI+), Câble (double tuner HD et UHD, chaînes payantes via CI+)
Connectique : 4 entrées HDMI (v 2.0b, dont 4 latérales), 1 sortie casque (latérale), 1 sortie audio stéréo, 1 sortie audio numérique (optique), 1 sortie subwoofer, 1 port CI+, 3 ports USB Host (latéral) dont 1 USB 3, 1 port Ethernet, Wi‑Fi (ac)
Compatibilité : NTSC (480i, 480p), Pal (576i, 576p), HD (720p/50, 720p/60, 1 080i/50, 1 080i/60), Full HD (1 080p/24, 1 080p/50, 1 080p/60), Ultra HD (2 160p/24)
Multimédia : MP3, WMA, AAC, Ogg, Flac, DivX (Ultra HD), WMV (Ultra HD), Mpeg2 (Ultra HD), Mpeg4 (Ultra HD), MKV (Ultra HD), TS (Ultra HD), HEVC, VP9, Jpeg, UPnP (DLNA), Bluetooth 4.1 + EDR, HBBTV, Podcast, Webradios, WebTV, accès Web
Usage : télécommande simple, capteur de luminosité, CEC, Auto Lipsync, xvYCC, Deep Color, Super 4/3, 4/3, 14/9, 16/9, Zoom Letterbox, Zoom Letterbox sous-titres, Zoom 2.35 (4/3, 16/9, HD), Overscan
Réglage : Espace couleur (préréglé), balance des blancs paramétrable (10P), réglage de gamma (préréglage), renforcement du contraste (dynamique), désentrelacement (vidéo/film) automatique
Réducteur de bruit : D NR, Mpeg NR, Mosquito NR
Optimisation de la netteté dans les mouvements : en SD (480i/576i), en ED (480p/576p), en HD (720p/1 080i), en Full HD (1 080p/24, 1 080p/50, 1 080p/60), en Ultra HD (2 160p/24)
Compensation de mouvement : en SD (480i/576i), en ED (480p/576p), en HD (720p/1 080i), en Full HD (1 080p/24, 1 080p/50, 1 080p/60), en Ultra HD (2 160p/24)
Son : puissance (2 x 10 W), caisson (10 W), décodeur (PCM, Dolby Digital, Dolby Digital Plus, HE-AAC, DTS), ARC, processeur surround (S-Force Front Surround), traitement audio (Acoustic Surface - DSEE + ClearAudio+), égaliseur, AVL
Consommation : 123 W (0,5 W en veille)
Dim. (L x H x P) : 1 447 x 841 x 255 mm
Poids : 28 kg
ph image
Verdict technique

Il est évident qu'en associant deux des meilleurs processeurs vidéo actuels avec la technologie Oled, on obtient un TV qui tutoie la perfection. D'ailleurs, le Sony A1 était le meilleur TV jamais testé par l'équipe d’AVCesar.com en son temps. Mais c'est probablement en regardant les quelques tests publiés cette dernière année et surtout ces derniers mois que nous réalisons à quel point nous traversons une période riche en rebondissements et combien chaque fabricant se démène pour tirer leurs produits ou technologies vers le haut. D'un côté, Samsung nous montre que la technologie LCD LED est loin d'avoir dit son dernier mot, de l'autre de nombreuses marques essayent de se démarquer en exploitant la technologie Oled au maximum de ses capacités avec des traitements vidéo toujours plus performants. Tout va très vite et, nous avons pu le vérifier lors de notre dernier test du LG C8, chacune est désormais capable de créer la surprise.

 

 

Pour revenir au Sony KD‑65AF8, comme déjà précisé ce dernier est donc très similaire au Sony KD‑65A1. Pourtant, en observant avec attention ce TV, en prenant le temps de visionner de nombreux films et contenus en tout genre, on peut se rendre compte qu'il va un peu plus loin que son prédécesseur en termes de performances. Pourtant, il est proposé par son créateur comme une alternative plus abordable que le Sony A1. Cela s’explique essentiellement en raison d’un design plus classique, les TV Sony A1 étant largement plus statutaires sur cet aspect. Finalement, ne serait‑ce pas là le principal atout du Sony KD‑65AF8 ? Son rapport qualité/prix exceptionnel ? C'est ce que nous allons découvrir lors de ce verdict technique après avoir pris le temps nécessaire de constater que de petits détails font parfois de notables différences…

 

Colorimétrie excellente, l’AF8 est bien un TV Sony ! 

S'il y a bien un secteur sur lequel Sony se démarque avec une régularité hors norme, c’est‑à‑dire téléviseur après téléviseur, c'est bien celui de la colorimétrie ! Depuis l'intégration du processeur X1, tous les modèles haut de gamme du constructeur bénéficient d'une colorimétrie juste, équilibrée, naturelle et riche en sortie de carton. Pour rappel, la donnée Delta E représente le niveau d'erreur par rapport aux valeurs recherchées et on considère qu’en dessous de 3, les erreurs colorimétriques ne sont pas visibles. Les mesures de précalibrage en mode Cinema Pro affichent une Balance des Blancs déjà très juste avec un Delta E moyen relevé à 2,5 (avec des écarts maximums de 3,56) et une température de couleur de 6 559 °K (cf. captures ci‑dessous). Cette justesse fait partie des gros points forts des TV Sony. C’est, par exemple, une énorme différence avec le LG C8 testé, très mal calibré en sortie de carton. Il est évident que pour n’importe quel utilisateur, le fait de pouvoir profiter dans les meilleures conditions, ou presque, de son TV sans être obligé de le faire calibrer est un énorme avantage ! Chez Sony, le calibrage est une option pour celui qui recherche la perfection, pas une obligation.

 

 

Concernant le spectre sur lequel nous devons obligatoirement étalonner notre sonde pour réaliser un calibrage correct, on retrouve évidemment le même graphique que sur le LG C8 récemment testé dans nos colonnes, le TV étant équipé de la même génération de dalle Oled. Contrairement aux modèles Oled professionnels utilisés en post‑production chez Sony à base de panneaux Oled RVB, les dalles Woled de LG utilisent des diodes Oled blanches avec un spectre de lumière plutôt froid, qui tire sur le bleu, contrairement à un Plasma par exemple qui affiche une dominante rouge et donc un spectre de lumière plus chaleureux. Il n'est donc pas étonnant de constater que la colorimétrie de tous les TV Oled commercialisés à ce jour est très proche d'un TV LED dont la très grande majorité utilise des diodes blanches.

 

 

D'autre part, les mesures CQS définissent la qualité intrinsèque de ces nouvelles dalles (la capacité des diodes à reproduire une colorimétrie la plus proche possible de celle perçue par l'œil humain), les mesures donnent des résultats standards. Avec une valeur moyenne de 58/100 c'est similaire à l'an dernier, quasi identique au Samsung Q9 qui affiche un score de 59/100. Jusqu'ici, le record appartient au Sony XF9005 testé récemment dans nos colonnes avec une valeur moyenne de 78/100 ! À noter, certains vidéoprojecteurs réalisent d'excellents scores dans ce domaine…

 

Calibrage pour les plus exigeants 

Évidemment, si le Delta E moyen de 2,85 semble suffisant, ce n'est pas le cas de chaque palier lorsqu'on regarde les mesures en détail. Un utilisateur averti et exigeant ne se contente pas d'un Delta E moyen de 3, étant en recherche constante de la perfection. En clair, même si une colorimétrie est considérée comme juste et suffisante en sortie de carton pour la plupart des utilisateurs, un calibrage sera toujours nécessaire pour les plus exigeants.

 

 

Pour réaliser un bon calibrage, il faut forcément un menu complet. De ce côté‑là, on retrouve évidemment les mêmes types de réglages vidéo que sur les précédents TV Sony (cf. photo ci‑dessus) avec de nombreux modes Image (Cinema, Expert, Cinema Pro, Standard, Dynamique, Graphique, etc) et les habituels réglages de Luminosité, Contraste, Niveau de noir, Gamma, Amélioration Avancée des Contrastes (AEC) et donc, ce fameux nouveau mode Luminosité maximale déjà évoqué. Pour ce dernier, le but est surtout de permettre d'augmenter la luminosité et la dynamique de l'image sans dérégler le calibrage (encore une prouesse du X1). Le calibrage se fera donc en le désactivant, mais sa présence est très utile pour adapter l'image à l'éclairage ambiant (nous le trouvons même plus judicieux que la présence de deux modes Jour et Nuit).

  

Pour revenir aux réglages avancés, on trouve également une Balance des Blancs 2P et 10P très précise au niveau des incrémentations (à condition d'avoir ajusté le contraste comme il faut pour éviter les petites dérives dans les blancs au‑dessus de 75% (le Clipping), mais toujours pas de CMS. Nous l'avons suffisamment répété, sur les TV Sony le précalibrage est tellement juste qu'il suffit de calibrer l'échelle de gris pour que le gamut s'ajuste parfaitement (là encore, grâce au X1). L'autre qualité indéniable et constante sur tous les TV Sony, c'est une courbe de gamma parfaitement linéaire qui facilite grandement le calibrage (cf. photo ci‑dessous), puisque quelques petites retouches suffisent pour aligner les trois courbes RVB sur leur axe.

 

 

En effet, après calibrage en SDR, nous relevons une Balance des Blancs qui affiche des écarts Delta E maximum à 0,5 pour un Delta E moyen de 0,3 (cf. photo ci‑dessous), ce qui est tout bonnement insignifiant et donc proche de la perfection ! La courbe de gamma parfaitement linéaire est mesurée à 2,36 pour une température de couleur relevée à 6 508 °K, mais sur ce point chacun peut ajuster le gamma proche d'une valeur de 2,2 (salle éclairée) ou proche de 2,4 (salle obscure). Quant à l'espace couleur, il s'ajuste avec une telle précision qu'aucune correction n'est nécessaire avec un Delta E moyen relevé à 1,42 en Rec.709 (cf. deuxième photo ci‑dessous). Évidemment, il peut y avoir débat entre la possibilité de s'approcher d'un Delta E à 0,2 comme sur le LG C8 en passant par un calibrage professionnel ou se satisfaire d'un Delta E àv1,42 sans avoir besoin d'intervenir. Chacun aura son avis sur la question....

 

 

 

Sans surprise, comme les années précédentes, nous remarquons que le fait de calibrer ce TV en Rec.709 agit également sur le calibrage en Rec.2020. Seule la Balance des Blancs nécessite quelques retouches pour atteindre là aussi d'excellents résultats avec un Delta E inférieur à 1. Au final, il suffit de quelques minutes pour obtenir un TV parfaitement calibré aussi bien en HD qu'en UHD, en SDR qu'en HDR. Malheureusement, le Firmware HDR Dolby Vision n'était toujours pas disponible lors de ce test, nous nous sommes donc contentés de faire nos mesures et calibrage en HDR10. De toute façon, il faudrait totalement revoir l'architecture de ce CMS afin d'exploiter toutes les possibilités offertes par un vrai calibrage HDR Dolby Vision, ce qui ne sera sans doute pas possible sur les Sony A1 et AF8 (mais il est fort possible que ce soit l'un des atouts principaux du prochain TV Oled Sony AF9 qui sera présenté lors du salon IFA 2018 à Berlin fin août). En effet, un calibrage HDR Dolby Vision est très différent d'un calibrage HDR10 à cause des métadonnées dynamiques. Sony devra forcément changer de nombreuses choses et proposer des outils plus professionnels, sans quoi les contenus HDR Dolby Vision n'apporteront rien de plus qu'en HDR10.

 

Pour le reste, nous retrouvons les mêmes limitations, celles de la technologie Oled, soit un Color Volume et un gamut Rec.2020 encore trop justes comparé aux meilleurs spécimens équipés de Quantum Dots comme le Samsung Q9 récemment testé par la rédaction d'AVCesar.com. Cela étant dit, sur le chapitre colorimétrique, Sony a tout de même réussi à exploiter toutes les capacités intrinsèques de cette dalle Oled en affichant un Rec.2020 à 75% et un DCI à 99% après calibrage ! Quant au Color Volume, lors du test du QLED Samsung QE65Q9FN (cliquez pour découvrir le banc d’essai complet du produit par la rédaction d’AVCesar.com), nous avons pu vérifier que ce dernier était capable d'afficher 100% du DCI même à très forte luminosité (1 000 nits), ce qui n'est pas le cas de l’AF8 dont le DCI n'est plus qu'à 77%. À forte luminosité certaines couleurs ne sont donc pas reproduites.

 

 

Rendu HDR10 plus performant que sur le Sony A1 ? 

Nous l’évoquions en introduction de ce test, les nouvelles dalles Oled 2018 offrent un potentiel lumineux relativement proche de 1 000 nits. Nous l'avons vu lors du test du C8, LG a parfaitement exploité ce potentiel avec un pic lumineux mesuré à 900 nits sur une mire HDR10 de 10%. Malheureusement, le Sony AF8 affiche un pic lumineux mesuré à 700 nits (cf. photo ci‑dessous) dans les mêmes conditions, là ou le Sony A1 affichait 678 nits, soit une différence peu flagrante il faut bien l'avouer (mais en amélioration tout de même). D'un autre côté, Sony a mieux profité des améliorations concernant l'ABL que LG avec une luminosité mesurée à 180 nits lorsque l'ABL s'enclenche sur une mire à 100%, là ou le LG C8 n'affiche que 157 nits (145 nits sur le Sony A1). Au final, lorsqu'on regarde un contenu HDR sur le Sony AF8 nous constatons tout de même une amélioration visible par rapport au A1 avec une image plus dynamique et lumineuse. C'est encore plus patent avec les jeux ou en utilisation informatique ! Cependant, l'image n'est pas aussi lumineuse et dynamique en HDR que sur le LG C8, la faute à un pic lumineux moindre.

 

 

 

Concernant les noirs, et cela est valable aussi bien en HDR qu'en SDR, ils sont évidemment d'une profondeur abyssale, comme sur tous les TV Oled. Et si on peut affirmer que les TV Sony proposent une très bonne lisibilité dans les noirs par rapport à la moyenne des concurrents, il reste toutefois encore des progrès à faire de ce côté‑là. Cela se ressent surtout lors de scènes très sombres qui fourmillent de détails comme les passages dans l'espace des films The Passenger, Interstellar ou Star Wars, les derniers Jedi. Si Sony est nettement au‑dessus du lot dans bien des domaines comme la colorimétrie en sortie de carton, la fluidité ou le post‑traitement vidéo, sur ce terrain, le dernier LG C8 nous a particulièrement impressionnés avec des noirs parfaitement lisibles !

 

En endossant le costume de l'utilisateur exigeant, nous aurions donc aimé un peu plus de luminosité et des noirs plus fouillés. Cependant, relativisons tout de même, car sur bien des critères le Sony AF8 affiche un spectacle tout simplement époustouflant ! La courbe de transfert EOTF est presque parfaite, progressive, bien équilibrée et d'une régularité absolue. Elle affiche son pic maximum à 72% de l'échelle de gris (cf. photo ci‑dessous), là où de nombreux TV LED culminent à 65% (voire 55% sur certains spécimens). Le rendu de l'image HDR dans son ensemble est donc magnifique, dynamique, lumineux et surtout très réaliste que ce soit lors des scènes de nuit comme de jour. Il faut ajouter à cela une colorimétrie parfaite, équilibrée, naturelle et surtout un traitement vidéo tout simplement exceptionnel d'autant plus sur ces nouvelles dalles Oled qui permettent d'aller encore plus loin. L'image crève l'écran par sa précision, sa finesse, son relief et sa profondeur de champ, ça fourmille de détails avec l'absence totale d'effet de postérisation, sans le moindre bruit Mpeg, fourmillement ou artefact !

 

 

 

Le seul petit regret vient de la nécessité d'activer l'Amélioration des dégradés pour toucher l’excellence et éliminer la postérisation, contre une légère perte de précision, même si cette dernière est vite compensée par le filtre Résolution. Ce filtre peut être réglé assez haut sans entraîner le moindre double contour (Ringing Effect). Nous conseillons tout de même de mettre cette amélioration des dégradés au niveau le plus faible, car sur Moyen ou Haut l'image perd tout son relief avec un lissage trop appuyé.

 

Parfaite intégration du MotionFlow, mais pas de X‑Clarity Motion

Le procédé Motionflow XR est probablement la compensation de mouvement la plus fluide et naturelle (il y a tout de même concours avec le Philips P5, rappelons‑le). Comme précisé en introduction, la fréquence de rafraîchissement bascule en fonction de la cadence de la source à condition de bien activer le 24p True Cinema dans le menu (attention, malgré cette adaptation de la fréquence, la technologie VRR n'est pas supportée ici). Jusqu'ici, le seul petit défaut des TV Sony venait d'un léger manque de précision dans les mouvements, mais là encore, le processeur X1 Extreme a apporté une nette amélioration de la précision des images en mouvement, d'autant plus visible avec la technologie Oled qui affiche un temps de réponse quasi instantané. Plus impressionnant, le mode Motionflow Expert est capable d'annuler tout effet de scintillement tout en conservant une grande précision des images en mouvement.

 

C'est fluide, naturel, sans le moindre artefact autour des objets avec de nombreux réglages pour satisfaire le plus grand nombre, de ceux qui aiment le rendu cinéma à ceux qui préfèrent les images ultra‑fluides typées « caméscope ». Et pour les plus difficiles, on trouve donc un mode Expert qui intègre deux paramètres ajustables pour améliorer la précision ou réduire le scintillement. Le paramètre Clarté (cf. photo ci‑dessous) est une sorte de procédé BFI (insertion d'une image noire entre chaque image vidéo) pour éliminer la rémanence et augmenter encore plus cette précision. Évidemment, ce procédé induit une perte de luminosité et un léger effet de scintillement, mais fort heureusement il peut être désactivé. À chacun de choisir et d’ajuster les réglages en fonction de ses goûts, et le choix est vaste avec les modes Fluide, Standard, Cinema et Expert ou encore la possibilité de désactiver le Motionflow ou le 24p True Cinema. Bref, il y en a pour toutes les sensibilités.

 

 

Comme déjà précisé, le seul regret vient donc du fait que ce TV ne propose pas le nouveau X‑Clarity Motion testé pour la première fois sur le Sony KD‑65XF9005 (cliquez pour découvrir le test complet du produit par la rédaction d’AVCesar.com), qui donne de bons résultats même si la perte de luminosité est toujours bien visible. Bien sûr, cet algorithme peut très bien être intégré sur un TV Oled et ce sera probablement le cas avec le fameux Sony AF9, remplaçant du Sony A1 en fin d'année.

 

Enfin, concernant l'Input Lag, les mesures nous donnent 48 millisecondes en 1 080p/60 (30 ms environ avec un signal Ultra HD, 21 ms en 1 080p/120), pour un temps de réponse de la dalle de 0,25 milliseconde. C'est bien mais d'autres font mieux sur le sujet.

 

Traitement vidéo révolutionnaire 

Nous nous sommes déjà bien attardés sur le traitement vidéo lors du premier chapitre de test, inutile donc d'y revenir en détail, si ce n'est pour préciser que celui‑ci est si puissant qu'il est totalement inutile d'utiliser le traitement d'un éventuel lecteur Blu‑Ray, ou scaler externe, que se soit pour l'Upscaling ou l'amélioration de l'image. Le Sony KD‑65AF8 se suffit à lui‑même. Il opère un véritable travail d'orfèvre et ces nouvelles dalles Oled le mettent clairement en valeur.

Petite astuce à connaître au passage : lorsqu'on sélectionne la sortie 2 160p sur un lecteur Ultra HD Blu‑Ray, ce dernier fait lui‑même l'Upscaling UHD des Blu‑Ray 1 080p, en plus d'opèrer un Upsampling 12 bits en 4:4:4 du signal. Mais certains lecteurs comme Oppo, Sony ou Cambridge proposent une Sortie Directe qui permet de confier l'intégralité du post‑traitement et Upscaling au TV, quelle que soit la source. Au regard des performances du post‑traitement vidéo proposé sur les TV Sony, il est judicieux d'opter pour celle‑ci, d'autant plus que les fonctions Mastered in 4K ou Dual Data Base sont uniquement disponibles avec un signal 1 080p/24. Le TV pourra donc également traiter les Blu‑Ray en convertissant l'intégralité du signal 4:2:0 et 8 bits par couleur en 4:4:4 et 14 bits par couleur.

 

 

Mais le plus incroyable vient probablement du fait qu'avec un simple Blu‑Ray 1 080p, le téléviseur est capable de procéder à un Upscaling très puissant qui se rapproche d'une image Ultra HD native. Le résultat est encore supérieur avec un Blu‑Ray labellisé Mastered in 4K de chez Sony Pictures. En plus de cela, il faut ajouter que la remasterisation de l'échelle de gris donne des résultats fabuleux en activant le réglage Luminosité Maximale sur Haut. Ce genre de traitement vidéo donne vraiment envie de ressortir sa collection de films pour redécouvrir de nombreux Blu‑Ray pourtant vus et revus, mais totalement transcendés sur un tel téléviseur !

 

Pour conclure…

Si, au départ, le Sony AF8 est présenté comme une alternative au Sony A1 avec un design plus classique et une dalle parfaitement droite (la dalle inclinée du Sony A1 ne faisant pas l'unanimité) et, donc, un prix un peu plus accessible, nous avons pu constater tout au long de ce test qu’il proposait des performances accrues dans certains secteurs comparé à son prédécesseur. C’est le cas pour la luminosité et la résolution perçue grâce aux dalles Oled 2018 LG Display. Ces dernières permettent ‑entre autres‑ aux algorithmes de post‑traitement vidéo de proposer de meilleurs résultats grâce à une image plus précise, moins bruitée et moins « postérisée ». D'autre part, si l'image est plus lumineuse dans son ensemble avec un ABL moins marqué, le pic lumineux gagne 30 nits. Mis bout à bout, ces petits détails représentent un gap non négligeable. Il est donc évident que le Sony AF8 représente un excellent rapport qualité/prix, logiquement supérieur à celui offert par le Sony A1. Toutefois, on peut regretter que Sony n'ait pas totalement exploité les capacités de ces nouvelles dalles, capables d'offrir un rendu HDR bien plus explosif, comme nous l’avons avec le test du LG C8. Sans doute sera‑ce le cas avec la prochaine série phare Sony, l’AF9 dont la présentation est attendue lors du salon IFA 2018.

 

 

Le Sony KD‑65AF8 s'appuie donc sur de solides bases et un processeur X1 Extreme qui ne cesse de nous surprendre au fil des tests et dans tous les secteurs : superbe traitement vidéo (vraiment), Upscaling UHD redoutable, colorimétrie exceptionnelle en sortie de carton (avec un Delta E inférieur à 3, chacun peut donc profiter pleinement de son téléviseur sans nécessité d’un calibrage) et parfaite après un rapide calibrage (pour les plus exigeants), fluidité exemplaire, contraste absolu, homogénéité sans défaut et rendu HDR toutefois excellent. Et pour couronner le tout, l'OS Android TV et son énorme éventail de possibilités offertes par l'interface la plus riche du moment : lecture multimédia, jukebox, VOD, Catch‑Up TV, IPTV, applications en tout genre, jeux ou possibilités d'interaction entre les différents appareils de la maison.

 

Bref, le constructeur japonais démontre encore une fois toute sa maîtrise avec cet écran parfaitement en phase avec les attentes de ceux qui regrettaient le design un peu trop atypique du Sony A1 et sa dalle inclinée. Contrat parfaitement rempli !

+ Les points forts
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Traitement Motionflow référentiel
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Superbe colorimétrie (99% du DCI, 75% du Rec.2020)
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Interface Android TV parfaitement intégrée
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Expérience Ultra HD HDR de rêve
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Superbe design et excellente qualité de fabrication
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Très bon rapport qualité/prix !
- Les points faibles
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Pic lumineux perfectible
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Calibrage HDR Dolby Vision limité
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Pas de X‑Clarity Motion
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